SUR QUELQUES TEXTES RELATIFS AUX FUNERAILLES
cours on collbgb de France (Mars-juin 1878, décembre-juin, novembre-décembre 187g.)
Les enterrements à Thèbes n'étaient pas de ces processions muettes où la douleur se trahit à peine par quelques larmes furtives. Serviteurs, parents, amis, ceux qui accompagnaient la. momie ne craignaient pas de se donner en spectacle, ni de troubler par le bruit de leur deuil l'indifférence des passants. Ils froissaient ou déchiraient leurs vêtements avec des gestes désordonnés, se battaient à deux mains le front et la poitrine, se couvraient les cheveux et la face de poussière et de boue. Leurs voix tantôt s'élevaient isolées, tantôt se confondaient dans une plainte commune, et formaient un concert de lamentations dont l'éclat couvrait par intervalles la
J. As. Extrait n° 2. (1880.) . 6
cantilène monotone tlu prêtre officiant. Aux cris inarticulés, aux appels, aux sanglots, se mêlaient l'éloge des vertus du mort, des allusions à ses goûts et a ses actions, aux charges qu'il avait remplies, aux honneurs qu'il avait obtenus, des réflexions sur l'incertitude de la vie humaine, des plaintes sur les dangers de la vie d'outre-tombe, refrain mélancolique que chaque génération de l'Egypte ancienne répéta sur la génération précédente, en attendant que la génération suivante l'entonnât sur elle a son tour.
Différents textes nous révèlent d'une manière générale l'idée qu'on attachait aux cérémonies de l'enterrement. La mort n'était pas pour les Égyptiens la destruction de la vie : c'était un simple changement de condition '. On mourait comme on se mariait, et, pas plus que le mariage, l'ensevelissement n'interrompait l'existence de l'individu, a La joie d'Amman est dans ton cœur, il te donne une vieillesse excellente et tu traverses la vie en joie jusqu'à ce que tu atteignes à la béatitude 1 . Ta lèvre est saine, tes membres sont verts, ton œil aperçoit bien loin; tu te pares de lin lin, et lu montes sur ton char à deux chevaux, une canne d'or à la main, un fouet avec
1 Sur celle iilœ (jue \r.- Kpplicns se faisaient tlfl fa mort, voir nfodMfla frojltmt dt Commentaire sur le Ihrc U iVIUrodote , .Uns l'Animnire ilr l'Association pour l encouragement ilci iladis girc/nes .
1 ll^^} ■ l'état <lr héatilude., un des noms Je l'autre vie. U défunt i' S l ^\\ M «w j^
toi, et guidant ton attelage d'étalons syriens 1 . Les nègres courent devant toi , exécutant ce que tu veux faire 2 ! Tu montes sur ta barque de cèdre élevée à la proue et À la poupe, et tu arrives à ta demeure excellente que tu t'es faite à loi-même. Ta bouche se remplit de vin, de bière, de pain, de viande, de gâteaux; des bœufs sont sacrifiés, des amphores de vin sont ouvertes, on entonne devant toi de doux chants. Ton parfumeur en chef t oint d'essences; ton directeur des eaux 3 est là avec des guirlandes, ton intendant des gens de campagne t'apporte des oies, ton pêcheur te présente des poissons. Tes galères qui vont en Syrie sont chargées de toute sorte de bonnes choses; tes étables sont pleines de vaches; tes femmes esclaves sont florissantes. Tu es stable [et ton] ennemi est renversé 4 ; ce qu'on dit contre toi, cela n'existe point 5 , mais tu entres en présence du cycle des dieux et tu en sors juste de voix 6 ! » A lire ce morceau avec nos idées modernes, est- il
* Vu jK * I j fr ^^ • faisant devenir ce que tu fais ». On pourrait traduire, par une image moderne, • instruments de tes actions t.
* XLI^^jI k5i S3» '**• : • ton g ranal d'inondation».
* *)Cl j^ \ A J ^ t cle dit en toi, point celât.
* Papyrus Anastasi IV, pi. III, 1. 2, à pi. IV, 1. i. Le morceau a été analysé ou traduit par MM. Heath ( The Esodns Papyri, p. 198- 199} et Maspero (Du genre épistolaire chez les anciens Égyptiens,
aisé de décider s'il s agit d'un vivant ou d'un mort? L'homme' que ses amis accompagnaient au tombeau n'était à bien parler ni vivant ni mort. 11 avait subi une métamorphose qui le rendait impropre à l'existence terrestre et le forçait à laisser pour jamais sa maison d'ici -bas : le dernier battement de son cœur marquait l'instant où il s'éloignait de ce monde pour aller suivre ailleurs le cours de ses destinées.
Les cérémonies de l'enterrement étaient réglées de manière à rendre les progrès et les vicissitudes de ce voyage sensibles à tous les yeux. Elles prenaient l'homme au moment où le souffle venait d'expirer sur ses lèvres, et ne le quittaient qu'au fond de la chambre sépulcrale. Pendant quatre-vingts jours au moins 1 , les chirurgiens, les menuisiers, les tisserands, les sculpteurs, les ouvriers de toute sorte travaillaient pour lui sans relâche. Tandis que les uns embaumaient son corps et le préparaient ainsi aux épreuves d'une existence surnaturelle , les autres fabriquaient ce qui était nécessaire à lui rendre agréable le séjour de son logis nouveau. Les préliminaires terminés, il fallait mener au tombeau l'homme devenu momie et le mettre, au su d'un chacun, en possession de son domaine. On célébrait pour les pauvres je ne sais quelle cérémonie hMive : les riches s'en allaient en pompe rejoindre la demeure éternelle qu'ils s'étaient creusée dans la montagne. En tête du
1 Le temps de l'embaumement est fixé à soixante -dix jours par Hérodote (II, lxxxvi), non compris les jours qui suivent immédiatement la mort, ni ceux qui précèdent immédiatement le convoi.
convoi, des esclaves chargés d'offrandes et portant les pièces du mobilier funéraire, le lit, les chaises, les guéridons, les coffrets, les amulettes, puis un chœur de pleureurs et de pleureuses, puis le prêfre officiant et la momie couchée sur un traîneau tiré par des bœufs, puis, derrière la momie, la famille et les amis en costume d apparat; le reste des pieureuses fermait la marche. Une flotille de barques peintes transportait le cortège sur la rive occidentale du Nil, où le tombeau attendait portes béantes. Arrivé à ce terme de son voyage, le mort élait dressé debout, le dos à ï hypogée, la face aux assistants, comme le maître dune maison neuve que ses amis ont accompagné jusqu'à la porte , et qui se retourne un moment sur le seuil, pour les congédier avant d entrer chez lui. Un banquet, une offrande, une prière, une nouvelle explosion de douleur : tandis que le sacrificateur brûlait ï encens et versait la libation, tandis que les pleureuses redoublaient leur plainte et se roulaient à terre , les femmes de la famille, entourant la momie, la paraient de fleurs, la pressaient sur leur sein nu, lui embrassaient la poitrine et les genoux. Quelques instants après, elle avait disparu au fond du caveau, où le fils, guidé par les prêtres, accomplissait sur elle les derniers rites, avant de la coucher dans son triple cercueil et de
l'abandonner.
Un ouvrage spécial, dont nous ne possédons jusqu'à présent que deux manuscrits incomplets , nous
— ♦*{ 86 )-m— l'ait connaître les prières et les opérations que les prêtres devaient accomplir pour transformer le cadavre en momie. Ce qui reste de ce curieux Rituel de l'embaumement a déjà été traduit et commenté 1 ; je me bornerai a réunir ici les renseignements que les monuments nous fournissent sur la préparation du mobilier funéraire. Les cliambres du tombeau recevaient des meubles analogues à ceux dont on se servait pendant la vie, ebaises, tables, lits, chevets, et aussi des objets de nature spéciale, cercueils, sarcophages, coffres à statuettes, statues de pierre ou de bois 1 . C'était donc toute une maison qu'il s'agissait de monter, souvent avec luxe. Comme le vivant, la momie demandait du linge de corps, des étoffes, des ustensiles de toilette, des provisions de bouche. Les pauvres ne recevaient que le strict nécessaire, quelques haillons pour envelopper leurs membres, et de menus objets sans valeur 1 ; on fabriquait à l'usage des riches, et dans la maison même qui leur avait appartenu, tout ce qui formait le trousseau d'un mort de qualité. Une partie des scènes de vie civile qu'on voit représentées sur les parois des hypogées ont trait à cette fabrication.
Le tissage et le blanchissage des vêtements mortuaires ne figure pas au nombre des scènes les plus
1 Cf. Ma-|iero, Mcmaire jitr quclqitis papyrus du Louvre, p. id-
rot,
' Voir, (Unis le Cmalinjnr ,lr L aill, vlian l'nsMiliti-qmi . p. i i.T el suiv., la i1«scri|iliun li'ini l'imbcau de l.i \i' dynastie, remnli île meubles et decoiurrl li Tliébes an eomnien renient de ce siècle.
1 Hhinii. Thtbts. tta Ttmh mi deir AMdi.p, ij*-i3j.
fréquentes. La seule représentation complète que j'en connaisse se trouve dans les hypogées de Béni- Hassan, et nous permet de suivre l'opération dans ses moindres détails. C'est d'abord la préparation du fil : un homme , muni d'un instrument difficile à définir, semble plonger les tiges de lin ou de chanvre dans un vase clos, tandis qu'à côté de lui, deux hommes, armés de maillets arrondis, battent les libres enroulées de la plante l . C'est a la cuisson du fil * » et le «battage du fil 9 ». Plus loin, une bande de femmes, surveillée dans un cas par a l'inspecteur des tisserandes 4 », dans l'autre par a l'inspecteur des tissus 5 » et par une directrice, fabriquent le fil. Les Egyptiens ou bien ne connaissaient pas la quenouille,
1 Champollion, Monuments, texte, t. II, p. 34o et p. 36 1; Roseilini, Monnmenli deHEgittoj Mon. civil., pi. XLI.
* ^ | ^ * (Roseilini, pi. XLI, i), *Jf\£2 ( Cham pollion , t. II , p. 34 0-34 1). Le signe non est fait d'une façon archaïque et se rapproche beaucoup du tracé hiératique de i^-n . * tf\ est
évidemment une faute pour -~1 » qui, ainsi que " h , est une
variante de ^* I , JL h « cuire • . £*"* , variante ^^ \ , est apparenté au copte NXT,T.,M.,n, ialéf, textrina, textorium, texlor.
3 JL JLk 7l --- 1 Roseilini , pL XLI , i ; Champollion , t. II , p. 34o, avec la variante ••• au lieu de ^*^, et p. 36o).
4 ^b.\ (Champollion, t. II, p. A02; Lepsius, Denhm., II, ia6; Wilkinson, Manners and Cusloms, 2* édit. , t. I, p. 317).
* ^ ^ ^ (Roseilini, pi. XU , 2 ) , ^ ^ ^ (Champollion ,
t II, p. 34 1), jh> é ^ (Idem, p. 362). Dans un autre endroit, ^ / ^!^r!tf! ( Wem * l « u »P' 3Ao et 36i).
ou bien ne l'employaient que rarement. Ils se servaient presque exclusivement de fuseaux en bois', courts et surmontés d'une tête lenticulaire en plâtre : une ouvrière habile manœuvrait deux fuseaux ,ï la fois. Le fii allait d'ordinaire retomber directement dans un petit vase destiné à le recevoir. Souvent, il passait d'abord par-dessus l'épaule de la fdeuse, ou par la fourche d'un pieux fiché en terre, et qui tenait tant bien que mal la place de la quenouille -. Pour les fds forts on se contentait d'une torsion soigneusement faite : cette première opération portait deux noms , « tirer 3 * ou u tordre * ». Quand on voulait obtenir des qualités plus fines, on soumettait ce fil à une seconde opération qu'on appelait ie «roulage 5 ". Des mains de la fdeuse de fin, le fil
1 En voir l.i li^mv d.m-> \\ ilLmsoii , Mumuri ami Castamt , a" éd., I. Il, p. 17a, 1 388. U fuseau s'appelait «[1 j ou ||lf.
1 Rosellim. p[. XLI, 4; Champollion , t. Il, p. 34i ; WilLinson. ManniTs and Çuttona , a" éd. , t. I . p. 3 17, 11* 1 10, el t. II , p. 176, t." 386. pari t.
' P ~ "^ (CJmmpollion, L II. p. 34 1 et 36 ai IloseUini. Mon. rii>.,plTxLl, a); fj^l— 1 (Champollion, l.ll, p. 4oa ; Lepsius, Dfnkm., II. .36; Wilkirunn, Manncrs and Caitomt, a* éd., L 1. p.3 17 .p-,,o).
' «p| (Cliampolion, t. II. p. 36i; WilLinson. lùmm and Crut™*, t. II, p. 34*. n" 386, part I); ï ^ * %, (Champollion, L II, p. 34 1 ; I. ■-■■■! i in . Mon. du., pi. \l.l 4). Calln dernière légende a clé ivtnl.lii; en combinant les données de Champollion et de Rosellini, incorrects l'un ut l'a ut m. I ni le copte ituc. zoyc, ïOC.T., M., U, filum.Janicnlus. KM, lo-qats.
» — A (Cliampollion, I. Il, p. 3*1; Ilosellim. Mari. , -a. .
passait entre celles de plusieurs femmes accroupies, qui l'arrondissaient et le lissaient, en le frottant sur une large pierre arec un morceau d une substance dure dont je ne puis déterminer la nature. C'était le a lissage 1 » : une dernière ouvrière mettait le fil en pelotons ou en écheveaux, et c'était « F enroulage 2 ».
Le tissage se faisait sur un métier des plus simples, quelquefois vertical, comme ceux dont on se sert encore aux Gobelins 3 , le plus souvent horizontal 4 . Le nombre des ouvriers travaillant à la même
pl. XLI , 2). C'est le factitif en ^ de la racine <* , KOX , KO) A, KX, T., M., volvere, involvere : ^»» ■J € faire rouler» le fil entre les doigts, pour en resserrer la tresse et le rendre plus fin.
1 m*~~* (Champollion, t H, p. 342, n* 36; Rosellini , Mon. et*., pl. XLI, 2 et 3); V fi """"* (Champollion, t. II, p. 4g3? Wil-
kinson, Manners and Customs, 2* éd., 1. 1, p. 317, n* 110; Lepsiu», Denkm. t II, 126). J'ai déjà signalé ce mot et le parallélisme de P "" dans le Mémoire sur quelques papyrus du Louvre, p. 35, note 1, où j'ai traduit un peu différemment. L'examen des peintures m'a prouvé que m H signifie ici « lisser, laminer ».
