KNBSE FUITE DE JACOB
XXVII trier, il voulait la mort de son frère et il attendait avec ~" impatience celle de son père!
XXXIY. Faite de Jtteob.
42-45 § 428. Quelle douleur ne dut pas éprouver Rebecca en découvrant la haine qu'Ësatt entretenait contre Jacob! Quelle amertume surtout de penser qu'elle avait elle-même contribué à la faire naître , et combien de tristes réflexions durent s'élever dans son cœur lorsqu'elle se vit comme contrainte d'éloigner d'elle, et pour un temps dont elle ne pouvait prévoir la durée , le fils qu'elle aimait si tendrement! C'est ainsi que, bien souvent , nous sommes punis par où nous avons péché ; ce sont les punitions , en général , les plus salutaires , par cela même qu'elles nous rappellent le plus vivement nos fautes.
42 . § 429. Ësatt se consolait en pensant que, tôt ou tard, il tuerait son frère! Il n'est que trop ordinaire, en effet, de voir les pécheurs s'efforcer d'oublier leurs crimes en s'abandonnant toujours plus au mal. On ne saurait nier qu'il n'y ait une certaine jouissance à satisfaire sa passj^n et à la nourrir ; mais les consolations que le Saint- Esprit met dans le cœur des chrétiens, sont bien différentes de l'étourdissement où se jettent les pécheurs non-convertis : il est à peine nécessaire de le dire.
46 § 430. Est-ce que Rebecca trompe encore une fois son mari en ne lui disant pas le vrai motif pour lequel elle désirait le départ de Jacob ; ou bien ne doit-on voir dans sa conduite qu'un ménagement de charité envers un vieillard qu'elle ne veut pas alHiger inutilement? Il n'était guère possible qu'Isaac ne se fût pas aperçu de la
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jalousie d'Esatt ; c*est peut-être à cause de cela que Re- XXV becca juge d'autant moins nécessaire de lui en parler. ^ D'ailleurs, la crainte qu'elle avait de voir Jacob épouser une Cananéenne , était très-réelle ; en sorte qu'il me paraîtrait injuste de l'accuser ici de mensonge. « Il y a , » nous dit l'Ecriture , a un temps de se taire et un temps » de parler. »
§ 431 . Isaac fit donc venir auprès de lui son fils Ja- XXVI cob. En lui défendant d'épouser une Cananéenne , il lui ^'^ ordonna de se rendre à Paddan-Aram , auprès de Laban , frère de Rebecca , afin dé prendre pour femme une de ses filles. Puis il le bénit au nom du Dieu fort , tout- puissant, lui annonçant de sa part, on le voit bien , qu'il ne manquerait pas de revenir en Canaan , et de plus, qu'il sortirait de lui une assemblée de périples. Cela signifie que , tandis qu'Abraham avait été le père de plusieurs peuples très-distincts , les Ismaélites , les Madianites entre autres , et par Isaac les Israélites et les Iduméens , lui , Jacob , serait le père de plusieurs tribus qui ne formeraient qu'un seul peuple , une confédération ou une assemblée de peuples , comme dit Isaac.
§ 432. Quand EsaU vit et entendit cela , il conçut la 6-9 pensée , pour réparer la faute qu'il avait commise en épousant des Héthiennes, de prendre encore une femme, mais dans sa parenté , et c'est ainsi qu'il épousa une fille d'Ismaël. Quand on ne consulte que soi, et non pas le Seigneur, souvent on ressemble à un homme qui , vx)yant qu'il s'est trompé de route , se hâte d'en sortir, mais pour se précipiter dans un autre chemin tout aussi mauvais. Au tort dont Ësatt s'était rendu coupable en épousant deux Cananéennes , il ajouta donc celui d'avoir* une troisième femme.
§ 433. Cependant, Jacob étant parti de Réersébah , 10 J
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yui marchait du côté de Caran , cette ville de la Hésopo- ^11 tainie où son aleal Abraham avait autrefois séjourné (§ 248) ; de là il devait aller à Paddan-Aram chez son oncle Laban. Un soir qu^il se trouvait , après le soleil couché , près d'un établissement de Cananéens , nommé Luz (vers. 19} , il se disposa à passer la nuit en plein air, comme cela lui était souvent arrivé tout en gardant les troupeaux de son père. Il était parti seul y paraft-il, avec son bâton de pèlerin à la m§iin et quelques Itères provisions de voyage. Comme un homme destitué de tout, le voilà donc qui va dormir à la belle étoile, n'ayant qu'une pierre pour reposer sa tète! Encore quelques heures de marche et il passera le Jourdain, frontière naturelle du pays de la promesse ? Est-ce donc que le Seigneur l'aurait abandonné? Reverra-t-îl une fois son père , comme celui-ci a paru Fespérer? N'est-ce point pour toujours au contraire qu'il va dire adieu an pays de Canaan? Tels furent peut-être les objets qui avaient occupé ses dernières pensées , lorsque , s' étant endormi , il eut en songe une des plus belles visions dont l'Ecriture nous ait conservé le souvenir. 12, 13 § 434. Jacob vit une échelle , ou pour mieux dire un escalier, semblable apparemment à celui d'un palais ou d'un temple; cet escalier, appuyé sur la terre^ s'élevait jusqu'au-dessus des nues. Tout au haut se tenait l'Eternel , Celui qui était apparu à Abraham ; des anges montaient de la terre au ciel , et descendaient du ciel à la terre. Belle image des relations que la grâce de Dieu établit entre elle et les élus ! Les anges qui montent représentent la foi et les prières des enfants de Dieu; ceux qui descendent sont les bénédictions que le Seigneur répand sur les fidèles. Mais , soit les anges qui montent , soit ceux qui descendent , tous sont de Dieu ,