‹ Études égyptiennesChapitre 6 sur 47 · CX-H^mM.?! XU.1M-' lit · texte numérisé non relu

CX-H^mM.?! XU.1M-' lit

la canne du roi (MenkhôprikQ v. s. 1'. [Il saisit le vaincu de Jôpou par] sou vêtement, et il se dressa tout debout, en disant: » B égard e ici, ô vaincu de [Jô-

1 Le mot se retrouve au Papyrus de Levde. I, SSl, i. 8 (,f. Chabas, Mélanges cjyplologianes , I, pi. II). écrit «^fj ; deui dis objets qu'il désignai! su»! estimés six auleit Je caicre. Au Papyrus

AnasUsi n" IV, pi. III .1. i . il est dit du matelot : M *Q ^ £1 M^alaMa* Daus Amatnii V (pi. XIU, I. i-5i. un scribe

„„, ; „ .„,,, , ^ jl^x ~ ~ « x z: î \ M:x^?u-xîj«r,xr»*".""

On voit seulement qu'il l'agit d'une pièce d'habillement, peul-élre il' un manleau. La rcsliltilion de la Ijfiiiw esl piewjue évidente de

soi. La forme grammaticale \ £__ J est donnée par le mouvement général du morceau où loua le» virbi s sont régis par \ ^* , . La clarté du réril i ■ \ i m - rpiv Tlionlii -agisse lr | rince de Jojuju par une piiee i'e son vêlement nianl de le frapper.

* Lilt. : « H se tint debout en il se dresse t. ^* £^ e»t un sub-

ilaulif de \u forme en > final déjà signalée sonveni {Mélange* d'or-

Wn'oluoie iyypUriwe << nisrricnlii , I. III, p. foi '".t.- I, et p. l5o, noie 7I.

« pou , la grande canne du roi] (MenkiiôprirQ v. s. f. , «le lion redoutable, le fils de Sokhet, à qui donne « Ammon , son [père, la force et la puissance! » II] leva sa [main], il frappa à la tempe le vaincu de Jôpou, et celui-ci tomba sans connaissance devant

lui. Il le mit dans le des

peaux. Il embrassa (?) m

1 La lecture \ y ▼ j^ y*: etl douteuse.

* Les débris de signes semblent représenter les restes de "v-^ ,

c!e J^ et de 9) devant V— i .

3 Le dcterminatif est à moitié efiacé. Restitution douteuse.

4 La seconde page commence en cet endroit. Elle est complète, sauf dans le haut , où quelques déchirures ont enlevé partie des deux premières lignes.

* La restitution J^[ J Q J^| ^^A^^J <en [affiûsscment] •

n est qu'un à peu près. Le groupe J u*]^. | <^R ^"\ ^"t comme il Test dans le Conte du Prince prédestiné (pi. I, 1. 10), remplit exactement la la-une .

ïhhh x x'. :. ,\ a aosrax -KP^^iï^-irrox^--

la paire tic fers qu[il] du

vaincu de Jôpou, [et] on lui mit aux pieds la paire de fers de quatre anneaux. Il fit apporter les

' M. Gotxlwm (346. n. i) lit te* [I], suivi d'un ilcierminalif incertain, le groupe ^J , ,,,, ijui revient dem fois en deut lignes, el que je traduis une paire (>) de feri, ont paire de chaîna. Le (elle explique aussitôt que la paire de chaines se composait ■■', < ^y |' 9

iiïec un cl è terni inntif nouveau . O, du mol ^^ y m . (Le ilt ; .i--j mil I

nouveau , étant un ferrie . peut rt/préscrircr les tiniuïtiuj: dont se composait la rhaint'. Suit lui mol .'1 demi ciTai-e oii M. (iixiilwin (p. 346.

note 1 i ) distingue les ■.ignés J^ , " J J , m ihe moût* of his

magazine. La barre qui' \1. (ioivlwin transcrit * est tracée sur une libre de papyrus qui n'est plus a sa place originale ; il faut la reporter

en avant, ce ijui semble donner, pour le groupe restauré, ^ ! — .

\\± . Tout le passage se rapporte an» préparatifs de Thoutii.

