KXODE VOCATION DE MOÏSE
H vie. Oh ! si seulement il avait senti ses frères aussi liou-
"~ reux que lui !
23-25 § 634. Au lieu de cela, les nouvelles qu'il pouvait en recevoir de loin en loin par le moyen des caravanes, venaient lui apprendre que, si son peuple continuait de s'accroUre prodigieusement; les persécutions de ses ennemis étaient loin de diminuer. Le pharaon, père de sa mère adoplivc, était mort ; mais son successeur n'était ni moins impie, ni moins acharné contre les Israëliles. Leur misère enfin devint telle qu'ils commencèrent tout de bon à soupirer après la délivrance et à tourner leur cœur vers l'Eternel. La prospérité dont ils avaient d'abord joui en Egypte les avait attachés à ce royaume, comme il peut arriver à un enfant de Dieu de s'affectionner aux choses du monde quand elle lui sourient; ils avaient perdu de vue le pays de Canaan et les promesses de Dieu ; ils ne se souvenaient plus des paroles (le Jabob ni de celles de Joseph sur leur lit de mort. C'était donc pour les châtier de cette incrédulité et de cette indifférence, comme pour les en retirer, que Dieu avait permis l'horrible état de souffrance où ils étaient tombés. Mais sitôt que les Israélites, rentrant en euxmômqs , eurent élevé leurs cris vers le Seigneur, ce grand Dieu , toujours plein de miséricorde , consentit à les délivrer, moins pour l'amour d'eux sans doute, que pour l'amour d'Abraham, d'ïsaacet de Jacob, et de l'alliance qu'il avait faite avec ses serviteurs.
m § 635. Comme Moïse paissait les troupeaux de son
1-6 beau-père Jéthro , fils de Réhuel (à moins que Jélhro et Réhuel ne soient deux noms appartenant au même individu), il eut une vision extraordinaire. Une flamme enveloppait un buisson, sans que le buisson se consumai. Ce spectacle étonnant attira naturellement Tatten-
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voquerdes morts préaiaturées, rendre les mariages plus I rares ou moins féconds et amener une dépopulation i^lj presque inévitable. Mais Fhomme ne peut arrêter Dieu dans l'exécution de ses plans. Combien de fois les ennemis de rEvangile n'ont-iis pas essayé de le détruire en persécutant les chrétiens! cependant ^ la persécution n'a servi, pour Tordinaire, qu'à étendre le règne de Dieu. C'est ainsi qu'il en fut des Israélites. Pharaon eut beau les opprimer, l'Eternel leur donnait une prospérité croissante.
§ 625, En voyant échouer des mesures si bien con- 16-2 certées, le roi d'Egypte se prit d'une violente colère et donna aux sages-femmes des hébreux un ordre au^ quel on aurait de la peine à croire, si l'on ne savait pas de quoi est capable un despote qui trouve quelque résistance à ses volontés. Il est probable, toutefois, que Pharaon n'osa pas faire exécuter son édit dans la terre de Goscen ; car il ne nous est parlé que de deux sagesfemmes à qui la volonté du roi fut intimée ; sans doute qu'elles habitaient la capitale. Sciphra et Puha , tels étaient leurs noms , comprirent que , si nous devons obéir aux lois du pays où nous demeurons, ce n'est que pour autant qu'elles ne nous prescrivent pas le péché. Aussi, obligées de choisir entre leur devoir envers Dieu et leur devoir envers le roi, elles n'hésitèrent pas à obéir à Dieu plutôt qu'à l'homme ; puis, comme il arrive quelquefois, le Seigneur leur facilita l'exécution de leur devoir , en donnant aux femmes des hébreux assez de forée pour qu'elles pussent se délivrer de leurs enfants sans aucun secours.^C'est ainsi qu'il mit Sciphra et Puha à l'abri do la colère du roi; il les bénit pour avoir pris en leur cœur une ferme et sainte résolution, quoi qu'il pût leur arriver.