PREMIÈRE ÉPITRE DE PIERRE
CCCXIV. — Renseignements historiques; introduction; proclamation du salut; exhortations générales à la sainteté.
4231. La dernière fois qu’il a été fait mention de l’apôtre Pierre, ou Céphas (Jean À : 43), c’est dans la première épître aux Corinthiens (4 : 12; 3 : 22). Quelques-uns ont coneélu dés paroles de Paul en cet sndroits que Pierre passa quelque temps à Corinthe, peu après que VÉBeS y eut été fondée, ce qui est vrai d’Apollos [3869], Mais vous n'avez qu’à relire l'explication que j'ai donnée de ces deux passages, pour vous assurer qu'on ne saurait en tirer cette conséquence. 8i d’ailleurs on voulait absolument qu’il y eût à Corinthe des gens qui se disaient de Céphas, par opposition à Paul dt à Apollos, je ferais observer qu’il n’était pas nécessaire pour cela que Pierre eût été de sa personne en Achaïe : il suflisait bien que cette province eût reçu la visite de quelqu'un de ses disciples. Mais c’est supposer entre
RENSBIGNEMENTS HISTORIQUES. 331 (EH Pierre 5 : 12,13.) Pierre et Paul un antagotise qui n’exista jamais [3893]. Nous en avoRs une preuve sensible dans l’épitre même que nous allons étudier, car nous y voyons que Pierre avait alors pour collègues deux frères qui n’ont paru jusqu'ici que dans la société de Paul où de Barnabas, si longtemps son coipagnon d'œuvre (5 : 12, 13).
4252. Quatorze ans après la conversion de lapôtre des Gentils, Pierre était encore à Jérusalem (Gal. 2 : 9), faisant des excursions dans la Judée et les poussant même jusqu’à Antioche (Gal. 2 : 11); maïs il se décida finalement à porter ses pas au loin. Apôtre de la circoncision, commé Paul l'était de lincirconcision (Gal. 2 : 7), il dut naturellement $e diriger vers les pays où il trouverait en plus grand nombre les fils d'Israël, et où ces débris de la dispersion étaient le plus misérables. Ce fut donc à Babylone qu’il $e rendit (13), centre des vastes contrées que tant de Juifs continuèrent d’habiter depuis que leurs pères y avaient été menés captifs, et qui en renferment encore un grand nombre de nos jours. La Babylone dé cette époque n’était plus l’orgueilleuse cité d’où partirent les armées qui avaient jadis ravagé la Judéé ; mais elle subsistait, bien que dans un état fort chétif, et ce he fut guère que cinq à six cents ans plus tard, qu’elle fut entièrement effacée de dessus la terre, lors de la destruction du second empire persé par les Arabes [2188]. C’est donc là que Pierre était lorsqu'il écrivit sa lettre, et il avait auprès de lui Silvain , autrement dit Silas où Tertius , puis Jean, surnommé Marc, l’auteur de l’Evangile (4193, 37591.
4253. Marc n’a été mentionné nulle part, ni dans le livre des Actes, ni dans les épiîtres de Paul, depuis le moment qu'avec Barnabas, il se. sépara de Paul et de Silas, au départ d’Antioche, vers l’an 50. Il put donc, peu de temps après, rejoindre Pierre, qui était $on père en la foi comme Paul était celui de Timothée, et nous le voyons à cette heure auprès de lui, avec ce même Silas qui avait jadis pris la place qu’il occupait près de Paul (Actes 45 : 40). Cette affaire n’avait donc rien laissé de pénible entre ces deux serviteurs de Dieu. Quant à Silas, il ne pouvait pas y avoir longtemps qu’il était devenu le collègue de Pierre, Peut-être ne lui avait-il fait qu’une courte visité de la part des frères de l’Asie Mineure auxquels il allait porter la lettre de l’apôtre; car nous avons vu qu'il se trouvait encore avec Paul lorsque ééli- ci écrivit son Epiîtré aux Romains ; et, bien que cela ne soit pas dit, il est assez probable qu’il avait été du dernier voyage à Jérusalem. Mais il ne l’est pas moins. qe, durant la captivité de Césarée, si cé