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LXXII. Balaam, suite. — Josvé

§ 975. Balaam dut éprouver un grand malaise en 36 approchant du pays de Moab , et de Balak qui venait à sa rencontre. Subjugué par la puissance de Dieu , il devra remplir un ministère tout différent de celui qu'on attend et ,agir en opposition formelle avec ses convoitises. Aussi le voyons-nous se servir avec Balak de termes assez ambigus. Il n'ose pas lui dire : « Je vais bénir ceux que tu veux que je maudisse ; il est inutile que tu offres des holocaustes, ni à Jéhovah, ni à Bahal, le dieu des 457 "^

3MBRES BALAAM.

CXllI Cananéens. » Au lieu de cela, il se borne à déclarer qu'il dira ce que Dieu lui mettra dans la bouche; puis

1-6 H invile Balak à offrir des sacrifices. Pendant ce temps il se relire à Técart, pour voir si peut-être le Seigneur lui accordera quelque vision.

Tf-lO § 976. Revenu près du roi de Moab , le prophète ouvre la bouche et, dans un langage élevé , il proteste qu'Israël n'étant point maudit de Dieu, il ne saurait non plus le maudire. Bien plus, il déclare que ce peuple formerait une nation à part, une nation considérable (§§ 367, 342 , 274), et il termine par un vœu qui exprime moins Tétat de son àmeque Texcellence des promesses^failes à Israël : « Que mon âme meure de la mort des justes et que ma fin soit semblable à la leur ! d — Je dis que ce vœii fait allusion aux promesses de Dieu^ puisque, en effet, il ne saurait y avoir de justice et d'heureuse mort que dans son alliance ; j'ai ajouté qu'il ne faut pas y chercher l'expression complète des sentiments de Balaam , d'abord parce que Balaam était un méchant , ensuite , parce qu'il prophétisait malgré lui. Cependant, il n'est pas rare de voir l'incrédule et le mondain souhaiter de faire une bonne mort; mais pour bien mourir, il faut bien vivre, et pour bien vivre, il faut marcher dans la grâce et dans la vérité.

11-24 § 977. Balak, mécontent, comme il est facile de le concevoir, imagina de conduire Balaam dans un autre lieu , pour le soustraire , s'il était possible , à l'influence à laquelle il avait dû obéir. On offre de nouveaux holo- , caustes , Balaam se retire une seconde fois , Balak espère que la vue entière du camp d'Israël enflammera la passion du prophète; mais celui-ci, revenant au roi de Moab , fait entendre des paroles encore plus solennelles et plus significatives: « Dieu ne ment pas; Dieu ne se

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repent pas ; ce qu'il a dit , il le fait ; il ne relire point XXIIl sa parole donnée. Sa grâce est avec Israël pour lui par- i^^^ donner ses iniquités; Israël est béni : l'Eternel Ta déjà montré par une foule de délivrances; bientôt on verra la force que le Seigneur donne aux siens. » Ce qui avait été dit de Juda (§ 592) est appliqué ici à tout Israël, or Israël est le type du peuple élu , c'est-à-dire des fidèles de tous les temps.

§ 978. Dans ses espérances superstitieuses , Balak 25-3( tente encore le moyen qui venait de lui faire défaut. Il veut à toute force que Balaam maudisse ceux que Dieu a bénis , semblable à tant de princes et de nations qui ont cru que leurs anathèmes pouvaient atteindre le peuple de Dieu. Cette fois , Balaam ne cherche plus à échapper XXIS à l'inspiration divine. Il tourne ses regards du côté 1-9 d'Israël ; le Seigneur lui fait voir les scènes des siècles à venir ; le prophète se prosterne contre terre ; puis , se relevant, il célèbre dans une belle poésie la prospérité dont le peuple de Dieu jouira bientôt et les victoires éclatantes qu'il remportera sur ses ennemis.

