III. La Création. — Suite
§27. AU troisième jour, pendant la nuit peut-être, 9, ]o ieaux inférieures, celles qui recouvraient encore toute terre, furent, par la puissance duSeigneur, réunies en lieu pour former le vaste Océan. S'il n'est pas parlé les lacs et des fleuves , c'est qu'il sont peu de chose en cimparaisoD de la mer, et que d'ailleurs toutes ces eaux mstituent, à bien dire, une seule et même œuvre de Diea. Mais, pour que les eaux pussent se réunir ainsi et Nbisser les continents à découvert, il fallut de nécessité 'ifieDieu soulevât les plateaux et les montagnes; il le il probablement au moyen du feu que recèlent les enipûUes de nôtre globe. Ce fut ainsi que le sec, c'est-àllîrela terre ferme, parut. Elle existait déjà , sous la pression de l'eau et sous l'action de la lumière, mais jmqu'à ce moment on n'aurait pu la voir.
§28. Alors aussi se montrèrent les plantes, arbres, ]i.i3 irbrisseaux, arbustes, mais les herbages avant tout (le plus humble et à la fois le plus utile) ; chaque plante portant son fruit et sa semence avec soi, les diverns espèces étant bien déterminées , de manière à ne pouvoir se confondre. En sorte que si, par le travail de rbomme et par le concours de certaines circonstances, i est des vitaux qui ont contracté maintes variétés, 43 tt
2NÈSE LA CRÉATION.
I tout cela ne s'est fait que dans des limites fixées par le Créateur.
§ 29. C'est quelque chose de bien admirable el qui confond la pensée, que cette faculté de reproduction donnée aux plantes par le Seigneur. Il en résulte que tous les arbres, toutes les fleurs qui existent aujoQ^ d"hui , étaient contenues en germe dans les fleurs et dans les arbres qui ornaient le monde au commence- 4nent! Cela même, au surplus, démontre qu'il a dû se faire une première création, de rien; car il faut nécessairement qu'il y ait eu un premier noyer, par exemple, ou plusieurs noyers créés simultanément, d'où tous les autres sont sortis.
14-19 § 30. Au quatrième jour se fît le partage du temps en jours , mois , saisons et années , au moyen du soleil et de la lune. On ne sait quel est le plus magnifique d'un jour de printemps éclairé par un brillant soleil, ou d'une nuit d'été avec la lune en son plein. Quoi qo^il «n soit, on voit que la division du temps, telle qu'elle existe maintenant^ s'efiFectua par le Seigneur au moment où elle devenait nécessaire, savoir lorsque les êtres animés allaient être appelés à l'existence. — On voit aussi, pour le redire , que le soleil n'est pas proprement la source de la lumière, puisque Dieu sépara celle-ci des ténèbres avant que le soleil fût devenu notre flambeau ; mais il est comme le foyer où le Seigneur l'a concentrée, et d'où elle se porte sur la lune et sur les planètes, qui nous la réfléchissent.
§ 34 . Il y a ici une difficulté que je ne dois pas pas* ser sous silence. Elle résulte des mots qui se lisent à la fin du verset 16 : « il fU aussi les étoiles. » On a remar* que avec raison que les étoiles sont des soleils indépendants de notre système solaire, et selon Umle apparence
LA CRÉATION. GBNÈSI
oenlres de moodes qui existaient déjà. On estime en T conséquence, que les étoiles ne sauraient avoir été 14,^9^ créées le quatrième jour, époque assignée à la création du soleil et de la lune. Mais il n'est pas dit que le soleil et la lune aient été créés ce jour-là ; il n'est icr question d'eux que relativement à notre globe. Le soleil fut sans doute créé au commencement (§ 15'), c'est-è-dire^ une fois, et bien longtemps avant l'organisation actuelle. Seulement, ce fut au quatrième jour que Dieu fit du soleil , et par conséquent de la lune , nos deux grands luminaires, et ce jour aussi que la lumière des étoiles parvint jusqu'à la terre. C'est tout ce que porte la Bible , quand on y fait bien attention..
§ 3â. Remarquez ensuite que ces deux mots : il fit^ sont imprimés en caractères dits italiqties. Je vous dirai,. une fois pour toutes que , dans les livres ordinaires onimprime en lettres italiqiies les mots sur lesquels on veut attirer Tattenlion, tandis que , dans les versions de la* Bible, on Ta fait pour les mots qu'on a dû. ou qu'on a: cru devoir ajouter à l'original, par suite de sa concision ou de la différence des langues. Moïse a donc écrit simplement : « et les étoiles. » C'est une courte parenthèse, un mot jeté en passant ; ce qui confirme l'observation* précédente.
