‹ Études élémentaires et progressives de la parole de DieuChapitre 73 sur 229 · AGAR ET ISMAËL. GÊNÉ · texte numérisé non relu

AGAR ET ISMAËL. GÊNÉ

le commencement de leur existence comme peuple, tels XVI ils sont encore maintenant. C'est une des prophéties les ~~ plus remarquables de TÂncien Testament.

§ 308. Que la parole qui vint annoncer à la servante 13, h de Saral de si grandes choses ait été la parole même du Seigneur, c'est ce dont on* ne peut douter, puisqu'elle s'est accomplie d'une manière si parfaite; mais il y a plus que cela , il parait clairement que l'Ange qui parlait à Agar était TËternel lui-même. Nous en avons trois témoignages : celui de Moïse» qui dit . « Alors elle ap- » pela le nom de l'Eternel qui lui parlait»....; puis, le témoignage d'Agar, qui l'appelle a le Dieu fort de Vision , » ce qui signifie : ou le Dieu qui m'a vue, ou le Dieu qui s'est fait voir à moi ; enfin , le témoignage des hommes de ce temps-là, qui nommèrent le puits où s'était arrêtée Agar : « le puits du Vivant qui voit. »

§ 309. Si la Bible ne nous dit pas quelles impressions 15, 1 cette grande scène produisit sur Agar, nous pouvons sans trop de peine les imaginer. Tout ce que nous voyons , c'est qu'elle retourna en arrière, parti sur lequel il n'y a jamais à hésiter lorsqu'on a quitté le bon chemin. Comme le Seigneur le lui avait dit, elle eut un fils qu'Abraham appela Ismaël. Le patriarche avait alors 86 ans. Ce devait être Tan 1911 avant Jésus-Christ. 11 y aurait donc plus de 3750 ans que naquit le père des tribus arabes, dont une faible partie, dans ce siècle même et au moment où j'écris ces lignes , disputent aux armées françaises le littoral de l'Afrique !

NèSE NOUVELLES RÉVÉLATIONS.

XSLVll. Nouvelles révélations de IMeii A Abraiiaiii.— La Clreoneiâilon. — Isaae promis par deux fois.

CVII § 31 0. Treize années s'écoulèrent depuis la naissance 1, 2 d'IsmaL*! sans qu'Abraham reçut aucune nouvelle révélation du Seigneur , si du moins nous pouvons Tinférer du silence de la Bible. Toutes choses , sans doute , se passaient paisiblement dans les tentes du patriarche. Ismacîl grandissi)it , et son père se plaisait à voir dans ce jeune garçon l'héritier de ses biens et surtout celui de la promesse. Mais , après ces treize années , durant lesquelles Tàme d'Abraham ne dut pas être parfaitement heureuse , par cela même que le Seigneur semblait avoir interrompu ses communications, il fut favorisé d'une vision qui vint rafifralchir le souvenir qu'il avait gardé de la précédente (§ 288 etsuiv.), comme de celle qu'Agar avait pu lui raconter. L'Eternel lui apparut, et, après avoir proclamé son nom : le Dieu Fort, Tout -Puissant , il exhorte Abraham à marcher devant sa face ainsi qu'Hénoc, à être intègre et droit comme Noë; puis il lui donne à entendre qu'il est venu pour contracter solennellement alliance avec lui. Les bases en avaient été posées par le Seigneur longtemps auparavant, savoir à l'époque même où il appela Abraham. On peut bien dire qu'il y avait eu dès lors une alliance entre Dieu et lui ; mais voici le moment précis où elle fut ratifiée.

§311. Abraham, plein d'une vénération profonde pour son Dieu, et tout ému dans l'attente de ce qu'il allait ouïr, se prosterna le visage contre terre; nous de même, c'est avec une sérieuse attention que nous devons écouter ce qui fut dit au père des croyants.

LÀ CIRCONCISION. CENÈSl

§ 312. Conformément aux premières paroles que le XVII Seigneur avait jadis adressées à Abraham , ralliance 3"!^ définitive qu'il traita avec le patriarche fut toute fondée sur des promesses. S'il commença par des exhortations, c'est qu'en effet celui qui veut absolument vivre dans le péché n'a rien de bon à attendre de Dieu , mais après tout, nul ne peut subsister devant lui que par sa grâce.

§ 343. Les promesses de Dieu sont au fond toujours 4-6 les mêmes , nous le voyons bien ici. Mais il y a pourtant dans cette nouvelle proclamation qu'en fait le Seigneur, quelques traits particuliers sur lesquels je dois fixer votre pensée. — Jusqu'ici, Dieu s'était borné à dire qu'Abraham aurait une nombreuse postérité ; maintenant , il lui déclare que de lui sortirait un grand nombre de nations , qu'il deviendrait des nations , c'est-àdire que des peuples mêmes qui ne descendraient pas de lui deviendraient un avec lui par la foi , enfin que des rois se glorifieraient de l'avoir pour père. Dans le but de rattacher cette prophétie à un signe permanent , l'Eternel changea le nom du patriarche. Il s'était appelé jusqu'à ce moment AbhaM, ce qui voulait dire Père illustre; Dieu lui impose le nom de ABRAHAM, qui signifie Père d'une grande multitude,

§ 34 4. L'alliance de Dieu avec Abraham est une 7 alliance éternelle. Il avait déclaré par Noë qu'il serait le .Dieu de Sem (§ S33); ici nous voyons quelle est la 'branche des descendants de Sem qui devait hériter de cette promesse. Puis , quand Dieu dit à Abraham qu'il serait éternellemeat son Dieu et celui de sa postérité, il faut nécessairement entendre cela de la postérité spirituelle d'Abnaham , savoir de tous ceux qui, ayant hérité (le sa foi , ont aussi , par le fait , le même Dieu que lui.