Après avoir tué ou, loul au moins , étourdi le prince de Jôpou d'un coup de la canne de I boultiKi- III . Tbmilii se déduise eu prisonnier. Cl. entre autres précautions qu'il prend, or.lonne qu'ion lui mette tus pieds la paire de chaînes de quatre anucaui ■. Nous verrons, en effet , plus loin que l'ccuyer du prince de Jopou dit a sa souveraine :

II^mïMjii "No"* sommes maîtres de Thoulii..

' Le cbiffreesl a moitié effacé. La reslitulion n'en est pu moins probable, le chiffre Soa étant le seul dont la forme hiératique se prclc à complclir les Ir.iils dej.i eii-tauts sur le papyrus-

:fcSHΣP~TMiP~lJ?:VI~TMiP

ccccc jarres qu'il avait fait fabriquer et y introduisit deux cents soldats; [puis] on remplit la panse [des trois cents autres] de cordes et d'entraves en bois, on les scella du sceau, on les revêtit de leur banne

1 Le sens paraît être «les jarres qu'il avait données à la lumière, les. jarres qui! avait produites!. Goodwin (p. 346, note i5)

rattache m j^ •J\||in|àla racine hébraïque &3H et y voit « un vase ou un paquet d'une certaine espèce ■. Il me semble que le mot doit désigner ici de grandes jarres en terre, semblables à celles dans lesquelles Ali-Baba et sa servante découvrirent les quarante voleurs. Thoutii «fait descendre» dans deux cents de ces jarres

deux cents hommes, et remplit la «panse» s x * \ \ / ^"" i du reste de cordes et d'entraves en bois. On scelle le tout, on met sur chaque jarre l'appareil dont ces vases étaient revêtus d'ordinaire et qui servait à les charger, et cinq cents soldats solides les prennent sur leurs épaules.

1 J^ passé, comme c'est souvent le cas, devant un mot commençant par J^ (cf. Orbiney, pi. VI, 1. 7).

* Le mot est bien | J \ , , , , non J J \ , , , , comme pensait M. Goodwin (p. 3^7* note 1 7). Le mot est employé au calendrier de

Médinet-Abou, dans la phrase J j 1 1 1 i J J *"* n D 111* et désigne, d'après Brugsch (Die t., p. i583), une certaine mesure. Le

mot dérive de la même racine que r==> J * • une cruche, un vase ».

et de [l'appareil de cordes nécessaire a les porter 1 ], on les chargea sur autant de forts soldats, en tout cfiOCG hommes, et on leur dit : « Quand vous entrerez « dans la ville, vous ouvrirez [les jarres] de vos cotn- « pagnons, vous vous emparerez de tous les habitants «qui sont dans la ville, et vous [leur] mettrez les liens «sur-le-champ.» On sortit pour dire à l'écuyer du

Il ino paraît [!«sij,'iu>r ici la rôti vertu ro. . If suc in Loi le grossière ou en iiMtf, l'ont on revêt les jarres pour les consolider, cl , dans le toile île Medi net- lia lion . le mfme snc euipliiiv |u.ur coule nir ili>. légumes.

1 Le d&ermîiMlif de — > Jy | \ est dontcui , ainsi que relui iln

mot suivant ; de plus, le o de \ jj) g , , n'est pis certain. Goodwin traduit (p. 343) itilh iheir garlands afjlnwcn. Cette Ira-

iluction supposerait une lecture ~~^ Jy J \ [ , , , ] m , , [ i i , j. dont je ne puis retrouver le- éléments sur l'original hiératique. Je pense que les dcu\ mots devaient désigner ici tout l'appareil de cordes et <le poignées dont ou entourait les jarres et qui jcrvail à les porter.

- Lill. : .On mit tous les sol lats lions sons elles..

vaincu de Jôpou : « Ton maître est tombé ! Va dire « à ta souveraine : Joie ! car Sou[tekh]ou nous a livré «Thoutii avec sa femme et ses enfants. Voici, on «a déguisé sous le nom de butin fait sur eux les

1 Goodwin (p. 3&7» note ai ) Ut j[ f m y , et voit dans ce mot

• an nom collectif désignant la troupe entière des sennou ou camarades ». Le premier signe du mot est certainement J , non J ; le second, un peu mutilé en cet endroit, mais bien conservé à la ligne i3 de la même page, est v; le reste est ai ou aC, mais

plutôt m i . Le tout nous donne J , y ou J m , y la régente, la souveraine, probablement ici la femme du prince de Jôpou, chargée du gouvernement de la ville pendant f absence de son mari.

