LE VEAU D'OR. EXOL
Far le péché ils ont rompu ralliance des œuvres (§ \ 28), XXXI aliiaDce qui se confond ici avec celle de la loi. ""
§ 848. Quelle puissance un homme de Dieu n*exer- 20,2 ee-t-il pas quelquefois sur une multitude égarée , et combien Âaron ne dut-il pas éprouver de confusion en comparant la sainte hardiesse de son frère avec sa coupable complaisance! A la vue de tout le peuple , Moïse prend k veau d'or, le fond , le réduit en poudre et répand eette poudre dans les eaux que buvaient les Israélites. C'était leur dire qu'ils subiraient les conséquences de leur crime ; d'où vient sans doute l'expression bien connue de boire sa faute. Puis le prophète du Seigneur se tournant vers Aaron : « Que t'a fait ce peuple , lui dit-il , » que tu aies attiré sur lui un si grand mal? » Si tu l'avais vraiment aimé , tu te serais laissé tuer plutôt que de céder à ses vœux idolâtres. Et vous , pères de famille , pasteurs, magistrats, recevez instruction de celte parole. Quand vous vous prêtez aux passions de vos subordonnés, vous vous conduisez comme si vous les aviez en haine. « Que t'a fait ce peuple? »
§ 849. Qu'il est triste, après cela, de voir comment 22-2 Aaron cherche à s'excuser! Ne semblerait-il pas que le veau d'or se soit moulé lui-même et que personne n'y ait touché! Bien plus, ne l'entendez- vous pas en quelque sorte se glorifier de ce que , par là du moins , le peuple a été dépouillé des ornements si futiles et si bizarres par lesquels déjà les hommes se défiguraient! Hélas! combien de gens qui, semblables à Aaron, oublient que , ne pas s'opposer vigoureusement au mal , c'est le vouloir ! Combien surtout qui s'estiment déchargés de toute responsabilité , parce que leur faute a produit quelque bon résultat. Il était bien , sans doute, que, même à l'extérieur, le peuplé de Dieu se distinguât du
EtODE LE VEAU D'OR.
XXXII monde incrédule; porter Topprobre de la part des en- "~ nemîs du Seigneur, était un honneur pour lui; toujours est-il que ce n'est pas par Textérieur seul que nous devons nous distinguer des méchants.
26-29 § 850. Cependant, il était impossible que la révolte des Israélites contre leur grand roi Jéhovah demeurât impunie. Moïse ayant appelé auprès de lui ceux qui tenaient pour T Etemel , les fils de Lévi se présentèrent en masse , soit quMls eussent désavoué dans leur cœur le crime de leurs frères , soit que Dieu leur en eût donné , à eux les premiers , quelque repentir. Les Lévites s' étant armés, il;s parcoururent le camp, en frappant de leurs i^pées les principaux instigateurs de la révolte, ceux surtout qui, au lieu de manifester quelque repentance, résistèrent peut-être aux sommations des exécuteurs de la justice du Très-Haut. Trois mille Israélites , en tombant sous leurs coups, servirent de monument à la sévérité de Dieu et en même temps à sa clémence , car cela ne faisait guère que la milième partie du peuple, et pourtant le peuple entier était coupable.
30-35 § 851 . Si nous avions pu former quelques doutes sur la nature des sentiments qui animèrent Moïse dans toute cette affaire , ce qui nous est raconté en cet endroit les dissiperait complètement. Type de Jésus- Christ, notre Grand Médiateur, il monte sur la sainte montagne , afin d'obtenir que VEternel s*apaise envers le peuple, et sa charité est si ardente qu'elle l'emporte au delà des justes bornes. Il ne peut jamais nous être permis de demander à Dieu, même par amour pour nos frères, de nous rejeter de sa présence. Notre Sauveur seul a pu s'offrir pour l'expiation de nos péchés. C'est ce que
' l'Eternel fit sentir à Moïse. Après quoi, cependant,
il Ini donne à entendre qu'il ne détruirait pas le
LA GLOIRE DE UÉTERNEU EXODI
peuple actuellement, puisqu'il Finvitait à poursuivre XXXII son chemin vers le pays de Canaan sous la conduite 30-35 de son Ange ; mais cela ne voulait pas dire que Dieu ne châtierait pas une fois les Israélites. Ils avaient trop audacieusement et trop généralement violé ralliance de FEternel.
§ 852. C'est ce qui est exprimé avec plus de déve- XXXII loppement dans les six premiers versets du Chapitre l-fi XXXIII. Dieu accomplira la promesse faite à Abraham. Les Cananéens seront dépossédés. Mais , pour cette génération du moins, le Seigneur ne sera pas ce qu'il fut envers leurs pèrçs. Peuple opiniâtre et rebelle, Israël sera châtié jusqu'à être consumé. Ces paroles, rapportées par Moïse dans le camp des Israélites , y causèrent un deuil universel ; mais les coupables pleuraient sur les effets de leur péché , plus que sur leur péché luimême.
IiXI¥. La Gloire de l'Étemel. — Constraction di Tabernacle.
§ 853. Ce fut pour marquer l'indignation de l'Etemel 7-11 que Moïse emporta sa tente hors du camp. Il l'appela le tabernacle d'assignation, ou la tente de l'assemblée^ parce qu'elle devint le rendez-vous général de tous ceux qui s'enquéraient du Seigneur et de ses paroles. Moïse s'y retirait fréquemment pour jouir des communications intimes de l'Eternel , qui y manifestait sa présence au moyen de la nuée, et Josué s'y tenait d'habitude pour la garder. Qui n'estimerait bienheureux ce Moïse auquel le Seigneur parlait comme un homme parle avec son ami ! or, c'est un bonheur dont jouissent mainte-