‹ Études élémentaires et progressives de la parole de DieuChapitre 98 sur 229 · GISNÉSE JACOB QUITTE LABAN · texte numérisé non relu

GISNÉSE JACOB QUITTE LABAN

XXXI termes assez touchants : « Pourrais-je oublier qoeLéljl 41^3 Rachel sont mes filles ; que leurs fils sont mes enfants, et comment leur ferais-je du mal? Ainsi cillons-nous; mangeons encore une fois du même séparons-nous en amis, et que notre amitié soit durable que le monument qui va être témoin de réconciliation. » Tout se passa de la sorte. Chacun^ donna à ce monument un nom analogue à la stance. Puis Laban tint à Jacob un discours qui qu'il se passait dans son âme quelque chose de Il implora la bénédiction de TEternel sur son sur sa propre personne; il recommanda viv< Jacob ses deux filles, et, comme s'il se fût re] ravoir induit à la polygamie; il le supplia de prendre de nouvelles femmes. 53-55 § 470. tCette scène fut solennelle, car elle se ^ par un serment que Laban et Jacob se prêtèrent V l'autre. Laban jura par les dieux d'Abraham et de N Jacob par la frayeur de son père Isaac, c'est-à-dîri le Dieu dans la crainte duquel Isaac vivait; puis il un sacrifice, ce que Laban n'avait point fait, et ib [ gèrent du pain ensemble (les repas ordinaires sont, ^ l'Orient, d'une grande frugalité) ; ils prirent do» second repas en famille , avant de se séparer , et ainsi que Jacob quitta son beau-père. Nous ne 9 pas ce que devint Laban, la Bible ne nous disant rien sur son compte ; dans tous les cas, Jacob renq sûrement un doux souvenir de cette journée de paix Dieu lui avait ménagée. Ah! nous ne devrions nous éloigner de nos amis et de nos parents, avoir offert avec eux le sacrifice de la prière, car sait s'il re verra demain ceux qu'il quitte aujouri

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MÀUÂNAJIM. GENÈSE

l"- nXVU. Wlaham^im. ^ I^ntto de Jacob.

1 474. Jacob , poursuivant son <;hemin , arriva dans IXXII Iroit des montagnes de Gralaad. Il y fut favorisé !• * visipQ sur laquelle récrivain sacré ne nous donne irs aucun détail. Ce furent des Anges de Dieu, qu'il parait en grand nombre, qui se présentèrent it le patriarche, pour lui rappeler , par leur seule , sa vision de Béthel, vingt ans auparavant, et bromesses qui lui avaient été faites alors, promesses Anne en particulier s'accomplissait à cet instant même û XXVni; vers. 15). Jacob appela ce lieuMahanajim, les Deux Camps ; par où il entendait le camp de temelet le sien.

I i7â. Malgré la longueur du temps qui s'était écoulé ^-^ RUS sa faite précipitée loin du pays de Canaan, Jacob fait pu oublier que c'était la haine de son frère qui lavait chassé et qu'il n'était pas complètement innoï de cette haine. Quand on revoit les lieux où l'on unit jadis quelque péché , on se trouve en présence sa bute comme au premier jour , et c'est bien une ave que le temps ne saurait effacer le crime. Jacob, s s'arrêter à examiner qui, de lui ou de son frère, ât les plus grands torts, envoya des messagers à EsaU, i d'apaiser sa colère par de bons procédés. Le disrs qu'il dicte à ses gens est, sous plus d'un rapport, i remarquable. Sans rappeler à Esatt leurs fautes réroques, il répare les siennes autant que possible, en uniliant devant celui qu'il appelle son Seigneur, De qu'il était son aîné selon l'odre de la nature, 1 que la grâce de Dieu eût assigné à Jilcob la béné-

EMËSE BIÀHÀNAJIM.