* La restauration T \ # \ J est très-probable; en tout cas, il

y avait là le nom d'un dieu. ^ \ # J Soutekh était, d'après le traité de Ramsès II avec le prince de Khet , une sorte de nom générique

que les Égyptiens donnaient aux divinités des villes syriennes. Le 4* \

# \ J de Jôpou serait à joindre aux différents Soulekhou que les textes nous font connaître ailleurs.

* Goodwin (p. 348, note ao) transcrit : ^^ \ \ ^ ^^ ,Yi w*

wPr7iTT2l«X^« etc » el ira * 1 » 1 (pa43) : tMayit please you, let us give up (>) Tabutia, witb bis wife and bis children. Bebold , it happened , they performed as w as desired , wilb

regard to the aoo vessels , etc. » Il n'y a certainement pas ^— i i i * comme le prouve la comparaison des signes tracés en cet en Iroit avec

h ce jarres qui sont remplies de gens, de colliers de n bois el de liens. » L écityer s'en alla .1 la tète de ces gens-là pour réjouir le cœur de sa souveraine en disant : "Nous sommes maîtres de Thoutii!» On ouvrit les fermetures de la ville pour livrer passage

les signe» qui formcnl ^SH dans le reste du manuscrit. On peul hésiter entre — ,^ el m ^ ; le second me parail être préférable. Le mot a mol de la phrase donne : ■ Voici main-d'œuvre d'eux, elle •1 éle donnée comme nom [ ^ J) ___ / aux l' == ") deui cents jarres •; c'esl-a-dirc : «el voici, on dira que 1rs deui cents jarres pleine* d'homme» el de liens sont le produit du travail de Thoutii et de ses enfouis, sont le hutin fait sur le bien de Thoulii et de sa famille». La phrase parait être l'oiisti-iiilr sur le modèle des phrases

citées par Brugsch {Dict., p. 1486-1187) : ^ J* A J C3 ,^i, «Esl appelé Thon pour le nom de re nnmeii Seulement le sujet — ,^ jy , - \~~i \ ' 1 1 1 . on — ,»j e-.i féminin comme dans — , •=— " [Urugsih. Dict., p. 1670), e..l rappelé derrière ^ jj par la forme ^j^ du pass ■. Le chiffre Ç (J parail être en contradiction avant le chiffre de ÇÇ ÇÇ Ç que j'ai rétabli plus haut el qui est hirn certain. H finit croire que h- scribe aura "nni;é au\ deui relitjarres qui, seules, reufenn aient des homme-., el aura donné Ce nombre jiarlicl Muu plus longer an nombrr total de cinq cents.

1 Litt : • 71 s'en alla en avant dVtu >.

' Lill. 1 .On ouvrit les fermetures île la ville devant les porteurs»,

tfîMtP~t:rtfcXHHlU~®fcri?r; [^X]-îir.op±y3jfe^'^rakJ

aux porteurs; ils entrèrent dans la ville, ouvrirent [les jarres de] leurs compagnons, s'emparèrent de [toute] la ville, petits et grands, et ils mirent [aux gens qui l'habitaient] les liens et les colliers , sur-lechamp. Quand l'armée de Pharaon, v. s. f. , se fut

1 Une expression équivalente se rencontre dans le grand Papyrus Harri»(pl.LXXV,l.»-4): £ X ^kH! " ^©î\ tl*

^T^i * AiTT'IJ ICI ZZC^TJsfff

■ 1 1 il i i i «=» m i IJ ^ (iT m* i i i ' W9> 9l <— »

^*\ttrtisâ^p^vviî:^jft

A A 1 Ç ol Ajliii lLe P** 8 ^Egypte s'en alla àla dérive . et aucun de ceux qui s'y trouvaient n'eut de suzerain, durant des années nombreuses du temps d'auparavant jusqu'à d'autres époques où la terre d'Egypte fut aux mains des princes des villes et où chacun massacra son voisin , grands et petits. •

* Le mot S . T x | [^ j *— ' paraît être composé de la même manière que | m J , , ] | ( | « la cavalerie ». J'ai traduit d'après le sens

du contexte., mais d'une manière générale, armée, force militaire.