* Il t=D (Champollion , t. II, p. 34a , n° 36 ; Rosellini, Mon. ci». , pi. XLI, 2 et 3, avec une faute, M et R 111 " pour M ). Ce mot est le factitif en 11 de la racine c " c ', 2^ (Brugsch ,. Dict. hier.,
p. i393, s. v, /.) «se mouvoir en rond, enrouler», le fil.
3 Ainsi à Beni-Hassan (Lepsius, Denkm., II, 126; Rosellini» Mon, cit., pl. XLII) et à Thèbes (WilLinson, Manners and Customs, 2* éd., t. H, p. 171, n* 387, tig. 2).
4 Rosellini, Mon. çiw., pl. XLI-XLII; Wi. kinson, Manners and Cnstoms, 2* éd., I. II, p. 170, n° 386, part II. Le nom ordinaire
du tissage est ^ A (Champollion, t. H, p. 399, Wilkinson,
— **^ 90 )•** — pièce varie d'un à quatre 1 . Hérodote avait observé qu'au lieu de pousser la trame en haut, comme les autres peuples, Us la poussaient en bas 9 : c'était le procéda habituel 3 , mais il souffrait quelques exccp-
Mannen and Customs , i' e"d., t. I, p. 317. v* 1 10; Lcpsius, Dr nim. , U, 116). On trouve a Btsni-Hassan plusieurs autre» noms s'appliquait t a drs opérations diverses du lissage cl qu'on ne peut ni Irafluirp ni méine lire aisément. Au-dessus d'un homme fabriquant une toile en damier yert el jaune à l'aide d'un métier, ou lit jf m* — /* /*\ \ Champollion . I. Il , p. 3 \ 1 ; Roselliiii , Mon. cil: . pi. XLI .
4, a par erreur j^— — / ■ >). —y/A doit être ie mime mol
que —0 V M, —JVU!» [Brugsch. Diction, hiéroat., p. i64o), — I I V | (liirch, : dicùonary, p. 5ij). peutêtre TMM, T., OMH, M., tectalas, crata , ilarra, ntatta. d'où le sens 1 lisser un tapis ■. Trois femmes , ourdissant la toile au métier, sont dites n*CTT (Champollion, t. Il, p. .;-,■■. 363; Rosellini, Mon. ciii., pi. XLI. 1 , a lu niéiiit: leur mal copie! ■ tisser une toile ■. Quatre autres, l.ndant des fils, ont une légende que Champollion donne une première lois sous la forme *"* —-— (L II, p, 34a), une seconde fois sous la forme - — ■ (t. II, p. 363), et Roscl-
lini une première fois sous In forme ^^ ■ — • (pi. XLI, 3). une
seconde fois sous la forme • '** [pi- XLI , 1) : je ne sais com-
ment la iJi.itiilTuf, à munis qu'il ne faille lire comme s'il > avail
^^ ■ lisser une bandi' «, . — . ^^ étant le rople ToetC,
TOIC, T., 'I*. T1D1C, M. , -\' , Jaicia, ifii oJnoniii , astamen'am.
' Il est d'un dans William, Maman and Customi. i' éd., t. Il, p. 170. u" 386. port H; Rosellim, Mon. civ. , pi. XLI, 5. Il est de deui dans Rosellini, Mon. ch: . pi. XLI, î. 9; Lepsiiis, Dtnkm.. 0, 1 16. Il est de quatre dans Ch»iiq>oHion. t. II, p. 363; IW.-I- Imi. Mon. ci»., pi. XLII. 3-4.
' Hérodote, II, un.
* Ainsi dans Lepsius, Dation. . Il, 136, Ilosellini, Won. tir. . pi. XLI, 5. k pi. XLII, 4, etc.
tions 1 . Les pièces étaient tantôt unies et dune seule couleur, tantôt garnies de franges à l'extrémité, tantôt formées de bandes de couleurs alternées 3 . Au sortir des mains du fabricant, elles passaient dans celles des «blanchisseuses» et des «foulons 9 », qui
1 Dans WilLineon, Marner* and Cnstoms, 2* éd., t. II, p. 1 71, n* 387, fig. s.
* Les bandes sont vertes et jaunes formant damier dans Rosellini , Mon. civ., pi. XLI. 4-5.
1 Le mot pour « blanchisseurs 1 , écrit en hiératique fk^Jffi Èj f dans le Papyrus dOrbiney, pi. X, 1. 8-9, pi. XI, i. 1, et dans le Papyrus SaUier II, pL VIII, 1. a, a été transcrit provisoirement jL«£ *L V— > X . Il faut le transcrire «Ja* , comme le prouve le titre* du fchef blanchisseur» à Beni-Hassan (Lepsius, Denkm., II, 126). L'oie i*S est en hiératique Jt ; doublée JLjL t elle devient par
ligature j£E • Le même mot et le même signe se retrouvent en démotique. Deux contrats de Berlin (ReviHout, Nouvelle chrestomathie dimotiqu*, p. 26, 1. 9 , col. 1 et 2 ) parlent de Jt [rj r^j Jt ^^ i
«la maison de Pair», yVVlj^4»« variante lâfii&J*' ce V°
l'antigraphe grec de Leyde traduit par olxia Uoéptot yvatfévs]. Le' démotique «pt est évidemment- la réduction du signe hiératique, auquel sont joints les compléments phonétiques tj£^ # 1 1 X et
^*C^« 1^1 • ** P 1 " 6 ™^ 1 * 6 forme C8t ,e ^P* 5 p^Jbl*TH[cj, comme ^ est le copte p&JfcyX TTS, M., p^>T, TT, T.,
yvaÇevt , fullo. Ce mot, à côté de rakhiti, D^^T» possède
la forme simple en I, P&QqI» TT-\» M., qui lavât, dealbator, pUÏ£E, T., TT, ypoQets, fulb, et la forme psJbrTHC, j\\ , M. La terminaison -iti de l'ancienne langue « été plusieurs foi» identifiée par les Coptes avec la terminaison -Irns du grec et a donné naissance à des mot hybrides. Cf. outre p&JT^Fll HC L KEKE-
— «.[ 92 )•«— les lavaient et les purifiaient, de manière à les rendre propres à l'habillement de la momie. Les différentes parties de cette opération sont figurées en détail a Béni Hassan '. Tandis que plusieurs hommes trempent le linge et te secouent 2 , d'autres le lavent* el le battent avec le battoir*, d'autres ie tordent avec un bâton , après en avoir fixé une extrémité à un gros pieu planté en terre 5 , d'autres enlin le secouent et l'élendenl pour le sécher 6 : cependant le «chef des
1 Cbaropolliun, l. Il, p. 34 i. n"36. el p. 3gg; Lepsiua. Deakm..
* 1 '-—■ (Clrnii poli ion, l. II, p. 3gn; Lepsiut, Denkm., II, 1 16). ' a [Cliampoltion, L 11, p. 3ji, 3lii, 3gg; Honellini, Mon.
0i».,pLXLU, l;Lcpsius. Deakm. M, ia6).
* | \\ (Cbamnollion, 1. II. p. 3uyj. Cliauipolfiau appliinic. le mol I V V h l'action d étendre li; linge : celle action est esprimée |Nir des mois différents. Le battoir du blanchi v-ouses est nommé ^ 3 X Jl au /,0 fir"" Sull,er "■ P 1 - ™li !■ *■ Cf - MWUiT.
MArjkT, T.. oy, tdi «peci'rt.
' 1^ (Champollion, L 11, p. 31 1, 399;Lep»ias, Denkm., il, ■ 16). IWIes planchas de IWlIiui {.Mon. ci.. . pi. XLII, 1-3), Iw goult'.s d'eau peintes en bleu s'échappent en pluie du linge tordu. Wiliinson [Moiauft mal Cmmu, »' éd., L II. p. 173, n" 38u) voit dans ces scènes la préparation du lin : il */ borne d'ailleurs a donner les figures sans les légendes.
* Celle parue de la scén 1 ne porte pas il'insci iption «Uns le tombeau du KlinouuiIiutjHxi ( Lepsius. Urakm. . II, 116)1 clic e«l dunnée en delail dans deux des lombeaui voisins. Sur deui remme», pliant ou tendant une pièrt de l"ile blanche carrée (loniliean (In
n), ou sur deu\ ho ru in. -, pi Lin I un tendant une hande longue de rouleui rose, un lit fl **" «■* V (Chumpolliou, i. Il, p. 34i el 36ii Rottllini, Mon. civ.. pT~XI.ll, I, ave "^S f\, au lieu île.
blanchisseurs l o fait un gros paquet du linge déjà sec et se prépare à l'emporter. L examen du linge trouvé dans les tombeaux et conservé dans nos musées prouve qu'on appropriait aussi à l'usage de la momie des effets usés et raccommodés 2 : seuls, les Egyptiens très riches recevaient en entrant dans leur
"*" V). H , qui est cité seulement par Pierret {Gloss., p. 534)» est probablement une forme de la même racine qui a donné •«•— V— • «tirer» surtout le lait, • traire* : H 7™J V est «tirer la pièce de toile », soit pour la secouer avant de la plier, soit pour Tétendre. Sur deux hommes, étendant une pièce de toile blancha carrée, on lit ni=3^| • (Champollionjt. II, p. 36 1 ; Rosellini, Mon. av., pi. XLU, î). Le mot II œ=i Tj . se retrouve dans un titre, m U >û*± (Lepsius, Denkm., III, 100, c), que Brugsch cite (Dict. hier., p. i3io, s. v. L) sans l'expliquer. C'est une forme, déduit j, par chute de «=►, de la racine [I m « blanchir » (Brugsch , Dict, hier., p. i3i5), U "~" m ±- 1 «blanchir le linge*, quiï Ton trouve dès l'ancien empire avec un déterminatif bizarre (Brugsch Dict. hier., p. i3i5, s. v. L) *àààn4pJ^^R «linge blanc*. C'est «faire blanchir le linge» en l'exposant à l'air, et le JMI %h 4* .
est le « directeur de la lingerie royale ». Une autre opération du même genre s'appelle VT jL (Champo'lion, t. II, p. 36 1), m, \jL
(Cbampollion, t. II, p. 34 1; Rosellini, Mon. civ. t pi. XL II, î) et T Va (Cbampollion, t. II, p. 36 1). Peut-être faut-il voir dans ces mots des noms de pièces d'habillement, auquel cas T jL~ pourrait être identique au T jL~ Jl de Lepsius [Mlteste Texte, Tafel XXX ) , et désigner le linge avec lequel on faisait la coiffure ^. 1 *"^^ (Lepsius, Denkm., II, 126; Champol'ion, II, 399). L'autel de Turin parle d'une M 4 * 4||>4|>® : ^ e nom de
cette ville confirme la lecture pour le signe «£*^ des deux oies.
1 C'est ainsi qu'on a trouvé des étoffes déchirées, puis recousues, et des serviettes reprisées.
«maison d'éternité h une garde-robe entièrement neuve.
Le travail des menuisiers ' était de deux sortes : les uns fabriquaient le cercueil du mort, les autres les objets destinés à meubler la chambre avec le cercueil. Le travail des premiers élait rarement représenté. Dans l'ancien empire, un seuf tombeau, celui de Imeri i , nous montre le cercueil tout préparé et, à côté de lui, la légende "Cercueil en bois de cèdre f?) 3 » : la partie du tableau où était peinte la
1 Le* menuisiers cl les rharpen tiers sont nommés *"*# A quand ils iravoillml au ciseau et nu maillet; ■ ^, » | f^. J-s, quand il» Iravailirnl à l'herminelle J^ et à la srie ^ \ 1 ™ , m — , quand ils travaillent à la liacbe •--. Cependant ce» trois noms Mot indilleremnir ni donnes am menuisiers et aux charpentiers de toute esjièce dans bien de.» cas, ci l'établi d'un ouvrier qu'on voil à Beni-Hasssn (Ciiampotlion, t. Il, p. 3n,n; Lepsius. Drnkm.. II. i sfi ) montre la h;i< lu', le maillet, l'herminelle, le ciseau, le vilbroquin, l'archet manœuvres par le mette homme. Tous ces mots, malgré leur origine dilF''ri iiU:, sont donc devenu! des synonymes. Ajoutons que ""©A e-t remplace dans un tombeau de l'ancien empire (Lensiii-, Denkm., II. 4 9 , b) par ■" I [gravé, par erreur, f). "■ es' 'a forme simple biliu-rc d"où est sorti mm m. par le memeTroeédé qu, a tiré [1J •, de jlj »JJ, f\ • de f J
1 Lepsius, Denhm., II. qo, li.
1 Les cercueils, de la forme (£BJ. sont au nombre de deux et superposés. La légende dent fois répéloe est deux Toit mutilée; mais on yieut la rétablir en l'aidant lie la légende du naos représenté dans le
mi'me tombeau cl sur la même planche : "■ Ils », ^. Le bois
V „, A est tiré d'une espèce d'arbre qui non seulement crois-ail en Egypte, mais se trouvait près d'Alep ci de Carchémtsh en lelln
fabrication du cercueil est détruite. Dans un tombeau du nouvel empire, trouvé à Thèbes, on voit les ouvriers occupés à faire le cercueil en forme de momie, à le polir, à le peindre 1 : malheureusement les inscriptions qui accompagnaient cette scène ou sont effacées ou n'ont jamais été copiées. Cela est d'autant plus fâcheux que la représentation est unique jusqu'à ce jour.
En revanche, on rencontre dans plus d'un tombeau des tableaux où la fabrication des autres meubles est exposée en détail 8 . Les principaux de ces meubles étaient les coffrets à linge ou à figurines 3 , le lit funéraire 4 , le sarcophage carré 5 , le naos où Ton mettait la statue du défunt 6 . Au tombeau de
quantité que les Egyptiens avaient donné à une partie de la contrée
le nom de pays de VOaân, ^\ ** - " m % é «^* (Ebers,
Dos Grab des Amenemkeb, 1. 6). Le même arbre est mentionné au Bituel de l embaumement, jrZjL 1 (Mémoire sur quelques papyrus du Louvre, p. 21, note 6). Je pense que c'était le cèdre. Le ___^» 1, quon traduit d'ordinaire «cèdre», est Y Acacia Seyyâl.
1 Rosellini, Mon. civ., pi. GXXYI; Wilkinson, Manners and Customs, a* éd., t. III, p. 475, plate LXXII.
* Lepsius, Denkm., II, i3, £9 b, 107, où les légendes ou bien manquent ou bien sont mutilées.
3 *^ |W, C^ ^,, litt. : c le doué. » Cf. OMT, T., infiaere
clavis, 6IMT, 6IBT, T., i<JT, M,, clavus.
