‹ Études élémentaires et progressives de la parole de DieuChapitre 35 sur 229 · XIV. La postérité de Cala · texte numérisé non relu

XIV. La postérité de Cala

§ 459. Avant de passer au sujet que la Parole de 16-2 Dieu nous invite à méditer maintenant, je ne saurais m'empêcher de porter mes regards avec une sorte de sollicitude sur deux personnes dont elle ne fait pas même mentien dans le récit de la mort d*Abel. Nul doute qu'un historien ordinaire n'eût pas manqué de nous dire la douleur qu'éprouvèrent nos premiers parents , en voyant les mauvaises dispositions que Caïn entretenait à l'égard de son frère , et leur désespoir quand ils apprirent l'horrible crime qu'il venait de commettre, crime qui les privait à la fois de leurs deux fils , l'un par la mort, l'autre par la fuite. Je ne veux pas suppléer au silence de l'historien sacré, mais il serait facile de le faire. Quel coup pour Adam et pour Eve, et en même temps quelle leçon ! Voilà donc l'efiFet du péché. Ils l'ont transmis à leur postérité avec leur propre sang , et , par le péché , la mort. Parents chrétiens qui lisez ces lignes , vous avez perdu peut-être votre Abel, quoique d'une manière moins sinistre ; vos enfants vous causent sans ddute bien des peines par leurs passions ; humiliez-vous et ne vous aigrissez point. Tout cela n'est pas autre chose que le péché et ses fruits ; le péché qui se transmet des pères aux enfants , et les fruits du péché que cueille chaque génération l'une après l'autre. Hélas I vous le voyez ; dès les premiers jours du monde ces fruits furent bien nraers!

§ 1 60. Pour en revenir à Gain , la fin du chapitre IV, lo, ; jusqu^iu verset 25 , nous montre ce qu'il devint après que Dieu l'eut maudit et ce que fut en général sa posté-

BIfÈ8B LA POSTÉRITÉ Dfi CAIN.

IV rité. Fuyant de devant la face du Très-Haut , il partit lg~l7 avec sa femme (§433) pour les contrées à rorient de celles qu^habitaient Adam et sa famille. Il se peut qu'il eût déjà des enfants. Demeurèrent-ils avec Adam, ou suivirent-ils leur père? C'est ce qui ne nous est pas raconté. La Bible ne nous parle pas non plus de tous les enfants, fils et filles de Caïn , mais dHénoc seulement; et, pour noi^ dire cela, elle se sert du même terme qu'en parlant d'Adam lorsqu'il devint père de Caïn luimême : a il connut sa femme » ( IV, i ) , ce qui veut dire qu'ayant demeuré avec elle , il eut un enfant , après être arrivé dans le pays de Nod.

17 § 4 61. Cet enfant, appelé Hénoc, donna son riora à la première ville qui fut bâtie. Il peut sembler étrange qu'il y eût déjà un assez grand nombre d'hommes pour joindre maisons à maisons. Mais il faut comprendre qu'il ne s'agit pas ici d'une ville semblable à nos cités européennes , ni à ce que furent plus tard Ninive et Babylone. Ensuite , ce n'est pas à dire que la ville ait été bâtie tout entière du temps d'IIénoc. Caîn en jeta les fondements ; son fils la continua ; ses petils-fils l'agrandirent. Enfin, pour concevoir par qui cette ville put être habitée , il faut considérer que la vie des hommes était alors beaucoup plus longue qu'à présent. Caïn, Hénoc et leurs fils vécurent chacun plusieurs siècles; en sorte qu'à la mort de Caïn , et encore plus à celle d'Hénoc , leurs enfants , leurs pelits-enfants et leurs arrièresneveux formaient sûrement une peuplade assez considérable pour remplir une ville d'une certaine étendue.

§ 1 62. Quoi qu'il en soit , il est remarquable de voir que ce furent Caïn et ses fils qui , les premiers , rapprochèrent leurs habitations les unes des autres , en forme de ville ou de bourgade. Il semble que les hommes de

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