ÈSE JOSEPH CHEZ POTIPHAR
XIX tourner au pays de ses pères! en attendant, n'est-H pas
Zq aussi heureux qu'on puisse l'être sons le joug? Hélas!
Joseph ne tarda pas à faire la triste expérience que les
avantages extérieurs, la beauté , le pouvoir. ramiUé des
hommes, sont pleins de pièges horribles, et qu'au mo-
• ment où l'on se croit le plus près du bonheur, on touche
souvent à de grandes catastrophes.
-9, § 523. La femme de Potiphar s'éprit d'une passion criminelle pour ce beau jeune homme , les services qu'il rendait à son maître ayant dû quelquefois le rapprocher d'elle. S'il se fût agi de quelqu'un d'autre , elle aurait su probablement cacher le feu qui la dévorait , sans être pour cela moins coupable devant Celui qui sonde les cœurs. Mais cette malheureuse femme, persuadée qu'elle n'avait qu'à commander à son esclave pour être obéie , lui déclara sa passion dans les termes à la fois les plus clairs et les moins ménagés. Quel abîme s'ouvre alors devant les pas de Joseph, soit qu'il consente au crime, soit qu'il s'y refuse ! Mais il n'a pas besoin de contempler les suites de Tinfamie popr qu'il s'en détourne ; il lui suffit de la pensée de son maître , et encore plus de celle du Seigneur.
§ 5^4. Rien n'est beau comme la simple réponse de Joseph. Auprès de cette femme qui s'oublie , il n'oublie point , lui , qu'il est son esclave ; aussi ne lui adresse-t-il ni reproche, ni censure et il ne la couvre point de son mépris. Du ton grave et calme que prend tout naturellement la vraie chasteté , il dit l'indigne abus de confiance dont il se rendrait coupable envers Potiphar et roffeose grave qu'il ferait à son Dieu. Il a compris, Jost^ph, que tout péché est contre l'Eternel; et Ton est bien fort quand , par la foi , l'on s'est convaincu de cette vérité.