* (tombeau d'Amten, dans Lepsius, Denkm., II, 6), V r— 5 (tombeau de Ti).
6 f[] T-r (tombeau deTi).
* *\*f)l (tombeau de Ti), C^ (Lepsius, Denkm., II, 49, b).
— «-(96}**— Ti , les scènes se succèdent comme il suit '. Un ouvrier accroupi perce, au vilbrequin mû par un archet s , des trous dans l'épaisseur d'un coffret carré, monté sur ses pieds 5 : c'est afin d'y fixer les charnières qui serviront a maintenir le couvercle. Derrière lui, deux» polisseurs 1 », debout et affrontas, polissent un lit an ébène, avec un corps brun rouge qui pourrait être un fragment de grés dur ou de pierre
' Ces seines, soul reproduites avec ligure» dans k. li.ïdelcr {.Egyplen, Theil I. p. 'toi}]; une partie àtt légcndH I été publiée par Brugsch [DU mgfptuef» Grmbr-mrh, Talel IV, i33-i36). Le tout était a l'Exposition universelle de iS-jR . où j'ai pu copier scènes et
' M. Soldi nie IciLstence, en Egypte, du vilbrequin mù par un archet. Elle était déjà connue de Champollion (t. H, p. 39g) dont le Iriiioiitniiiic il i-lé confirme par de nomWui monuments de i'an-
' Légende: f[] lî^" ^\ TT | + 7C « Percer dans le coffret par le menuisier>. i 7] I 1 • le vilbrctniin • pourrait se ratUeW à la même racine ijue îioyi, M., aeaere.
* Le mol est écrit jjf eL ™ | »^^^. C'est te factitif de la racine ™, lyuiii, M-, (yojB, ■m.v, . T.. fonder* . laderr. Le détenu i natif £ est l'objet avec lequel on polissait le bois et la pierre. L'action de polir s'appelait I 1~ï~i ( tombeau de Ti ) , p^j (Rosellini. Mon. «tv, pi. XLV). [)[^J [Brugsch, Moaummtl, t. Il, pi. LXVUI, c), où les deui bras sont détermi natifs
comme dan» la combinaison . ( . Pour les grandes surface*.
Ici polissunrs L'mjilovaienl un Cr -> ■; 1 t j .■ ti 1 île pouce un de yri-s^ pour les petites, l'inslruinenl 1 et ses variétés. Ainsi, ai. tombeau d'Abi. un homme FI | J • polissant des vases- k l'intérieur (dans
Itn.gsch. Vnnumn.lT.'.ll.fl LXVIII, t).
-»( 07 )« ponce ' : sous le lit, un chevet et un coffret achevés. Vient ensuite un menuisier accroupi , qui scie une planchette appuyée contre terre 2 , un autre qui, le maillet et le ciseau à la main , travaille une planche oblongue et dit au précédent : » Finis-en avec cet ais et passe à un autre, lambin! a »; enfin un ouvrier debout qui scie à deux mains une longue poutre plantée en terre*. Comme la poutre, n'étant fixée que d'un côté , plierait sous l'effort et pourrait se casser, la partie déjà fendue est attachée, au-dessus de la scie, par une ligature dans laquelle passe un bâtonnet : a l'extrémité libre du bâtonnet pend un gros poids, destiné à maintenir l'équilibre et à dimi-
. Polir le lit d'ébene par les polisseurs de la maison éternelle,.
1 > I 1 -1 i. £! £!!!!!!• f ■■*»»fc«*|irfa«« isien t. Les Egyptiens avaient la petite si main, et une grande scie, qu'ils maniaient à deux c
connaissaient pas nolry scie montée. Il est impossible de distinguer ici si l'instrument est en bronze; ou en fer.
J La légende, coupée en deui, ci) m menée deiant Ihnmme et Bail
derrière lui i j^""f"-g- ~. A \j*"lP° V ,llt - : " Fo " ton ai» aller en autre, nonchalant ! . M \ est la thebain crie, otiare, cesiare. J'ai dû paraphraser la phrase puur la rendre intelligible en français.
* Légende ; P ^ ^- C'est k même mol que \ [1 " . En égyptien, les racines fi jrmées d'une voyelle et d'une consonne peuvent
en échanger l'ordre sans inconvénient i *jj a fcfl ■ écrire,
peindre., ^ et -i .venir., ^^ et ^ ^ .vider, être
J. As. Extrait n* s. ( 1880.! -j
nuer 1 élasticité de la planche. Un menuisier plane un ais à l'herminette 1 . Deux autres polisseurs accroupis polissent un sarcophage oblong 2 : pour bien cadencer leurs mouvements et ne pas se cogner les mains, ils chantent alternativement : «Y es-tu? — Fais 3 !» Enfin un dernier polisseur debout devant un naos le frotte consciencieusement 4 . Une scène empruntée à la tombe de Imeri donne un ouvrier taillant à l'herminette la barre —, qui doit servir à fermer la porte du naos 5 . Une peinture de Thèbes
1 Voir au Louvre plusieurs beaux modèles d'herminelte montées, de petite dimension. Le travail est décrit comme suit : Wf |fs^
"^ * '■- P P IF"! \ A »- , * Menuiser du bois du Ssoat' par le menuisier » , avec une interversion des éléments du verbe Wf |h^ ""•» .
La même légende se tix>uve, mais mutilée, dans Lepsius (Denkm.. Il, 49* b), où, au lieu des caractères gravés dans le champ, il faut
^"^ • Frotter le sarcophage avec les polissoirs par les polisseurs de la maison d'éternité». 8 H[ V se retrouve seul au-dessus de deux ouvriers occupés à polir un lit dans Lepsius [Dcnhm., Il, 4 9, b) : c'est le copte 21 , T., M., B., tritarare, terere. |"^ ot est la forme simple de lU TT • coffre, cercueil».
3 Ces deux fragments de dialogue reviennent souvent sur les monuments de l'ancien empire : S^ V «Sois» ou «Y es- tu?», »**» «Fais, vas-y».
* Légende : "~*~Hô "* e polisseur», | *-j «polir», ^/C| «la maison pure (le naos)». Dans Lepsius (Denkm., II, 49, 6), le naos est appelé y 1Ï v ^ « le naos de cèdre (?) ».
6 Légende un peu mutilée : W |h^ « Travailler le barreau , le verrou» (Lepsius, Denkm., II, 49, b).
complète la série en nous apprenant comment on fabriquait les fauteuils d'apparat, les divans et les chaises ordinaires l .
La maison du défunt meublée, il fallait armer le défunt lui-même et lui fournir les moyens de se défendre contre les périls de l'autre monde 2 . Les hypogées de Thèbes nous ont rendu des armes de toute espèce et jusqu'à des chars entiers. Le plus connu est celui que Rosellini rapporta de son voyage, et qu'on a qualifié longtemps de char scythe. Il est aujourd'hui au Musée de Florence, et peut passer pour un bon spécimen de ce que les ouvriers thébains pouvaient faire en ce genre 3 . Les peintures de l'ancien empire montrent à plusieurs reprises des menuisiers façonnant, à l'herminette, le bois de lare et la hampe des javelines que le mort emportera avec lui 4 . Dans Tune d'elles , ils causent tout en travaillant : « Donne que nous le fassions ! — Vas-y bravement ! 5 » Ailleurs, ce sont des carrossiers qui fabri-
1 Rosellini, Mon. civ., pi. LXIV, 5, et pi. XLV, î, a, 3.
1 On voit dans les vignettes du Livre des Morts le défunt, armé de la pique et du couteau, lutter contre les monstres.
3 Migliarini, Indication succincte des monuments égyptiens du musée de Florence, Florence, i85g, p. 95-96, n° 3678. J. Rosellini, Oggetti di antickità Egiziane riportate dalla Spedizione letteraria Toscana in Egitto e in Nubia ed esposti al pubblico nell ' Accademia délie Arti e Mestieri in Santa Caterina, Firenze, i83o, p. 26, 37.
* Lepsius, Denkm., II, 108; Rosellini, Mon. civ., pi. XLIII, 3,
4, 5.* La légende est W^ \ «le menuisier», avec I formatif.
* Légende : «» « menuiser »: J! À ^^ (Ro-
aeUini, Mon. civ., pi. XLIII, s) «Sois actif; donne que nous fassions cela».
< îoo y
quent ie char du mort, courbent le bois, font la caisse , les roues, le timon ] ; mais aucune des inscriptions qui accompagnaient cette scène na été copiée, et cette négligence des voyageurs nous empêche de connaître avec certitude le nom des différentes pièces dont se composait un char égyptien.
Le char ne suffisait pas à qui voulait aller bien loin. La barque était nécessaire en Egypte, plus nécessaire encore dans l'autre monde : le firmament formait comme une sorte de Nil céleste , sur lequel naviguaient les dieux. Les barques funéraires étaient de deux sortes : les grandes, celles qui portaient le défunt et sa suite, les petites, en papyrus, qui es* cortaient le convoi, chargées d'offrandes. La construction des premières est une scène fréquente dans les tombeaux de l'ancien empire 2 . Dans f un des tableaux qui se rattachent à cette opération, le bûcheron abat à grands coups de cognée les palmiers ou l'acacia 3 , auquel des charpentiers, armés de la hache et de l'herminette, donnent immédiatement une première façon 4 . Le bois, réduit en planches
1 Rosellini, Mon. ci»., pi. XL1V, 3-4. Au-dessus du char reproduit dans Rosellini (Mon. et»., pi. LXIU) , une petite légende illisible. 1 Lepsius, Denkm. t II, 6i 6.
* Légende : 4ft « abattre le bois » (Champollion, t II, p. 4 ; Rosellini, Mon. ci»., pL XLIII, î ; Lepsius, Denkm., II, 126). xy est un factitif de tf\ « passer » : •faire passer, Jaire tomber le bois ». L'arbre est un palmier.
* La légende est dans le tombeau de Ti (Bàdeker, 1. 1, p. 4 08) : ~™0 m H 1 « travailler ic cèdre (?) » ; dans Lepsius (D enkm ., II , 108), deux hommes sont occupés, l'un à l'henni nette, W^ï «le
— «•( loi y
assez longues , était travaillé de différentes manières : dans un tableau la planche est à terre, tandis que les menuisiers la façonnent au ciseau et au mail* let 1 ; dans un autre, elle est maintenue à quarante centimètres environ de terre sur deux supports en fourche, et les deux menuisiers sont assis sur la tranche, une jambe relevée, ] autre pendante 2 . Les barques sont assez longues et peu profondes : on dirait, à les voir, un tricorne allongé. Elles étaient quelquefois construites en planches courtes et épaisses de bois d'acacia formant briques : superposées et fixées les unes aux autres, leur assemblage composait moins un bateau qu'une sorte d'édifice, assez solide pour flotter sur le Nil, mais que le moindre coup de mer aurait disjoint en un moment 9 . Le plus souvent, les planches, longues et minces comme celles dont on se sert aujourd'hui, étaient assemblées selon les mêmes procédés que nous employons à la fabrication de nos navires. Tous les tableaux que
charpentiert, l'autre au ciseau, ™*# •-, après le cèdre (?), [11
*; W jk Q J -* »—■ - « menuiser à la hache », ^ V J ^N^
«menuiser à Therminette » (Bâdeker, 1. 1, p. A02).
1 Lepsius, Denkm., H, 108.
* Tombeau de Ti (Bâdeker, t. I, p. 408).
3 Champollion, t. II, p. 399-^00; Rosellini, Mon. civ., pi. XLIV, 1 ; Lepsius, Denkm. , II f 1 26. Ce sont les bateaux décrits par Hérodote (II, xcvi) : Êx Tdnfrir* $9 Tiff àxivBm x&pdpepot ÇvXa 6aov f « £i«if£ta mXtvByvàèp ovprt detai, vavirnyevfuvot jpdxop roidpèe * mepl yàp- $ov* wxpoùs xcù paxpoùf vcptelpovat xà èixi^ta $tf As * intàv 3è t$> rp6*q> TO&ry pauwtiyfootPTau f Kvyà AniroAifc reipovat virëp. Hoptvat Se ovêèv xpéopxou.
__»( 102 )*«— je connais jusqu'à présent nous montrent la barque à peu près terminée. Elle est maintenue par deux . trois ou cinq paires (l'étais , ta poupe d'ordinaire plus baut que la proue. A l'avant, un homme accroupi sur le pont achève de planer à l'herminctte '. Trois hommes placés à l'arrière font le même travail, mais dans des positions diverses : le premier est accroupi dans le bateau même; le second, debout sur le sol. donne le dernier coup au bec de la poupe, le troisième est à moitié renversé sous la quille dans une position des plus incommodes' 1 . Cependant une escouade de cinq ouvriers, sous la conduite d'un contre-maître, place un bnrdage- il semble que les chevilles aient été plantées et les trous correspondants de la planche préparés à l'avant 3 . Tandis qu'à une extrémité un homme maintient la planche en position au moyen d'une corde, trois autres la frappent à grands coups «le maille! pour enfoncer les chevilles : le contre-maitre . debout au milieu de la coque, les encourage de la voix et du geste \ Le
1 tombeau do Ti (BWeler, t. I. p> Ao8], jT imw^et.
i '»"V^V Mncnuiscr k lïicnninelLe ■ (Ufldekcr, 1. 1. p. io8).
I Peut-être les Mme» dont il est question k 1.1 page prréc'deiiie Miui-ils occ-ii| es k perrer au ciaeau le* tnnu d^ïûnés nui chevilles.
1 Lb légende est double (BûdeLer, l. 1, p. floS; Brugsch, Dm irjypt'uchr Grâbfrmelt , t. IV, u* Iî6, vérifie sur 1rs tableaux de
|~[] \. \. i-l uni' l'orme proli'iiijiV de lYxrhiiiali'UJ fj] 1k , ["[].
