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L’EXHORTATION ET L’ÉDIFICATION MUTUELLES

(EX Mhessaloniciens 5 : 11.)

si aisément lui faire violer les lois de la sobriété et de la modération. Or, cette cuirasse du chrétien, c’est la for et l’amour, foi en Jésus-Christ, amour pour lui et pour les siens; et ce casque, c’est l'espérance des biens célestes, l’espérance du prochain retour de Jésus, acier brillant et bien trempé. En effet, mes chers lecteurs, croyons, aimons, espérons, et certainement nous veillerons et nous serons sobres.

3845. Voici, du reste, le grand motif que nous propose le Saint- Esprit. Si nous devons veiller et être sobres, ce n’est pas a/in d’échapper à la colère à venir; mais parce que nous, nous qui croyons, ce qui est supposé, Dieu nous a réservés, non pour la colère, mais pour la possession du salut. Ce salut nous a été acquis par la mort de Jésus-Christ; en sorte que, soit que nous veiïllions, c’est-à-dire que nous soyons dans cette vie, soit que nous dormions, c’est-à-dire que nous soyons rappelés de ce monde, nous ne cessons pas d’être avec lui. Telle est donc la place qu’occupe la sanctification dans l'œuvre de notre délivrance. Avant de pouvoir se sanctifier, il faut recevoir par la foi ce que Jésus-Christ a fait pour nous, et cette foi même, en nous unissant à Christ (Jean 15 : 4), nous maintient dans la vigilance et dans la sobriété, ou, plus généralement, nous sanctifie.

3846. (11.) « Cest pourquoi, dit l’Apôtre, en concluant cette portion de son enseignement, c’est pourquoi, exhortez-vous les uns les autres, et édifiez-vous l’un l’autre, comme aussi vous le faites. » On oublie trop que chaque fidèle a charge d’âmes. L’Eglise de Thessalonique ne manquait pas d’anciens pour la conduire, ce qui se voit au verset suivant; mais si le devoir spécial de ceux qui présidaient sur elle était d’exhorter et d’édifier l'Eglise, ce n’était pas à l'entière décharge des simples membres. Le devoir de s’exhorter au bien est un devoir de charité générale, et 1l est évident que des hommes qui se nomment frères, ne peuvent mieux se témoigner ieur affection fraternelle qu’en s’encourageant mutuellement dans le service du Seigneur. Ici, comme ailleurs, mais sans que je laie fait remarquer (Actes 9 : 31), l'Eglise est un édifice à la construction et à l’embellissement duqueitousles fidèles doivent travailler. Ou plutôt, chaque fidèle est à lui seul un monument de la grâce de Dieu, et l’ensemble n’est vraiment édifié que par l’édification de chacune de ses parties. Cest pour cela que lApôtre dit : «Edifiez-vous Pun lautre.» Rien ne se fait en bloc dans l'Eglise de Dieu; c’est une à une que les âmes

RESPECT AUX ANCIENS. DEVOIRS SPIRITUELS DE LA CHARITÉ. 44 (EX Mhessaloniciens 5 : 12, 13; 14.)

sont converties; c’est par la sanctification des âmes, prises une à une, que la sanctification du corps entier fait des progrès. Si donc nous désirons sincèrement que l’Église dont nous faisons partie soit de plus en plus digne de son divin chef, exhortons-nous et édifions-nous mutuellement. Heureux Thessaloniciens, auxquels le Saint-Esprit rend le témoignage qu’ils faisaient ainsi!

3847. (12, 13.) Si chaque fidèle est un ouvrier inscrit au rôle du suprême Architecte, il y a, par la volonté du Seigneur et par une nécessité d’ordre intérieur, des frères qui président sur le travail de chaque escouade d’ouvriers. Ils doivent le faire «en notre Seigneur, » c’est-à-dire en son nom, selon les principes de son Evangile et pour sa gloire. Leur fonction principale est d’avertir leurs frères, de les tenir éveillés sur leurs grands intérêts, de signaler les dangers qu’ils peuvent courir, de les diriger dans leur œuvre. Tout cela ne se fait pas sans travail, sans fatigue, sans de grandes douleurs morales; aussi le Saint-Esprit exhorte-t-il les fidèles à considérer et à aimer ceux qui prennent cette peine. Bien qu'ils aient leurs infirmités et leurs défauts comme les autres, l’œuvre qu’ils font les rend dignes de ce respect et de cette affection. C’est d’ailleurs un des plus sûrs moyens pour que la paix règne dans une Eglise; de même que, dans la famille, l’amour respectueux des enfants pour leurs parents est le meilleur préservatif contre les haines et les disputes entre frères et sœurs. Au surplus, que la paix entre les frères et sœurs en Christ soit absolument nécessaire à la gloire-de Dieu et aux progrès de la piété, c’est ce qui est de Ia dernière évidence.

3848. (14.) Poursuivant ses exhortations apostoliques et les complétant, Paul dit maintenant ce qu’ont à faire pour l'édification commune, et les fidèles et leurs conducteurs. « Avertir les déréglés, » savoir ceux qui, d’une manière quelconque, s’écartent de la vie modeste, laborieuse, régulière et décente qui convient à des rachetés de Jésus; «consoler Les esprits qu’abattent » soit les peines de la vie, soit la vue de leurs péchés, soit les difficultés morales de leur situation; « soutenir les faibles, » ceux qui ont de la peine à marcher dans la bonne voie, les prendre en quelque sorte par la main, les porter, au lieu de les fouler et de les écraser ; enfin, « user de patience envers tous, » car les plus forts même ont des faiblesses ; tous sont pécheurs, encore que convertis, et nul ne fait dans la vie chrétienne tous les progrès désirables. Quelle admirable exposition des devoirs de la charité, en ce qui touche aux intérêts spirituels de nos frères!

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