‹ Études élémentaires et progressives de la parole de DieuChapitre 32 sur 229 · CAIN ET ABEL. GENES · texte numérisé non relu

CAIN ET ABEL. GENES

Caïn ne pouvait souffrir la piété d'Abel et il était jaloux IV de son bonheur. Un jour qu'ils se trouvaient ensemble "^ dans la campagne, loin du reste de leur famille,, CaKn, plus sombre et plus irrité que de coutume (c'était peutêtre un lundi, comme nous dirions, jour mauvais pour celui qui a mal passé son dimanche), Caïn, dis-je, toujours plus mal disposé envers son excellent frère , se mit à lui parler selon son méchant cœur. L'Ecriture, ici et partout , dit beaucoup de choses en peu de mots. Caïn parla à Abel ; mais de quoi et comment? Gela n'est pas dit , et pourtant il est facile de deviner ce que dut être une conversation qui se termina par un horrible fratricide. De la part de Caïn ce fut sans doute un débordement de reproches et d'insultes, comme on en voit chaque jour sortir des cœurs aigris et enflammés par la haine et par la colère. De la part d'Abel, on peut, sans craindre de se tromper , imaginer des réponses pleines de calme et de douceur ; ou tout au moins , ce silence quMl est prudent quelquefois de garder en présence d'une personne qui se laisse aller à la passion. Mais cette conduite charitable et patiente, bien que la meilleure devant Dieu , ne fait souvent qu'irriter toujours plus la colère de l'homme. Aussi , Gain se voyant seul avec Abel et oubliant que l'œil de TËternel est en tous lieui, s^ élève contre son frère ; il le menace, il le frappe et... il le tue.

§ 1 46. Alors Caïn eut sous les yeux un spectacle au- 9 quel, hélas! nous sommes habitués , mais qui était tout nouveau pour lui et qui dut le remplir d'épouvante et d'horreur. Un homme dépouillé de la vie I un mort ! un cadavre! un visage glacé, des yeux éteints, une bouche devenue muette , un cœur qui ne bat plus , des membres qui se roidissent ! Et puis, dans cette mort d'Abel,

SIfËSE GAIN £T ABEL.

IV du sang qui se fige sous la raain criminelle de rhomi- '^ cide ! ! Il parait que Caïn s'enfuit, après avoir, peut-être, caché dans la terre ce corps inanimé. Mais où fuir loin de l'Eternel? L'homme a beau faire, il n'est jamais seul. Une voix , venant de Dieu , poursuivit Gain et lui demanda compte de son frère Abel.

§ 147. L'insolence avec laquelle Caïn répondit à TEternel ne doit pas trop vous surprendre, car elle est toute semblable à celle que vous avez si souvent manifestée lorsque le Seigneur, ou par le moyen de votre conscience , ou par les réprimandes de vos supérieurs , vous a demandé compte de vos péchés. Combien de fois n'aveavous pas dit en vous-mêmes ou à haute voix : a Que m'importe! » Hélas! c'était dire comme Caïn : a Suisje le gardien de mon frère, moi? »

10-12 §148. On ne peut , toutefois , se moquer de Dieu. Ce que l'homme sème, il le moissonne. Caïn a semé le sang d'Abel; il va recueillir la malédiction. Il a beau se refuser à confesser son crime , le sang d'Abel crie à Dieu. Il crie vengeance contre le meurtrier. Ce n'est pas Abel qui veut que son frère soit puni; c'est la justice divine (|ui ne permet pas que le péché demeure sans châtiment.

§ 1 49. Tout péché est suivi de malédiction , et nous l'avons bien vu dans l'histoire d'Adam (III, 14, 17); mais il est des péchés particulièrement odieux qui attirent sur les coupables une malédiction plus grande. C'est ce qui est rendu manifeste par la sentence que l'Eternel prononça contre Caïn. Celui-ci se vit doublement maudit ; et, comme pécheur, ainsi que le sont tous les hommes , de plus , comme coupable du sang de son frère. § 150. Tel fut le crime de Caïn, crime énorme, épouvantable; néanmoins, il importe de ne pas s'en

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