‹ Études élémentaires et progressives de la parole de DieuChapitre 67 sur 229 · INÈSE ABRAHAM ET LOT · texte numérisé non relu

INÈSE ABRAHAM ET LOT

XIïl § 270. Lot n'était plus un enfant lorsqu'il partit avei 5~^ Abraham pour Canaan. Filsd'Haran, qui était peut-^ de beaucoup Talné d'Abraham , il pouvait facilemèil compter à cette époque une cinquantaine d'anoées A moins. Il avait sans doute hérité des biens de son pôfH son bétail s'était accru dès lors , ainsi que le nombre4J ses gens ; peut-être avait-il eu quelque part aux favei de Pharaon. 11 était donc aussi fort riche, mais^il fj;enre de richesses qui donne beaucoup d'embarral c'étaient essentiellement des troupeaux et des bergers é grand nombre. Pour qu'ils pussent subsister, il Caillait' Lot et à Abraham réunis de vastes et abondants pàtl rages; ce qui était plus difficile encore, il leur folli beaucoup d'eau , chose souvent fort rare sur les mon! gnes. D'ailleurs , les Cananéens et les Phérésiens étaitf dans le pays. Quoique ce ne fussent pas encore tribus fort considérables (ce qui explique comment ell toléraient ces étrangers) il n'y avait pas moyen ce] dant qu'Abraham ne leur laissât une bonne part territoire. De tout cela naquirent des querelles entre bergers d'Abraham et ceux de Lot, querelles d'aul plus fâcheuses que les Cananéens pouvaient en les témoins et en recevoir du scandale. 8,9 § 27 1 . Ce fut alors qu' Abraham put voir par son e: rience que les richesses ne sont pas toujours un ai grand avantage qu'on le croit; car il dut prendre résolution bien pénible pour son cœur, celle de se parer de Lot , son neveu et en quelque sorte son fil son seul ami intime dans cette terre étrangère. La nière dont la chose se passa est fort remarquable, ham eût pu , sans se rendre coupable d'aucun inviter amicalement son neveu à retourner dans le de leurs pères; il eût pu tout au moins choisir le lieud

AfiRAHÂM ET LOT. GENÈSI

Qlendait demeurer, car il était l'oncle , et surtout xni ait lui et non pas Lot que FEternel avait appelé en g"^ aan. Mais la conduite si débonnaire du patriarche 1 est que plus admirable. Il y montre beaucoup de ceur, de désintéressement, d'amour de la paix et ;èle pour l'honneur de Dieu, ce qui est le vrai caère de ses enfants. Il n'y avait point encore eu de nie entre Abraham et Lot, mais qui sait ce qui pouarriver? D'ailleurs qu'il y en eût entre leurs ber- I, c'était presque la même chose. L'enfant de Dieu, -seulement vit en paix avec tout le monde, mais )re il désire que ceux qui lui appartiennent aient lisposi tiens et ses habitudes paisibles. Tout cela était lant plus nécessaire que les liens d'une étroite paé unissaient Lot et Abraham ; ce que signifient ces j: « Nous sommes frères. »

272. Il y a une grande différence entre la con- 3 magnanime d'Abraham et ce qu'il avait fait en )te. C'est que sa foi; qui avait subi pour ainsi dire éclipse, était revenue brillante et ferme plus que is. S'il laisse à Lot le soin de choisir lui-même la on du pays qu'il habitera, c'est dans la pleine et confiance que l'Eternel dirigera toutes choses pour leux. Par cela même que le patriarche avait en vue loire du Seigneur, qu'il était mû par l'amour de ix et par un vrai désintéressement, il avait droit fet de compter sur l'Etemel. ^^ foi est le principe is excellentes dispositions, et avec de telles dispos!il a raison de se confier en Dieu.

Î73. Quand on ne juge les choses que par leur pre- lo-ia résultat, on risque de faire de grandes erreurs, if Abraham sortir d'Egypte avec de grandes richesan serait tenté de penser, mais bien à tort , que 43<