§ 31 5. Tout comme il y eut un signe de l'alliance de io-l4

;ENÈ8B la GlRCO.NaSlON.

XVII Dieu avec Noë, il devait y en avoir un de son allû

10^4 ^^^^ Abraham. Mais comme la promesse pa faite à Noë s^adressait à tout le genre humain , l6 qui servit de sceau à la promesse, fut un signe exi très-iipparent et en quelque sorte universel. Il ne vait en être de même pour Abraham et les siens. U lait un signe personnel, connu, pour ainsi dire,* Dieu seul et de celui qui le portait. En conséqi Dieu institua la cérémonie religieuse de la circon< cérémonie que les Juifs pratiquent encore ; aveo lesMahométan3, qui la tiennent des Arabes, etb coup d'autres peuples par simple imitation.

§ 31 6. Ordonnée de Dieu , cette cérémonie était faitement sainte ; car ce retranchement du prépuce destiné à rappeler que ce qui est né de la chair est ou autrement que T héritage naturel qui nous est mis par nos pères, c'est le péché , non la grâce et^ foi ; en sorte qu'Abraham , lui-même pécheur , n' drerait que des pécheurs. Puis, cette cérémonie trait qu'il faut que le péché originel soit retranché, pi qu'on puisse devenir héritier de la promesse ; et la circoncision vint après la promesse, après qu'Ai ham y eut cru , après qu'il eut été déclaré juste deH Dieu par sa foi , nous voyons que ce n'était pas ment la circoncision qui rendait enfant de Dieu, qu'elle était simplement le signe et le sceau de la fication qui s'obtient par la foi (Rom. IV, 44) est facile de remarquer que tout cela peut se dire lement du baptême ; aussi l'envisage-t-on général comme la cérémonie qui a remplacé celle de la cision.^

§ 347. Il est à remarquer qu'Abraham dut cirooM tous les gens de sa maison, et non pas seulement!

ISAAC PROMIS. GENKS

[ui était , je pense , une manière de montrer XVII mt ce que je disais tout à Theure (§ 31 4), c'est 1^14 nt de vue religieux Abraham n'est pas le père, seulement de ceux qui sont sortis de lui. Dès lonc, l'alliance faite avec Abraham comprit des appartenant à diverses branches de la famille

Après cela , rEternel annonça à Abraham que 15-21 tonnerait un fils, et le verset 16 exprime que par elle, ou autrement par le fils dont elle i\vmère, que s'accompliraient les promesses. A cette parole , le premier mouvement du paut de se prosterner la face contre terre ; puis , une tentation d'incrédulité, il lui vint sur les rire moqueur et défiant que Satan entretient i qu'il veut perdre , et auquel même un enfant •eut céder par intervalle s'il n'y prend garde. 'Abraham élevait réellement des doutes sur la ssance de Dieu? Nous ne saurions le penser, mait tendrement Ismaël. Il eût voulu en faire er. Il le demanda même à l'Eternel; et c'e^t is , ses affections naturelles se plaçant entre lui peur , il hésita un moment dans sa foi , parce r un moment du moins , il voulut autre chose le Dieu voulait.

Cependant , le Seigneur, dans sa miséricorde, )Se pas son serviteur à cause des infirmités de L'assure qu'Ismaël aurait aussi sa part des bés ; mais il lui déclare de nouveau que l'héritier ;nt dit de toutes les promesses , serait le fils qui it de Saral l'année suivante et il lui donne le nom d'Isaac. — Quant à Sara, nom que imposa à la mère des croyants, il veut dire loi J

EN^H ISâAC promis.

XV*I § 320. Lorsque Celui qui veoait de pariera 15-31 ^^^ remonté au Ciel , le patriarche s*empres8a d'ex( son commandement au sujet de la circoncision, avait alors treize ans; de là vient que, de nosy les Arabes circoncisent leurs fils à cet âge. ^

XVIII § 324 . Peu de temps après, Abraham étant aasarl i~3 vant sa tente dans la plaine de Mamré, il eut unedÉ velle révélation de l'Etemel. Celle-ci est , à bèanoÉ d'égards , une des plus remarquables. Elle nous attjf non-seulement que le Seigneur s'est fait voir à Abnldl mais encore qu'il s'est montré à lui en figure d'hoai^l Ainsi , ce n'est pas seulement quand le Seigneur nrf (le la Yiei^e Marie qu'il est venu sur la terre, mais 4 dans les anciens temps ; et , d'après ce qui est m St.-Jean , chap. I , vers. 48 : « Personne ne vit jail Dieu , son Fils unique est celui qui nous l'a fait coud tre , 9 nous sommes sûrs que c'est lui , la Parole él nelle du Père , qui s'est manifesté à Abraham dansée occasion, comme dans les précédentes (§§ 340, 31 288, 259 , probablement aussi 284).