* H>C semble, dire une variante sans voyelle* de »e»(=, U &u|'prgSMOO de G dans —S étant fréquente, dans les teilc.s de rellf
bordage mis 1 , on passe a uni autre opération '. Deux liommos armés de deux masses en bois, moins longues que des demoiselles de paveur, mais garnies de poignées analogues, s'escriment de leur mieux contre les planches du fond . tandis qu'un autre con-
épuque. RVÎ se nbWM, uni détermînalif < dans un leilc qiio nous verrum un peu plus loin (Eberi, A'.-itfilm m llihl tmd ll'ort, L I, p. 186), el avec un déterminait!'. Il V ||i, dans Brugscli [Dkt.hièr., p. iî.13, s. ». (.. et Dû mgyptaeka Grë&tmdt, To-
fet IV, Q° iS.'i ). Dam inu Ihctiaiuimrr , llruj;si-|i a 1 approché ce mot lie CHU, ^orput, baçca, CMXt MAXOXI. Ml, M., flJipw. toc™, Ma, fiitpvts, rflcrmc, lira, l.e telle complet :1e la légende qu'il cite (Die <r$rptischt Grâbtnccll , Tal'el IV, n* t54) est — ^
Kki>wwwik.rfTaa>rrp;ai'S
le prasayr île la grappe . !■■ loula^e du raisin , (nul le Irai ail île la campagne.. Dans Ebers ( Jïjprnnvt, 1. 1, p. 188), il ne s'agit plus de! ïir gnerons. mais ries ouvriers cliarpeiiiicrs. qui, aïec nue ilrmtiisille massent et pres>ent IVloupo : flVfT^ 'HvW l'intérieur ■. ' [l^|, s t le factitif du verbe ^|. Quant i>p t^lK."^ ['■ciun'-quci la variante \. de *™), peut-être est-ce le copte coi, T., M., CM, B., n, £raft>. H semble donc qu'il lùilL traduire: «Eh, vous! qu'on travaille à (a niasse la poutre-. Le second fragment de la légende est : | """" = [sir] (Brugsrh ,1, pur erreur,
) » — ' ^^ je ^^ » Ali ! écarlcj voira main de nous ! ■, prière des
«litres ouvriers à icuv qui Irai .iiHciil la phiii'lic : le suis e>t douteux. Celle siéne se trouve dans Dûmiclien ( PUotiiiimpli'uike Hctuttate, pi. XI )î mais la photographie n'esl pas 1res bien venue, et les légende* sont difficiles à lin:.
1 Le bordage est en place dam lu tableau (Dûmiclicn, pi. XI-, Ebcrs, jEjvpten, t. 1, p. 186).
1 Le tableau et la légende dam Uùmichen (pi. XI) et dans Ebers {.Eyjptrn. t. I, p. 186}; la légende seule dans Rrugscli [Dît agyplûcfte SnlhrWt, Ttfti III , n" 1 17, 1 18. ■ .9].
—H 104 H— tinue à égaliser au ciseau l'extrémité de la proue'. La légende explique ce qu'ils l'ont : ils tassent à grands coups l'étoupe goudronnée avec laquelle on calfatait le plancher pour rendre la barque étanche 2 . Un autre ouvrier, occupé au bordage. les encourage en leur disant : «Bon, ce que vous faites, pour que le plancher du fond ne prenne pas l'eau ! 3 » Un dernier ouvrier à l'arrière taille à l'henninette les petits soliveaux destinés à former le plancher sur lequel on étendait l'étoupe 1 . Pour calfater l'extérieur, l'ouvrier se servait d'une lourde masse à long manche dont il hatlait les lianes de la barque, de manière a bien enfoncer l'étoupe dans les intervalles des planches a .
i Légende: ■■§ J (Ebers, ,%>7><«i , l. I, p. 186). et 11^ | T "-v, ■masser, rai la ter l'inicrit-ur (Brugsch, 11* 117; Dùmichen, pi, ]Hi Ebers, I. I. p. 186].
' Hérodote [II. Kîfï] connaît aussi ce calfatage : fti w fcj Si rie Apportât i» Un Atj*MMM>tf fivS)\i,>. Il est probable que, des le temps (les Pjrnmîdcs, le papyrus était déjà l'i.teun-nl emphyt.- à cet usage.
' | ***" * == ' ' »f)»^^ ' (Brugsch.ii* 118; Dùmichen. pi. XI; Ebers, p, [86] : .Bon ce que vous faites pour ne pas boire le plancher de l'intérieur >. ^ft est probablement, comme (la us les traités de médecine, pris pour P^*| <— « gt - .var.de -
— ■ (Brugsch, Dicl.liU't: . p. 1007), esta proprement parler la table. le /«/-fier du porit de la barque, le plancher plat qui garnissait le
* Légende i -*- -w- K 1 menuiseï le bois du tablier ■ (Brugsch, 11" ■ I0i Ebers, p. 186).
1 Lcpsius. DciuVih. , II, 61, b. Nriw il moilié détruite : ™ [au lieu de , que porte la gravure] Vfl " i*V «Travailler à U
— «.( 10S )« La construction des canots en papyrus est accompagnée le plus souvent d'une scène préliminaire: les ouvriers descendent à la rivière et y cueillent les plants de papyrus 1 . Une partie servait à fabriquer une sorte de grande caisse pointue et recourbée aux deux bouts, qui formait le corps du canot : le reste était employé à la fabrication de la corde. Un homme accroupi tisse la corde, qu'un enfant tient tendue à mesure que l'ouvrier la fait, puis la dispose en rouleaux de différentes formes 2 . Les constructeurs lient avec cette même corde l'avant, l'arrière et le milieu de la coque en papyrus 3 : au tombeau de Ptahholpou, un des ouvriers, à qui la corde va manquer, s'adresse iï son (ils et lui dit : «Eh! petit, apportemoi des rouleaux ! » A quoi l'enfant répond : h Eh ! père, voici pour toi ce rouleau,» en lui présentant un méchant nœud de corde qu'il tient à la main*.
1 Lepsius, J' ■■■■:".. 11, 13; Dùmiclu-n. Rnullale, Thoil I. TV fel VUÏ.
I Cjjp = p JSJÎy"'"— pj (Dùmicuen, Raaltatc. Thcii 1, Talel VIII). p jj pourrait être cenni. M., ni, (inum. et il ftudrait Iraduire | conte de fin î . si le sein « lin ■ était micu> prouvé pour
1 Lcpsius. DeakiH.. II, loti a, avec la légende 11 ■ ■ A V •"< ..^j .lier la barque..
* Dùmiciirn. Résultait, Theîl I. Tafel VIII ; I v4i^~ V |^ ^ 2XX .L«n 10l 7^e, 1 .e C o^C B OK.T..M..COHK,
T., paniu. eiiauui; J^ " L jj'— ^ ■ *' ,,, ' l Fû*lwgfflnlM de l'époque : la note ■> de cette page «lonnc pour JJ Jj JJ la lecture <=>[). — Réponse de l'enfant : \ ^ ^ ^ ~=j JJ JJ^. Ce ^ gSjg e-l
— «.( 106 )•«— Dans le même registre , des ouvriers qui achèvent deux autres barques s'apostrophent pour se donner du cœur k l'ouvrage : u Construis ça I ' » Il y a probablement dans cette petite phrase un jeu de mots qui pouvait être spirituel en Egypte, mais dont je ne soupçonne pas le sens.
La construction des barques est figurée surtout dans les tombeaux de l'ancien et du moyen empire : elle n'est guère représentée dans les tombeaux thébains.' Il semble qu'à Thèbes il y ait eu sur le Nil une flottille de barques funéraires toutes prêtes , et qu'on louait à l'occasion : dans les provinces et I Memphis, il fallait équiper des bateaux à chaque enterrement nouveau.
Les sculpteurs en bois, les tailleurs de pierre, les potiers n 'étaient pas moins actifs que les menuisiers. Les statues qu'on plaçait dans le tombeau , et qui servaient comme de support au double ", étaient aussi souvent en acacia ou en bois de sycomore 3 qu'en
à joindre am mures Formes de Tk* — i que j'ai >i^iult'cs adlrurs ( TruruoctiW of tla Society of iitblicai .Irctawlojy. t. VII. p. iS).
' Dûnnclier, (ftttlMJ», Tlied I. Tafel VIII) : %$£?■ Le «- Irniuoiirji doit vjulor sur le» sens nomurem de la racine o\ L* scène il pour lilre """O.
' Cf. lliilaire Jet limrt ilani (ancienne Eqrpte . dans le Ballrû» tic l'Auaàaùan uàmà&pÊê ■''' Fioitre, 1879, n" agi, |i. 38i-38ï.
' A.11 tombeau de Ti ( JJrujjirli . liii- ir.jjjiiuJi.' Griit'rrwclt , ti" 87), la slatuc est |f^™ J " .une sUlne- d'acarin-ionl -. Tnu» 1rs nwwes d'Hiirope cl îuémi h Louvit, depuis ]>eu. possèdent de CM *Ulue* funéraires en boit.
__♦*( 107 )**— pierre calcaire ou en granit. Les blocs de pierre destinés aux sarcophages et aux statues étaient d'ordinaire préparés pendant la vie même de l'individu. Le premier soin d'un roi de l'empire memphite et des anciennes dynasties thébaiucs était d'envoyer une expédition aux carrières de calcaire de Tourah, près Mcmphis. ou aux carrières de granit d'Hammamàt. J'ai traduit ailleurs une partie des inscriptions commémoratives que les ingénieurs égyptiens ont laissées en celle dernière localité ' : les blocs étaient extraits de la carrière par des traîneaux attelés de bœufs 2 , puis embarqués sur le Nil et transportés à destination. Une inscription malheureusement mutilée racontait le transport du bloc destiné au roi Assi de la v* dynastie 3 . Le bateau qui avait servi à cette opération est encore visible : au milieu, la cuve, revêtue d'une armature de bois et de cordes, à côté le couvercle déjà taillé, à l'avant et à l'arrière des officiera qui dirigenl l'opération 1 . Des tableaux
' I,r> intcit/ilioni il' lu iiif/c it llamintimàt . dans la liniu orientale et américaine, nouvelle «erie, t. I, p. 3a7-34i,
• Voir la représentation àma Roadlinj [Mon. cit.. j>l. XLV1I, 6) et dans Lepùus [Denhm., III. 3 ni].
* Lrpsitis, Dcnkm., Il, 70.
port du [sarcophage] Giond île vaillance il'Âssi qu- lui mil lait . % fl »fc chef «le io.. fl| .le secrétaire., ,^,[1]* ■ le chef de la porte (?)• cl «le T >, qui sont debout, les trois premiers à l'mn ut, l'un Ire à l'arriére île la barque. An-dessus du couvercle. • oiuvi-rcfcii au-dessus de la ruve. -* IV • cercueil ■. C'est rdluilralioii d'un passage de l' inscription H'Urni publiée par M. de
— «.( 108 )«— assez nombreux montrent les sculpteurs ' occupés à dresser un bloc : d'autres vérifient, au moyen d'un fil tendu sur deux chevilles, le niveau de la surface ■. Los statues debout ou assises étaient sculptées à la pointe et au marteau 3 , polies au grès 4 et peintes 1 . Les figurines funéraires de grandes dimensions, les canopes, les amulettes de forte taille étaient découpés à l'herminelte ou au ciseau, peints et souvent dorés 6 . Des bijoux d'or et d'émail T , des fioles ou des amulettes de verre coloré 8 complétaient l'équipage du mort et l'ameublement de sa maison.
Rougi! ( Recherches pnnr ternir à t'kïsliuie des six premières dynOJttts de hlanélhon. p. i ig-i 30). Cf. une foii de plus 1» variante \.
' Rotellini, Jfon. M., pi. XLVIH, 3. Légende ; "] ^.. .le tailleur Je pierre.a
■ J<W.,pl. XL VIII. 1.
' WioV.pl. XLVI.4, ji (légende: ^), 9 (légende *P*^ll r t
pi. XLVII, ou un sculpteur travaille un lion, légende ; U j) V
■*■ ! J S «U 1 ' Travail ' ,U lio " P" r ie acu! l ,teur - ' ( Cf - B™g«» ! AfonuflURb, t. 11. pi. LXVIH, l).
* ftid.,pl. XLVII. n, 3. J.
* Ihid., pi. XLVI, 5, 6, S (légende: Hljfc* 1 [*•«]). '° ! pl.XLIX, 1.
* Jbid. . pi. XLV, 5, où le sculpteur, ayant devant lui les quatre cauopes lie I II [Mît* dynastie j . achève deux figurine» funéraires; G, un ouvrier travaille à Hier-minette une planche; un autre, le T; pi. XLIX. 3, un ouvrier tculpte au ciseau le nom du défunt sur un campa qui surmonte un | pi. LX1II.
' La fabrication en esl représentée dans Rosellini {Mon. av.. pi. LXIII).
" La fabncFition en est repré-eiitcc .](■- les tombeaux de l'ancien empire (Lrpsiun. Denkm., (I, 1 3, etc.. Tableau des souffleurs Heierre).
Je laisse de côté les travaux de moindre importance, le choix d'une victime, la préparation des pâtisseries et des provisions nécessaires au banquet funèbre 1 , la cuisson des poteries et de la vaisselle destinée au tombeau a . Les j ours de l'embaumement passés, la momie, revenue dans la maison mortuaire, y recevait les dernières retouches et séjournait encore quelque temps dans sa demeure terrestre.
Quand le » matin d'aller cacher sa tète dans la vallée funéraire s » et de ■ se réunir à la terre * » était arrivé, le cortège se mettait en marche à travers les rues de la ville et se dirigeait vers lu rivière. Les tombes de l'ancien empire ne nous ont conservé au-
1 Rowdlini. .Won.cn-., pi. LI-LII.
' Ibid.,pl.L.
isr«-»i,î,~<j , .aWk.x.- i*"*-*
Bouloq n" IV, pi. XVII, I. i3-i5) .Soi» trouvé ayant construit U demeure qui c-l dun-> la Vallée funéraire; U- matin il/ cacher ton corps , qu'il Ii- soil toujours [iré-ïiii d.ms les m tri- prises que lu eiamineras de ton œil ■ , c'est-à-dire «que tu méditeras d'entrept eudro i. Cette trailuction dillcre de celle de M. CUabas [LÊgyptaloaie, 1. I, p. 116-118). On des noms de ta nécropole de Thtbe* était fl> ■
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cune représentation intacte de cette partie de la cérémonie ; mais un des papyrus de Berlin nous en donne la description : «Tu as songé au jour de l'ensevelissement. Te voilà arrivé à l'état de béatitude, tu as passé la nuit dans les huiles, on t'a don m 1 les bandelettes par les mains de la déesse Tait 1 . On a suivi ton convoi au jour de l'enterrement, gaine d'or, tète peinte en bleu, un baldaquin par-dessus toi, fait en bois de Masgat. Des bœufs te traînent, des pleureurs sont devant toi, et on fait des plaintes-, des femmes accroupies sont à la porte de ta syringe, et on t'adresse des appels . . . On tue [des victimes] à la bouche de ton puits funéraire, et tes stèles sont dressées en pierre blanche parmi celles des enfants royaux 2 . » J'espère un jour montrer, parmi les scènes peintes dans les tombeaux des anciennes époques, celles qui se rapportent à ce cérémonial, et reconstituer avec ces élémenls épars toute la procession funéraire des grands seigneurs du haut empire ; eu ce moment, je préfère ne m'occuper que des représentations de ce genre qu'on trouve à partir de la wnf dynastie.
