‹ Études élémentaires et progressives de la parole de Dieu Nouveau TestamentChapitre 122 sur 286 · ARRIVÉE A ROME · texte numérisé non relu

ARRIVÉE A ROME

(Actes 28 : 11-16.) cœurs. Ce fut d’abord la guérison de l'homme généreux qui recueillit sur ses terres les naufragés et les logea durant trois jours; puis celle d’une quantité de malades dont il ne nous est rien dit de particulier. Ici, la narration se resserre, l'historien sacré se hâte de la conduire à son terme, et nous devons faire comme lui.

4242. (41-16.) Trois mois s'étant écoulés et Phiver ayant fait place au printemps, le capitaine Jules reprit le chemin de Rome avec ses prisonniers. De Malte, ils allèrent à Syracuse, sur la côte orientale de Sicile, où ils demeurèrent trois jours; puis à Reggio, tout au midi de l'Italie, et de là, par un bon vent, ils atteignirent en deux jours le port de Pouzzoles, près de Naples. Dans cette ville, où Paul ne verrait de nos jours que des adorateurs de la vierge Marie et de grossiers idolâtres, tels que les fait l'Eglise romaine, il trouva des amis heureux de l’embrasser, lui et ses compagnons de route. Quel bonheur pour lui de se sentir entouré de frères et si près du champ de travail que le Seigneur lui assignait depuis si longtemps! À la demande des disciples de Pouzzoles, on resta sept jours avec eux, faveur qu’on obtint sans doute de la complaisance du capitaine. Mais ce fait ne doit pas nous étonner; car, dès le commencement, il s’était montré plein d'humanité pour Paul (27 : 3), et l’on conçoit que les événements du voyage avaient dù le lui rendre cher : qui sait même si le cœur de Jules ne s'était pas approché du Seigneur Jésus?

4243. Pendantle séjour que Paul fit à Pouzzoles, les frères de Rome avaient reçu la nouveile de sa prochaine arrivée, et ils coururent à sa rencontre jusqu’en un lieu appelé encore aujourd’hui les Trois- Hôtelleries, à environ une journée de Rome. Là se trouvèrent, on peut le penser, Andronique, Junias, Amplias, Urbain, Appelles, Hérodion, Rufus, tous ces frères que Paul saluait avec tant de cœur trois ans auparavant (Rom. 46 : 5-15); surtout Aquüilas et Priscille, si leurs affaires ne les avaient pas de nouveau rappelés en Asie, où nous les reverrons en effet dans peu. Quoi qu’il en soit, c’étaient de vieux amis, qui, sans s’être jamais rencontrés, se connaissaient très bien et se chérissaient en notre Seigneur. Aussi, « Paul les ayant vus, rendit grâces à Dieu et prit courage; » mots d’une touchante simplicité, qui montrent toujours plus que s’il y a, pour les fidèles, des consolations intérieures du Saint-Esprit, le Seigneur se sert aussi, pour les fortifier, de la douce communion de leurs frères. Après trois années de captivité, et près de se voir replacé dans une prison pour un temps dont nul ne connaissait la durée, Paul devait avoir besoin de l’en-

PAUL A ROME. 337 (Actes 28 : 17-29.) couragement qui lui fut donné par l’accueil joyeux de ses amis.

4244. Le sort du captf ne fut pas cependant aussi triste qu’on aurait pu le craindre, et un prédicateur qui, de nos jours, porterait à Rome le pur Evangile, y serait traité tout autrement, Le capitaine Jules livra ses prisonniers au commandant de la garde impériale. Ce devait être le célèbre Burrhus, ancien gouverneur de Néron, homme honorable, dont l’empereur se défit l’an 62, parce que ses bons conseils lui étaient à charge. D’un noble cœur tel que Burrhus, un prisonnier recommandé par Jules et en un certain sens par Festus luimême, ne pouvait attendre que de bons procédés. Au lieu d’être jeté dans le fond d’un cachot comme un malfaiteur, il fut permis à Paul de se loger en maison particulière, toutefois sous la garde constante d’un soldat. C’était bien une captivité, mais une captivité qui n’était pas de nature à l'empêcher de voir ses frères et de propager la parole du salut. Les soldats même qui, tour à tour, le gardèrent, purent entendre ainsi les appels de l'Evangile et les porter à d’autres, tant les voies de Dieu sont admirables!

