XXXVIII. Dix années de la vte d'Israël
XXIV § 486. Jacob, ou autrement Israël , devait avoir plus 1-29 de quatre-vingt-dix ans quand il rentra au pays de Canaan, On eût pu croire qu'il allait maintenant jouir de quelque repos, mais ce fut au contraire à cette époque que commencèrent ses plus rudes épreuves. C'est que l'Eternel châtie l'enfant qu'il aime, et les afflictions de Jacob devaient servir à lui faire sentît* toujours plus le prix de la grâce de son Dieu. Les dix années qui s'écoulèrent depuis son retour jusqu'à ce que Joseph fût vendu par ses frères, fournirent au patriarche plus d'une occasion de prières semblables à celles de Mahanajim , car il . reçut en son cœur les plus rudes coups qui puissent atteindre un homme.
§ 487. Ses fils, jeunes encore, ne tardèrent pas à montrer les tristes fruits de l'éducation qu'ils avaient reçue, par un effet même de la haine qui régnait entre Léa et Rachel, et des désordres qu'il avait lui-même introduits dans sa maison. Dès qu'ils furent devenus grands, ils entrèrent en relations avec les jeunes Cananéens de la localité, et ils entraînèrent à leurs fêtes idolâtres et impures leur sœur Dina, à peine sortie de l'enfance. Il y a toujours un danger extrême à fréquenter la société des mondains. On peut y trouver du plaisir , mais on y perd la paix de l'âme ; souvent on se voit entraîner à d'horribles péchés. Jacob n'avait pas manqué, sans doute, de représenter ces choses à ses enfants ; mais qui sait peut-être si leurs mères, Léa du