§ 979. A l'ouTie de ces paroles , Balak entra dans une 10-2* grande colère ; et comme il faisait au prophète les plus vifs reproches , celui-ci reprit le cours de ses prophéties et prononça des paroles plus remarquables encore que les précédentes. Il voit , pour un temps éloigné , une étoile venant de Jacob , un roi issu d'Israël auquel appartient le jugement des ennemis de Dieu. — Ce roi, c'est David peut-èlre ; dans tous les cas , ce n'est lui qu'en partie. La Bible entière nous atteste qu'il s'agît ici de notre Sauveur. C'est lui qui , fils de David et par là d'Israël , est venu comme un astre resplendissant au sein des ténèbres ; lui qui est le Roi des rois , le Juge des vivants et des morts ; lui aussi par qui Israël a été béni

)MBRES BâLâAM.

XXIV et à cause de qui ce peuple est devenu une bénédiction lO^ft pour tous les peuples ( §§ 367, 313).

§ 980. Cette prophétie est rendue encore plus remarquable par l'annonce qu'elle fait de la domination successive des Assyriens (Assur) et des Grecs (Kittim) (§ 237). Une puissance venant de la mer Méditerranée devait un jour subjuguer à la fois les Assyriens et les Hébreux , puis se voir elle-même détruite. Or, tout cela s'est accompli en son temps , mais plusieurs siècles après Balaam , comme nous le verrons dans une autre partie de l'Histoire Sainte.

25 § 981 . Quand Balaam eut achevé son ministère , non point comme il l'aurait voulu , mais comme Dieu l'entendait , il se leva , est-il dit , pour retourner en son pays. Il s'en allait, sans doute, le cœur plein de tristesse et dft haine ; de tristesse , parce qu'il avait perdu l'occasion de gagner beaucoup d'argent, et de haine contre le peuple d'Israël qu'il aurait voulu maudire , ou autrement contre le Dieu d'Israël lui-même. Hélas! ce malheureux prophète ne devait pas revoir sa famille et bientôt, par un juste jugement de Dieu, il périt d'une manière misérable.

XXV § 982. Ce que Balak n'avait pu obtenir par ses en- 1-18 chantements, Satan le fit par ses abominables séductions. Il paraltque, lorsque Balaam fut parti, lesMoabites et les tribus madianites de leur voisinage recherchèrent et obtinrent trop facilement l'amitié des enfants d'Israël. Ceux-ci , se mêlant à leurs fêtes , comme autrefois les fils de Jacob s'étaient mêlés à celles des Sichémites (§ 487) , se laissèrent entraîner par eux à l'idolâtrie , crime que l'Ecriture flétrit du nom de paillardise (§§ 889, 773). Dans ces fêtes impures , en efiet , ils commirent avec les étrangers toutes sortes de débauches. Mais l'Eternel est le Dieu fort et jaloux. Il ne voulut point laisser de tels

BALAAM. NOMBF

crimes impunis. Phinées , fils d'Eléazar, châtia de sa pro- XX^ pre main un des plus coupables ; les Anciens du peuple i^n mirent à exécution la loi du Seigneur (Lév. XX , v. 23 ) ; à cela peut-être vint s'ajouter une épidémie meurtrière , et vingt-quatre mille personnes payèrent de leur vie les désordres auxquels on s'était livré.

§ 983. Ce fut après cela que , par Tordre de FEter- ^^^ nel , il se fit un nouveau recensement du peuple. A cette époque , il ne restait plus aucun de ceux qui , à la sortie d'Egypte, étaient âgés de plus de vingt ans, sauf pourtant Caleb et Josué , auxquels il avait été promis qu'ils entreraient dans le pays de Canaan. Quant à Moïse , qui vivait encore , le moment de sa mort était proche. Voilà de quelle manière la parole de Dieu se réalisa de point en point! Mais si elle s'accomplit alors d'une manière si éclatante, comment douter qu'elle ne s'accomplisse toujours de même?

§ 984. Parmi le grand nombre d'orphelins qui avaient i^n vu mourir leurs pères avant qu'ils eussent atteint l'extrême vieillesse , se trouvaient les filles d'un descendant de Manassé nommé Tselophcad. Elles n'avaient point de frères , circonstance unique probablement à une époque où l'Eternel , fidèle exécuteur de ses promesses , donnait à tous les enfants d'Abraham et des fils et des fillesn Or on mit en question si les filles de Tselophcad auraiept un lot dans le partage du pays de Canaan. Elles en firent elles-mêmes la demande à Moïse , afin , dirent-elles , que le nom de leur père ne fût point retranché. Par la volonté de Dieu , elles obtinrent l'objet de leur requête , el cela devint une loi générale en Israël : un homme mourait-il ne laissant que des filles , celles-ci le représentaient , et ses possessions continuaient de porter le nom du père et de sa famille.

