PAUL TRANSFÉRÉ A ROME
(Actes 28 : 1-44.) témoin des terribles jugements du Seigneur sur Jérusalem et sur la Judée; mais rien n’atteste qu’il ait jamais retrouvé l’occasion qu’il perdit par sa faute. Il avait pourtant reconnu la parfaite innocence de
Paul, car il dit à Festus : « Get homme pouvait être relâché, s’il n’en avait appelé à César. »
CCCXIIL. — Paul est transféré à Rome, où son emprisonnement se prolonge.
4934. (27 : 1-44.) Il est facile de déterminer l’époque de l’année où Paul fut embarqué pour l'Italie. Lorsque le vaisseau qui le portait parvint à la hauteur de l’île de Crète, le jeûne était déjà passé (9); or on sait que la fête des expiations, le grand jeûne des Juifs, précédait le 10 de Tisri, mois qui répondait à fin septembre et commencement d'octobre. D'où il suit que Paul doit être parti vers la fin de l'été. Si donc il était arrivé à Jérusalem l’an 58 [4082], ce voyage-ci serait de l’an 60, et l’Apôtre aurait été retenu prisonnier à Césarée deux ans et trois mois environ, puisqu'il avait été arrêté au milieu de mai. Ce fut sans doute le cœur plein de joie qu’il monta sur le navire qui allait l'emporter loin de ses adversaires les plus acharnés, pour le conduire dans une contrée où 1l savait que Dieu le voulait. Et puis, quelle jouissance de respirer lair libre et pur de la mer, après une si longue captivité! D'ailleurs, comme il fut embarqué, non sur un vaisseau de VEtat, mais sur un vaisseau marchand, il fut facile à ses amis de faire le voyage avec lui. Combien y en eut-il, et qui étaient-ils? C’est ce qu’on ignore. Tous ceux qui l’avaient accompagné de Macédoine à Jérusalem n'étaient sûrement pas restés deux ans à Césarée pour l’attendre ; mais Luc était là, sans aucun doute, comme le prouve la forme du récit; avec Luc se trouvait Aristarque le Macédonien, et quelques autres peut-être; car si Luc dit : « Nous avions avec nous Aristarque le Macédonien, » ce nous peut désigner, non-seulement Paul et lui, mais d’autres encore, tels que Trophime par exemple. Quant à son cher Timothée, nous verrons plus tard que Paul s’en était séparé momentanément, dans l’intérêt des Eglises.
4935, Ce voyage sur mer est raconté avec tant de détail, qu’il est facile d’y suivre Paul de port en port, et d’ile en île. Je dois cependant avertir ceux de mes lecteurs qui le liront, une carte ordinaire sous les yeux, que la Cilicie comprenait les pachaliks modernes de Selefké et d’Adana; la Pamphylie, le pachalik d’Ischil ; la Lycie,
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Tekke et partie de Mentech ; que l'ile de Crète est aujourd’hui Candie, et que les anciens nommaïent mer Adriatique, non-seulement le golfe de Venise, mais toute la partie orientale de la Méditerranée, à partir de l'Italie. Quant à Adramyte, Césarée et Sidon, il est facile de les reconnaître sous les noms modernes d’Adramiti, de Kaisarieh et de Seïde.
4236. Le lendemain du départ, le vaisseau toucha à Sidon, où il fut permis à Paul de descendre pour voir ses amis; circonstance qui nous apprend qu’il y avait des frères à Sidon, cette patrie de Jézabel et probablement de la Cananéenne dont parle l'Evangile (Matth. 45). Le Seigneur lui-même y avait jeté, en passant, quelques grains de la bonne semence, et la semence avait levé comme il l'avait prophétisé indirectement (Luc 10 : 43). Après une navigation fort lente le long de l’île de Chypre, où le mauvais temps les avait poussés, ils regagnèrent les côtes de l’Asie Mineure et touchèrent à Myra, port de Lycie. Ce fut là qu’on changea de vaisseau. Gelui qui les avait amenés de Césarée continua sans doute son chemin vers Adramyte, et l’on repartit sur un vaisseau alexandrin qui faisait voile directement pour l’Italie. Il était monté par deux cent soixante et seize personnes : l’équipage égyptien, le capitaine Jules avec ses soldats, des passagers de toute espèce, puis des prisonniers et parmi eux l’apôtre Paul, toujours accompagné de quelques amis, à supposer même qu'il en eût laissé à Myra. Les disciples de Jésus ne négligèrent pas, je pense, l’occasion qui leur était fournie de parler du Seigneur à ces pauvres païens ; et s’ils avaient pu passer l’hiver dans l’île de Crète, comme Paul le conseillait, quelle joie n’eussent-ils pas éprouvée en voyant les nombreux frères que renfermait cette île! [4018.1 Mais bientôt il n’y eut plus chez tous les voyageurs qu’une seule pensée et qu’une seule occupation, savoir de lutter contre l’horrible tempête qui, pendant quinze jours, menaça de les engloutir.
4237. Sans reproduire un récit qui est suffisamment circonstancié dans le livre même des Actes, je me borne à quelques réflexions générales, — J’ai oui dire qu'un marin anglais, très familier avec les parages dans lesquels le vaisseau de Paul naufragea, fut converti à la vérité des Ecritures en lisant ceci pour la première fois. Personne, disait-il, si ce n’est un témoin oculaire, n’a pu décrire une pareille scène; c’est bien ainsi, de point en point, que les choses durent se passer. Il disait cela non-seulement des descriptions topographiques et météorologiques, mais encore de celle des manœuvres auxquelles