MORT D'AARON. NOMB
Là, en présence du Dieu vivant, il remit ses vêtements X] sacerdotaux à son fils et son àme au Seigneur. Ce fut ^ une grande douleur pour tout le peuple qui, dans la personne d'Âaron, perdait non-seulement le plus âgé de ses vieillards, mais encore un homme bon et pieux dont les torts les plus graves avaient été des péchés de faiblesse et non de méchanceté. Depuis trente-sept ans on avait vu ce vénérable patriarche porter sur son front la sjknrrETÉ à L'Éternel (§ 818) , sur ses épaules et son cœur les douze tribus d'Israël (§§ 81 4, 816) ; on l'avait vu priant pour le peuple, faisant l'expiation des péchés, arrêtant par sa prière les fléaux qui les désolaient (§ 957); aussi, à l'occasion de sa mort, tous prirent le deuil, un mois entier. Cependant, Âaron, comme MoKse et comme Harie, plus qu'eux peut-être (§ 848), avait failli d'une manière grave. Aussi dut-il mourir dans le désert. Ce n'est pas à dire assurément quMl ait été rejeté de Dieu ; car après tout, il crut en ses promesses et sa foi se montra par une obéissance habituelle et par sa charité ; mais TEtemel voulut faire voir en lui que le péché est toujours le péché, qui que ce soit qui le commette, et que ceux qui conduisent leurs frères vers le pays de Canaan doivent prendre garde à eux-mêmes, quelle que soit la charge dont ils sont revêtus.
liXXI. Le serpent d'airain. — Balaani*
§ 965. Nous en sommes toujours à l'an 1 452. Les \ Israélites avaient atteint de nouveau la frontière méri- 1 dionale du pays de Canaan. Afin d'éprouver leur foi et de rendre plus remarquables leurs victoires subséquentes. Dieu permit que, dans une première bataille,
IBRES LE SEBPENT D'AIRÀlN.
XI ils essuyassent quelques revers. Peut^tre aussi fallailnl 73 cela pour faire comprendre à Israël quel genre de guerre serait la sienne. Il devait conquérir le pays de Canaan, mais non subjuguer ses habitants, ni s'emparer de leurs propriétés mobilières. Par un terrible et juste jugement de Dieu, les Cananéens et leurs biens étaient voués à r interdit (§947). Les Israélites devaient, non pas selei approprier, mais les détruire. Aussi après avoir mis en pièces, dans cette localité, les Cananéens qui ne leur cédèrent pas le terrain, ils l'appelèrent Horma, ce qui signifie interdit ou anathème, ou destrttction. C'est en ce même endroit que les Israélites avaient été défaits 38 ans auparavant (§ 950) . Il ne portait pas alors ce nom, d'où nous voyons que le livre des Nombres n'a pas été écrit par HoXse jour par jour, mais qu'il doit l'avoir rédigé dans son entier peu de temps avant de mourir. 4-0 § 966. Les murmures perpétuels des enfants d'Israël ont, au premier abord, quelque chose qui étonne ; mais, en y réfléclissant un peu, l'on voit qu'ils ne faisaient pas autre chose que tant et tant de pécheurs de dos jours , qui ne cessent de se plaindre de Dieu et des voies de sa Providence ou de sa ^àce. Un nouveau fléau et d'une nature particulière vint châtier les Israélites , tout en continuant leur épuration par la mort des hommes dont Dieu avait dit qu'ils n'entreraient pas au pays de Canaan. Dieu suscita contre eux des serpents auxquels la Bible donne le nom de Saraphs, ce qu'on a traduit par brûlants, peut-être sans trop de raison. Ces reptiles faisaient des s morsures cuisantes et mortelles ; beaucoup de gens périrent. Mais il y avait là une génération d'hommes nouveaux que Dieu destinait à valoir mieux que leurs pères. Ils allèrent à Moïse en confessant leur péché, ce qui ne s'était
LE SERPENT D'AÏRAÎN. NOMBREî
guère fait auparavant. Moïse intercéda pour le peuple. XXI L^Eternel lui ordonna de placer au haut d'une perche un ^ serpent d'airain, et quiconque regardait vers le serpent était guéri sur-le-champ.