4245. (17-29.) Après le voyage de quarante lieues environ que Paul avait dù faire de Pouzzoles à Rome, et sûrement à pied, lui vieillard, 1 devait avoir besoin de repos. Ce fut donc seulement trois jours depuis son arrivée qu'il fit appeler les principaux des Juifs. Il pouvait s’attendre à les voir se porter ses accusateurs devant le tribunal de Néron, et il convenait de leur exposer ce qui le concernait. C’est ce qu'il fit avec le calme et la fidélité que nous lui counaissons, tout comme avec cette charité dont nous l’avons vu constamment animé envers tous, S'il en avait appelé à César, encore que le gouverneur de la Judée, convaincu de son innocence, se füt montré prêt à le relâcher, ce n’était nullement, leur dit-il, qu’il eût l'intention d’accuser sa nation. On s'était pourtant montré bien injuste et bien violent envers lui, sans parler des complots contre sa vie, complots qui avaient été connus des principaux du peuple et qu’ils avaient favorisés. Voïlà ce que Paul leur dit; mais les Juifs de Rome étaient sans aucun avis à son sujet. Ni lettres, ni message ne leur avaient été envoyés. Ce silence s’explique assez bien. Les ennemis de Paul avaient, par son éloignement, obtenu en grande partie ce qu'ils désiraient; et puis, ils pouvaient croire que leurs griefs contre l’Apôtre ne seraient pas mieux accueillis devant le tribunal de l’empereur que devant celui de Festus.

4246. Après cela, les Juifs de Rome se montrant désireux d’entendre Paul au sujet de cette secte, objet de tant d’opposition parmi

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leurs coreligionnaires, l’Apôtre leur assigna un jour, et, du matin au soir, il se mit à leur exposer le royaume de Dieu, ou autrement la doctrine du salut en Jésus-Christ. Il est dit qu’il le faisait en s’appuyant sur Moïse et sur les prophètes, selon sa coutume constante avec les fils d'Israël ; et nous avons vu par ses épitres, comme par ses discours, combien était puissante son argumentation et combien énergiques ses appels. Après avoir oui sa parole, qui était la parole même du Saint-Esprit, il n’y avait pas moyen de demeurer indifférent. Aussi, l'auditoire de Paul se partagea-t-il bientôt en deux camps, l’un composé de ceux qu'il persuadait, l’autre des hommes qui demeuraient incrédules, Ces derniers quittèrent Paul avec éclat, lorsqu'il leur eut fait entendre un passage d’Esaïe déjà rappelé par l'Evangile (Jean 42 : 40) et dont le parallèle est cité dans l’épître aux Romains (Rom. 41 : 8). Il y avait là, convenons-en, de quoi les irriter, mais aussi de quoi leur fermer la bouche. Ils ne pouvaient récuser Esaïe ; et ce que le Saint-Esprit avait dit par son organe, ne pouvait que s'appliquer à eux. Puis, quand l’Apôtre des Gentils eut ajouté que le salut était envoyé aux paiens, l’orgueil de ses auditeurs ne leur permit pas d’en entendre davantage.

4247. Ce dernier discours de Paul, j'entends le dernier de ceux qui nous sont donnés dans le livre des Actes, n’offre rien que nous n’ayons déjà rencontré dans la bouche ou sous la plume de l’Apôtre. Mais, par cela même, il nous atteste l’unité que le Saint-Esprit avait imprimée à ses sentiments et à ses vues. Il n’est pas d'homme qui, à la fin d’une longue carrière, voie toutes choses exactement comme au point du départ : les idées se modifient avec l’âge et l’expérience. Sous ce rapport même, Paul fut un homme d'élite, au milieu des apôtres. Tandis que les autres ne furent éclairés que peu à peu sur le sujet important de la vocation des Gentils, mystère longtemps caché, comme le dira Paul lui-même dans sa prochaine lettre, il en eut la pleine révélation dès le premier jour (Act. 9 : 15). J'ai déjà fait remarquer de quel intérêt ce mystère est pour nous, issus des nations qu'il a plu à notre Père céleste d'appeler au salut éternel par Jésus- Christ; mais que mes lecteurs y prennent garde. Bien que faisant partie du peuple de Dieu par leur naissance, ils ne sont pas sauvés par cela seul. Que l’oracle d’Esaïe leur serve d’avertissement. On peut avoir des oreilles et ne pas entendre (Matth. 41 : 45), des yeux et ne pas voir, un cœur et demeurer insensible, et n’être ainsi, ni converti par le Saint-Esprit, ni guéri par Jésus-Christ. Pauvres Juifs! s’écrie-

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t-on, quand on voit les concitoyens de Paul s’éloigner de lui et rejeter la vie éternelle. Et vous, mes chers lecteurs, quelle douleur ne serait-ce pas, si vous alliez les imiter! Mais non : vous avez, je l’espère, recueilli quelque bénédiction des enseignements que le Seigneur a donnés au monde par son grand Apôtre, et vous continuerez à recevoir avec docilité et reconnaissance envers Dieu, ceux qu’il doit vous donner encore.

