‹ Études élémentaires et progressives de la parole de Dieu Nouveau TestamentChapitre 121 sur 286 · PAUL TRANSFÉRÉ A ROME · texte numérisé non relu

PAUL TRANSFÉRÉ A ROME

(Actes 2% : 1-44.) on eut recours, dans les circonstances données, pour sauver le vaisseau, puis l’équipage et les passagers. Voilà quant à la vérité matérielle, si je puis ainsi dire.

4238. Ce qui n’est pas moins vrai, c’est ce qu’on peut appeler la partie morale de l’événement, malgré ce qu’elle a de merveilleux. Je n’envisage pas comme une merveille le calme que Paul conserva durant cette affreuse tourmente, nile zèle qu’il déploya pour la conservation de tous, ni l’ascendant qu’il exerça sur ceux qui l’entouraient. C’est le propre de la foi et de la charité de se montrer surtout dans les cas extrêmes. Ce n’est pas moins le propre du vrai chrétien de faire sentir partout, sans qu’il le cherche, la supériorité que lui donne sur un monde incrédule et léger la fermeté de ses convictions et de son caractère. Mais la prévision lointaine du naufrage dont ils étaient menacés; mais la vision d’un ange de Dieu, au plus fort de l’orage ; mais la prophétie de Paul sur l’issue de cette lutte contre les éléments : ce sont là des faits merveilleux, surnaturels, comme on dit, et pourtant fort naturels, une fois qu’on admet qu’il y a un Dieu, et que ce Dieu peut ce qu'il lui plaît, dans le ciel et sur la terre. Il lui eût été facile, assurément, de faire arriver Paul sans dangers à Rome, et même de l’y envoyer de Corinthe, sans le faire passer par la prison de Césarée; mais il voulait que sa main fût évidente en tout ce qui concernait l’établissement de son règne. Ces deux cents personnes qui montaient le navire devaient acquérir la conviction, et nous après eux, que, parmi les prisonniers, se trouvait un messager du Dieu fort et puissant; que ce Dieu n’abandonne jamais ceux qui se confient en lui, et que, pour l’amour d’eux, bien souvent, il accorde au monde d’éclatantes délivrances. Il voulait enfin que Paul et ses amis, à la veille de nouveaux travaux et de nouvelles douleurs, sentissent leur foi s’affermir au spectacle des prodiges dont le Seigneur est capable envers les siens; en sorte que s'ils devaient succomber un jour, ils pouvaient bien s’assurer que ce ne serait pas avant d’avoir achevé l’œuvre qui leur était assignée.

4239. Il est un trait de ce récit qu’il est bon d’étudier à part. C’est l'avertissement que donna Paul au capitaine Jules, lorsque les matelots voulurent s’enfuir du vaisseau (31). On pouvait sans doute avoir ‘ besoin d’eux pour la manœuvre et pour le sauvetage; mais enfin, l’ange du Seigneur n’avait-1l pas accordé à Paul tous ceux qui étaient avec lui? en conséquence, ne fallait-il pas nécessairement que, de manière ou d’autre, ils fussent sauvés? Non, pas de manière ou d’autre,

PAUL TRANSFÉRÉ A ROME. 225 (Actes 28 : 1-6; 7-10.)

Dieu voulait les sauver, mais à condition qu’ils restassent tous sur le navire. Il voulait les deux choses à la fois, de même qu’il veut sauver ses élus, et pour cela qu'ils se convertissent; nous secourir dans nos dangers, et que nous réclamions son secours; amener toutes les nations à l'Evangile, et que nous le leur fassions prêcher; nous fournir notre nourriture, et que nous travaillions de nos mains à de bonnes choses. En un mot, les moyens sont dans la volonté de Dieu aussi bien que la fin. Ne dites donc pas : Si je suis un élu je serai sauvé, quoi que je fasse. Le Seigneur dit que celui qui invoquera son nom sera sauvé; si donc vous êtes élu, vous invoquerez son nom, tout comme on peut dire que si vous invoquez son nom du fond de votre cœur, vous êtes un de ses élus.

4240. (28 : 1-6.) Ge fut donc l’île de Malte qui recueillit les naufragés, cette île que possèdent actuellement les Anglais et d’où par-

tent assez fréquemment des missionnaires pour les contrées évangélisées autrefois par Paul. Les passagers atteignirent le rivage tout trempés de la mer, et à cela vint s'ajouter, dans cette saison déjà froide, une pluie comme celles qui suivent d'ordinaire un vent véhément et prolongé. Les habitants de la côte, désignés sous le nom de barbares, ce qui, dans la coutume des Grecs, équivalait à étrangers, usèrent envers ces pauvres gens d’une bonté rare en ces temps-là. Comme Paul jetait des sarments dans le bûcher qu’on avait allumé, une nouvelle merveille vint préparer ces païens à écouter avec vénération l’envoyé du Seigneur et convaincre toujours plus les compagnons de Paul que ses prophéties n’avaient pas été des paroles aventurées et accomplies, comme on dit, par un effet du hasard. Mais quand les Maltais virent la vipère suspendue à la main de Paul, ils pensèrent que ce prisonnier était sans doute quelque grand malfaiteur; puis, après le miracle, passant à un autre extrême, les voici qui le proclament Dieu. C'était, dans les deux cas, le eri de la conscience; car, ainsi que nous l’a dit l’épître aux Romains, les païens ne sont pas entièrement dépourvus de lumières morales (Rom. 2 : 14, 15). Ceux-ci croyaient à une rétribution, et ils faisaient bien ; ils pensaient aussi que certains faits supposent une puissance surhumaine, et ils avaient raison. Combien, hélas! de soi-disant chrétiens, dont la conscience est moins éclairée que n’était celle des barbares Maltais !

4241. (7-10.) Les nouveaux miracles dont il plut au Seigneur que Paul devint l’instrument, étaient destinés à lui ouvrir le chemin des

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