‹ Études élémentaires et progressives de la parole de Dieu Nouveau TestamentChapitre 110 sur 286 · PAUL AU MILIEU DE SES FRÈRES JUIFS · texte numérisé non relu

PAUL AU MILIEU DE SES FRÈRES JUIFS

(Actes 21 : 26; 27-36.)

de ces faibles en la foi, pour lesquels le Seigneur veut que nous usions de condescendance [4180]. Mais ce jugement procéderait, je pense, d’une étude inattentive du texte sacré. Que nous est-il dit en effet? Que les chrétiens Juifs faisaient circoncire leurs enfants, qu'ils suivaient les coutumes de leurs pères, qu’ils contractaient et accomplissaient des vœux. Mais Paul lui-même avait circoncis Timothée, son fils en la foi; il avait fait un vœu durant son premier séjour à Corinthe, et nous le verrons bientôt écrire à son disciple chéri, qu'il « servait Dieu d’après les ancêtres » (2 Tim. 4 : 3). Aussi Jacques lui parla-t-il, non comme s’il se fût agi de amener à son opinion et à celle des frères de Jérusalem, mais comme à quelqu'un qui pensait et se conduisait de la même manière qu'eux. Ils étaient donc parfaitement d'accord, et dans la théorie et dans la pratique : ils Pavaient toujours été; témoin le résultat du concile de Jérusalem. Les chrétiens d’entre les Juifs gardaient la loi de Moïse, par respect pour l'institution de Dieu encore subsistante, mais les frères d’entre les nations païennes n'avaient rien à observer de semblable. Il ne s’agissait donc absolument que de laver Paul des fausses imputations dont il était l’objet. Du reste, les quatre hommes au vœu desquels Paul dut s’associer ne voyaient sûrement pas dans ce vœu la garantie de leur salut; car il est certain que Paul n’aurait pu sanctionner par sa coopération une erreur de cette gravité.

4198. (26.) Ainsi donc, Juif au milieu des Juifs (1 Cor. 9 : 20); heureux sans doute de montrer qu’il avait pu recevoir Jésus-Christ sans renier Moïse, et entrer en relations fraternelles avec les païens convertis sans rompre avec ceux qui étaient à la fois ses frères selon la chair et selon l'Esprit; jaloux en particulier de lever le scandale que tant de gens avaient pris à son occasion, bien que sans fondement, l’apôtre des gentils entra de plein gré dans les vues du respectable frère de notre Seigneur et dans celles de ses collègues. Le jour suivant, il prit avec lui ces quatre hommes, et, s'étant purifié avec eux, il se rendit au temple, notifiant ou dénonçant que les jours de leur purification étaient accomplis, et il y demeura jusqu’à ce que loffrande eût été présentée pour chacun d’eux; c’est, je crois, le vrai sens de ce passage difficile. Tout ceci fut donc l'affaire d’une seule journée : le surlendemain de l’arrivée à Jérusalem.

4199. (27-36.) Ce jour se trouvait être le septième jour de la Pentecôte, car nous savons par l'historien Josèphe qu’on faisait durer cette fête toute une semaine, comme celles de Pâques et des Taber-

PAUL EST ARRÊTÉ, 205 (Actes 21 : 27-36.)

nacles. En ce jour donc, qui était fort solennel, Paul fut vu dans le lieu sacré par des Juifs, non convertis, des provinces qu’on appelait particulièrement l’Asie et dont Ephèse était la ville principale. Ils étaient peut-être de ceux qui s'étaient montrés, quelques années auparavant, si hostiles à l'Evangile (Actes 19 : 9); et, comme ils avaient rencontré Paul dans la ville avec Trophime d’Ephèse, ils ne doutèrent pas que l’Apôtre n’eût introduit cet incirconcis dans les cours intérieures du temple, ce qui eût été une violation de leurs lois. Aussitôt ils mettent les mains sur lui, et, devant une foule qui allait grossissant, ils le dénoncent comme celui qui parcourait le monde en préchant contre le peuple juif, contre la loi et contre le temple : pour preuve, ils allèguent le prétendu crime qu’il venait de commettre.

4200. (24 : 27-36.) Depuis que Paul, jeune encore, était parti de Jérusalem pour son odieuse expédition contre les fidèles de Damas, il y était retourné à quatre reprises, mais toujours en passant; de sorte qu’il n’y était guère connu si ce n’est des frères. Son nom toutefois avait acquis de la célébrité, et si la nature de ses prédications avait pu causer quelque inquiétude au milieu des Juifs qui avaient cru, il est aisé de se représenter la fureur dont les Juifs incrédules devaient être animés contre lui. Aussi, quand ces quelques Israélites, venus d’Ephèse pour la fête, eurent crié de toutes leurs forces : Le voilà! le voilà, cet homme, ce Paul, cet apostat, cet ennemi de Dieu et de sa loi! leur cri eut bientôt couru toute la ville; les avenues du saint lieu purent à peine contenir la foule qui s’y pressait, ceux qui étaient le plus près de Paul le frappaient à le tuer; et, afin peut-être que son sang ne souillât pas les dalles du parvis sacré, ils le traînèrent dehors. Sur-le-champ les portes furent fermées par la garde du temple, comme cela se faisait chaque fois qu’il s’y commettait quelque désordre.

4201. Le commandant des forces qui tenaient garnison à Jérusalem, surtout à l’époque des fêtes, occupait, avec sa troupe, la forteresse Antonia, dont le grand escalier s’ouvrait tout à côté de celui qui conduisait au temple. Lorsqu'il apprit ce qui se passait, il accourut en grande hâte, escorté de ses capitaines et de ses soldats, non pour sauver Paul, qu’il ne connaissait point, mais pour apaiser une de ces émeutes toujours si redoutées de l’autorité romaine. A la vue du tribun, les assassins de Paul s’arrêtèrent tout interdits; mais, comme il n'arrive que trop souvent, parce que cette manière de procéder est la plus facile, ce ne furent pas les agresseurs, ce fut leur victime qui

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