‹ Études élémentaires et progressives de la parole de DieuChapitre 124 sur 229 · GENÈSE SECOND VOYAGE DES FRÈRES DE JOSEPH · texte numérisé non relu

GENÈSE SECOND VOYAGE DES FRÈRES DE JOSEPH

XLIV on en dire autant des paroles qu'il mit dans la bouche Y de son maître d'hôtel et qu'il répéta lui-même , quand il revit ses frères? Etait-il bien à lui de se faire passer 15 pour un devin? surtout de dire qu'il devinait grâce à sa coupe? Hélas! il y a peu d'hommes qui aient été plus saints que Joseph; il est sûr toutefois qu'il ne fut pas absolument sans péché.

13-34 § 568. Quand les fils d'Israël virent que la coupe était dans le sac de Benjamin, au lieu de poursuivre leur route et de l'abandonner à son mauvais sort , ce qu'ils eussent fait peut-être autrefois, ils manifestèrent la plus vive douleur. Déchirant leurs vêtements, comme Ruben et surtout Jacob l'avaient fait au sujet de Joseph (chap. XXXVII, vers. 29, 34), ils n'hésitèrent pas à retourner avec Benjamin , Juda en tête , ce même Juda qui avait jadis vendu le fils aîné de Rachel; et, cette fois du moins, ils montrèrent par leur conduite qu'ils avaient le cœur vraiment déchiré. Arrivés devant Joseph, c'est encore Juda qui porte la parole. Là, il se montre plein de con- . fusion. Il ne songe plus à se justifier. Il reconnaît que Dieu punit avec raison leurs iniquités. Il déclare qu'ils partageront l'esclavage de leur jeune frère ; et quand Joseph , poussant l'épreuve aussi loin qu'elle pouvait aller, leur eut déclaré qu'il ne garderait que Benjamin - mais que les autres pouvaient s'en aller en paix, Juda prononça un discours d'une simplicité et d'une éloquence bien touchantes. L'analyse que j'en ferais, ne pourrait que l'afibiblir. Vous allez donc le relire dans votre Bible, et vous serez frappés, entre autres choses, de l'afiTection que Juda y témoigne pour son vieux père : il ne peu! songer sans frémir à la douleur qu'il éprouvera si on ne lui ramène Benjamin... Malheureux Juda! que ne pensais-tu ainsi dans les plaines de Dothaïn I Tu te se-

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rais évité un grand crime ; tu aurais épargné bien des Xl-V larmes à ton père et à ce Joseph que tu t'efforces de croire mort!

§ 569. Si Dieu attendait pour nous donner des mar- 1-3 ques de son amour que notre repen tance fût parfaite , jamais il ne reviendrait à nous et jamais , par conséquent, notre retour vers lui ne s'achèverait. A l'exemple de Dieu , Joseph ne renvoya pas davantage de se foire connaître h ses frères. C'était là ce qu'il fallait pour achever de les humilier à salut. Par un ménagement bien digne de sa charité, il fit sortir tout le monde, et, sans employer cette fois aucun interprète, il leur dit, 12 dans cette langue de leurs pères qu'il devait tant lui tarder de parler avec eux : « Je suis Joseph, mon père vitil encore ? » Mes lecteurs comprennent-ils pourquoi il leur redemande des nouvelles du patriarche? Il avait déjà eu le bonheur d'apprendre de leur bouche qu'il était vivant, mais il n'avait pas encore eu celui de rappeler le titre par lequel Jacob lui était si cher. Quelle joie pour Joseph ! mais quelle joie plus grande encore quand un pauvre pécheur peut s'approcher de Dieu en lui disant : Mon père !

§ 570. Les fils d'Israël ne pouvaient en croire leurs 3-15 oreilles. Ce Joseph qu'ils disaient mort, ce Joseph qu'ils avaient vendu pour être esclave, c'est le grand Gouverneur de l'Egypte, lui qui les a traités d'espions , qui a retenu Siméon, qui est resté si longtemps sans se faire connaître! Oubliant, au premier abord, toute la bienveillance qu'il leur a témoignée , ils n'imaginent pas qu'ils aient rien de bon à attendre de sa part , et , pleins de frayeur, il se tiennent éloignés et le visage prosterné contre terre. Mais avec quelle tendresse Joseph les rassure et leur dévoile tout le plan de Dieu !

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LV 0 C'est bien moi que vous avez vendu, mais je ne 1^5 en veux pas. Voyez combien Dieu est bon ! il se sert, votre péché môme pour la conservation de vos familli Allez auprès de notre père ; racontez-lui ce que aves^ vu et entendu, et qu'il se hâte de venir habitd ce pays et sous ma protection! » Cela dit, il sejetti cou de Benjamin , et Fun et Tautre fondent fen larm Puis il en fait de même à tous ses frères. Oui, à-Ji qui Va vendu , comme à Ruben qui avait si mal sa défense ; à tous, sans exception, il prouve par^ larmes mêmes qu'il leur accorde un entier pardon; plutôt qu'il n'a jamais cessé de les aimer. Après ils eurent entre eux quelques moments d'entretien Ton comprend aisément qu'ils avaient bien des ebi ù se dire.

;-24 § 571 . Cependant on avait entendu de dehors partie de ce qui venait de se passer dans lesappff ments de Joseph. Bientôt on sut que les Hébreux éti ses frères. Pharaon, que Joseph avait probable] prévenu, donna les mains à toutes les dispositions jugerait bon de prendre dans l'intérêt de sa famille; comblés de présents, les fils de Jacob partirent avec' chariots destinés à ramener leur vieux père et tous qui lui appartenaient. Ils partent donc. Joseph avait chèrement acquis le droit de les exhorter, X qui ne craint pas de leur rappeler leurs péchés d'ai fois, précisément parce qu'il les leur a sincèrement donnés, Joseph , plein de fidélité envers ses fr raison même de l'amour qu'il leur porte, Joseph les gédie en leur disant : « Ne vous querellez point pai chemin. »

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