§33. Il y a là un enseignement indirect que je ne veux pas négliger. Bien des gens s'inquiètent considérablement de ce qui se passe dans les étoiles, de la nature et de la destination des êtres pour qui elles furent créées. Peut-être le saurons-noas un jour; mais en * attendant; il est manifeste que cela ne nous est aucunement nécessaire. Admirons donc ces belles œuvres de Dtmi, ou plutôt Celui qui les a faites, et contentons-nous de ce qu'il a permis ou voulu que nous en connussions. ^
(iERÈSE LA CRÉATION.
1 — Je n'ai pas besoin d'ajouter sans doute que les
}^[9 ^'^^^^^ aucune manière été créées pour réglei vie, et qu'il n'y a rien de plus absurde ni de pieux, que d'étudier le cours des astres dans C'est ce que fait, comme vous le savez , Vastr science fausse, dans laquelle, à la honte du non tien, tant de faiseurs d'almanachs trouvent leurs i d'existence.
20-23 § 34. Nous voici arrivés au cinquième jour, l ayant, par sa rotation sur elle-même , présenté t sîvement toute sa face au soleil et à la lune, dui temps qui, je le pense, a pu être plus long qu'à p se trouva occuper vis-à-vis du soleil et de sa position précédente. Ainsi commença une n journée, et avec elle une nouvelle manifestatio puissance de Dieu. Alors parurent enfin les cr vraiment vivantes. Ce furent toutes celles qui h l'air et les eaux, ces êtres qui, par leur structu beaucoup de ressemblance les uns avec les au qui vivent au sein de deux éléments pareils à të gards. Comme les plantes, ils furent créés ave espèces respectives, et doués de la faculté de se duire. Peut-être furent-ils créés en moins granc bre d'individus de chaque espèce que ne l'avaient végétaux ; ce que semblent indiquer ces mots : < sez et multipliez ; » mais les espèces diverses exis et s'il est certains oiseaux , savoir ceux auxquels l' clpnne des soins domestiques , qui ont pu vari( leur espèce, toujours est- il qu'ils n'ont forn des variétés. — Il est bien important de renr comment, en toutes choses, ce que Dieu a net distingué, personne ne doit ni ne peut le conf comme ce que Dieu a joint, personne ne peut le s^
LA CRÉATION. GENfc
Ainsi , le fidèle ne saurait jamais être confondu avec î l'infidèle, et le bonheur sera toujours inséparable d'une 20^23 vie selon Dieu.
n. lia Création. — Suite.
§ 35, Le sixième jour étant venu , le Seigneur tira ^^, ^de la terre les animaux qui s'y meuvent, depuis les plus grands jusqu'aux plus petits , et tous parfaitement distincts dans leurs espèces respectives.
§ 36. Enfin, tout étant prêt pour recevoir l'homme, 25-28 ce fut alors que Dieu l'appela à l'existence. De quelque manière que nous envisagions la chose , il^st bien évident que ce monde a été créé pour l'homme; mais l'homme lui-même pour qui fut-il créé? Toute l'Ecriture nous répond que ce fut pour DIEU et pour sa gloirb, d'où il résulte que le monde entier se trouve aussi avoir été créé pour la gloire de Dieu. C'est un point important qu'il ne vous faudra jamais oublier. Sans douté que chaque œuvre de Dieu atteste la majesté de son Auteur, mais il n'y a que l'homme ici-bas qui puisse la discerner et Ja célébrer véritablement. Et puis, la nature de l'homme et sa destinée sont tout autres q^ue celles des êtres qui l'entourent. C'est par là que Dieu l'a fait pour sa gloire. Il ne faudra pas nous étonner, en conséquence, si la création de l'homme est accompagnée de circonstances très-particulières.
§ 37. Dieu créa toutes ses œuvres par sa Parole (§21). Il en fut de même pour celle-ci; mais l'écrivain sacré ne se contente pas de rappeler le : Dieu dit, il nous révèle comme un Conseil que Dieu aurait tenu avant 'de former l'homme. Nous avons dans cet endroit (-verset
Î>ÈSK LA CKÉAT105.
I 26), une nouvelle trace du mystère de la pluralité dans
rs^iS '""'^ ^® ^^*®" (§22) : Faisons l'homme; et nous en retrouvons une au verset suivant, quand il est dit que Dieu créa rhomme à r image de DieUy comme s'il y avait plus d'un Dieu. — Mais ce Dieu pluriel^ si Ton peut dire ainsi, est un seul et même Dieu. Encore une fois, il n'y a qu'un Dieu, savoir le Père, le Fils et le St.-Esprit; trois en un. Je ne vous dis pas cela pour que vous cherchiez à le comprendre, car c'est au-dessus de notre portée ; mais je vous le dis afin que vous le croyiei, parce que Dieu s'est révélé à nous de la sorte et que ce <|u'il dit est vrai.