Le convoi du mort est représenté non seulement sur les parois des hypogées de cette époque, mais aussi sur un assez grand nombre de stèles assez mal étudiées 3 . Les détails no sont point partout les
' LÎU. : • la'ilée:.*e Élojfe ,. Cf. Mariette , Âbyd/>s , l. III , p. 1 71 , 1. 4. * Papyrus Je Berlin n° I , I. 1 91-197, ils us le> Milani/ri A'arctitn- Inytc eayptlenne et aityriennc , 1. III , |1. 157-1 58.
J Le I.oiivrr en possèile une mseï inat comervéi' il i|ui n'a p«* rie
mêmes : ils devaient changer considérablement selon la richesse ou le rang îles individus. An contraire , l'ordre dans lequel SB suivent les parties du cortège est .1 peu près constant. Je n'ai pas l'intention de relever ici toutes les variantes qu'on remarque dans la succession des scènes ou le texte des discours. Il suffit, pour le moment, de décrire l'ensemble et de traduire les inscriptions les plus marquante». Cinq hypogées de la xvin" dynastie, ceux dllarmhahi. de Nolrihntpou, de Roi ;i Thèbcs, de Pahiri à El-kab. et d'Hor-klieinlî à Memphis peuvent fournir les éléments d'une description à peu près complète.
Le tombeau d'Harmhabî est remarquable par la richesse de ses peintures et la pauvreté de ses légendes 1 . La procession part de la maison funéraire et nous mène au bord du Nil. Elle débute par des esclaves porteurs doQrandes : l'un d'eux conduit un veau destiné au sacrifice. Vient ensuite le mobilier funéraire : quatre collrets [j peints en bleu et deux coffres S peints en rouge, bordés de bleu, reposant chacun sur une selle aa, nue grande table A, des pliants , un lit f) , un fauteuil , un char de guerre porté sur les épaules de deux hommes, un autre char attelé de deux chevaux, puis de nouvelles offrandes, des collrets de la forme S , et une large caisse ,
•nia I n |j uér MI AI. ui-. RoU& [fat aulre «■ trouve en la [mss-'asion dt M. Guillaume GuiirA J'en connnîs h Lejdc, à Londres et à Turin. 1 Les figures Km) reproduite! dans Cliiim|>ollio)i (■Woiinntenri. jh. CLIX.it teste, t. I, p. igo-ioi. 83i-83â). La scfcnc tMqpthU nvrr le» roulmr» a ctt reproduit* par WilltmxJn ( iWatinrrj ami Cru- Mi-... l'nl , i. III |.l. I.WI .
— +*.( 112 )■«— peinte à damier rouge et blanc , renfermant les huiles , deux canopes a tète humaine, la partie supérieure du cartonnage de la momie, des armes, des sceptres, des amulettes en or de types divers, la barque solaire chargée d'emblèmes mystiques, des figurines funéraires. Derrière cette armée de serviteurs commençait le convoi lui-même avec ses pleureuses, son escorte d'amis en deuil et de parents affligés, entourant le baldaquin sous lequel repose le cercueil. Au-dessus de l'attelage de bœufs et d'hommes, le tombeau d'Anni place une courte légende qui pourrait servir de titre à toute cette partie de la cérémonie : <■ Halagedu convoi parles bœufs dispos 1 .» Dans l'hypogée de Roï a , la marche est ouverte par un groupe de pleureurs au-dessous desquels court une inscription mutilée, mais que l'on peut rétablir: «[Disent les] pleureurs [qui sont en avant du lit funèbre : « A l'Occident, le très] excellent, qui hait la duplicité 3 !" Derrière eux, des pleureuses. «Disent
■ ~t m c;n~*«>»%> i > ~ (te.™,»»»,..
Moaumrnti , texte, 1. !.:■■. 836).
* Toute la scène se trouve avec les lë^emti» dans Clianipollioii {Monument*, pi. CLXXVI1-CLXXVHI, etleue. t. I. p. M4-M5); RoselLini (Afon. ciV. , pi. CXXVIH-CXXIX). Wilkinson {Atannmand Caitomi, a' éd.. t. III, pL LXV1II) ei Prisse (Hilton-* dt fort égyptien) ont reproduit les Guuivs sans légende.
a été bile, prlie d'aprè- la Ifgeo4a des pleureuse* qui si ciiips, partie d'après la légende dfl tombeau de Hor-Khen
ces gens en poussant des cris et des lamentations : «Lamentez -vous, lamentez -vous, ô grand, lamen- «tez-vous, ô homme bon, très excellent, qui hait «le mensonge 1 ! » Vient ensuite, lentement, la mo-
riette, Monuments divers, pi. LX). L'expression «■*§)* * fréquente
à cette époque, est traduite ordinairement «la seconde mort» ( Pierrot t Vocabulaire, p. 478-479). Elle signifie simplement «duplicité, fausseté, mauvaise foi», comme il résulte de la comparaison de ce
passage-ci avec un passage du discours suivant : I 1 1 1k fn M *** r **". Ce sens convient partout où on la rencontre:
ATA I % 2E ^* -îr\ " *^-»- (Champoliion, Monuments,
texte, t. I, p. 85 1). Il s'agit du dieu Thot qui enregistre les résultats de la pesée du coeur du scribe Àmenemhît, et à qui celui-ci adresse la prière suivante : « Te voici écrivant mon nom à moi le chef des portiers, Amenemhît; quand son cœur paraît sur la balance , on ne trouve pas en lui de duplicité , de fausseté. * - W\ V m t ^*" ^* fjtg) (Champoliion, Monuments, texte,
t. I, p. 854) «Je suis juste, sans mensonge, n'ayant point commis de duplicité:
7 1I1P ^^ , ,T 1 , V : '" ^ mo * T ou X» ^ ans ^ ^ eux cas » **" pond au sens «image, figure» : I ou T %* 1 «ces figures -là» (cf. Zeitschrift, 1878, p. 33-37). a\| est un mot sans détermi-
nafif, comme II JL » [fi N "* *\ HD jL* U» ——•» qu'on trouve dans le même tombeau. Ici, le déterminatif était sans doute Jïi ce
J. As. Extrait n* 3. (1880.) 8
—**.( lit )**—
mie traînée par des boeufs, que leurs conducteurs excitent à l'ouvrage. « Disent les hommes qui mènent le cercueil : « A l'Occident , ô bœufs qui tires , à l'Oc- " cident ! Ton maître vient derrière toi , ô taureau ' ! <> Les « dieux de la Vallée funéraire», invisibles, surveillent l'opération et s'écrient : «Voici le louable ~ » qui vient (à nous] par vieillesse 3 !» En avant du convoi s'avance un homme, qui arrose le sol pour favoriser le glissement et empêcher le traîneau de prendre feu par le frottement continu et la traction. Dans les circonstances de la vie terrestre, lorsqu'il s'agissait d'un colosse, d'une statue ordinaire ou d'un bloc de pierre, c'est de l'eau qu'on employait à cet usage : ici, c'est du lait. "Moi, dit ce personnage, je purifie , pour toi , le chemin , devant toi , avec d'excellent lait*. » Il précède de très peu le prêtre officiant qui «présente l'encens et la libation à l'Osiris,
qui nom donnerait un verbe - \ | JV identique il I " zi el à ^^T^ tî) iBrugsch, Diet. niVr. , p. i58o), en copie? T o 6 IT , TOyeiT, T., TlUIT, M-, lamenUiri , ptangrrr in laetu.
• >J^ (__ pwéibwClwnpaifeo) ^rM'I^în
( Chnmpollion a. par prieur, "'l t==* ' LI. I . laun au *■■■. .-.( le déterminalif de l - A ^
• (H ..I >. LIU OO. l'on derme .„, «„„. d.e, t. re,
grand-prêtre, Roï» : l'officiant n'est autre que le frère même du mort, Thoutmos 1 . De l'autre côté du traîneau, la femme Nibittoouï 3e livre à son désespqir : «N'abandonne pas, n abandonne pas, 6 grand, ne m'abandonne pas 2 . » Un second groupe de pleureurs et de pleureuses répond à son appel : u A l'Occident ! O deuil, toi qui fais mon deuil, toi qui me fais pleurer, ô Roi, qui repose dans sa syringe comme tout juste 5 ! » Quatre hommes portent
1 Au-dessus du cercueil, la légende : à j «\ \k ^=
l'™'J^ = !!™TM^IlTit£-f * L '°* iri5< ma J° r -
dôme du temple d'Harmhabi du temple d'Ammon, Roi, k l'occident de Thèbes ». Au-dessus de la femme : 1 ^m\ (Champol-
lion: •**") •• « : T : =^J|I 3ie =r3«^= 23*1^13
fi ^. •*— '^ff^ On pourrait se demander si ^v» n'est pas ici le
pronom de la seconde personne : la locution dans ces textes ne
prend pas de pronoms , ^^ 1 *%l T~ ' J , dit la femme Meri-rî à
son mari Nofribotpou (Wilkinson , Maiiners and Customs, pi. LXVI1). Lie groupe .-<— 1 forme un seul mot sans déterminatif, qui joue dans la phrase de la dame Nibittoouï le même rôle que 1 Jk ^ dans
celle de la dame Meri-rî; c'est le copie kcd, T., B., kx, T., K6, B., XCD, XX, M., ponere, derclinquere.
3 Le texte se termine sous le coude de Tune des pleureuses : 1 ^J5\
x~*-vT-^x~ 8 *^ 9 ^=fu
un coffret funéraire surmonté d'un chacal. Le texte tracé au-dessus de leur tète est une «lamentation prononcée par les gens qui transportent l'huile : «A l'Occident! Moi, je suis la libation qui est dans le coffret 1 ,» et l'on voit par la tournure de la phrase que c'est l'huile elle-même qui est censée prendre la parole. La sœur du défunt, Sokhitholpou 1 . s'agenouille à côté du coffret, et les amis ferment la marche, la grande canne à la main, et revêtus de leur costume de cérémonie. « Disent les gens de marque qui sont derrière le cercueil : «A «l'Occident! Il ne fleurît plus l'homme excellent, «l'ami de la vérité, qui n'a jamais proféré le men-
■■ Snliizi' 1
menti), ce leile Ml, partis sur la planche CLXVT1. partie fur I» planche GLXVIII.
-li'i-xHSg'AJ--
<J^ (Ch,„, r il,™ ; (Jj U^iJ.
"^a,:.~r:X'=H-(=.jr;x
Ci '"JL"^ ^"" J< " " !im " t JZ^ comme "SI y » , «< | J *"^
■B . Pul4lM J ^ e«t-il une forme de \ — V , arer rhongr-
ii.HH ■ ■ \ ■ ■ ! «'imiei ras* il faudrait traduire : . ftnjiïtM à l'homme nrrlirnli : celte dernière traduction me parait être, pour
— «.( 117 )•«— Dans le tombeau de Hor-Khemti 1 , le premier groupe de pleureuses a une légende mutilée, mais qu'on peut aisément rétablir : « Disent les pleureuses qui sont devant le louable Hor-Khem : i<0 chef, 'i comme tu vas vers lOccîdenl, les dieux se lamen- «lent 3 ! « Le groupe d'amis qui ferme la marche répète : » A l'Occident , à l'Occident , ô louable ! à l'Occident excellent 1 !» Ce n'est ni par l'originalité de l'expression, ni par la vivacité du sentiment que brillent toutes ces plaintes. La douleur s'y exprime en formes de commande, toujours les mêmes. Il est certain que l'habitude d'assister aux enterrements et de prendre part aux manifestations de deuil qui s'y produisaienl , devait conduire bien vite chaque individu à se composer un répertoire d'exclamations et de condoléances assez monotone. Peut-être même y avait-il un formulaire officiel employé dans les cérémonies funèbres, comme il y avait un formulaire
le moment, moins vraiiemliinblt que la première. A la Ou, j'ai nil»bli devant I "*î lii (orme négative que le sens exge, mai» que ne porte aucune <!■ ■•. ropits du leite <\ue je connais. ' Publié par Mariette {Monamiati ditm-i. pi. LX).
• '-rll<™'[VH2li~ , 3i^-'^'V
ima-ici-
de politesse employé dans les visites et dans chacune des menues circonstances de la vie. Les lamentations se nommaient des «appels 1 », des «cm*». Le souhait « A l'Occident 1 ! », domaine d'Osiris, en faisait le fond; on y joignait quelques épithètes banales à l'adresse du mort, et tout était dit.
Arrivé nu bord du Nil. le convoi s'embarquait sur les navires construits ou loués exprès pour la circonstance, et traversait la rivière, pour se rendre a l'ouest de Thèbes, dans le quartier des tombeaux. Le titre donné à cette partie de la cérémonie dans le. tombeau de Harmhabi \ et les légendes qui en accompagnent la représentation , présentent une contradiction apparente que personne n'a songé à expliquer jusqu'à présent. Toute la scène est encadrée entre deux offrandes. A gauche, un prêtre debout
<| U W verra plut loin dan* les texte* du tombeau de Nofrilintpoii . j'en ai trnconlrc sur le sarcophage de NwUnéha { Dricrtptiait de tfy» A«» LV.jl. JL. 3| : | £ ^ »; J 1 , |y J U j-j- SU | J ■ Lit fOU cuierruée de re rercle cal comme la voii des femme» qui pleurent les taureau» et 1rs main*; letir ilme prie Ri, clc. .. Les variantes du sarropliu^ de ïWm>*» Ht donnent un tuU diffère»!.
aifX)--KaiQ«).»]k«a»oo-
1 YVilkmson. 3hi.Htrs and CUtamt, ■•• éd., L tll, pi. LXVI; liliantpnllion, Mnwmtntt. leilc. t. I. p. 83i-835.
devant 1 autel tient le vase à encens et le vase à libations f et Semble adresser un hommage à la personne que lui amènent les bateaux figurés devant fui : « Puisses-tu aborder heureusement à l'Occident de Thèbes 1 ! n Sur la droite et en pendant, même scène sans légende. On dirait que l'artiste a voulu représenter en un seul registre ce qui se passait d'ordinaire sur les deux rives du Nil : l'offrande et le souhait qui saluaient le mort à son départ de b rive droite , et l'offrande qui l'accueillait à son arrivée sur la rive gauche de Thèbes. Pourtant les inscriptions tracées au-dessus des barques qui font le passage ne mentionnent plus Thèbes, mais Abydos. A gauche et à droite, trois grands bateaux à voile, placés sur une seule ligne, traînent k la remorque une gondole à naos où sont assis Harmhabi et sa femme 3 . À droite , c'est « la traversée en paix vers Abydos , pour suivre Osiris Ounnofri. — Le grand chef est avec vous , k l'Occident , .à l'Occident , la terre des justes ! La place que tu aimais crie en se lamentant; tous ceux qui te traînent sont venus heureusement, tes gens t'embrassent , ô toi qui vas sain et sauf parmi les favoris de son maître, [et] contre qui on n'a rien trouvé! O Osiris Khent-Amenti, accorde qu'il ait une douce brise, qu'il soit parmi les louables dans le pays des vivants, l'Osiris Harmhabi 9 !» A gauche, la traver-
•V«>-Hr — ICf©-
9 Le nom de la femme est I Tft *ÎP 1 1 4» .
3 \jt sens est douteux, le texte étant incorrect. Champoilion n'a
sée est accomplie «et il va en paix dans Abydos, le bienheureux Osiris Harmhahi. Il dit : « Je suis venu , «j'ai reçu mes pains, réunissant à mes membres les «ollVandes embaumées, j'ai respiré le souffle des «parfums et de l'encens 1 .» Les mots du texte sont
pas copie toute ]' copie île WilLirm
£; " ^ •— l' ri 5 ' arré le I» copie de Charapollion) 6 -V ! -V
f>!KT]— "i* T \"âï~. ~ i«) ~ "fj
V " ÎX ! ""■ J jÊ 11 ■ U membre de l' hraïe * »• B en * timbra,. :lte cérémonie où l'on voit lei
ilituéf : t Point ne sont trouyi
phrase à partir de
|I,IL:. >,,.).„„ minalif, comnii' il
': , i*'V-!;£«-a:^ , ;7;PP*4>
clairs : partant de sa maison de vie à Thèbes pour arriver à sa maison de mort à Thèbes, Harmhabi se trouve faire le voyage d'Abydos et arriver en paix à Abydos.