3 Le sens est douteux. Peut-être faut-il traduire t s'installa Thoutii » .

emparée [de la] ville , Thoutii se reposa et envoya un message en Egypte au roi (MenkhôprjrQ v. s. f. , son maître, pour dire : «Réjouis-toi ! Ammon, ton bon « père , ta donné le vaincu de Jôpou avec tous ses «sujets et aussi sa ville. Viennent des gens pour les « prendre en captivité , que tu remplisses la maison de « ton père Ammon-Râ, roi des dieux, d'esclaves et de « servantes qui sont sous tes deux pieds pour toujours et à jamais ! »

Explicit féliciter par l'office du scribe instruit dans les récits, le scribe

1 Le de terminati f >*- n'est pas cevlain.

* Le texte semble porter yf J^ /£ ^ ; toutefois la lecture

W* J^ * j^ est possible également. Je l'ai adoptée parce

qu'elle offre un meilleur sens.

9 Le nom du scribe est presque entièrement effacé; les traces qu'il a laissées sont indéchiffrables.

Les aventures de Thoutii sont-elles le récit d un épisode réel des guerres égyptiennes?

Jôpou a été de bonne heure occupée par les Egyptiens. Thoutmôs I er lavait probablement soumise dès ses premières campagnes au delà de l'isthme; en tout cas, elle figure sur la liste des conquêtes de Thoutmôs III 1 . Selon 1 usage du temps, elle payait un tribut au vainqueur, mais conservait son chef héréditaire. Le vaincu de Jôpou *, puisque tel est, dans le langage de la chancellerie égyptienne, son titre officiel, dut agir souvent comme le vaincu de Tounep*, le vaincu de Kodesh et tant d autres , qui se révoltaient sans cesse et attiraient sur leur ville la colère de Pharaon. Le fait d un prince de Jôpou en lutte avec son suzerain n'a rien d'impossible en soi, quand même ce suzerain était aussi puissant et aussi dur à la répression qu'était Thoutmôs III.

L'officier Thoutii n'est pas un personnage entièrement fictif. On connaît un Thoutii qui vivait, lui aussi, sous le règne de Thoutmôs III et qui a déjà fourni la matière de deux mémoires à MM. Birch 4

1 Mariette, Karnak, pi. XVI f, XVIII, XIX. n' 62 . et Les Listes géographiques des Pylônes de Karnak, p. 3s , n° 62 ; cf. de Rougé* Sur divers monuments du règne de Tkoutmes III \ p. 55 , n* 61.

s /£ <==> \ \ jf% \ \q JL, Litt. : • Le tombant ou le renversé dï Jôpou».

» ^ $1 *!L Zç 13 J- (Annales de Tkoutmes III, 1. 3).

4 Mémoire sur une paûre égyptienne du musée du Louvre, par M. Samuel Bireh. Paris, i858, in-8°, 76 pages (extrait du L XXIV des Mémoires de la Société des Antiquaires de France).

—~( 68 )« et Devéria 1 . Le Louvre a de lui un canope en albâtre 3 , un vase en or intact'', et les débris d'une patère en argent*; le musée de Leyde, une palette en talc 5 , un vase a collyre et un canope en albâtre , un scarabée funéraire de jaspe vert monté en or'. Il avait exercé de grands commandements en Syrie et en Pliénicie. Il s'intitulait u prince héréditaire. « père divin aimant dieu, délégué du roi en toute

1 Xotice de quelques antiquii. ; n'tuiires nu lUisilicruji iimiralr Thuuik ou ï'rli ^fL , pour faire suite au mémoire de M. Samuel Bitvti sur une patère égyptienne du nnive du Louvre, par M. Théodul.- Devé- Ha. Paris. iSâS. iii-jT, n6 pages {titrait .la t. XXIV des Mrmoiirs île tu Soeieie ((■■ .inlii/naiii-f Je France).

* ProïîeiiL Je la collection Drovetti ; esl donné .'ans le cala'ogue de cette collection {»■ i38) comme trouvé a Tbélj ■*. Décrit par Devéria (.Volfw. p. 8); n* 1137 de l'invenlair,. actuel.