§ 38. Ce Conseil que Dieu tient avec lui-même, c'est pour nous faire sentir l'importance de l'œuvre dernière (fu'il allait effectuer, quoique, à le bien prendre, Dieu ne fasse quoi que co soit à la légère, et que toutes ses œuvres sortent du conseil profond de son infinie sagesse. Ici, nous avons pour résultat de la suprême volonté de Dieu , que l'homme fut fait à son image et à sa ressemblance. Il s'agit, vous comprenez, du premier homme; »*ar nous sommes loin d'être ce qu*il était à ce moment, ol le premier homme lui-même ne cfemeura pas toujours tel que Dieu l'avait formé. Mais il ne faut pas trop anticiper sur ce qui doit venir tout à l'heure.
§ 39. Dire que l'homme fut fait à l'image de Dieu ^ c'est dire qu'au moment de sa création, il ressemblait à Dieu. Cette ressemblance consistait , extérieurement du moins, dans la domination que l'Eternel lui donna sur les œuvres de ses mains ici-bas. Car ce qui caractérise Dieu , c'est d'être le maître de toutes choses. En attribuant à l'homme une autorité pareille à' la sienne dans une certaine mesure , Dieu constitua par là une ressemblance entre l'homme et lui.
LÀ CRÉATION. 6ENÈ9
§ 40. Mais qu'estrce qui donnait à Thomme sa su- ^ lériorité sur tous les autres êtres de ce monde? Ce n^était ^^<iis M sa taille, ni sa force, ni son agilité, ni rien de pareil ; fêtait son àme. Il y avait en lui la pensée et la volonté, foilà ce qui le rendait maître de tout , parce que Tes- ^t est nécessairement supérieur à la matière. Or cet esprit, c'est précisément Timage de Dieu dans Thomme. àmsi, vous le comprenez, l'homme est doué d'une âme; par cette àme il peut exercer la domination sur tout ce ^ i|ià l'entoure : telle est l'image et la ressemblance de Diea.
§ 44 . L'humanité ne devait , ni ne pouvait être le ^7-30
ifirtage d'un seul individu. Il fallait sans doute qu'elle
h une dans son ensemble , et c'est pour cela que Dieu
l'a pas créé , pour commencer , une multitude d'hom-
-, toujours est-il que cette terre n'avait pas été créée
Nnr un seul. Bien plus , je vous dirai que le un tout
•eol n'existe nulle part. Même dans celui qui est un par
ocellence , il y a une pluralité , comme nous l'avons
ni. Ce que Dieu a voulu créer , c'est donc l'espèce
knmaine et non pas un homme. Aussi nous est-il dit
▼ers. 27) qu'il créa deux êtres humains, l'homme et
àlémme. Plus tard, nous verrons de quelle manière il
[kat.
§ 42. Quand Dieu annonçait au premier homme que ft postérité remplirait toute la terre , il ne semblait pas cela fût possible ; et cependant , bien que , au modu déluge , toutes les branches de ce grand arbre •eot été retranchées sauf une , la branche qui fut con- •nrée alors s'est ramifiée de manière à remplir presque •ûtre globe. Que Dieu est admirable dans ses œuvres ! lest sans doute de grandes portions de la terre qui ■anquent encore d'habitants. Mais la Parole de Dieu se
ËNÊSË LA CRÉATION.
I réalisera. Et quand la terre sera coraplétement couverte
27^30 d'^'res humains , alors aussi , nous Tespérons , la conr
naissance de Dieu la remplira tout entière. Quel temp
que celui-là , et comme nous devons le hâter par moi
prières !