C'est qu'en effet les cérémonies de l'enterrement réglaient la destiné* 1 , non pas du corps seul et des parties de l'homme qui suivaient la fortune du corps , mais de l'âme et des parties qui suivaient la fortune de IVinie. Tandis que la momie et le double allaient s'enfoncer dans le tombeau, l'aine, le «lumineux», l'ombre, sortaient de notre univers. La passage de cette terre-ci à <■ l'autre terre ' ■> ne peut jamais se faire indifféremment à tous les endroits" : de même que la plupart des peuples, les Égyptiens connaissaient le point exact d'où, les âmes désincarnées partaient pour entrer dans leur nouveau monde. Il se trouvait à l'ouest d'Abydos, et c'était une feule- 1 pratiquée dans la montagne. La barque du soleil, arrivée a la lin de sa course nocturne, se glissait avec son cortège de dieux par la I bouche de la lente '», et pénétrait dans la nuit. Lame des hommes s'y glissait avec elle.
' \ \ v ' ^'" l ' l ' t l" Tls ' " '' P ' a sl *' c tl'Knlew. C th , au Loiivrr.
• Voir dan» E. B. ïylor | I.a [initiation primitive, I. II, p. 58 M suiv.) une éiuimératinu de* pt'iiplo nui oui la même croyance.
lltct. l-itr.. p. 317-J18; Dirt. jrojr. , |i. 316-117^.
* *^*^=ï= [Stèfc C 3 du Louvre). La bouche dt ta finie parail être !.i ^oi^c i|m (U'honclie non loin i\r la I'IujuiiçI fiZebibel y*r lac|ii.'lli' Im BtMTWm passaient île la vallée au rl&ert.
— «■( "22 )**— sous la protection d'Osiris; une formule funéraire fréquente à la xii* dynastie nous décrit son voyage.
h II a passé le bras chargé d'offrandes dans les fêtes des morts avec les suivants d'Osiris, — et l'exaltent les chefs de Mendès, les grands d'Abydos.
» H ouvre les voies qu'il lui plaît , eu paix , — > et l'exaltent ceux qui sont dans le nome Thinite, les prêtres du dieu grand.
« 11 a mis les mains à la manœuvre dans la barque, sur les voies d'Occident, maniant les rames dans la harque Saklil, dirigeant la navigation de la barque Mûdit', — et ils lui ont dit : « Va en paix ! » les chefs d'Abydos.
« I! conduit'-, avec le dieu grand, jusqu'à la bouche de la fente, la barque noshemil* la grande, pour ses courses dans les fêtes des morts*, — et l'exalte le taureau d'Occident \
«Il a travaillé de ses rames, entendant l'acclamation [poussée] à la bouche du nome Thinite, la nuit de « Viens à moi * ! » , la nuîl du coucher funèbre , la nuit du roucher d'IIorus, maître de Shon; il s'est
1 Les deux barques du Soleil.
■ Litt, ! lit fuit passer».
' c= » ' ^ "fl"|"e sacrée d'Osiris à Abydos.
' Le I.'\ii- iM ri'tidii fimiif in par rinlivilurtion d'un •■ijine hieritïque. Corrige) : -=- v - A ou •— I A .
■ Osiris. " ' " * ' ' '
* La feïe d'Osiris intronise rnmme dieu des mort» et juge infernal.' On la 'éléhrail k !'animer*aire du jour ou Osîri* avait dil au soleil : ■ Viens à nmi ! >
élancé sur les voies excellentes, vers les défilés 1 de l'horizon occidental, vers le champ de passage qui donne les offrandes funèbres, l'entrepôt riche en provisions 2 , — et l'honorent Khnoum et Hikit, ces ancêtres qui ont été auparavant, ces berceaux premiers d'Àbydos qui sortirent de la bouche de Râ lui-même, quand il organisa Abydos 3 .»
C'est, en style religieux et avec le détail mythique, le même voyage que le texte du Papyrus Anastasi n° IV nous présentait comme un voyage presque terrestre 4 . Les variantes de la formule insistent sur ces cris , sur ces acclamations que le mort entendait en approchant de la « bouche de la fente » , et qui , poussés sans cesse en souvenir du deuil d'Osiris, lui arrivaient déjà de 1 autre monde 5 .
Les peintures des tombeaux de l'ancien empire représentent souvent ce voyage à Abydos. Presque toujours, le mort, habillé de ses vêtements ordinaires, est dans sa cabine et commande la manœuvre
* C'est un nom fréquent de la nécropole.
3 Stèle G 3 du Louvre. Voir le texte et la traduction de cette stèle dans les Actes de la quatrième session du Congres provincial des Orientalistes, t. I.
4 Plus haut, p. 8a-83.
s Un tette pdblié en partie par Wilkinson ( Mater ia Rierogfyphica, pi. XXVIII) et complètement par Dûmichen (Die Flotte, pi. XXXI, b) montre les génies cynocéphales et hiéracocéphales acclamant ( m % è!\ la barque solaire au moment ou elle va s'enfoncer dans la nuit.
— H 124 )~— comme il aurait fait pendant la vie'. D'autres fois, il était enfermé dans un catafalque entouré de pleureuses et de prêtres s , les deux femmes qui simulaient Isis et Nephthys, le représentant d'Anubis, le célébrant. Les légendes qui accompagnent cette scène sont d'ordinaire un simple titre : «Cingler vers le champ du repos 3 . — Croiser dans l'Ament excellenl *. — Aller en remontant le courant pour rejoindre le marais verdoyant d'Hathor, dame du sycomore 5 . — Passer dans la maison du ka vers
' Lepsius.ZWtm.,!!. 9, 13. 13 J , al. a8, 3j, 13 a, iba.b, Gï . 61 bis . 96. loi , etc.
■ Lepsnu, Dcnkm., II. 101 h; la pleureuse d'avant, W — 5lï, le repr&enlant d'Anulii», V » "l'embaumeur.. Id. ibid., II, 1 J7 (Rowllini. Mon. ci»., pi. CXXXII1). la momie de Kbnoumhotpou Ml accompagnée du f] VV 1 1 ,Snm Hor ' pl du \ m J 1"' lit un miiiiu^ri'il Mir !--•[■ j ■■ I ni In m liin'ip^Kphes cursifs mêlés d'hié-
' "r vif JJ ï m ~Z ■■"*»"■• <**"■■ "■ " ■<»'
lui. : • Porter le souffle ..
' P t*T tl + ^^.î^" '. T °" lbeau dc Ramkc à S »W-
ran). "
" ">- VPtT^TSfll-'HISI-
(l.cpsius. Dm*m., II. gG); au tombeau de Râmté, on trouve, audessus d'une des barques, lu légende j 1 1= ^k *. >— • I . Le sens rat incertain. Je traduis ç=> par .marais, èlangi ( Brugsch , Dîct. hier., p. i3ioJ, et je considère Impression comme étant l'équivalent de «S *Wk . Halhor étant la déelse de» morls ; ■ Aller en repoitS' îant"fTe couraiii] aprit (V^"=^ï»> lc '™™'» *erdoy*iil.
— -+*( 125 }.**— l'Occident excellent, auprès du dieu grand 1 . — Le grand-prêtre Pehen, il se met en route sur les voies excellentes de l'Occident a . - 1 — Voyage de reconnaissance vers Abydos par Khnoumhotpou 1 . » Souvent l'eau sur laquelle courent les barques est nommée : c'est «le lac d Occident 4 , — le lac de l'Occident excellent 5 , — le lac de l'Occident très excellent ». Les commandements du pilote et du
couvert d'herbcï. (THallior, tic. ■ Le «marais du boni du lambeau de RâmLé donne une «pression équivalente a telle île 55 I m 6pttof àyzQù* [De frùfa et Oiirîdr . il . Cf. dans Rosellini (.Von. ti». .
pi.cvi..i,p|îp— §!£...,.
■ n\ :^«i->ffi Ti.i t <***• '«■-■■
Il , i o i }. Dans et tombeau , l'i (pression de I J U est remplacée par la forme biiarre C~} J, où l'homme J e»l probablement un équivalent idéographique de U .
<fea> (Lepsiui. Daim., II, |S ■}. j^^, qui suit immédiatement, ne se rattache pas à relie phrase; c'est le commandement
MlMlIlll telle, t. Il, p. toi; Roselhni, .1/,...,. t*. , pi. CXIIl; Lepsim, Denlm.. II. 137). litt. : « lieinonler pour connaître i:e qui en est d'Abjdos ■ , air.
• S^tUfwu. DMfcn,,JI.ï8)i ^-=H'^- fi»**-.
' ^^HSMI* (Lep»">. BmAm., H, hi«'\ \^^Z j*** ( Tombeau de Ramké à Saqqarah).
■ ^S^-I^*^ ll-epsius, Dr,,km.. II, « t).
— ♦>( 126 )•«— capitaine aux matelots se joignent parfois à ces indications générales : «A bâbord 1 ! — A tribord 3 ! — Ne nous fais pas dévier de notre route 3 ! » Des canots et des chalands chargés d'offrandes * escortent les barques principales. Les gens de l'équipage de temps en temps poussent des cris de bon voyage : «En paix, en paix, auprès d'Osiris 1 , « ou causenL
1 ^— (Lapants, Dtnhn., Il, 96;, commandement du -*- Il J * • faiseur d'instruction >, \v pilote d avant , la vigie d'avant, qui sonde le chenal, observe le courant et le vent, et Iransmrl sri tinitructmtu> en conséquente nu pilule d'arrière qui manie le gouvernait.
* T 4- *; il.epsius. Ornkm. , II. i!i n). Dans ce commandement cl itans le.- comniiiniii'iiiciits analogues. 1 ▼ ^Z. - (Cf. Bnigscli. Dût hitr., p. i5sî). ^ esl un advcrW ciplétif . Ibrtement, vi^ounviseinunt >, rflinirr dans T ^J ilrèa bon», etc.
1 Ceci n'est qu'une Irailurlion |iar a peu prés. I,e te*le original porte (Lepsius, Ih-tJtm., II. 96) 1 *- + "V- I V • V*V" | f— -*•>* nnu. j.tli' hors lie notre volonté..
' I.' p. un, limitât.. Il, ioj 4; h Boni-Hassan, où la scène a pour litre : J - f K » ^^ ¥ 1 g? , ele, « Aller pour npporlcr 1rs biens à Abjdu- 1 . i-U\ La 11 m in- Ml SOU) la charge du J^pC <pilnk", et dem des ili'f- d équipe échangent de.- commandements d'une barque « l'autre : fl [me pour l)^ V"a\ .Donne. fort!
""■"Lllf k- • El ' : ' , "'"'"' ; v ' l '-i-""""-J>ii
~*Z .Va <•(] pai>% et s'adresse au mort (Lepsius, Denkm. , 11, |*S; GbUBpaUîqn, .VonuiHCHb , leste. I. Il, p. ioo-ioi; Rosellini. Mon. tir., pi. C1X). Ru,, l'autre scène, le pilote d'avant crie ...1 p<lote dWi..r,:| = ^^|3^-y^^t(Lepsiu.. i >^„ll.
1 57, qui donne i I = ^ il -=») ■ Tirr yits l'Ocrûlrnl . In porte» S l'Orient.. *~
et s excitent entre eux 1 . On serait tenté de croire qu'il s'agit d'une véritable expédition, et les écrivains classiques se sont laissé prendre aux apparences. L'auteur du traité d'Isis et d'Osiris raconte , probablement d'après un auteur d'époque ptolémaïque, que les plus distingués et les plus riches des Egyptiens se font enterrer dans Abydos, parce qu'ils estiment à honneur d'être enterrés auprès du tombeau d'Osiris s . En fait , les personnages qui font
1 Ainsi dans Lepsius (Denkm., II, iç>4 b, un premier registre), où deux bateaux semblent lutter de vitesse. Sur le premier, le
pilote crie aux deux rameurs : I % i~î M ■ ^^ V — ^ V m ^^ «II y en a un autre [bateau] qui aborde avant [Te nôtre] a terre; va donc ! » (litt. : « Fais » ) ; tandis que sur l'autre bateau , on dit
de même \\ ' e = 1 ^ m \ f «S ^ fS *"' \^ jfe + 3b «Le surveillant (?) a abordé à terre , lui qui auparavant était derrière nous ! » Le mot «=»^*"^ | iqy \A est la forme première de __ *q$ ^k (Brugscb, Dict. hier., p. 88o), dont le sens est douteux; la fin est littéralement: «de étant derrière nous (*— ■* pour ) ». Dans un second registre, je ne comprends guère qu'une phrase adressée à un enfant qui tient À par la femme qui gouverne : ^ ^—4 ^ « Voici pour toi du pain ! » Dans le troisième registre , au-dessus du premier
bateau: M UM VP <Va ( litt>: " Faisi )* tire «"elle ( de «• rame)!» adressé à deux rameurs; au-dessus du second bateau :
1 ^^ - A - s ll . ^ vk . «Ramons, portons vers terre! Vous êtes avec votre maître,» sans que je puisse décider bien clairement si les deux membres de phrase distingués par des pronoms différents appartiennent à un même discours ou font partie d'un dialogue.