1 Collection Drovetti, n" 5G0. Décrit pif f.liampollion {Xolkc <<« ninnumeud , 18 17, I 1 3 3 , ji. gj ; ; par Hircli 1 1 Dcïéria {op. laad.) . il par Pierre! {Catalogue île li salle historique, 1873, n' 3S8, p. 86-

■S- ; iniliFJllé pjr V„ il'' Riiil^'i'' ( \nUre siimmilire ,/.-,! CKmHiui-iil.i •■!?!'lùiu.p. Ga.viLrinerl).

' Provient d'une de- Collection* Atiastiw, Décrite jiar Fr. Lcnor- 1 liant [Catalogne ifuae collection d'antiquités é,jvptieiiael , Pari t. 1837, in-8°, n" 9 J6 .p. 80 ) et dans Devéria ( \oticr de qaelqaes miiri/uifi'.i . p. 11-16). Achetée eu 18^7 par M. i'aife [Fr. Lenormaiit , Dëtaiplion îles antiquités. . . romposanl la mil ctinn île feu M. Ila.it* ' , Paris. *i S67. iu-8", n" 38o .p. il); acquise [«r le Louvre en 1 867 il décrite par P. Pien-et {Catalogue, 11° 3 jq , p. 87-88).

1 Provient (l'une des 1 olliTliein An.iJtasi [Leuiaus, Dcteriptim, , 187, p. ion; MoBomenls, 1' parlie.pl. XCV, i 187).

* Même provenance (rf. Leemans. Description, H 029, p. 89 , et Monuments, ■'partie, pi. LV1II).

7 Même provenanc. Décrit ri r ■ ■(«-"tluit par l.ernuus I hr.irrip liait rtiiioaaie ilri monuments égyptiens, Leyde, i8<o, in-8', 0%, p. 10% et Monuments égyptien* :la musée d'anti.juilès des /'nri-Boi.

I* pnrtie.pl. XXXV, (i ni).

« région étrangère des pays situés dans la Grande- « Verte l . » C'était lui qui remplissait le trésor de a lattpis, d'argent et d'or.» Il était scribe royal, général d'armées, gouverneur des contrées étrangères 2 , gouverneur des contrées du Nord 5 . Rien n empêche que dans une de ses campagnes il ait eu à combattre un prince de Jôpou.

Lies principaux acteurs du récit peuvent donc appartenir à Thistoire. Les actions qu'on leur prête ont-elles la couleur historique ou sont-elles du domaine de la fantaisie? Thoutii se rend comme transfuge auprès du chef ennemi et le tue. Il se déguise en prisonnier de guerre pour pénétrer dans la place. Il introduit avec lui des soldats habillés en esclaves et qui portent d'autres soldats cachés dans des vases de terre. On trouve , chez la plupart des historiens classiques, des exemples qui justifient suffisamment

1 l\ ■■"■• I e nom d e l a mer tn général , souvent de la mer Méditerranée.

1 1 1 a — — j 1 1 1 ^ 1 1 1 Lj-i m v rwr I a-— * I t

IL! + Z* Kl 3fc £l I i (Patère en or du Louvre.)

A V!Aa (Scarabée de Leyde. ) ^ ^ Jfc ^ (Vase en albâtre de Leyde.) __/} Jj^-J ^^ i T RI -2t m ■ (P g *

Jette du musée de Leyde.) ./; «^ m j^ J£ m z2L (Patère en argent du Louvre.)

1 emploi des deux premières ruses. J'accorde volontiers quelles doivent avoir été employées par les généraux de l'Egypte aussi bien que par ceux de la Grèce et de Rome. La troisième renferme un élément non-seulement vraisemblable, mais réel : l'introduction dans une place forte de soldats habillés en esclaves ou en prisonniers de guerre, Polyen rapporte que Lykos, un des généraux de Lysimaque, rôi de T h race , s'étant associé à un chef de pirates , celui-ci , pour surprendre Ephèse , désarma un certain nombre des soldats de son allié, les enchaîna, les poussa devant lui, et, quand il fut près de la citadelle, leur ordonna de tirer le poignard qu'ils portaient caché sous leurs vêtements. Les portiers et la garnison, pris au dépourvu par cette attaque, furent massacrés, et Lykos demeura maître de la place 1 . Le même auteur raconte, dans un autre passage de son ouvrage, comment Néarque le Cretois prit la ville de Telmissos, en feignant de confier au gouverneur Antipatridas une troupe de femmes esclaves. Des enfants enchaînés accompagnaient les femmes avec l'appareil des musiciens , et une escorte d'hommes sans armes surveillait le tout. Introduits dans la citadelle, les hommes d'escorte ouvrirent chacun l'étui de leur flûte qui, au lieu de l'instrument, renfer-