XXXII dilion paternelle. Il lui fait donc rendre compte de 1 J3^ ce qui le concerne et il se recommande à lui comini son supérieur. Ainsi, point de récriminations et grande humilité ; voilà ce que nous devons faire loi nous voulons regagner Tafifection de quelqu'un. 6-8 § 473. Mais quel ne fut pas l-étonnement de Jaof lorsque ses messagers lui vinrent dire qu'Esati s'appi chait avec une troupe nombreuse et, selon toutes' apparences, dans des intentions hostiles. Ce futplosi de Tétonnement. Il entra dans une véritable détrei et, comme il arrive souvent alors, il imagina pour salut un moyen extrême qui ne fauraît probablen pas aussi bien servi qu'il l'espérait. Par le massacre la moitié des gens de Jacob, Ësatt se serait plutdtes à verser encore plus de sang; d'ailleurs, c'était à cob lui-même qu'il en voulait. Sa haine ne pouvait satisfaite que par la mort de son frère. 9-12 § 474. Jacûb sentit lui-même l'insuffisance de précautions. Et encore, eussent-elles été mieux dues, il n'était pas assez étranger à la piété pour se ser du secours de l'Eternel en ce danger extrême, mit donc à lui adresser une humble et fervente dont l'étude est pleine d'instruction. Jacob y montre grande confiance en Dieu. Il répand librement son devant lui , ce qui est le caractère essentiel de la oraison. Sa confiance se montre dans les noms qu'il donne au Seigneur. En l'appelant le Dieu d'ham et le Dieu d'Isaac, il se fortifie par le souvenir ( grâces dont l'Eternel avait comblé ses pères; ed ajoutant le nom de Jéhovah, l'Etemel, il y Joint la p sée que Dieu est toujours le même et qu'il ne lais^ point son œuvre inachevée. Jacob s'appuie d'ailleurs; deux colonnes qui ne peuvent s'ébranler : le'corom

MAHÂNUIM. GENÈSE

A de Dieu et sa promesse. Le Seigneur lui avait XXXII

de retourner au pays de Canaan , et lui avait "" de le bénir ; c'en était assez pour légitimer la ice du patriarche.

475. Voyez après cela Thamilité de Jacob, humi- 10, il qui s'accroît par le souvenir des grâces même de 1. Ce n'est pas sa faiblesse seule que Jacob sent si lement , c'est peut-être encore davantage son péché.

et la fidélité de Dieu le touchent d'autant plus ses malheurs eurent pour première cause son égoîset ses tromperies. Mais ce qui l'humilie , c'est aussi pii l'encourage. Il sait à quel Dieu plein de grâce il lire , et le voilà qui lui expose avec une naïveté itine sa profonde détresse. Ah î de môme que Ja- I, il iaut nous présenter à Dieu tels que nous sommes ; toutes nos craintes et toutes nos perplexités. Jacob peur, n craint pour lui, pour ses femmes, pour ses ints. n sent qu'il a mérité le châtiment de Dieu, et là Dieu qu'il a son recours.

476. La vue de sa misère ne saurait détruire en lui 12 B espérance , parce qu'il se fonde sur les promes-

|la Seigneur. 11 revient là-dessus, et ce n'est pas une redite ; car c'est là ce qui fait toute sa force. Apde Jacob, mes bien-aimés lecteurs, quelle est rraie ressource dans les détresses de l'âme. Ayons rolonté de Dieu devant les yeux pour la faire ; huons-nous en sa sainte présence dans la contemplation nos péchés et de ses grâces ; exposons-lui simplenôtre requête , rappelons-lui ses promesses, n'ou- \ pas, enfin , que , s'il fut le père d'Abraham et il est aussi le père de noire Seigneur Jésusistj et que par la foi nous sommes un avec ce Jésus, îis Etemel du Père.