* De hide et Osiride (éd. Parthey, p. 34 ) , ch. xx :.,,/»t( ÀGtâp roùt eCcbiftovat t«i> Aiyvxllvp xal Svvaroù* pdXtola&dirfeoBat, <ÇtXo-
—-.».( 128 )*t— la traversée dans les peintures ne vont pas réellement à Abydos : ils sont enterrés dans leur tombeau même, à Memphis, à Beni-Hassan, à Thèbes, et non auprès du tombeau d'Osiris. C'était leur âme qui, après la mort, partait en voyage : tout au pins, les parenls envoyaient-ils une stèle votive. On la déposait « auprès de l'escalier du dieu grand ' », et elle figunit le tombeau tout entier*, comme la représentation du voyage ligurait le voyage lui-même.
Entre deux des murailles qui formaient l'enceinte des temples d' Abydos, s'étendait une sorte de couloir protond, ÛTégulîer, clos à ses deux extrémités par des murs de briques crues. Sous la vi' dynastie, quelques riches personnages y firent construire leur tombeau : plus tard , les pèlerins ou les dévots déposèrent, dans les espaces laissés vides entre les tombes, leurs ex-voto funèbres, leurs stèles, leurs
ii(iouji(i";v( ifiinâpo'jf lirai toi nèfiatot ÙelpiSot. Les tombemit il'Abydu» n'oiil guert: fait coniinilic jiiss^u'à présent <[iie de» j[ens originaires il'Abyrlns 011 maria dans Aliyd.is me nie.
• C'esl ce que prouve une formule fréquente de* stèles volivo :
C i 70) « C'est îri le tombeau que je me suis fait dam le mime Tbiliile . il Abjdns, prés l'e.iralier du dieu grand, maître des dieu», sur le tertre, maître du repos, « Ittorina occidental, afin que sait puis* saut mon ttou il la iUÎIa du dieu grand. ■ On voit qu'ici tn stèle est
appelé., y I -
l' tombeau •■
statues, leurs pyramides, qui comblèrent à la longue l'intervalle compris entre les murailles 1 . Il y a vingt ans encore, cette masse compacte, isolée au milieu des ruines du temple, formait une sorte de butte artificielle qu'on nomme Kom es-soultân : autrefois, c'était « l'escalier du dieu grand ».
Au delà d'Abydos, l'âme trouvait le monde inférieur, et, dans le monde inférieur, le tribunal d'Osiris. Parti de Thèbes, le mort traversait le Nil pour aller reposer en corps dans la montagne libyque, et comparaître en esprit à Abydos devant le jury infernal. Le mélange de fiction et de réalité que renfermaient les cérémonies de l'enterrement expliquent une autre erreur des historiens grecs, non moins curieuse que celle que je viens de signaler. Diodore de Sicile dit que la momie du mort, transportée en bateau au delà du lac sacré du nome , y rencontrait quarante-deux juges, et attendait quelques instants qu'on vînt lui demander compte de ses fautes ou de ses crimes. Quand il n'y avait point d'accusateur ou que l'accusation était mal fondée, les juges lui accordaient un laissez-passer, et les parents achevaient les funérailles 2 . Rien dans les monuments égyptiens n'est venu jusqu'à présent confirmer ce récit. Il me semble que le voyageur ou l'historien à qui Diodore l'emprunta avait dû confondre les cérémonies de l'enterrement et le sens mystique que les Égyptiens
1 Mariette, Abydos, texte, t. II, p. 3o33.
1 Diodore de Sicile (liv. I, S 9a), probablement d'après Hératée d'Abdère.
J. As. Extrait n° a. (i88ç>.) 9
~t*( 130 }++— attachaient à ces cérémonies. Le mort parlait de sa demeure terrestre escorté de ses parents et passait l'eau. Cette eau était dans la réalité le Nil, dans la théorie surnaturelle de l'enterrement « le lac d'Oc rident » cjui sépare les confins du inonde humain et du monde divin : au delà, son corps rencontrait le limibrau, son i'mie les qunrante-deux juges du jury infern.il, devant lesquels elle se disculpait dp ses routes et affrontait la déposition détaillée de son propre cœur. Les Grecs ont mis sur la terre seule ce qui se passait partie sur la terre, partie dans l'enfer'. C'était sans doute pour rendre plus facile à l'àme te voyage vers l'Occident, qu'on déposait parfois dans la tomba des modèles de bateaux garnis de leur équipage et de leur gréemoril '-. Il me semble même que ce voyage était censé se faire à date fixe, et qu'à l'anniversaire du jour où l'on supposait qu'il s'était accompli, les prêtres délégués aux choses funèbres célébraient certains rites encore mal déterminés. Dans le tombeau de Nnfrihotpou', je
1 La plupart des modernes mil pai-tap' celte erreur. Cf. Uilkin- «on, Mitnnrrs aiul Customi, l" éd., I. III . p. 453 cl Jlliï.
1 Le Louvre ™ possède ijuetqucs-utis, Salle ciiilr . ariuoirn K. Pa.ssnlnrqua en Irmiia j Cainla'/nr . p. i ifi-i s<| ), qui sont aujourd'hui au miiséo de Berlin i'l ont été reproduits pur Prisse d'^ vernies ( liïittùrr ,le l'ail égyptien ).
" Ce tombeau , l'un de» plus importants Je ceui qui eiislent encore il Tlithes, a été décrit par Clinmpollion ( Mnnumrnts , ttsxle. , 1. 1, p. 546-55i, el S53-S5a). Diiïérenle.s scènes se trouvent dans ChampoH«M [Momunenh. pi. CLXXII etsniv.), ItoM-llîni (Mon. ci,'..
pi. l.WIX, CVII1-CIX . CXXX-CXXXI , CXXXIV ] . wattMttfJto-
•m ua ,l CwWbi, »' éd., I. 111 , pi. LWI1), Prisse d' Avelines (fïù-
trouve trois chapitres, malheureusement mutiles, qui paraissent se rapporter à une fête commémorative du voyage vers Aby dos f et peut-être reproduire les principaux incidents de ce voyage lui-même. Au milieu du registre, un bateau, voiles carguées, porte deux dieux assis et divers emblèmes divins : il descend le courant. «Le VIII Thot, dit le texte, le prêtre officiant se réveille au milieu de la nuit, tourne les bateaux pour la descente du fleuve 1 , ferle leurs voiles; offrir 1 encens et la libation au défunt Nofrihotpou devant les bateaux 3 . — Chapitre de passer vers Abydos. -r- Le défunt Nofrihotpou dit : «Allons! Je t'ai apporté tes péchés, tes souillures! «Ton père Toum, on lui a fait arriver son frère « entre ses deux bras 3 . » Le reste est détruit, mais on
toirt de farf égyptien), Bragsch [Recueil, t. I, pi. XXXVII), Dùmichen (Kal. Inschriften, pi. XXXV -XXXVIII; Die Flotte, pi. XXX- XXXI, XXXIII; Hist. Inschriften.t.l\, pi. XL-XL e). II est fâcheux que l'ensemble de ce tombeau n'ait jamais été publié.
1 Litt: « Donner face les bateaux en descendant».
1 Litl. : • devant eus:
«.( 132 )«— voit que le frère du dieu Toum, dont il est question dans le passage, n'était autre que ie défunt lui-même identifié à Osiris. A gauche de cette scène, s'en trouvait une autre mutilée, dans laquelle on voyait la barque remonter le fleuve à pleine voile. A droite, même représentation, mais le texte est intact. Neuf jours se sont écoulés depuis le départ pour Abydos, et il s'agit de revenir vers le sud, a Thcbes. « Le XVII Thot, jour delà fètfl Otiatjii 1 , armer les barques de fOsiris Nofribotpou , et les charger de tout leur gréement. de toiles et de mats'', leur donner leurs voiles de, toile pour cingler avec sur le fleuve en remontant, se tourner vers le sud. — Chapitre de lever la voile. — Nou dît à Nout, a Sil), à Osiris, à Shou, à Hathor, aux dieux qui sont dans le inonde inférieur, qu'ils donnent ces voiles à Osiris, et qu'ils le protègent a toujours et à jamais s . — [Offrir] l'encens devant [les bateaux, dresser] les bateaux sur la chapelle 4 du tombeau dans lequel ils sont, déployer leurs voiles, les tourner vers le sud pendant
Inichrift., p. XXXV, L 48-fio; Die Flotte . pi. XXXI, I. JS-6o); cf. 1rs observalions de llrugscli , Diel, hier. , p. i 1 1 1 , t. i>. nlTl Jfr. Le nom d'Abyrtos a ifi l'orlhograpue T 1 Q (Brugsrh, Dirt. g&ar., p. .6].
' Sur celle fote des mort.» , voir la grande inscription de Sioul n On variaus teils relatin;; lo the slalucs of tlie dead», dans les Transactions nf Me Society of biblieol «ichmafoyy, l. VU. p. i et suit.
* Litt. : > le» charger de tout» bttri choir* de niarchtr. Voiles et
' Lîll. : tleur'/ront» il lui, a toujours ci à jamais».
* Litt, : «la maison de lo maison de douille..
un jour. Le prêtre officiant se réveille au milieu de la nuit, pleure indéfiniment, fait I offrande à l'Osiris Nofrihotpou dans le Khrinoutri l . »
La traversée du Nil, emblème de ce voyage surnaturel, se faisait dans le même ordre que la procession funèbre. Le tombeau de Nofrihotpou nous montre, avec un grand luxe de détail, ce qui se passait sur la flottille 2 . Six barques de différente taille
I ~* I — &J ^^ VJ (Dùmichen, Kal.Lischr.^l. XXXV,
!. 3i 4 7; Die Flotte, pi. XXXI, I. 3 1-47).
3 Cette scène, souvent reproduite sans les légendes (Rosellini,
— ♦»{ 134 ).«- suffisaient à peine à tout contenir. Trois d'entre elles portent les esclaves chargés d'offrandes et les amis du défunt. La plus grande a déjà toucha terre. et l'un des matelots s'est jeté à l'eau pour l'aider à accoster. Une petite chaloupe, qui soit, et dont le pilote n'a pas compris ta manœuvre, vient d'être heurtée en flanc par une des longues rames gouvernails; une partie des offrandes dont elle est encombrée se renverse sur l'équipage, mais personne no fait attention à l'incident, et «les prophètes, les chefs, les prêtres qui suivent le louable » continuent leurs invocations sans se troubler, u C'est bien heureux ce qui lui arrive! Le sort lui donne la demeure qu'il s'est faite, il obtient les bonnes grâces de Kbonsou théhain, et ce dieu lui accorde d'aller à l'Occident de TLèbes, tandis que les générations des générations de ses serviteurs sont derrière lui , lotit en pleurs ' . i
Mon. cIk, fA. CXXX-CXXXJ; Prisse. Hiitour de fart %/.(.'«). ne se irouve avec les Ugsnihi que dans WilUnion { Hfanatr, oui Caslo n u,ï'éi!.,t.in,pI.LXVII).
•=$!=L'*iiru~('">,#,r;*-=* L !- u *""
mol est douleui. Sur le «M (lu verbe ,JM V V ) ■ «• ••* '<" Brtnce fimletlinî- , ]i. -^-17. Lu mot à mol *eroil ■ toriilui' twtcm <|ii.iui silii leeit> Mtcr tapattx rlans te l unhou c|u'on iVtnit l'ait .imh-
Une barque de moindres dimensions va aborder; le pilote d'avant se retourne vers les esclaves qui la montent, les avertit d'avoir à se tenir prêts : «Point de désordres, les porteurs de guirlandes qui vont devant le louable, on va vous aborder 1 ! » Derrière, deux barques à cabines: dans lune, les pleureurs, dans l'autre, les pleureuses debout sur le toit, font de grands gestes et poussent des lamentations. «Allons, allons, à l'Occident, la terre de la double justice ! [disent] les femmes de la barque, pleurant fort, fort; en paix, en paix, à l'Occident, ô louable, va en paix ! S'il piait au dieu , quand viendra le jour de l'éternité , nous te verrons , car voici que tu vas vers la terre qui mêle les hommes 2 ! » Tandis qu'ils pleu-
méme, et qu'on avait garni soigneusement de tout ce qui est nécessaire à la vie (Tau delà, était la faveur suprême que les dieux pouvaient accorder à un homme. J'ai cité plus haut, p. 109, note 3, le passage du papyrus de Boulaq n° IV où il est dit : « Sois trouvé ayant construit ta demeure qui est dans la vallée funéraire : le matin de cacher ton corps, qu'il te soit toujours présent dans toutes les entreprises que tu méditeras. »
tiennent, en effet, des guirlandes ou des bouquets de différentes formes.
— *M 136 Jurent, le pilule (l'avant, qui n'oublie pas son métier, leur annonce qu'on touche : « Ferme lù-liaut de la
\ i |x I «S ^<J . Le mol U I "~~ "^i. est une lananle notinelle de ^"~" ! jl [Bnigsch, Vict. liiir.. p. ilgc)), et M d">l [ras, comme to pense M. Brunch (D'ici, hià:, p. i33), se décomposer en ta-kab entiem, et se rallncner à In racine |^"T£l- — ** lc,te ,1l ' Wilkinw»! donne "flf ^ ^J ^ que j'ai corrigé en Impression
connue "^^ni3l '* 0Of ' ^'""'" ê ^P tiaMa - P- ' 3 et **< note 17 Jttvftrisat. -Le chasseur d'oisenui d'eau se fatigue à leiirème; il o beau se mettre à l'eau et regarder en l'air, disant : ^j^ V " tfl I V * *S>t «<"" »'«« (favorisei-moi). fîJets ! . Dieu ne l'ail pas attention a ce que le chaswur fait, et =es actes sont vains!. (IVr"* -S-"'"" «. pi. Vil. I. 8 . "$"VÎIÎ^'Ï
" ' ™ e 11 jfcl [i'm ri " ^ B " al '"i II '- \ A - Xliil ' '■ '*-'j) ,s ' i|
m'est permis! Comme je le connais eu les autres qualités, je porte témoignage pour toi ! ■ Dans le Papyrus Anaitaii lll f pi. II, 1. in) : • La joie sitgedansce palais, on n'u point h lui dire.: «S'il vous plaît! .