3ENÈSE RENOUVELLEMENT DE LA PROMESSE

XIII Dieu récompensa son incrédaiité; et à voir Lot prendre 10^3 P^"'' ^ P^^*" ^^ P^^^ ^^^® contrée de Canaan et ne laisser à son oncle que le pays des montagnes, on serait tenté de penser que Dieu traita bien mal la foi du patriarche ; mais, pour prononcer, attendons la fin. — Au moment où Abraham et Lot se séparèrent, ce qu'on appelle à présent la Mer Morte n'existait pas encore. C'était la plaine basse du Jourdain. Ce fleuve, après avoir coulé au fond d'une gorge. assez étroite, arrosait enfin une belle vallée, très-chaude et très-fertile, où l'on comptait déjà plusieurs villes en formation. Les deux principales étaient Sodome et Gomorrhe. Attiré par la magnificence de cette contrée, verdoyante comme on se représentait l'Eden d'autrefois, et que fécondaient les eaux du Jourdain comme celles du Nil enrichissaient l'Egypte , Lot se dirigea de ce côté-là , sans se laisser arrêter par la corruption bien connue des habitants. Nouvel exemple du danger que l'on court à écouter la convoitise des yeuï. Tout ce qui est beau n'est pas bon (§185), et la richesse n'est pas une garantie de bonheur. C'est ce que l'histoire de Lot» nous fera voir avec une grande évidence. 14-18 § 274. Quant à Abraham, demeuré dans ses montagnes, il obtint de l'Eternel ce qui vaut mieux que tous les biens du monde : la confirmation de ses promesses et par conséquent une éclatante approbation de sa conduite. Au moyen de la parole que l'Eternel lui adressa, Abraham put comprendre que tôt ou tard le pays de Canaan appartiendrait en entier à sa postérité ; qu'il lui appartiendrait jusqu'à la fin du monde; que cette postérité se composerait d'une multitude immense ; et quant à lui personnellement, qu'il achèverait paisiblement ses jours dans le pays de la promesse. Nous verrons plus tard comment celte quadruple prophétie s'est accom-

RENOUVELLEMENT DE LA PROMESSE. GÊNÉS

dans trois de ces traits au moins. Abraham a eu XI H nombreuse postérité ; une portion de sa postérité a j.^^^

Msédé pendant un certain temps tout le pays de Gain; lui-même y a vécu et il y est mort en paix, int à ce qui est dit que sa postérité le posséderait à mSj il semble que la Parole de Dieu ne se soit pas

lUisée ; mais si la postérité d^Abraham n'est que mo*

iB&tanément chassée de la Judée, si elle doit l'habiter nouveau et pour ne plus la quitter jusqu'à la fin du

londe, cette prophétie serait aussi vraie que les trois . Or, il me sera facile, plus tard, de vous moner que, d'après la Bible, la chose doit se passer ainsi. §275. En attendant, il fut bien doux pour Abraham

•mûr \e Seigneur lui parler de la sorte, au moment il venait de se séparer de son neveu. C'est ainsi que m bénit la fidélité de ses enfants. Lorsque , par sa , leur foi a remporté quelque victoire, on peut

npterque le Saint-Esprit renouvelle et fortifie en eux sentiment de leur adoption. Ce ne sont pas nos bons

iJDtiments qui nous donnent la foi ; c'est elle plutôt i est la source de tout bon sentiment dans Tàme ; lis plus nous marchons selon l'Esprit, plus aussi nous itons les promesses de Dieu vivre au dedans de nous notre foi s'afiêrmir.

§276. Comblé des faveurs de son Dieu, Abraham se

plus h l'intérieur du pays , vers Mamré ou Hé-

, et, selon ses coutumes pieuses, il éleva un autel

PEternel et lui rendit le culte de sa reconnaissance. ! qu'il devait se sentir plus heureux qu'à son retour

lEgypte î Dieu veuille donc nous enseigner à être , ime lui, débonnaires, désintéressés, pacifiques et r tout dire en un mot, pleins de foi.

ENÈSK UNE GliKRRE — MELCHfSÉDEC.

fXXIV* Une guerre. — Melehisédce.

XIV § 277. Une guerre î Eq des temps si reculés, lorsque 1-11 les intérêts des sociétés naissantes étaient encore si peu compliqués, et qu'il y avait, comme on dit, place pour tout le monde ! Hélas ! c'est que , de tout temps les passions ont agité le cœur humain, et qu'il y a toujours eu des gens qui ont préféré se procurer par la violence des avantages qu'on ne devrait rechercher que par le travail et l'industrie. Les hommes, à l'époque d'Abraham, environ 450 ans après le déluge, dispersés çà et là , depuis la confusion des langues , se groupèrent en petites tribus , semblables à celles des indigènes actuels du sud de l'Afrique ou du nord de l'Amérique, et chacune d'elles avait son chef ou son roi. Quelquesunes de ces tribus , venues du nord-est et appartenant à la race sémitique , notamment les Hélamites (ch. X , vers. 22 ) , avaient fait précédemment une excursion jusque dans la plaine basse du Jourdain et avaient contraint les Cananéens de celte riche contrée à leur payer un tribut. Pendant douze années il s'acquittèrent de celte charge ; mais passé ce terme , ils voulurent secouer le joug de leurs vainqueurs. De là une nouvelle invasion. L'ambition, la violence, l'injustice, voilà ce qui préside à toutes les guerres. Il n'est certes pas de chose au monde qui porte plus évidemment le cachet de Satan , de celui qui a été menteur et meurtrier dès l'origine.