1 ô fièv dp%t*ttparils tous Atixov elparuhas iàuXovs êp Ipartots xcd rpiS&ot ètStftépovf, As alyyiaXdnovç > XaGàp, eltnfiyatyt, xal crAiroiov Ttfc dxpo*é\€Gùs yepopipos, map^yyttXs %pSoQat rots êy^etptèlots à xexpvpftéva ixàptlop (no fidXriv • t&p èè trep) rifv ôxpoToXi» «vWp£p xai ÇvXdxwv Çopcvopépvp, atptrai oypttop rots zrepi top Atfxo* (Strat., V, xix ).

mait iin poignard nu, fondirent sur la garnison et s'emparèrent de la ville ] .

Si Thoutii s était borné à charger ses soldats de vases ordinaires ou de boites renfermant, sous prétexte de trésors ou d'instruments, des lames bien affilées, je n aurais rien à objecter contre l'authenticité de son histoire. Mais il les accabla du poids de vases énormes qui contenaient chacun un soldat armé ou des chaînes au lieu d armes. Pour trouver 1 équivalent de ce stratagème, il faut descendre jusqu'aux récits véridiques des Mille et une Nuits. Le chef des quarante voleurs, pour introduire sa troupe chez Ali- Baba , ne trouve rien de mieux à faire que de la mettre en jarre, un homme par jarre, et de se donner pour un marchand en voyage. Encore le conteur arabe a-t-il plus souci de la vraisemblance que le conteur égyptien, et fait-il voyager les pots de la bande à dos de bêtes, non à dos d'hommes. Il me semble que ce trait suffit seul à compromettre l'authenticité de tout le récit. Les actions de Thoutii ne sont plus des incidents d'histoire , mais des incidents de roman populaire. De même que d'autres conteurs prenaient des

1 Niopgof Kpilt xdr€<r^e TeXfuaaèv, ktnt%arplèov xparovtnof. KaxézXtwrt pèv ii i6v Xtpépa Hiapxpf èxei èè ktntvarpièat , waXcuos &p ÇtXdt, dise rfit éxpas xaré€rL vpè>* afoèp, xai èteXéÇamo vepi Sp ê€ouXovTo t 6 Kpift éfyi, fioûXeodat yvvaîxat dvéôeoôcu isap* avrâS, xal vaïèas ètèeftivovs. ô fiiv kmncaxplèaç èvérpe^ev ol èè mûèes ol ètèeftévot rà crxetnt i&v fxowjovp-yûv yvpatx&p àvex6yu\ov iv èè toU xt&mloiç Tûh» atiXûfo ivîfv èyxjtipLèia. yv\tvà % iv èè ratt xfolcus wéXras. ùt èè etoa> riff àxpas èyévomo , ol ràt yvvalxas xal tov j tw?êat éyovres, o%*odp*voi rà iy%etpièta t xavaXap&kvovit tfjv dxpav toi t>}« TeXfiiaaov Néap%of èxpéry^atv (Stral., V, xl).

— w( 72 }**— noms de Pharaons pour les donner à leurs héros, l'écrivain à qui nous devons le premier récit du Papyrus Harris pouvait avoir pris le nom d'un personnage célèbre du temps de Thoutmôs III, et avoir donné libre carrière à sa fantaisie. Le cadre du récit était historique, selon l'habitude égyptienne; le fond du récit était de pure imagination. Les stratagèmes que Thoutii emploie pour s'emparer de la ville de Jôpou ont juste autant de réalité que les ruses employées par le voleur d'Hérodote pour piller le trésor ou tromper la fille du roi Rhampsinîte.

Page 1