‹ Études élémentaires et progressives de la parole de DieuChapitre 103 sur 229 · ÎNÈSE JOSEPH VENDU PAR SES FRÈRES · texte numérisé non relu

ÎNÈSE JOSEPH VENDU PAR SES FRÈRES

[XXVII sentiments, n'eut rien de plus pressé que de rapporter la g"^^ chose à ses frères. Ce qui prouve pourtant qu'il n'avait pas rintention de les humilier , c'est qu'il en fît aussi part à Jacob. L'irritation des frères de Joseph fut à son comble, leur père lui-même ne put retenir une expression de dépit ; mais en quoi il se montra meilleur que ses fils , c'est , nous dit Moïse, qu'il conserva les paroles de Joseph dans son cœur. En voyant la méchanceté de ses aînés et en se souvenant des péchés de sa vie , peutêtre se disait-il : Qui sait en effet si l'Eternel ne réserve pas à mon cher Joseph d'être notre Seigneur à tous ? lî-14 § ^^^' ^^"s ^^^^ rappelez que Jacob avait acheté un fonds de terre à Sichem (§ 485). De là il avait dû transporter ses tentes à Béthel ; mais ensuite , il s'était' rapproché d'Isaac son père , et maintenant il habitait Hébron , là même ou Abraham avait eu sa principale résidence et ofi reposait sa dépouille mortelle et celle de Sara. Peu de temps après les songes de Joseph , Ruben et ses frères étaient partis avec leurs troupeaux pour les conduire en leurs pâturages de Sichem. Gomme Jacob n'en recevait pas de nouvelles, il prit de l'inquiétude à leur sujet^ inquiétude assez justifiée par le crime dont Siméon et Lévi s'étiaient rendus coupables en ce même lieu , trois ou quatre ans auparavant , et dont les Cananéens , semble-t-il , devaient se souvenir. [1 avait gardé Joseph auprès de lui , mais il se résolut à l'envoyer vers ses frères pour s'informer de ce qu'ils faisaient. Le patriarche ne se doutait pas des dangers auxquels il exposait son fils chéri , ou bien il avait pour tous ses enfants une affection qui le rendait maître de ses soupçons. Quant à Joseph , il suffisait que son père le lui demandât, pour qu'il partit sans hésiter : « Me voici, » lui avait-il dit aussitôt.

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§ 509. Voyez avec quelle confiance Joseph va au- XXX^ èevanl du triste sort qui lui est préparé. CerUûnement, ^^.^ 8 aime ses frères, car il les croit incapables de lui faire 4q mal. Ne les trouvant pas à Sichem , il erre par la campagne jusqu'à ce qu'enfin il rencontre un homme qui le dirige sur DothaTfn , et bientôt il voit de loin les troupeaux et les tentes des fils d'Isradl. Ceux-ci Taperprent aussi de loin, et avant qu'il fût près d'eux , ils avaient déjà arrêté de saisir l'occasion pour le faire rnoorir. Combien il est vrai que ^ celui qui hait son frère ,eslun meurtrier! » il ne lui manque que d'oser et de jOQvoir accomplir le crime.

§510. Mais' pourtant le cœur humain se révolte à l'idée de répandre le sang de son semblable. Aussi fautil auparavant exciter ses propres passions , et c'est ce «|oe firent les frères de Joseph : « Voici ce maître songeor vient! r> Par ces mots insultants ils se remettent en mémoire tous les griefs qu'ils ont contre lui. Ce n'est J8S Joseph , ce n'est pas leur frère qu'ite vont tuer; c'est ce maître songeur, c'est leur rival , leur tyran en expectative , leur ennemi mortel !

§ 51 1 . Il faut avant de commettre le crime qu'on pourvoie au moyen de le cacher. C'est-à-dire qu'il faut préparer le mensonge , ce noir manteau dont se recouvrent tant d^iniquités. Lès frères de Joseph diront donc (p'unè bote féroce Ta dévoré , et qui pourra leur prouver le contraire-? Après quoi , Von verra bien ce que : deviendront les songes I H y a ici quelque chose de reniarquable. Les frères de Joseph attachent à ces songes une importance qui pourrait faire genser qu'ils y voyaient I tm avertissement de Dieu , et pourtant ils ont la folle prélenlion d'en rendre la réalisation impossible. 11 y avait chez eux ce mélange de foi et d'impiété qu'on appelle la

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