‹ Études élémentaires et progressives de la parole de Dieu Nouveau TestamentChapitre 124 sur 286 · GEUX À QUI PIERRE ÉCRIT · texte numérisé non relu

GEUX À QUI PIERRE ÉCRIT

(EH Pierre 1 : 1.) n’est auparavant, 1l quitta Paul pour continuer ses travaux apostoliques. Ce serait donc à cette époque qu’il aurait rejoint Pierre en Chaldée, à cette époque aussi que Pierre aurait écrit la lettre importante que nous avons sous les yeux.

4254. (1 : 1.) Pierre se désigne simplement comme Envoyé de Jésus-Christ sans parler de sa vocation spéciale auprès des Juifs, ce qui lui eût été permis, et sans se donner pour le prince des apôtres, prétention qu’il n’a eu garde de former. Les catholiques-romains lui assignent ce titre, prétendant qu'il fut le premier pape; mais, en vérité, il n’y a rien de commun entre le ton de sa lettre et les manières arrogantes de ses prétendus successeurs. Quant aux doctrines, la différence n’est pas moins grande. Si, du reste, on donne à cette épître le titre de catholique, il n’y a rien là qui appuie l’erreur romaine, attendu que catholique veut dire universel, et qu’on donne ce même titre à l’épitre de Jacques et à la première de Jean. Cela veut dire que ces lettres ne sont pas, comme celles de Paul, adressées à quelque Eglise particulière, et toutefois elles re sont pas non plus universelles, si ce n’est dans ce sens, que le Saint-Esprit les a fait écrire pour les Eglises de tous les temps; mais ceci est également vrai des épiîtres de Paul.

4255. En effet, Pierre ne s’adresse pas à tous les fidèles de son siècle, mais seulement aux élus, forains et dispersés dans l'Asie Mineure, dont il nomme quelques-unes des principales provinces, comme elles se présenteraient à un voyageur venant de Babylone. Cette circonstance prouve bien que Pierre écrivit de Chaldée et non d'Italie, selon le dire des catholiques-romains. Ils veulent absolument que Pierre ait été le premier évêque de Rome, et ils prétendent que la Babylone dont il est parlé au chapitre 5, n’est autre que la ville des Césars ; mais pour m’en lenir à ce seul point, si Pierre eût écrit de Rome, ii n’eût certainement pas énuméré les provinces de l’Asie Mineure en allant d’orient en occident.

4256. On pense généralement que, par ces élus, forarns et dispersés, il faut entendre les fils d'Israël, répandus çà et là dans cette terre étrangère ; mais ce n’est pas à dire que les exhortations de l’apôtre ne fussent destinées qu’à eux seuls. Il est même un mot de sa lettre qui semble montrer que sa pensée se dirigeait aussi sur les fidèles d’entre les nations (2 : 10). Quoi qu’il en soit, ce dut être une grande joie pour les disciples de toute origine, lorsqu’ils eurent sous les yeux un écrit si parfaitement d’accord avec les enseignements qu’ils avaient

L'ÉLECTION DIVINE. 233 (EL Pierre 1:92; 3-5.) reçus de Paul. Il leur fut manifeste que l'Esprit qui parlait par Paul, parlait par Pierre également (Gal. 2 : 8.)

4257. (A : 2.) Pour Pierre, comme pour Paui, la grâce de laquelle découlent toutes les autres, c’est l'élection divine. La doctrine prend même chez lui sa forme la plus concrète, car il désigne sous le nom d'élus, ceux que Paul sans doute avait dits les objets de élection de Dieu (1 Thess. 1 : 4), mais qu’il nommait les appelés, les saints, les fidèles, les bien-aimés du Père (4 Cor. 4 : 2; 2 Cor. 4 : 1; Rom. 4 : 7). Cette élection a sa raison en Dieu même, et non pas en nous; elle a été dans sa pensée dès l’étérnité, et ne date ni d’hier, ni d’avant-hier : ceux qu'il a préconnus, il a aussi déterminé d’avance qu'ils seraient conformes à l’image de son Fils... et ceux desquels il a déterminé d'avance cela, il les a aussi appelés... (Rom. 8 : 29, 30). Voilà l’œuvre spéciale du PÈRE. Ensuite, cette élection, éternelle quant à Dieu, se manifeste, dans le temps, par l’opération intérieure de l'Esprit, opération sanctifiante, puisqu'elle n’est autre que la régénération , avec tout ce qui la constitue et notamment l’obéissance à Dieu. Voilà l'œuvre spéciale du Saint-Esprit. Enfin, cette élection a pour fruit essentiel de placer lâme élue sous l’arrosement du sang de Jésus- Christ, par lequel nous sommes réconciliés avec Dieu et nos péchés sont effacés : œuvre spéciale du Fizs. — Ai-je besoin de faire remarquer à mes lecteurs les richesses dogmatiques qui se trouvent renfermées dans ce seul verset, richesses qui sont là comme jetées en passant ?

4258. Le vœu de lapôtre n’est pas moins remarquable. Il est au fond pareil à ceux qui abondent dans les lettres de Paul, parce qu’un disciple de Jésus-Christ n’a rien de mieux à souhaiter pour ses frères, sinon que Dieu leur donne sa grâce et sa paix. Mais il y à ici le mot «multipliées, » qui renferme aussi toute une doctrine fort importante. Quelle que soit l'abondance de la grâce de Dieu dont nous jouissions, nous pouvons en recevoir une mesure encore plus abondante. Quelque parfaite que soit notre paix intérieure, cette paix est susceptible d’accroissement, jusqu'à ce qu’elle devienne profonde et calme comme un fleuve (Es. 48 : 18). Nous devons en conséquence demander à Dieu notre Père que, pour l’amour de son Christ, il nous multiplie la grâce et la paix, ou autrement les dons du Saint-Esprit.

4259. (3-5.) Je pourrais, d’un bout à l’autre de cette épître, faire des rapprochements entre Pierre et Paul, signaler des coïncidences où l’on ne saurait voir de simples accidents et qui sont de nature à affermir sin-

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