XXX. Le Merlflee d'Abmhaw
33-34 g 351 . Avant d^étudier Timportant sujet qui se || sente maintenant à nous, il y a quelques mots à dim^j
33 ralliance qu'Abraham traita avec Abimélee. D'abq| ce dut être quelque chose de bien poignant poo^ patriarche de s'entendre reprocher indirectement;]^ mensonge. Quoi de plus humiliant en effet poarJ enfant de Dieu, que de s'attirer la juste. censan»^ mondains! Rien d'ailleurs ne s^oppose autant à la ol version des âmes. Cependant, il se rencontre toim quelques personnes, comme Abimélee, qui savent] cerner dans les fidèles ce qui est de l'homme et C0i|
23 est de Dieu. Le roi de Guérar n'avait pu méconod que l'Eternel était avec Abraham. C'est ce qui \fi^ désirer de posséder son amitié , et peut-être a^ appris du patriarche à connaître Dieu et à croire parole. Quant au nom de Beerséba , qui fut donné localité où Abraham et Abimélee se jurèrent alliance, il signifie le puits du serment. Là fut plus une ville qui se trouvait à l'extrême frontière mét% nale du pays de Canaan. C'était aussi là qu'Agar i eu, en dernier lieu, une révélation du Seigneur (§ 3 XXII § 352. Après ces choses, et assez longtemps ap
1 à ce qu'il parait , l'Eternel se manifesta de redk Abraham. Il l'avait appelé jadis à quitter le pays dl pères pour venir en Canaan, il va lui demander ml tenant un plus grand sacrifice. Abraham entend. voix bien connue qui prononce son nom, et, sans n|
LB SACRIFICE D'ABRAHAM. QHîiÈS
ce que le Seigneur lui veut : il répond « me ^^'1 Me voici , ô Dieu , pour faire ta volonté. Où i I que j'aille? Que veux-tu que je fasse? Je suis tout , moyennant ta grâce ; tel doit être le lanu fidèle. C'était une épreuve, et une grande e que l'Eternel destinait à son serviteur. Lorsque >us envoie des afflictions ; ou qu'il nous ordonne 3ses difficiles, on dit qu'il nous éprouve. Cela que, dans l'intérêt même de notre foi et de »iété , comme aussi pour sa gloire , il veut exercer béissance. Mais , donner à notre obéissance Tocie s'exercer, c'est aussi nous exposer à désobéir ; i pourquoi le même mot qui veut dire éprouver, aussi tenter. Ainsi Dieu éprouva , ou tenta m. Ce qui ne doit pas s'entendre comme si Dieu îité son serviteur à la révolte; au contraire, il à l'obéissance ; mais il le place dans une position )i pouvait être aisément ébranlée.
3. Le ^igneur ne dissimule point à Abraham la 3 iir du sacrifice qu'il exige de lui. Il s'agit de 3 lui-même , et tout de suite , son propre fils , son enu unique par le départ d'Ismaël , son fils tenit aimé , son Isaac, c'est-à-dire toute sa joie, pour t lui ce que Dieu seul , le souverain Créateur des jt de. la terre, avait bien le droit d'ordonner, s que jamais cœur paternel ne saurait regarder possible. C'est-à-dire qu'il s'agissait pour Abramontrer qu'il aimait Dieu plus que toutes choses ide , plus que ses propres dons , plus qu'un être quel Abraham se serait assurément immolé vos'il l'eût fallu. Je ne pense pas que, dans aucun Dieu ait demandé à quelq^i'un de ses serviteurs plus grand de renoncement.
XtSB LE SACRIFICB D*A£RÀBAlf.
[XII g 354. Et co qui rendait i'épreuve particalSèreidill
^ grave, c'est que Dieu semblait se mettre en contradici
avec lui-mémc ; \h était essentiellement la tedtatiott^
désobéir. Eh ! quoi , pouvait dire à Abrabaiâ celtai i|
pousse au péché , eh ! quoi , rEtemel t'a dit qu'en Mj
serait ta postérité et maintenant il te le redetnandel]
dois>tu pns , en lui désobéissant, lui montrer la fol 4
tu as dans sa promesse? N'esUce pas là peutrètre œ^^
attend de toi? Mais non ; jamais, et sous aucun prétfl|
Tcnfant de Dieu ne désobéit volontairement à sonN
céleste. Un commandement positif va avant tout e( il
cide tout. Pour ne prendre qu'un exemple : DieupToi
aux siens do les garder, en sorto que personne fié'
ravira de sa main. En conclurons-nous que nous n*aV<
pas besoin d'être attentifs sur nous-mêmes ; que 6e sel
faire injure à Dieu , comme si sa vigilance ne SOfi
pas? Non , Dieu a dit : Veillez et pries , et nous n'éU
torons aucune voix qui nous dira le contraire.
3 § 355. Abraham donc obéit aveuglément » et é
ainsi que nous devons obéir , non paâ à l'homnle , ma
Dieu. 11 obéit avec empressement; il évite tout ce
pourrait mettre obstacle à son dessein. Taisant pro
blement à Sara ce qu'il était inuyie et peut-élre dal
reux de lui révéler ; ne prenant avec lui que deux
ses servii€iurs et un àne avec quelque pôu de bois
propre à s'enflammer promptement ; évitant ainsi I
ce qui pouvait éveiller les soupçons , ou seulement
questions, il se met en chemin , marchant à piedi^l
Isaac son fils.
1 § 356. Abraham habitait encore dans le midi, k B
sébah (vers. 4 9); le pays de Morija se trouvait à une
taine distance. Ce fut là qu'exista plus tard la ville H
. et royale de Jérusalem, et le temple de Sâlomon; pa]
LE SACRlFiCB D'ABRAHAM. GBNl
itagnes et de collines célèbres, depuis le mont de XXI jusqu'à la montagne des Oliviers et au Calvaire. "^ jours pleins furent employés à ce douloureux lyage ; et mille fois , durant ce temps , le cœur du rche put être assiégé de mille doutes. Il aimait Irement ceux qui lui appartenaient ; nous Tavons vu foccasion de Lot, d^Eliéser, d'Ismaël. Quelle épreuve mgée que la sienne , et quelle grâce de Dieu ne lui il-il pas pour demeurer ferme dans le dessein qu'il it formé d'obéir au Seigneur , coûte que coûte! Celant, représentez-vous Témotion que ce saint homme va lorsque, au troisième jour, il vit de loin le lieu devait se consommer le sacrifice !
§357. Pour ne pas avoir à lutter en môme temps ù les sollicitations de son cœur et contre celles que ient lui faire ceux qui raccompagnaient, il les au pied de la montagne , en leur disant qu'après ivoir rendu leur culte à l'Eternel , lui et son fils, ils retiendraient l'un et Tautre auprès d'eux. Est-ce donc l'Abraham avait une telle habitude des détours, pour pas dire du mensonge , que , dans cette occasion soloelle , il se laisse aller encore une fois à déguiser la irité? Je ne saurais d'aucune manière le supposer. mais celte parole d'Abraham nous dévoile la penqui Tavait soutenu jusque-là. Il espère, contre espétace, que son fils lui sera rendu. Il va pour l'immoler ; Pimmolera ; mais, plein de confiance en l'Eternel , et iDS pouvoir pénétrer comment la chose doit se passer, attend de quelque manière une délivrance. Assurét ce n'est pas un vain jeu que sa conduite. Il est usement tésolu à faire tout ce qui lui a été dit; ceidanl sa foi et sa confiaDce demeurent entières, maltoul ce qui semblerait devoir les ébranler. Ce sont 477 V