§ 322. Trois hommes se présentèrent devant AU ham , mais ce fut à l'un d'eux qu'il rendit particaUll ment honneur (vers. 3). Les deux autres sont appé des anges (Chap. XIX, 4 ); mais Lui, il est appelé exfA sèment l'Eternel (XVIU, vers. 4, 43, 47, 20, 26, 31 Abraham l'invoque comme le Seigneur (vers. 27, M et enfin cet Homme-Dieu parle en des termes qui ap|il tiennent à Dieu seul (vers. 26, 28, 29, 30, 34, 38),il il n'y a que Dieu qui puisse pardonner les péchés. * % 323. Quant à Abraham, qui reconnut très-U Celui qui venait à lui avec tant de condescendance j le reçut de la même manière que Lazarre et ses sctfi Simon le lépreux , et tant d'autres, reçurent le Seigtf

ISÂAC PROMIS. GENÈTè

dans leurs maisons, lorsque, plusieurs siècles après, il XVlii viot sur la terre dans la personne et sous le nom de jl^ Jésus, le Christ. Il l'accueillit comme nous devons Taccueillir nous-mêmes, car il demande à habiter dans nos cœurs, et, spirituellement, dans nos demeures. — On s'étonne, au premier. abord, de la quantité de nourriture qu'Abraham fit apprêter pour ses hôtes ; mais il faut se rappeler les nombreux domestiques qu'il avait à sa table.

§334. Un des buts que le Seigneur se proposaiten se 914 manifestant de rechef à Abraham, c'était de lui répéter la promesse relative à Isaac et de le faire devant Sara. Celle-ci, selon l'usage i^es femmes dans l'Orient, ne s'était pas montrée ; mais de l'intérieur de sa tente elle pouvait ouKr tout ce qui se disait , et elle l'écoutait en effet. Quand elle entendit que, l'année suivante, elle aurait un fils, elle éprouva le même sentiment d'incrédulité qui avait traversé le cœur d'Abraham^ la première fois que cette merveille lui avait été annoncée. Mais, chez Sara ce ne fut pas comme cl^ez Abraham, une affection légitime en soi qui l'empêchait de croire ; son incrédulité fut plus réelle et plus coupable : elle se défia décidément du pouvoir de Dieu. Tout cela se passa dans rintérieurde son. âme. Elle ne dit rien de ce qu'elle éprouvait, car elle rit en elle-même ; et de plus, elle n'était vue de personne. Aussi quel ne dut pas être son étonnement, lorsqu'elle entendit la voix de Celui qui parlait dehors, dire à Abraham : « Pourquoi Sara a-te]le ri? Pourquoi a-elle douté ? Y a-t-il quelque chose de caché et d'impossible à l'Eternel ? » Sara eut donc lieu de se convaincre que celui qui parlait à Abraham connaît toutes choses ; et celui qui connaît toutes choses, peut toutes choses aussi. Mais elle no se donna pas le

;knèse destruction de sodome.

XViii temps de faire ces réflexions^ La peur fut, sur l'heure, 9T4 ^" unique senliment, et elle n'eut rien de pins pressé que de nier d'avoir ri. Il paraîtrait que, dans son émotion, elle s'écria à haute voix : « Je n'ai point ri, d ajoutant, comme Adam , le mensonge à son péché. Ausn s*attira-t-elle de la part du Seigneur cette parole sévère « Cela n'est pas. »

§ 325. Nous aurions tort cependant de voir en Sara une femme impie qui se moquait habituellement de h Parole divine. Hélas ! il lui arriva comme à tous ceux qui dans les choses du Seigneur, regardent à l'homme plutôt qu'à Dieu. La Bible nous parle de la foi de Sara (Héb. XI, 41); elle ne fiit donc 'pas une incrédule ; mais il y eut en elle une incrédulité momentanée très-répréhensible; une incrédulité dont elle eut honte, bien que ce n'ait pas été de la bonne manière. Comme on voit clairement ici que le doute vient de Satan ; car, qu'estil au fond , si ce n'est un démenti qu'on donne à Diea^ et un acheminement à toutes sortes d'erreurs et de mensonges? Si bien que l'enfant de Dieu lui-même, quand il lui arrive de manquer de foi, tombe dans des feutes aussi graves que celles des mondains les plus irréligieux.

]ILXWIII. Destractioii de Sodome.

10-23 § 326. a Le secret de l'Eternel est pour ceux qui le craignent. » Lorsque les hôtes d'Abraham le quittèrent, ils dirigèrent leurs pas du côté de Sodome, et, comme Abraham les accompagnait, il demeura seul avec le Seigneur, tandis que les deux autres se rendaient à leur destination. Alors le Seigneur jugea bon de révéler au

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