SALUTATIONS
(Romains 16 : 16.) au contraire, il ne blessait personne en ne nommant que ceux avec lesquels il avait quelques relations.
4189. Parmi eux, vous remarquerez Priscille et Aquilas (3), ces époux chrétiens que nous avons vus à Corinthe et à Ephèse et qui, maintenant, étaient retournés à leur premier établissement de Rome, l’édit de Claude ayant pris fin avec son auteur (Actes 18 : 2). Vous remarquerez aussi le nom d’Epainète, le premier de ceux qui avaient embrassé l'Evangile en Achaïe (5), comme Stéphanas avait été le premier qui l’eût reçu à Corinthe (4 Cor. 16 : 15); puis les noms d’Andronicus et de Junias, parents de Paul (7), convertis avant lui, ce que l’Apôtre rappelle avec une touchante humilité, et devenus ses compagnons d’infortune dans une occasion dont le livre des Actes ne parle pas, non plus que de ceile où Aquilas et Priscille avaient exposé leur vie pour Paul. Plus bas, vous avez Rufus (13), qu’on croit être le fils de ce Simon de Cyrène qui porta la croix de Jésus (Marc 15 : 21) et dont la femme avait été pour Paul une seconde mère, dans le temps peut-être qu'il faisait ses études à Jérusalem, circonstance dont l’Apôtre fait une mention spéciale; car un cœur chrétien ne saurait oublier les bienfaits recus.
4190. {l est d’ailleurs deux choses à observer ici; d’abord les conquêtes que l'Evangile avait faites à Rome, puisqu'il s’y trouvait plus d’une assemblée de frères, ce qu’on voit par le commencement du verset 5; ensuite, le grand nombre de femmes auxquelles lPApôtre rend le témoignage de s’être donné beaucoup de peine dans l'intérêt du Seigneur. Aïnsi, bien que les femmes ne soient pas appelées à prêcher la Parole de Dieu dans les assemblées, elles ne sont pas privées néanmoins du glorieux privilége de gagner des âmes à Jésus- Christ : elles y ont même une vocation spéciale; car l’exposition de la vérité qui sort d’une foi simple et d’un cœur pénétré, modeste et affectueux, est toujours celle qui porte le plus de fruits.
4191. (46.) À ses propres salutations, l’Apôtre fait succéder celles des Eglises avec lesquelles il était surtout en rapports. Il leur avait dit l'intention qu’il nourrissait de visiter aussi l'Eglise de Rome, et elles lPavaient chargé de lui témoigner l’intérêt unanime des frères. Cet intérêt, est-il nécessaire de le dire, ne reposait pas sur ce que l'Eglise de Rome fût alors, comme elle en eut plus tard l’absurde et coupable prétention, la mère et la maîtresse de toutes les Eglises, ni même sur ce qu’elle fût devenue le prétendu siége épiscopal de l’apôtre Pierre. Cet intérêt se rattachait plutôt à son isolement. Si Pierre s’y était
SALUTATIONS, 201 (Romaïns 16: 17-20; 21-93.)
trouvé à cette époque, comment se ferait-il que l’Apôtre ne l’eût pas salué? et s’il y avait été précédemment, Paul aurait-il pu regarder comme si nécessaire qu’un apôtre la visitât enfin? (Rom. 1 : 41). Toutefois, par sa position même au centre de l’empire, l’Église de Rome attirait l'attention des autres Eglises, et nulle peut-être n’avait plus de part aux prières de tous : il n’y avait pas même besoin pour cela de prévoir l’horrible persécution qui sévit contre elle quelques années ensuite, ou l’orgueil plus horrible encore qui fit si souvent de ses évêques, les fléaux de l'Eglise et de humanité.
4192. (17-20.) À ce moment, au contraire, les frères de Rome marchaient de manière à édifier les autres Eglises. Cela n'empêche pas que l’'Apôtre ne prémunisse celles-ci contre les dangers dont leur foi pouvait se voir menacée par les paroles flatteuses et les beaux discours de gens qui, esclaves de leurs passions, essayeraient tôt ou tard de les entraîner dans le désordre et de leur enlever la saine doctrine. Or, ce qu'il leur commande, c’est de se détourner de tels hommes, comme c’est notre devoir à nous-mêmes en pareil cas. Notre devoir aussi est d’être « sages quant au bien et simples quant au mal; » c’est-à-dire de mettre notre sagesse à faire ce que Dieu veut, d’y déployer toute notre intelligence, notre sagacité, notre savoir-faire ; quant au mal, de nous en éloigner purement et simplement, sans tant de réflexions et de délibérations. C’est par là qu’on remporte de grandes victoires sur Satan, en attendant le glorieux jour de la venue de Jésus-Christ, où le Dieu de la paix écrasera Satan sous les pieds des fidèles. Grande et consolante promesse! Mais si la paix ne vient qu'après la victoire, la victoire elle-même suppose le combat; et j'ajoute, en suivant la pensée de l’Apôtre, que, pour combattre avec succès, il faut que la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ soit avec nous.
4193. (21-23.) [ci viennent les salutations de quelques disciples de Paul, soit qu’ils fussent avec lui dans ce moment, soit que, connus de certains frères de Rome, ils l’eussent chargé de les saluer de leur part quand il les verrait ou leur écrirait. D’abord, c’est Timothée, le compagnon habituel des travaux de Paul; puis ses parents, Lucius, Jason et Sosipater : Lucius, qui est peut-être un des docteurs d’Antiochedont il est fait mention Actes 43 : 1 ; Jason, qui ne saurait être celui que nous avons vu à Thessalonique, à moins que des affaires ne l’eussent appelé à Corinthe (Actes 17 : 5); Sosipater enfin, dont le nom ne parait qu'en cet endroit-ci. Ensuite, nous avons Tertius, le frère à qui Paul avait dicté cette longue lettre, et qui n’est autre, selon toute appa-
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