LA JOIE. LA PRIÈRE
(X Thessaloniciens & : 15: 16: 17.)
C'est aussi dans ce même sentiment que nous devons prendre garde, non pas seulement à ne pas rendre le mal pour le mal, c’est bien clair, mais à ce que nul de nos frères ne le fasse (15). Enfin, si nous aimons notre prochain comme nous-mêmes, nous serons pleins de bienveillance, d’abord énvers ceux qui sont nos frères en Christ, et ainsi nos prochains très prochains; puis envers tous les hommes.
3849. (16.) L’Apôtre, arrivant au terme de sa lettre, devient toujours plus bref et plus solennel. Si la foi en Christ, si habitation de son Esprit dans nos cœurs en bannit les folles joies du péché, elles y
produisent une sainte et constante joie, la joie du salut [ 1632, 2649, 3439, 3713]. Ce n’est pas un privilége seulement, c’est un devoir: Croire qu’on a été aimé de Dieu d’un amour éternel, que le Fils éternel du Père a porté sur la croix tous nos péchés, qu’étant à lui, nul ne peut nous ravir de sa main; croire cela, et être habituellement, je ne dis pas sérieux (car le vrai bonheur est sérieux), mais triste, mais abattu, ce serait une contradiction,ou du moins une preuve que la foi est bien faible. C’est d’ailleurs dans la sainte joie de l’âme qu’on est vraiment capable des sacrifices auxquels la foi nous appelle ; c’est par elle aussi que nous faisons honneur à l'Evangile devant le monde. Quand celui-ci voit les disciples de Jésus saintement joyeux au sein des plus vives douleurs et jusque sur leur lit de mort, il ne peut qu'être frappé de ce fruit magnifique de la foi. Je né sais s’il se rend compte du miracle, mais il est sûr qu’il n’en est pas de plus grand. Un pécheur toujours joyeux ! Il est une seule religion qui ait fait de la joie permanente un devoir, et c’est la religion qui déclare tout homme maudit! Mais C’est que, d’un autre côté, cette même religion proclame que «celui qui croit, a la vie éternelle. »
3850. (17.) La joie sainte dont nous venons de parler, comme toutes les grâces du salut, ne s’entretient que par la prière et par la prière persévérante. Celle-ci est donc un devoir tout aussi incontestable et tout aussi important qué la joie ; elle est également une grâce et un privilége. Oui, un privilége et une grâce; car n'est-ce pas une chose bien admirable que le Dieu trois fois saint nous permette de lui parler sans cesse? « Sans cesse!» Remarquez ce mot, pour bien comprendre d’abord ce qu'est la vräié prière, ensuite ce que doivent être les dispositions de celui qui invoque Dieu. S'il y a dans lEglise des prières communes qui ne peuvent se faire qu’en certains jours et à certaines heures convenues, si même chaque fidèle, seul ou avec sa famille, doit avoir des moments à part destinés à l’oraison, il est
LES ACTIONS DE GRACES; LE SAINT-ESPRIT. 19 (E Æhessalonieiens & : 18; 19.)
clair que ces exercices de dévotion ne constituent pas à eux seuls la prière selon l'Evangile, bien qu’on puisse leur appliquer le mot de l'Apôtre, en ce que ces prières doivent se faire sans interruption, Mais il s’agit surtout d’oraisons mentales, d’une constante élévation de lPâme à Dieu ; habitude de laquelle il résulte qu’à l’instant où Fon semble pris le plus au dépourvu et où l’âme est le plus absorbée en apparence par les circonstances du dehors, ïl s’en échappe involontairement une prière : nous en avons deux beaux exemples dans les Ecritures [2432, 2515]. Quant aux dispositions que suppose cette habitude de la prière, elles peuvent se résumer d’un seul mot : il faut vivre en la présence du Seigneur, ôu, comme dit la Bible, marcher avec Dieu. Alors il est tout simple qu’on soit en continuel entretien avec lui. Dans le bonheur, on lui raconte ses joies et on le bénit; dans la douleur, on lui ouvre son âme et on lui demande des consolations; dans les chutes, on réclame la puissance de son bras ; dans les sécheresses spirituelles, on sollicite les eaux de sa grâce; inquiet au sujet de quelqu'un de ses frères, on le recommande à Dieu; affligé des maux de l'Eglise, on crie au Seigneur pour qu’il ait pitié.
3851. (18.) A la prière doivent s'ajouter les actions de grâces, et c’est en quoi nous sommes généralement le plus défectueux, tant nos cœurs sont ingrats. On s’excuse quelquefois en alléguant le pharisien de la parabole, qui rendait grâce à Dieu dans Porgueil de son cœur (Luc 18 : 41); mais les actions de grâces de celui qui croit en Jésus- Christ sont d’une tout autre nature. D’abord, parce qu’elles sont toujours accompagnées de paroles d’humiliation, paroles que lui fournit le sentiment de sa profonde misère; ensuite parce qu'ilremercie Dieu bien plus de ce que Christ a fait pour nous, que de ce qu’il fait en nous; puis, parce qu'il accomplit ce devoir en regardant à Dieu et à sa gloire, et non pas à lui; enfin, parce qu'il offre ses actions de grâces par Jésus-Christ, c’est-à-dire qu’il fait de Jésus-Christ son médiateur, dans l’action de grâces comme dans la prière, se sentant indigne de parler à Dieu, même pour le bénir. Mais pesez bien les mots donnés à l’Apôtre par le Saint-Esprit. C’est « en toute chose » que nous devons rendre grâces : en toute chose qui nous vient de Dieu; l'épreuve comme la délivrance, car si nous appartenons au Seigneur, tout est pour notre bien et pour sa gloire.
3802. (19.) Qui peut être toujours joyeux, prier sans cesse et, en toutes choses, rendre grâce, si ce n’est celui qui est sous l'influence constante du Saint-Esprit? C’est par lui que la vie de Dieu se forme