MBRES JOSUÉ.

XVII § 985. Cependant, la vie et le ministère de Moïse ^7 tendaient à leur terme. Averti par le Seigneur que le moment du départ approchait, le serviteur de Dieu se montra tel qu'il avait toujours été , plus occupé de son peuple que de lui-même. Il fit à TËlernel une prière dont chaque mot est d'une grande valeur. D'abord il nomme Jéhovah le Dieu des esprits de toute chair, belle expression qui nous rappelle non-seulement que c'est Dieu qui a créé nos âmes , mais encore qu'il faut que nous le servions en esprit et en vérité. Puis Moïse , sentant bien que l'assemblée , c'est-à-dire le peuple , ne pouvait rester sans conducteur dans les circonstances critiques où il se trouvait, demande à l'Eternel qu'il lui donne an successeur, afin que sous sa direction les enfants d'Israël sortent du désert, qu'ils entrent au pays de Ganaao, et que l'assemblée de l'Eternel ne soit pas comme des brebis qui n'ont point de berger. Moïse oubliait-il donc le Bon Berger, l'Ange de l'alliance? Non sans doute; mais il savait que le Seigneur, qui est le Chef de l'assemblée , conduit son peuple au moyen de ses serviteurs ou ministres. Quoi qu'il en soit , la manière dont il s'exprima doit tout naturellement nous faire présumer que le successeur de Moïse était destiné à être , comme Moïse lui-même , le type de ce Jésus qui , étant le Berger de^ brebis , les fait sortir du péché et les introduit dans la vie éternelle.

8-23 § 986. Quel sera donc l'homme aimé du Seigneur à qui reviendra une charge si grande et si belle? L'Eternel va le désigner lui-même. Ce sera Josué , fils de Nun; ce même Josué que nous avons vu , quarante ans aupa* ravant, à la tête des armées d'Israël contre les Haroalékites , puis si fidèle ; avec le fidèle Caleb , entre les explorateurs du pays de Canaan , toujours è côté de

JOSUÉ NOMUR

Holse dans la mauvaise comme dans la bonne fortune. IXVI Josué avait donc été préparé de longue main par le Sei- j^. gnear. Il possédait tout ce quMl fallait pour son œuvre: maturité de Tàge , longue expérience , lumière acquise dans le commerce de MoYse; surtout il avait part aux dons extraordinaires du Saint-Esprit.

§ 987. OuU^e cette vocation spirituelle et divine , Dieu voulut que Josué en eût une autre , bien inférieure , mais nécessaire aussi. Moïse lui imposa les mains devant tout le peuple ; c'est-à-dire qu'il plaça ses mains sur lui , comme pour indiquer que son ministère passait de lui à Josué , et que de la sorte toute l'assemblée devait l'écouter. C'est encore ainsi que se doit faire la consécration des anciens et ministres de l'Eglise chrétienne. Il faut que leur vocation vienne tout premièrement de Dieu , mais aussi qu'elle soit ratifiée devant l'Eglise et reconnue par elle. — Du reste il était bien entendu que Josué ne cumulerait pas tous les pouvoirs. Eléazar, fils d'Aaron , le souverain sacrificateur, demeurait seul chargé de consulter l'Eternel par la voie de l'Urim et du Thummim(§846).

iiXXlII. Wtwetmeu loto* — Victoires et conqnétea.

§988. Ces chapitres contiennent quelques ordon-^xyi nances supplémentaires au sujet des holocaustes. On '^ devait en offrir chaque jour, particulièrement le jour du sabbat, puis à chacune des fêtes que le Seigneur avait Instituées. Ces ordonnances ne présentent d'ailleurs aucune difficulté d'interprétation. Après ce que nous avons dit en plusieurs lieux, notamment §§ 864-870, nous n'avons pas de nouvelles réflexions à ajouter.