GElftSB MAHANAJIM.

iXill § 477. Nous avons encore quelque chose à ap| IS^l ^® Jacob. SMl est des gens qui ont le tort grave ser à se sauver par leur propre activité, il ne se moins contraire à la Parole de Dieu d'imagioei prière seule puisse nous délivrer. Dans un sens, il que prier avec foi est tout ce qu'il faut. Mais, prions avec foi, le Saint-Esprit nous est donné une conséquence et une preuve du pardon de cbés ; il produit en nous des sentiments qui ne n seront pas oisifs, ni stériles dans la connais» Dieu. A peine Jacob se fut-il relevé de sa prièn Seigneur lui inspira une pensée bien meilleure c qui lui était venue avant de prier. Pour apa frère, il va lui offrir les plus magnifiques prés soient en son pouvoir. Ne dites pas : Jacob av peu de foi, puisque après avoir invoqué TEterne tend pas de Dieu seul sa délivrance. Dites plulô suivit les conseils de la sagesse et de la charité, ainsi que le Seigneur commença d*exaucer sa ou, pour exprimer cette doctrine d'une manièi raie : se confier en TEternel est la suprême pr car TEtemel enseigne les voies de la prudence qui se confient en lui, c'est-à-dire que la prièn tion ne s'excluent pas l'une l'autre.

22, 23 § 478. Le torrent de Jabbok, que Jacob trave nuit même, descend des monts deGalaad, et, de l'est à l'ouest, se jette dans le Jourdain. Jacol prêchait ainsi du séjour de ses pères; bientôt il serrer dans ses bras Isaac et Rebecca ; mais aussi Esatl, le frère qu'il avait si fort irrité, se rait à ses yeux. On conçoit que, dans une telle stance, Jacob n'ait pas songé à prendre du rep( dant que son monde dormait, il faisait sentinell

LUrrE DE JACOB. GENES

ilors que se passa une des scènes les plus myslérieuses XXXll iont la Bible fasse mention* ""

§ 479. Comme la nuit était près de son terme, un 24-3-i domme vint à Jacob, et commença une lutte qui , toute inégale qu'elle était," se prolongea jusqu'au jour. Cet homme était certainement le plus fort, puisqu'il lui suffit de toucher Jacob à la hanche pour qu'il demeurât hoU teux. Il fut impossible que le patriarche ne sentit pas dès le premier moment que celui qu'il tenait embrassé était d'une valeur supérieure à la sienne; mais, puisant en quelque sorte un pouvoir surhumain dans sa lutte même avec ce personnage mystérieux, il demeura ferme jusqu'au bout. Et même lorsque le jour fut venu, il ne voulut point abandonner celui qu'il tenait si étroitement serré. 11 comprenait maintenant avec qui il avait cette rencontre et il lui déclara qu'il ne le laisserait point aller qu'il ne l'eût béni.

§ 480. Cet homme n'était pas un fils d'Adam. S'il avait revêtu pour un moment l'humanité, il n'en était pas moins le Seigneur, celui qu'Agar avait va au puits du Vivant qui me voit, Abraham sous les chênes de Mamré, et Jacob lui-même au haut de l'escalier de Béthel. Lorsque Jacob lui demanda son nom, il lui répondit : Pourquoi me demandes-tu mon nom? Ne iç'as-tu pas reconnu? Qui est-ce d'entre les hommes qui peut faire ce que je viens de faire ? Ne vois-tu pas que tu as lutté avec Dieu? Aussi Jacob s'écria*t-il : « J'ai vu Dieu face à face. »

§ 48i . Un quadruple monument dut attester à Jacob et aux siens la réalité de cette apparition du Seigneur, ou la leur rappeler. D'abord, le patriarche reçut un nouveau nom , Israël , qui signifie le vainqueur de Dieu. Puis il appela cet endroit Péniel, c'est-à-dire la face de 229 X

;E3lfiSe HTTE DE JACOB.

