LA VIGILANCE
ne nous estimerons jamais libérés. Plus nous aimerons nos frères, plus nous éprouverons le besoin de les aimer encore. Ou bien, cela veut dire que, pour nous acquitter envers notre prochain, il faut l’aimer ; car celui qui aime accomplit la seconde table de la loi, comme il est facile de s’en assurer par l'examen de chacun des commandements dont elle se compose. En général donc, l’amour est l’accomplissement de la loi.—Quelques personnes entendent le verset 8 comme si l’'Apôtre avait voulu interdire aux fidèles de contracter aucune espèce de dettes. Sans doute qu’emprunter pour se livrer à de folles dépenses ou à des spéculations hasardées, emprunter sans savoir de quelle manière on remboursera, emprunter enfin et se faire presser pour s’acquitter, bien qu’on soit dans l’aisance; rien de cela ne saurait se concilier avec les dispositions d’un disciple de Jésus-Christ, mais je doute qu’on ait là le vrai sens du passage.
4175. (11-14.) Pour rendre ses lecteurs sérieusement attentifs à ses exhortations, l’Apôtre leur fait observer que c'était lheure de veiller et non de dormir, parce que le salut était plus près d’eux que lorsqu'ils avaient cru. Le salut signifie ici la délivrance finale, l'entière rédemption de nos corps, au jour de la venue de Jésus-Christ (8 : 23). Ainsi, ce que, dans le langage des hommes, on appelle LA mort, dans le langage de la foi, s'appelle LE sALUT; et au lieu de dire, comme beau coup de gens le feraient et comme cela est vrai en un certain sens : Le jour s’en va et la nuit vient (Jean 9 : 4); le Saint-Esprit dit aux fidèles : La nuit tend à sa fin et le jour va luire! En effet, tandis que, pour le mondain, il n’y a de lumière que celle de la vie présente, et qu'il n’y a que ténèbres au delà du sépulcre; pour Penfant de Dieu, c’est la vie présente qui est une nuit, en comparaison du grand et beau jour de la venue de Jésus-Christ, et de la glorieuse éternité qui doit suivre. Mais comme Paul le disait aux Thessaloniciens (4 Thess. 5 : 4-8), il en résulte que le fidèle, véritable enfant de la lumière, doit éviter toute œuvre de ténèbres ; non-seulement la gourmandise, l’ivrognerie, le libertinage, l’impureté, œuvres d’iniquité qui se consomment généralement la nuit ; mais encore les disputes, la jalousie et bien d’autres péchés non moins graves. Nous savons d’ailleurs qu’au jour de Christ il faudra être trouvé revêtu et non pas nu (2 Cor. 5 : 3) ; or, c’est par la foi qu’on se revêt de la robe de noce, vêtement du salut qui ne saurait être autre chose que la grâce et les mérites de notre Seigneur Jésus-Christ. Enfin, puisque le principe du péché est dans le déréglement de nos désirs, 11 s’agit de nous surveiller