49248. En effet, si le livre des Actes est terminé et avec lui la seule histoire authentique que nous ayons du ministère de Paul, nous avons encore à lire les lettres qu'il écrivit pendant sa captivité. Quand Luc traçait les dernières lignes de son livre, cette captivité avait duré deux ans; mais, bien que gardé à vue, Paul avait pu prêcher librement le royaume de Dieu à tous ceux qui venaient vers lui, leur: enseignant. les choses qui regardent le Seigneur Jésus-Christ. On ne peut douter qu'il n’ait été considérable, le nombre de ceux qui mirent à profit pour leurs âmes la liberté de parole qui fut laissée à Paul : nous en aurons des preuves manifestes dans ses dernières épîtres.

4249. Parmi eux on doit compter le personnage de distinction aüquel Luc adressa son Evangile et le livre dont nous achevons maintenant l’étude (Luc 1 : 1 ; Actes 1 : 1). Nous manquons de renseignements sur ce Théophile, mais tout porte à penser que, citoyen de Rome, il fut conduit par la main du Seigneur auprès de Paul, ainsi que bien d’autres Romains, et amené de la sorte à la foi en Jésus-Christ. À ce moment, l'Eglise avait fait de grands progrès parmi les nations, et il convenait qu'un écrit spécialement destiné aux païens convertis, comme l'Evangile de Matthieu l'avait été aux Juifs, exposât tout ce qui concernait le royaume des cieux : ce fut Luc qui reçut du Saint- Esprit cette mission. Il la remplit pendant qu'il était à Rome avec Paul, divisant tout son travail en deux livres, dont l’un traite des choses que Jésus a faites lui-même, pendant qu’il était sur la terre, et l’autre de celles qu’il avait faites dès lors et qu’il faisait encore par le moyen de ses serviteurs les apôtres.

4250. Le livre des Actes ne me paraît point un livre inachevé, bien qu’il se termine brusquement. A la dernière de ses lignes se trouve atteint le but que le Saint-Esprit avait en vue, celui de faire connaître à l'Eglise de tous les siècles, comment l'Evangile avait pénétré parmi les nations païennes, après avoir été d’abord prêché à Jérusalem et dans la Judée. Que de choses dans ce court résumé des trente années environ qui suivirent la mort de notre Sauveur! et que de grandes

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(E Picrre.)

choses, À les envisager en élles-niémés, où à considérèr leuts résultats. Poussée plus loin, l’histoire sainte aurait pu sans doute nous donner encore des détails pleins d'intérêt sur les derniérs travaux de Paul ; mais, quelque grande que soit la place de cet hommé de Dieu dans Es annalés dé l'Eglisé, ce n’est pas de lui toutefois qu'il s’agit ävant tout. « Qui est Paul? qui est Apollos? » et lui-rême ; « Est-ce Paul qui fut crucifié pour vous?» (1 Cor. 8 : 5; 4 : 13.) Est-ce par lui que hous ävons la vié éternelle? 11 faut dire cependant que si l’histoiré de Paul se termine ici, les lettres que nous avons encore à étudier, nous fourniront plusieurs données sur ce qui lui arriva penñdant sa longue captivité. Dieu veuille nous conduire par son Esprit dans le nouveau champ qui s'ouvre devant nous! Elles sont solennelles, les parolés d'un vieillard qui s’approche du térnie de Sa cärrière, après y avoir marché d'un pas sûr et fidèle ; elles lé sont surtout quand ce vieillard est un prophète de l’Etérnel, un martyr, un des plus dévoués serviteurs de Jesus-Christ. — Mais avant de passer aux dernières lettres de Paul, nous avons à étudier deux épitres non moins importantes que les sienhes, l’une et l’autre écrites par deux hommes que nous avons déjà appris à aimer et à vénérer.

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