§ 43. Nous voyons aux versets 29 et 30 que, daiy les premiers jours du monde, et l'homme et les animauX; sauf les poissons et peut-être aussi quelques espèces qi|| vivent loin de la vue de Thomme, ne se nourrissaieql
« que de végétaux, qui donnaient, tous, des fruits propra) à l'alimenta tion. Ainsi, la mort ne régnait point encoc^ et les yeux de l'homme n'avaient que le spectacle dâ bonheur et de la paix. — Quand les voyageurs noQi racontent qu'il y a dans rii\de des peuplades entièraSi ou du moins certaines sectes, qui regardent comme m grand péché de manger de la viande , on est porté ^ croire que c'est l'effet de quelque antique tradition et comme un souvenir de ce qui avait lieu lorsque Thomn^ était dans son innocence primitive. Du reste, il est bi^ prouvé que l'homme peut parfaitement se passer d^ viande; et quant aux animaux actuellement camaSfi siers , on en voit assez fréquemment se nourrir de fruiH ou de racines d'arbres lorsqu'ils sont pressés par la faio^ D'ailleurs, nous pouvons dire, sans crainte de noQ| tromper, que l'Eternel avait pourvu, d'une manière oa d'une autre, à ce que les animaux pussent vivre comoif il nous est dit qu'ils le faisaient. Ainsi fut, dit la Bible. — Avant de passer outre , je ferai remarquer que Jg conjonction mais qui est au commencement du \er9# 30, doit être remplacée par le mot et j ce que permuf très-bien l'original.
31 § 44. A la fin de chaque jour, comme après la crér tion de la lumière (§ 20), il est dit que Dieu vit qiU
LÀ CUÉATION. GENÉSl
it boQ ; c'est une manière d'attirer notre atten- I
l'excellence de chacune des œuvres prise à lis, quand Dieu eut tout achevé , il vit que cela s-bon ; c'est-à-dire parfaitement tel qu'il le fallait le voulait. Il ne s'agit pas de savoir s'il y a d'auodes plus parfaits q|ie celui-ci ; la vérité est que
sortit des mains de Dieu , et même tel qu'il est plus tard, ce monde est précisément ce qu'il être pour la plus grande gloire du Seigneur, quoi , il est certain que , si chaque œuvre de * me plante , un insecte , une goutte de pluie , est ble quand on l'étudié à part, l'ensemble des i de Dieu ne l'est pas moins. Oh ! oui, tout cela îst beau, excellent, magnifique; et plus vous rez les êtres qui vous entourent, plus vous serex ;s de cette vérité.
. Voilà donc comment furent créés les cieux et n î, et toute leur armée. Par ces derniers mots, il i-« itendre les êtres dont la formation eut lieu pens six jours, et qui, semblables k une armée, belle ibreuse , obéissaient à leur Créateur , comme la obéit à son chef. Les anges aussi sont appelés î des cieux ; et , bien que leur existence ait dû liérieure à celle de l'homme , il ne faut pas ouu'iis sont , de même que nous, des ci'éatures du ^uissant.
. Après le travail vient le repos ; mais le repos u n'est pas de l'oisiveté et il n'a pas pour cause itude. Lors donc qu'il nous est parlé du repos ieu se reposa , c'est pour montrer que son œuvre bien achevée quMl n'y eut plus rien à y ajouter. :e qui est venu après n'a été qu'un dévelopit , mais un développement produit lui-même
îiNÈSE LA CRÉATION.
H par la puissance de Dieu et sous sa direction souvo- 2T3 raine.
§ 47. Puis , Dieu bénit le septième jour , ce jour qui fut le premier dont F homme vit lever le soleil ; jour qu'il passa sûrement dans Tadoration de Dieu et dans la contemplation de ses œuvres. — Avant qu'Adam eût péché, toutes ses journées étaient saintes et bénies. Toutefois TEternel voulut qu'il y eût un jour particulièrement béni , un jour mis à part , ce que signifie le mot sanctifié. Or ce n'est pas pour lui-même que Dieu a béni et mis à part ce saint jour ; ce ne peut être que pour l'homme.
§ 48. Par la consécration de ce jour , Dieu introduisit dans le temps une division nouvelle et fort importante. Le soleil était là pour régler les jours, les saisons, les années; la lune conduisit par son renouvellement régulier à Tidée des mois; le jour du repos de Dieu vint à son tour marquer la sçmaine , division du temps à là fois si utile et si sainte. Plus tard , Dieu établit divers jours de fêtes pour le peuple d'Israël , comme nous le verrons; mais au commencenjent, il n'institua qu'une seule solennité et cette solennité revenait tous les sept jours. Quelle belle fête ne devait-ce pas être pour l' hom me tout plein de l'amour de Dieu ! Quelle fête aussi pour nous , à supposer que nous ayons dans notre âme le repos, ou la paix du Seigneur !
§ 49. En terminant l'étude de cette portion si grande de la Parole de Dieu, je veux vous faire remarquer les mots qui se lisent à la fin du verset 3 , chapitre II : « l'œuvre que Dieu avait créée pour être faite; » ou, plus littéralement, a l'œuvre que Dieu avait créée et faite. » Ceci confirme Tobscrvation que je vous ai présentée plus haut (§46,17), savoir que l'histoire contenue