§ 967. C'est un beau type du salut que notre Seigneur Jésus-Christ est venu acquérir aux pécheurs. Nous ne pouvons douter que l'Eternel ne l'ait entendu de la sorte, puisque notre Seigneur lui-même nous le dit expressément (Jean III, H). Ainsi, dans ces Israélites qui murmurèrent contre Dieu, nous voyons les pécheurs non-convertis; les Saraphs, de qui ils reçoivent une plaie mortelle, sont (en image et en figure) l'ancien serpent, Satan, par qui la mort est entrée dans le monde avec le péché. Le serpent d'airain, c'est Jésus-Christ, qui a pris une chair de péché et pour le péché, et qui, maudit à la place du péché et du pécheur, a été cloué sur une croix, comme le serpent d'airain sur une perche. Quiconque regardait vers le serpent d'airain était guéri : de même quiconque croit en Jésus-Christ, ou regarde du cœur vers lui, est sauvé. Il y eut probablement des Israélites qui, s' endurcissant contre toute crainte de la mort, refusèrent de regarder vers le serpent, en traitant tout cela de fable, comme il y a tant de pécheurs hélas I qui refusent d'aller à Christ pour avoir la vie. Cependant, ils devaient avouer que ceux qui le regardaient étaient rétablis ; mais ils s'obstinaient peut-être à attribuer leur guérison à autre chose, de même qu'on voit les incrédules traiter d'imaginations et de chimères la foi ' et la paix des enfants de Dieu. En attendant, ceux qui tournaient leurs regards vers le serpent, même de loin, Hoême d'un œil affaibli, même sans le voir bien distinctement, tous ceux-là, dis-je, étaient guéris, parce que c'était, au fond, la grâce de Dieu qui les guérissait, et
OMBHES LE SERPENT D'ÂIRÂIN.
XXI non pas Tacte de regarder vers le serpent. Voilà j^i comment une foi simple nous sauve avec certitude, lors
même qu^elle n*est peut-être pas encore très-éclairée ni très-affermie. Elle nous fait avoir part à Jésus-Christ ; car, qu^on le touche du bout du doigt, ou de la main tout entière, on n'en est pas moins en contact avec lui. Ce qui ne veut |)as dire que nous ne devions pas Fembrasser de tout notre cœur et de toute notre àrae. 10 31 § 968. Après ce grand châtiment et cette délivrance non moins éclatante, les Israélites arrivèrent de campements en campements sur la rive ^ucbe ou orientale du Jourdain. Ayant battu les Amorrhéens et le roi de Basçan , ils occupèrent toute la contrée jusqu'au torrent de Jabbok, près duquel Jacob, leur père, avait eu sa lutte mystérieuse avec Tange de l'Eternel environ trois siècles auparavant (§ 478}. Ce dut être une grande joie pour les Israëlites pieux que de se trouver enfin campés dans les lieux que leurs ancêtres avaient habités jadis ! Ils pouvaient dès ce moment être sûrs qu'ils y occuperaient une toute autre position. Car tandis qu'Abraham, Isaac et Jacob avaient vécu en étrangers au milieu des Cananéens, leurs fils voyaient lesGananéei^se fondre devant eux pour leur laisser le champ libre. Hog, roi de Baçan, et tout son peuple furent ou tués, ou dispersés, laissant aux Israëlites l'entière possession de leur territoire.
XXII § 969. Cependant, les enfants d'Israël n'avaient pas 1-3 encore atteint le pays de Canaan proprement dit (car la
Parole de Dieu entend surtout sous ce nom la contrée qui s'étend du Jourdain à la mer Méditerranée) ; ils n'étaient donc pas au bout de leurs épreuves. Les Moa^ bites, peuple issu de Lot, ainsi que les HamnK>nites (§ 344), habitaient dans le voisinage, et, craignant que ce peuple