ISRAËL EN EGYPTE. GENÈSE
XLIY. Israël en Egypte.
§ 572. Par un procédé plein de délicatesse, Joseph 25-28 n'avait point gardé Benjamin près de lui , afin de ne pas exercer une sorte de contrainte sur le cœur de Jacob. Qu'on se représente donc la joie du vieillard en voyant revenir tous ses fils. Us avaient sans doute hâté le pas, et, devançant les chariots et les i^nes, il s'étaient présentés à lui dans sa tente pour lui annoncer bien vite la bonne nouvelle que Joseph vivait, et même que c'était lui qui gouvernait l'Egypte. Ce récit, loin de réjouir le patriarche , ne fit d'abord que le troubler, jusqu à le priver de connais^nce, car il ne pouvait croire ses Çls. Us l'avaient si souvent trompé ! Cependant, quand ils se mirent à lui répéter les discours de Joseph ; quand ils lui firent voir les chariots qu'il leur avait confiés; quand Benjamin lui-même joignit son témoignage à celui de ses frères, Israël comprit alors qu'on ne l'abusait pas : « C'est assez, » dit-U, « Joseph, mon » fils , vit encore. J'irai et je le verrai avant que je » meure. »
§ 573. Jacob faisait-il bien d'obtempérer si prompte- XLVI ment aux vœux de Joseph ? Son devoir n'était-il pas de 1-^ demeurer au pays de la promesse? Avait-il des signes suffisants que l'Eternel l'appelait réellement en Egypte? Il est à présumer que ces pensées occupèrent l'esprit du patriarche. C'est ce qui expliquerait la halte qu'il fit à Béerscébah et la révélation qu'il y reçut du Seigneur. Béerscébah était toutau midi du pays de Canaan. Ce fut là qu'Abraham planta un bois de chêne, et qu'il invo- ((ua le nom do l'Eternel (Chap. XXI, 33). \h qu'il ha-