SNËSB CHUTE DE L'HOMME
ni un trouble et une honte dont il croit se débarrasser en "^ se donnant des complices. Mais ce qui est plus difficile à concevoir, c'est la promptitude avec laquelle Adam parait «voir cédé. Cependant si Ton réfléchit que ces deux âmes n'en faisaient qu'une, pourainsi dire ; puis si l'on pense que, loin de mourir sur-le-champ, la femme éprouva peut-être la joie momentanée que goûte le pécheur lorsqu'il se livre au mal , on concevra comment Adam put être entraîné. •
§ 85. Ce qui est propre à étonner encore, c'est que des êtres saints, tels que l'étaient Adam et sa femme aa sortir des mains de Dieu, aient pu tomber dans le mal, d'où que soit venue la tentation. Mais il ne faut pas oublier que s'ils étaient sans péché au moment de leur création, ils n'étaient pas impeccables. Dieu seul est impeccable, car il ne peut pas vouloir le contraire de ce qu'il veut. Les êtres dépourvus de raison sont impeccables, car ils n'ont pas de volonté qu'ils puissent opposer à celle de Dieu. Or, voici le privilège des hommes et des anges, c'est qu'ils ont une volonté propre (§ 40), et par cela-même il peuvent pécher. Demander que Dieu eût créé l'homme impeccable, c'est demander qu'il l'eût créé Dieu, ou qu'il l'eût créé incapable de volonté ; c'està-dire que ce n'aurait plus été l'homme.
§86. Mais quand Dieu créa l'homme ne savait-il pas qu'il pécherait? Sans doute, puisqu'il est écrit que même avant d'avoir créé l'homme, il lui avait préparé un Sauveur (1 Pier. I, 20). Ce n'est donc pas sans la volonté de Dieu que le péché est entré dans le monde, et toutefois il est manifeste que ce n'est pas Dteu qui est l'auteur du péché. Comme nous venons de le voir, c'est un ennemi qui a fait cela. Quant à comprendre pourquoi Dieu l'a permis, il nous sera, je crois, possible de le dé-
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;oavrir plus tard quelque peu. En attendant, souvenons- HI 10US que Dieu est Sage et Bon j et qu'il a le mal en hor- "^ •eur.
§ 87. Avant d'étudier, dans la suite du chapitre, les ^flets de la désobéissance d'Adam et d'Eve, recueillons :]uelques instructions du récit qui nous est fait de leur 3hute. La Bible dit que nous bronchons tous de plusieurs manières. Or quels que soient les péchés que nous com- [nettons , c'est toujours en cédant à des tentations semblables à celles qui firent succomber nos premiers parents. On a des doutes sur la Parole de Dieu , puis on l'oublie, puis on la contredit. On laisse le mal s'approcher de son âme ; au lieu de le repousser , on le tourne et retourne dans son esprit, et l'on finit par le commettre. Tandis que nous devrions être plus que contents de ce que Dieu nous donne , nous nous permettons de iésîrer les biens, les plaisirs, la position qu'il nous refuse,. Nous écoutons le regard de nos yeux et les convoitises de notre cœur, plutôt que la voix de notre confiance. Nous ne consentons pas à ignorer ce que Dieu ne veut pas nous faire connaître. 11 y a dans l'homme un désir naturel et légitime de connaissance qui dégénère en coupable curiosité, en sorte qu'on se livre à des imaginations, à des entretiens, à des lectures, à des expériences dont on devrait absolument se garder. Voyez si tout cela n'est pas vrai, et puis dites- vous bien que ce désordre vient de Satan et non pas de Dieu. Satan ne vous ment pas quant il vous promet du plaisir dans le péché ; mais il ment lorsqu'il vous fait croire que le pécheur peut être heureux. Et puis le grand mal qu'il vous fait, c'est de détourner vos pensées de la mort et du jugement à venir. Il ne vous dit pas crûment que vous ne mourrez point , mais c'est presque la même chose ,
JENÈSE CHUTE DE LHOMiMt.
jn puisqu*il parvient à vous faire oublier la mort et le ju 0 ment ; voilà comment il peut tuer votre âme , si v n'y prenez garde. — Priez Dieu qu'il vous délivre Malin(Matlh.VI, 13).
¥111. Chute de l'homme. — Suite.
§ 88. « Au jour que tu en mangeras, tu mpurraj Ainsi avait parlé Dieu; et il eût pu sembler dap cela que la mort serait la conséquence immédiate d( désobéissance. Cependant, loin de mourir tout de si Adam vécut encore, et môme de longs siècles. Mais c qu'on peut être mort en vivant. L'homme , avant ; péché ^ vivait de plus d'une sorte de vie. Outre la physique , ou naturelle , et la vie intellectuelle , ou l'intelligence, il possédait la vie de Dieu, vie sainte pure qu'on (Jésigne sous le nom de vie spirituelle ; grâce à -cette vie surtout, il était assuré d'une vie oud'i félicité immortelle. Il se [pourrait donc très-bien qi tout en conservant une certaine vie , Adam eût pei ce que la vie avait pour lui d'essentiel. Bien plus , il pourrait que l'espèce de vie qu'il conserva fût une so de mort en comparaison de celle qu'il possédait. ( c'est justement ce qui est arrivé , comme nous all< le voir.
§ 89. Aussitôt que l'homme et la femme eurent vi la sainte défense de leur Dieu , ils ressentirent un n laise et une honte qui leur firent éprouver le besoin se cacher ; comme nous voyons encore quelquefois pécheur , dans sa confusion , se couvrir le visage a^ les mains, non-seulement pour n'être pas vu, mais ai pour ne pas se voir lui-même. C'est une terrible ch