(^^^["flrViniâi*) «r les petiU y wu eomw les grands!. — * .quant il le mit esl de cela, est une
variante de ♦ "~~~ avec le " = " réfléchi qu'on troUTe thnt uu cer- Inin uorubre d'ei pression s conjonctives: 11'^*. ^=. etc. —
S-V^"— Mt un équivalent de S^V «H ^: plusieurs autres exemples nous montreront que, dans la tombe de No- Iriholpiiu, le — , — « de construction prend un ^. qui nW pa« le pronom de la première personne, mais un simple dclennmalif
— h^ 137 >w — plate-forme, on est prêta aborder 1 !» Le 1 contrecoup du choc que reçoit la barque en accostant leur ferait perdre l'équilibre et les précipiterait a l'eau s'ils n'étaient prévenus.
La barque funéraire, traînée à la remorque par la barque des pleureuses, portait, outre le corps, 1ns femmes de la famille, un prêtre officiant et les deux pleureuses, la grande et la petite 3 , qui représentaient Isis et Nephtliys auprès du mort Osiris. Le prêtre brûle de l'encens eu récitant la prière 3 . La femme du mort, prosternée devant la momie debout sous
(Sui-le mot jfc \. mire, plate-forme», cf. Du genre tyisto-
lajre, p. 4o, unie I.) Lilt. : ■ Ferme. qui sur kl pi aie- forme , on esl |irol ji aborder".
* Cf. WilLinson (Maïuitn and Caitoms, i' éd.. t. !I1, p. 44çj,
' Le leile. est tris mutile. Voici ce que j'y lia : "**~ ] 1 ft 1 TTÎ
tfc?X.âîJ?t]M««>uL]S3N.~IJ
m = r>-> h [~k~--| jk jtx
Jl . Faire encens h luit double. Ri Harmakhou , Kbopri dans [sa] barque, Nou, [>fcre des ilicui, celle barque risiricim* 'Lins laquellr Horus, filad'Osiriï. Iiis ,■! Nepbibys cnuduiwnt ce. dieu [le mon) ... Tltol, raailrc A» iliviue." partîtes, repousse.., la barque H protège In barque ■
— «.( 138 >*♦— le catafalque ', lui adresse un long discours malheureusement mutilé : «Reste, demeure à ta place, ne t'éloigne pas du lieu où tu es! Mais allons, tu t'en vas vers ta barque de rivière ! O matelots, ne vous pressez pas, laissez-le 1 Vous, vous [reviendrez dans vus maisons] ; mais lui vu au pays d'éternité ! O barque osirienne, tu as fuit ta traversée, toi BU suit le messager du ver, et tu es venue pour enlever celui qui m'abandonne . . ,' J !» L'expression est touchante
1 La momie n'est pus repri-scntée dans Willùuon : il faut ta réli Ub-lfBpfel ILoMlIfaQ (Mi».. Wc.pl. CXXXI, a). C'est à elle qn> n^pM U légende : ■* ffl fjj \ — J "^ g | | .
-' Voici loul u 1 i|ui' j'ai j - l i ilrrbinVer ilu li-iie il.ins !i rci|ue il'-' WiU.ii.Mi. (MtMUn ondCiulomi. î* éd.. L III. pi. LXVII) : Y]
AiESg;-wcn=»aB-*ia-
TYri-DBZmPIXlTtYlPJ^^C X M J = 1 W* 1 f* *î S ■ ''•' ""p" ta '■"""» d ' - i' rt *
les débris de signes qu'a copiés Wil.inson , el d"a]iri-s ie sens général du runle.lc: il faudrait |H>ur élre assuré du sens uuc nuuïrlie eullati.nl ,1e l'urijrinal. s'il csisle enrare. jj \ ' . .m lieu de II " ,
me |«r-iil élr B eselan.allon .Mleai.! Va!., qui inlisaluil un
membre de plirase île sen- nppOM au memlire de nluasr prrcédenl.
■ — «.( 139 )*•— dans sa simplicité. Il est fâcheux que nous ne possédions de ce texte qu'une seule copie, souvent peu lisible.
Le Nii franchi, le convoi se reformai! dans le même ordre qu'auparavant et arrivait à l'entrée du tombeau. La momie, tirée de son catafalque et dressée debout devant la porte, la face tournée aux assistants, recevait les derniers adieux de la famille. C'était quelquefois une formule banale : «A l'Occident, a l'Occident!" quelquefois aussi une nénio longuement développée : «Je suis ta sœur Miritrî,
• banjuc île ranal. harc|ue de riuèrui. J ai corrigé IIV. qui t'a* iiiiïi du fasse i—~n et du pronom ftiiniuiu *> do la wunde personne en /y. qui est plus pré» du tente original. [Cf. la méiuc impression, plu» haut. p. • tt, note i . appliquée :mi mynjjci du la baruue osirienne. ) nTn •» est le ver du tombeau. Sur la Corme. rare dan» la langue antique, *=• ] Jt A . avec «=»=p, cf. Mélange» darchcntoijic (t. III. p. agi, note 6, et p. ïfl5, note a) : imon faisant abandon . celui (jui lll'ltllllilni— ■. Un autre eiemple se trouve dans Linct.' (Ztwi l,ierali»cbe Papyri , Tafei IX. I. g- la) : V mmA
lM—i-r*rï--l>5nTTl.ï. •»"*•-
mVinroics un mcaMlgc disant : "Pourquoi FnMSCV delinrs l'homme qui m'm ulile?t ■=■ J * ^ = rNOYipn, erNQ'ipo. T., CfNOtn, ouu^peit'. ronfrrrr, nlilem «M.
ô grand, ne me quitte pas! Ton dessein, mon bon père, si c'est vraiment que je m'éloigne de toi, comment peut-il se faire? Si je m'en vais, tu es seul [désormais], y a-t-il quelqu'un qui soit avec toi, et toi qui aimais à l'entretenir avec moi , tu te tais, tu ne parles plus 1 !» Une servante accroupie derrière sa maîtresse s'écrie : » Il m'a été arraché notre voyageur qui abandonne ses serviteurs'!» Le reste de» pleureuses accompagne ces paroles de gémissements.
J^ »igiiific.l<ui dessein excellent , o bon pin-, à uvoir [\ ^) c'est \ Jt* ]jc m eloignede loi, lui comme quoi Ji Le Icite porte Jt "IIJ il il V II « ! j'ai corrigé ces di'ui fautes. — Le «eus de «S»! \ ^j*T = ^« M douti'iu. J'ai compris : « Ce rit* (,«^. = -^L-, fo-quent eu ce »ens! , lui (quelqu'un) esl-il avec loi?" dans la (bruni ùilerrognliïc. — Si — v ll ' L ' ïl P a5 unL ' ^'''e pour J J , nom avon> un iiounl exemple de pronom sufihc devenant profile comme ,■„ oojKa. — p ^\ f cl une forme voisine de p | ^ t J ^f, • , i'l u la valeur ■ cjii- r l';irnili'r'r. ni. ut , lisiliiier. s'entretenir «.
■TS'ïarr.T^fîVï'îiiii.'V-
~W ■. « Notre voyageur, noire coureur» esl ici mie èpilliole du uiailo
uLe chœur des femmes dit : «Plaintes! Plaintes! » Faites, faites, faites, faites les lamentations sans u cosse, aussi haut que vous pouvez! voyageur cx- «ccllent, qui vas vers la terre deternilé, lu as été » enlevé violemment! O loi qui avais beaucoup de «gens, te voici dans la terre qui aime fa solitude ! Toi » qui aimais à ouvrir tes jambes pour marcher, en- » chaîné , lie , emmaillotté ! Toi (gui avais beaucoup de ii fines étoffes, et qui aimais la parure, couché dans « le vêtement d hier! Celle qui te pleure est devenue «comme privée de mère; le sein voilé, elle a lait ii lamentation et mené deuil, elle se roule autour « de la couche funèbre '! n Indillérent au milieu de
' hJLTTjîJ.T.HikV^fUS^'v'
•wari'i-drM-ikKN-iXTi
BTTHTSaSMtikMiTHVl-t;
XNPA!Trn-"""»i»"">"'»-<>TJJ,:,)
*onl ici le» pleureuses qui t répondent ■ j«ir leur comuluiule à lu complainte <lc ta femme el juuenl le rôle ilu cIicbih anlique. J V V
— «.( 142 )■«— ces plaintes passionnées, 1e prêtre offre l'encens et la libation avec la phrase consacrée : «A ton double,
^Js me parait 1H1 >■ , nmiscelle forme, un mi>l nouveau. Le sons (il
renferme <'i.' mol II. que je 11 y\ais |i;is compris dans mon mémoire Biir Y liucriptiaa ^Ahyilas, p. 8, noie i, cl que M. Brog»di [Dut. «iVr.. p. ntS, cf. p. 1060) a excellemment traduit ■ lelt : ■ Pousseï nu lamentations saiifi cesse. Mil '0 «au(r«r>, cVst-A-dire aussi liant que vous |iouïe« le» pousser. — »\ , A^« t-*\ , comme je l'ai espliquéplu» haut [p. i36), nui' simple variante raprietOlM de -^y . — Le telle île WHlinson porte Jl j"^^- que j'ai corrigé en £\ ^ (cf. hîila*pi farckéoloqir, t. 01, p. i5B, note 7). — J'ai corrigé dcui fois ■=■ en -■>. dans «Ta plctin'itsc estfoite (*-^J.aver J o*]>(c-tif) sans mère d'elle .. et dans
* p, an lieu de ^ [1 .le Wilkinson. » if , q„ e «ou,
avons déjà rencontré (p. go) dans le sens Je • lapis. étoffe*, paraît être ici le U'ilie dont Bni^srli cite un exemple d'après le ducrel de
«-^«i.uiiai^MP^^.T.HPaji
! i^t" S' eli flilnt* . . . toit it àSois 4ir3pns mi ti« juinjï-
**t(\. G»), où le lins est douteux. Ici la lacune après **" ■av met pas de rétablir le. seu» d'une manière. certaine. IWlefuis, rumine la plciir.iise spéciale ;i Lipiellc <m [ail allu.ion ici ''-L Miritri . feritnudu mort, j'ai été amené, en étudiant la représentation , a compicÏT ~*^,< le passage mutilé. Miriliï a, en effet , le soin couvert d'un vêlement, lan.lii qu'elle embrasse la momie de son mari. — Le leUe porte J^ I ; le mot est «Tk J ^, ÏHBI . 'ucta» . mol a mol
* elle a fait lamentation sur, avec, deuil, elle donne son tourner le lîl ■. J'ai vu là une allusion nui eestes funéraires, que l'étiquette c.ini mandait à la femme de finir outuur de la momie, ou du lit funtbre
sur lequel é.lnil routliee la momie de son mari. Le sens n'est pas
Osïris, chef scribe d'Amman, Nofrihotpou, dont la voix est juste auprès du dieu grand ! »
Les autres représentations de ia même scène que je cunnais jusqu'à présent n'olftent aucun texte qu'on puisse comparer pour l'étendue et la valeur littéraire aux textes de Nofrihotpou. Dans le tombeau de !!■■!. la partie de la muraille qui était probablement consacrée aux plaintes de la femme est détruite 1 , et ailleurs je n'ai guère constaté que la répétition de phrases déjà connues. Dans le tombeau d'Amenemapt, tandis que le fils offre le parfum à la momie et que la femme se désole, les pleureuses chantent: «Lamentation, lamentation, lamentation pour le louable , le grand chef. Lamentation ! Le prophète, chef de ceux qui ont chanté Ammon, ô cercueil.' après qu'il a accompli la vie de tout juste, ayant duré quatre-vingt-huit ans à contempler Ammon, voici pourtant qu'il se couche, bien qu'il ait suivi Ammon sain et sauf, bien qu'il ail suivi le royal double de son maître sain et sauf*! O cercueil! Ne te tais pas, cercueil! O mémorable, ô excellent'! Il se couche l'Osiris, prophète d'Ammon,
1 Chanipollion. MmsMMU. pi. CLXXVIII: Rosellini. Mon. oh.. pi. CXXIX, ,.
* Lill. : «Lamentation! Le pruphéle, chef de ceui qui oui clianle Ammon , ô cercueil . étant il n fait durée île tout juste , but durée île lui qualre-mifii-liurl MM, 1 «Mf Ammon. cependant il se couche, étant il a suivi Ammon sain M Mut*, clam il a suivi le ha rojrf <le son maître, sain et sauf.» Sur «=»"?*, voir Ztiltchnjl, 1876, p. 106. l'article Je Goodwin
1 Lill, : «O orrin-il ' Poiiii »• la ire !•■ cercueil l ■ . elr.
— w{ 1M )•« — Amenemapt ' ! » C'est encore une formule banale, maïs qui diffère des précédentes par la structure. Elle se compose d'une série d'exclamations entre lesquelles on intercale certaines particularités de la vie du défunt, ses titres, son âge, sa dévotion aux dieux. Elle se termine par une invocation au cercueil dont le sens ne devient clair que si l'on se rappelle les idées courantes à l'époque sur la condition des morts. Le cercueil porte le nom du mort et en rappelle « la bonne mémoire « aux générations suivantes : de là cette prière h Ne te tais pas, cercueil ! » Elle avait sa valeur pleine pour les morts pauvres qui n'avaient ni syringe, ni chapelle, ni stèle propres, et dont le nom n'était préservé que par l'inscription tracée sur le cartonnage. La formule, bien qu'avant été relevée dans le tombeau d'un riebe, était donc de celles qui devaient retentir le plus souvent aux funérailles des gens de liasse condition.
i luairf. «... ,„., pi.cxxvii, ,. i-\Mft"kft!
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I & jïll I. La principale difficulté du kilt: consiste dans la luppTr3jii.ui (Il'S lli'tl'ililinalifj 1 = 1 ]T)' <" Jk l ™"' 1 ri = fl .
Pour trouver quelque morceau qui sorte du commun, ce n'est plus aux peintures, mais aux textes écrits sur papyrus qu'il faut nous adresser. Le manuscrit I 371 de Leyde renferme une adjuration qu'un mari adresse à sa femme et dans laquelle il semble lui reprocher d'être morte. Le texte, publié par M. Leemans 3 , couvre deux grandes pages. L'écriture , très cursive , est parfois difficile à lire , surtout vers la fin : le scribe , manquant de place , a serré les lignes de plus en plus. Quelques passages sont à peu près indéchiffrables dans le fac-similé, au commencement de la seconde page. M. Wilbour, qui a examiné minutieusement l'original, a bien voulu me céder la copie qu'il en avait faite : grâce à son obligeance, je puis rétablir presque à coup sûr des phrases que j'avais presque désespéré de jamais lire.