XUIl Dieu. Après quoi, il demeura boiteux le reste de ses 24-38 Jo"*^- EnfiD. sa postérité se fit une loi de ne jamais manger, daucun animal, le muscle que la main du Seigneur avait paralysé en touchant Jacob à la hanche. Ajoutons à cela rimpresôon salutaire que toute cette scène avait Éaile sur V^me de Jacob, ou plutôt les grâces que le Seigneur répandit alors sur lui ; car il le bénit sekm sa demande, et Jacob déclara que cette lutte avait en pour fruit la délivrance de son ème.

§ 482. En effet, dès ce moment-ci nous pouvons envisager Jacob comme pleinement converti au Seigneur. Ce n'est pas à dire qu'il eût été jusqu'à cette époque tout à fait étranger à la grâce de Dieu ; car c'est le Saint- Esprit qui prépare les voies de la conversion, et il est facile de voir qu'il agissait d'ancienne date sur le coeur du patriarche. Mais si Béthel lui avait donné , pour la première fois, des pensées sérieuses (§ 437), ce fut à Péniel que le Dieu d'Abraham devint réellement son Dieu et que Jacob trouva la pai:^. Or, la conversion de cet enfant de Dieu nous montre ce qui se passe en toute conversion. Il faut comme lui lutter avec le Seigneur jusqu^à ce que , vaincu par nos prières , il nous donne sa bénédiction. Sans doute que nous ne méritons pas une telle grâce, et si Dieu appesantissait sa main sur nous, nous serions bientôt écrasés ; mais ce Dieu avec lequel nous luttons, c'est Dieu notre Sauveur, c'est Celui qui est venir au devant de nous, qui a souffert pour nous sur la croix ; c'est un Dieu qui aime qu'on lui fasse violence, et qui se laisse vaincre volontiers par ceux que le Père a élus et qu'il lui a donnés.

§ 483. Tous les rachetés du Sauveur sont renfermés, dans l'Ecriture, sous le nom d'Israël, nom dont leSeijrncur honora Jacob en cette ocx^asion. Israël î quel titre

LUTTE DE iACOB GENE

de gloire I Le peuple qaî le porte encore , desœndance XXXI naturelle de Jacob, esl bien déchu et bien misérable, ^^ parce qu'il a rejeté Celui avec lequel lutta leur père et qui le bénit. Mais, si nous croyons de cœur en Jésus et en ses promesses, c'est nous qui sommes véritablement Israël et quelle grâce infinie pour le temps et pour Tétemité!

§ 484. En considérant ce qui vient de se passer entre IXXI TEtemel et Jacob, rien ne nous étonnera dans la rencontre qui eut lien immédiatement après entre ce même Jacob et son frère EsaQ ; ni les signes de respect que Jacob crut devoir prodiguer à son frère, car son humiliation était véritable ; ni Taffectionque lui témoigna EsaU, car TEtemel avait agi sur son cœur pendant que Jacob priait ; ni T insistance que mit celui-ci à ce que son frère acceptât ses présents, car c'était bien par amitié et non par crainte seulement qu'il s'était décidé à les lui offrir. Quoi qu'il en soit, voilà de quelle manière l'Etemel sait, quand il le veut , délivrer de leurs craintes et de tout mal ceux qui se confient en lui ; voilà comment il est fidèle envers les siens. C'est un Dieu plein de bonté que le Dieu d'Israël !

§ 485. Plus qu'un mot sur cette portion de l'histoire de Jacob. Arrivé à Sichem , il acheta quelque peu de terrain et y éleva un autel à TEtemel. Digne fils d'Abraham et d'Isaac, il fit comme ses pères, et il appela cet autel, l'Autel du Dieu Fort, du Dibu d'Isiàel. Remarquez ce dernier mot. Jacob a très-bien compris la pensée du Seigneur. Ce n'est à proprement parler que, depuis Péniel, qu'il est devenu son Dieu, mais maintenant Jacob peut et doit hardiment l'invoquer sous œ nom. De même, il faut que vous soyez convertis pour que le Seigneur soit en vérité .votre Seigneur; mais,

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