PAUL SE DÉFEND DEVANT LE PEUPLE
(Actes 21 : 37-40. 22 : 1-21.)
se vit saisie par la force armée et liée de deux chaînes, Il est vrai qu’il ne sortait de cette multitude que des voix accusatrices contre Paul; en sorte que le commandant ne douta pas qu’il n’eût en sa présence un homme coupable de quelque crime. Il l’interrogea donc aussitôt pour savoir qui il était et ce qu'il avait fait. Mais si Paul essaya de répondre, les vociférations de ceux qui l’entouraient ne lui permirent pas de se faire entendre, et ces mille cris eux-mêmes n’apprenaient rien au commandant. C’est pourquoi, il ordonna de conduire le prisonnier dans la forteresse, Or, tel était l’acharnement de la foule qui pressait Paul, en criant, comme on avait fait pour le Sauveur : À bas! à bas! ôte! ôte! que les soldats durent l’enlever et le porter sur leurs bras.
4202. (37-40.) Paul cependant, avec ce cœur plein d'amour et de foi que nous lui connaissons, ne pouvait consentir à se voir éloigné, pour longtemps peut-être, d’hommes qui lui étaient chers malgré leur aveuglement, sans leur avoir adressé quelques paroles (Rom. 9: 4-4; 40 : 1). Lors donc qu’on fut sur les degrés de la forteresse, le commandant étant à ses côtés et les soldats le séparant maintenant de la foule, il se tourna vers Lysias (c'était le nom du Romain), et lui demanda la permission de dire quelques mots. Ce fut en grec qu’il s’exprima. Lysias, frappé de cette circonstance et préoccupé d’un événement assez récent, eut aussitôt l’idée qu’il avait en sa possession un célèbre chef de bandes dont Josèphe parle dans son histoire, et qui, après avoir été battu par les Romains, s’était enfui sans qu'on eût pu suivre ses traces. Sur quoi Paul, se bornant au strict nécessaire : Non, dit-il, je suis Juif, né à Tarse en Cilicie; tout ce que je désire, c’est de pouvoir parler au peuple. La permission lui en ayant été accordée, Paul étendit la main du côté de la multitude, qui, subitement contenue par le geste imposant du serviteur de Jésus-Christ, se mit à l’écouter dans le plus profond silence.
4203. (22 : 1-21.) Ce silence redoubla lorsqu'on l’entendit parler en langue hébraïque, preuve que beaucoup d’entre eux savaient à peine qui il était; car, dans toute émeute, combien de gens qui crient uniquement parce qu’ils entendent crier! — « Hommes, frères et pères, écoutez maintenant ce que j’ai à vous dire pour ma défense. » Ce titre de frères et de pères attestait déjà que Paul n’envisageait nullement comme rompues les relations que sa naissance avait établies entre eux et lui; et si, après qu’ils ont voulu le massacrer, il les appelle encore ses frères et ses pères (car il y avait là de malheureux vieillards,