MBRES DIVERSES LOIS.

CIX § 989. Loi sur les vœux. Quand un homme sMtait "^ engagé à quelque acte de culte envers Dieu , ou à quelque prestation civile envers son prochain , rien ne pouvait le dispenser de tenir sa parole. Mais si une femme vivant encore sous le toit paternel , ou liée à un mari, faisait un vœu , ou prenait un engagement quelconque, elle n'était tenue à l'observer que moyennant le consentement de son père, ou de son mari. Pour mieux dire, elle était liée par sa parole, si le père ou le mari, ayant eu connaissance du vœu qu'elle avait fait, ne s'y était pas formellement opposé le jour même où la chose était venue à sa connaissance. Loi pleine de sagesse, à laquelle la plupart des peuples civilisés ont emprunté quelque chose.

[XXI § 990. MoTse reprenant ici le fil de son histoire , nous 1-6 raconte les terribles jugements que Dieu fit tomber sur les Madianites par le ministère des enfants d'Israël. Nous avons vu dernièrement (§ 982) de quelle manière ces tribus idolâtres avaient entraîné les Israélites dans les plus horribles désordres, et comment Dieu avait châtié son peuple. II fallait aussi , pour rendre la leçon complète, que les Madianites à leur tour ressentissent. la juste colère du Très-Haut. C'est pourquoi , et par l'ordre de l'Eternel , Moïse envoya contre eux douze mille hommes armés, mille de chaque tribu, sous la conduite de Phinées, fils d'Eléazar; puis, afin de bien montrer que c^était au nom de l'Eternel qu'ils faisaient cette expédition , ils prirent avec eux les meubles , ou la vaisselle du sanctuaire , et tout premièrement sans doute Tarebe de l'alliance avec les trompettes consacrées. 7-18 § 991. La destruction de Madian fut terrible, mais elle ne le fut pas plus que ne sera celle des ennemis de Dieu au dernier jour. Alors nul ne pourra fuir, tandis

VICTOIRES ET CONQUÊTES. NOMBl

qu'il y eut probablement bien des Madianites qui écbap- XXI pèrent au glaive des enfants d'Israël. Geux^i, après pjZ[ avoir passé au fil de i'épée tous les hommes et cinq de leurs chefs , ou rois , emmenèrent avec eux les femmes et leurs petits enfents, avec un immense butin, car avant de mettre le feu aux habitations, ils avaient conservé ce qui était susceptible d'être transporté. Tout ceci assurément ne fut pas Taffaire d'un jour. Mais quand MoTse vit que l'armée conduisait des femmes avec elle , ces mêmes femmes qui avaient été pour Israël la cause de tant de péchés et d'un si grand châtiment (§ 982), il fut ému d'une sainte colère , et , fidèle exécuteur des jugements de Dieu, il ordonna que ces coupables femmes subissent aussi la peine de leurs iniquités. Les fils partagèrent le sort de leurs mères ; on ne conserva l'existence qu'aux filles en bas âge. H y avait moins d'inconvénients à ce que les Israélites les adoptassent dans leurs familles, que s'ils avaient accordé la même faveur aux fils des Madianites.

§ 992. Quoi qu'il en soit, et sans reproduire les réflexions que nous avons faites à l'occasion du déluge et de l'ancien monde (§210), de Sodome et des villes de la plaine ( § 339 ) , de Pharaon et de son peuple (§710), nous voyons encore ici combien c'est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant ! Pécheurs é^ instigateurs du péché , les Madianites idolâtres , d'autant plus criminels qu'ils étaient aussi fils d'Abraham et les frères des Israëlites , reçurent en cette rencontre le Juste châtiment de leurs prévarications. Quel avertisjmnent hélas! pour tant de soi-disant chrétiens, qui, édaîrés de la lumière de l'Evangile , vivent dans le pé- ^é, s'excitent au mal les uns les autres et approuvent xeux qui le font !

iOMBRES VICTOIRES ET CONQUÊTES.