§ 278. C'est aussi un terrible fléau que la guerre! H n'y a rien par quoi Dieu châtie plus sévèrement les peu-

UNE GUERRE. GENÈÎ

pies. Ce n'est pas seulement la mort qu'elle sème à xrv pleines mains, mais des misères de toutes sortes et particulièrement la perle de la liberté. Attaqués au milieu de leurs désordres et de leurs débauches, les Cananéens des villes de la plaine se virent entièrement battus. Les rois et une partie de leurs gens échappèrent à grand' peine ; mais leurs propriétés furenfpillées elles étrangers emmenèrent tous ceux de leurs gens dont ils parent s'emparer, afin d'en faire leurs esclaves. Dieu avait dit de Canaan : « 11 sera le serviteur des serviteurs de ses frères » (§233).

§ 279. Lot, qui n'avait probablement pris aucune part 12 au combat , et qui avait pu croire que ces hommes , enfants de Sem comme lui , se feraient un devoir de l'épargner, Lot subit les tristes lois de ces sortes de guerres , dont tout le but est le pillage. Il se vit entraîné de force, lai , ses gens et ses troupeaux , par les chefs victorieux. Il sut alors h quoi Ton s'expose en formant la société même la moins étroite avec les impies, lorsqu'on n'y est pas absolument contraint. Sans doute qu'on ne peut pas toujours choisir ses relations. 11 y a des liens de sang qu'on ne saurait rompre. Mais il est aussi des associations volontaires; et, quant à celles-ci, prenons garde avec qui nous les contractons. S'unir volontairement avec l'impie, l'incrédule, le mondain, le méchant, c'est s'exposer de galté de cœur à partager tôt ou tard les maux qu'il attire sur lui dans ce monde, sans parler de la contagion du péché qui se gagne si facilement. Que de femmes qui souffrent des désordres d'un mari avec lequel elles n'eussent jamais dû s'associer! Que de personnes, comme Lot, (]ui se sont laissé séduire par des avantages terrestres dans le choix d'une place, d'une association de commerce, d'une condition de domosti-

ENÈ6E Ui\E GUERRE.

XIV que, et qui n'en ont recueili, comme Lot, que toutes ~ sortes d'infortunes I

U, 14 § 280. Cependant TËternel eut pitié de Lot, et il est permis de supposer que , dans sa détresse , le neveu d'Abraham avait eu recours à Celui qu'on n'implore jamais en vain. Tandis que ces bandes victorieuses retournaient dans leurs pays, en marchant assez pesamment et sans beaucoup d'ordre, à raison du butin qu'elles avaient fait, un homme, échappé de la bataille, traverse la montagne derrière laquelle se trouvait Mamré et vient raconter à Abraham, descendant d'Heber, ce que des hommes de son sang avait fait aux habitants de la plaine , notamment à son neveu. Aussitôt le patriarche arme ses serviteurs au nombre de trois cent dix-huit, ce qui montre que la tribu dont il était le chef ne laissait pas d'être passablement considérable; et, ayant pour auxiliaires trois chefs cananéens de cette même contrée, il se met à la poursuite des rois.

§ 281 . Voilà donc Abraham, un enfant de Dieu, qui se dispose aussi à la guerre ; mais c'est comme défenseur des opprimés, c'est en libérateur qu'il va employer la force; ce n'est pas dans son propre intérêt, ni même, on peut bien le dire, par esprit de vengeance. Tout le moiftle sent que, pour Abraham, c'était une sainte cause et une sainte guerre, en admettant qu'il soit possible de placer ces mots les uns à côté des autres. Dans tous les cas^ nous voyons que si, par égoïsme, Abraham fut timide et lâche en Egypte, cette fois la x^harité lui donne deTénergie et du courage. Nous voyons de plus que s'il céda son droit avec tant de débonnaireté lorsqu'il se sépara de son neveu, ce n'était pas par faiblesse de caractère ; car il est des cas où l'homme le plus doux doit savoir être ferme. Or, c'est l'esprit de Dieu qui seul

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