L’ORDRE DE L'ÉGLISE
(Romains 12: 3-5; 6-8.)
après notre conversion que nous pouvons connaître par expérience ce qu'est la volonté du Seigneur. Jusque-là, nous ne la faisons pas, et, parce que nous ne la faisons pas et qu’elle est en opposition avec la nôtre, elle nous déplaît souverainement. Mais une fois convertis et faisant la volonté de Dieu, nous ne saurions manquer de la trouver bonne, aimable et parfaite. Et si l’on s’étonnait que l’Apôtre adressât une telle recommandation à des gens qu’il suppose évidemment changés, je ferais observer que notre rupture avec le monde et le renouvellement de notre cœur ne sont, en aucun temps, tellement consommés qu’il ne reste plus rien à y ajouter.
4163. (3-5.) La pensée de l'Eglise était une de celles qui préoccupaient le plus notre apôtre. Nous l’avons vu dans toutes ses épiîtres, et ce sujet ne pouvait manquer d’avoir sa place dans un traité de théologie tel que celui-ci. Le devoir de ceux qui sont justifiés par la foi étant de se consacrer entièrement à Dieu et de vivre d’une manière distincte de celle du monde, il résulte de ces deux faits qu'ils forment une société à part, une sainte assemblée qui manifeste par son existence même la présence de l'Esprit de Christ sur la terre. Or, s’il est indispensable, pour la gloire du Seigneur, que chacun de ses rachetés vive d’une ‘vie sainte, il ne l’est pas moins que, dans leur capacité collective, ou en corps d’Eglise, ils donnent au monde le spectacle d’une société bien organisée. Le grand moyen pour cela, c’est que les membres de l'Eglise soient revêtus d’une véritable humilité et animés d’une charité sincère. Humbles, nous ne surferons pas notre valeur réelle; charitables, nous nous traiterons les uns les autres comme membres du même corps, et ce ne seront pas les plus faibles que nous honorerons le moins. Humbles et charitables tout à la fois, il est clair que nous ne serons jamais l’occasion de scandales tels que ceux qui avaient affligé l'Eglise de Corinthe.
4164. (6-8.) Il est nécessaire aussi, dans l'intérêt de l’ordre, que . ceux qui ont reçu du Seigneur des dons spéciaux pour l'édification commune, puissent les exercer, qu’ils les exercent réellement et qu'ils n’exercent que ces dons, sans aspirer à une position et à une activité qui ne leur appartiennent pas. Encore sur ce point, il faut hu-
milité et charité chez tous. A défaut de quoi, on verra des hommes (et souvent un seul homme dans une Eglise nombreuse) S arroger tous les emplois; parce que d’autres, peu soucieux du bien qu’ils pourraient faire, aiment mieux enfouir le talent qui leur est confié. Tout comme on en verra qui, par orgueil, ne voudront D que personne
LA CHARITÉ ET L'HUMILITÉ. 189 (Romains 12: 9-21; 9-11; 192.) ait, dans l'Eglise, aucune charge spéciale d’enseignement, d’exhortation, de présidence, d'administration.
4165. Je rappelais tout à l’heure l’Eglise de Corinthe, où l’orgueil avait fait tant de mal; ne remarquez-vous pas avec moi le silence que l’Apôtre garde là-dessus, bien qu’il écrivit de cette ville même. Nouvelle preuve de sa charité. Quand il l'avait fallu, il s’était adressé directement aux coupables; mais parler défavorablement d’eux à d’autres qu’à eux, c’est ce que l'Esprit qui l’animait ne lui aurait pas permis.
4166. (9-21.) L’Apôtre continue à diriger notre attention sur la charité et sur l’humilité, ces deux grands traits du caractère chrétien. Il entremêle son discours d’exhortations générales qui ne sont pas sans rapport avec son sujet spécial; toutefois ce n’est plus essentiellement en vue de l’ordre qui doit régner dans l'Eglise.
4167. (9-11.) Aimer sans sincérité, ce n’est pas aimer ; et combien de protestations d'amitié, dans le monde, sans véritable affection. De plus, l’affection chrétienne ne peut réellement animer que des cœurs qui ont en horreur le mal et qui se tiennent collés au bien. Tout se lie en morale. Celui qui s’adonne au péché peut avoir de vives passions, égoiïstes et charnelles; mais aimer qui que ce soit et quoi que ce soit en Christ, c’est ce qui lui est impossible. Si nos cœurs, au contraire, ont été purifiés par la foi, cette même foi nous unit à tous les disciples du Sauveur par les liens d’une vraie fraternité, comme elle nous remplit d’une bienveillance universelle ; de là, des attachements sincères, des prévenances et des égards mutuels, honnêteté qui n’est pas dictée par les convenances sociales, mais par l'amour; de là, un vif désir de se rendre utile et un grand empressement à se mettre au service d’autrui. Hélas ! depuis Caïn jusqu’à nos jours, l'expérience démontre que la fraternité en Adam ne suflit pas pour unir les cœurs! :
4168. (12.) Dire que la vraie charité est inséparable de la pureté, c’est dire aussi qu’elle l’est de la piété. Comment aimer ses frères, aimer son prochain, tant qu’on n’aime pas Dieu ! Aussi l’Apôtre est-il conduit, par une liaison toute naturelle, à faire ici la peinture d’une âme pieuse. Etre, dans ses relations avec Dieu, plein d’une sainte ferveur; se donner entièrement à lui, comme ‘un esclave à son maître ; se réjouir des espérances que sa Parole nous ouvre; souffrir avec patience les maux qu’il nous assigne ; persévérer enfin dans la prière : tel est le propre d’une piété véritable. Et voyez comme tout cela se