XXXI § 993. Parmi les malheureux qui tombèrent soiisks

g'^g coups du Très-Haut, vous aurez remarqué Tind^e Balaam , que nous avons laissé faisant mine de rçtouroer chez lui. U parait qu'irrité contre Dieu du rôle qu4l avait dû jouer malgré lui , froissé dans sa passion d'avarice, il avait chepché à se venger par la plus épouvantable trahison. Ce fut à son conseil quelesMadianites tendirent aux enfants d'Israël le piège où leur foi et leur moralité succombèrent ; aussi trouva-t-il des premiers la mort (et quelle triste mort ! ^^lans la guerre qui fut faite à Madian. Vous le voyez donc , mes chers lecteurs , il ne su^ fit pas de s* écrier : « Que je meure de la mort des justes! » (§ 976 ). Il faut , pour bien mourir, vivre à la manière des justes ; comme Abraham , par la foi ; comme Enoch, en la présence de Dieu , et non pas comme Balaam , en faisant de l'argent son idole. Vous voyez de plus qu'on peut avoir parlé de la part de Dieu et dit ce que Diea voulait, sans être toutefois converti. Or, Ton aurait beau être prophète, si l'on n'est pas converti, on est sur le chemin de la perdition. '

19 24 § 994. Bien que les Israëlites n'eussent fait qu'exécuter le Jugement du Très-Haut, il ne se pouvait sans douté qu'il ne s'y fût méié beaucoup de péché; d'ailleurs, après tant de sang répandu, il fallait une purification. Jl fallait même purifier ce qui avait appartenu aux Mar dianites, avant que le peuple pût se l'approprier. C'est ce qu'on fit par ordonnance de l'Eternel, afin d'imprimer dans les cœurs une horreur croissante pour le mal.

25 54 § 995. Après cela, il fut question de partager l'immense butin qu'on avait emporté , et voici comment la chose se passa. La moitié des captures appartint à ceux qui avaient été à la guerre, sauf le 2 p. 4000 qui dut revenir au sanctuaire \ l'autre moitié fut dévolue au

VICTOIRES ET CONQUÊTES. NOMBRl

reste de rassemblée, moins le 2 p, % qu*Eléazar reçut XXXl aussi pour le service du tabernacle. Quant à Tor en lin- 25154 got et à Tor ouvré, il fut déposé dans le trésor public, en reconnaissance de ce que, par une protection remarquable, aucun Israélite n'avait péri dans cette expédition. Ce que c'est que d'aller au nom du Seigneur et de ravoir avec soi ! Quelle différence de ce résultat avec ce qui s'était passé jadis à Horma (§ 950) I

996. Par la destruction des tribus madianîtes qui XXXI occupaient la rive gauche du Jourdain , une vaste contrée se trouvait dès ce moment à la disposition des enfants d'Israël ; ils en avaient déjà chassé lesÂmorrhéens et lesMoabites. C'est pourquoi les descendants de Ruben et.de Gad demandèrent à Moïse qu'il leur fût permis de former leurs établissements dans ce pays. LesRubénites, issus du fils aine de Jacob, estimaient sans doute devoir être servis les premiers. Mais comme le territoire qui est sur la rive gauche du Jourdain n'était pas, à proprement parler, le pays de Canaan, Moïse éprouva quelque indignation à l'ouïe de cette demande. C'était à ses yeux comme si les Rubénites et les Gadites renonçaient à leur héritage et répudiaient les promesses de Dieu. Eh quoi donc, semble-t-il leur dire, vous ne voulez pas entrer au pays qu'Abraham, Isaac et Jacob ont habité ! Mais cette difficulté fut bientôt arrangée ; car il entrait dans les vues du Seigneur que la chose se passât ainsi. LesRubénites et les Gadites promirent d'aider leurs frères à conquérir Canaan, et, sous cette condition, ils obtinrent ce qu'ils désiraient. La tribu de Ruben eut en partage le canton le plus méridional, borné au midi par la rivière d'Arnon, à Vouest par la mer Morte et quelque peu du Jourdain, au nord par la tribu de Gad. Ses frontières à l'est , peut-être, n'eurent pa& 46T

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