‹ Études élémentaires et progressives de la parole de Dieu Nouveau TestamentChapitre 125 sur 286 · L'HÉRITAGE CÉLESTE. L'ÉPREUVE DE LA FOI · texte numérisé non relu

L'HÉRITAGE CÉLESTE. L'ÉPREUVE DE LA FOI

(X Pierre 1 : 6-9.)

sulièrement notre foi ; mais j’en laisse plutôt le soin à mes lecteurs. Remarquez cependant encore avec moi, que l'apôtre commence, ainsi que Paul, par des actions de grâces. Or, de quoi Pierre bénit-il le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ? — De ce qu'il nous a réengendrés, ou régénérés (il dit « nous, » parlant au nom des élus). Quels motifs notre Père céleste peut-il avoir eus pour cela? — Pas d’autres que sa grande miséricorde. À quelle fin? — Pour nous donner une espérance forte et vive. Sur quoi cette espérance est-elle fondée? — Sur le relèvement de Jésus-Christ d’entre les morts, gage de notre propre relèvement. Qu'est-ce qui est devenu l’objet de nos vives espérances par la résurrection de Jésus-Christ? — L'héritage de notre Père céleste, héritage incorruptible, sans souillure et inflétrissable, ce que ne sont pas les héritages de ce monde, ce que ne fut pas même l'héritage du pays de Canaan. Un père cherche à amasser et à conserver pour ses fils; mais souvent les fils meurent et la fortune paternelle, accumulée avec une rare prudence, demeure sans héritier. D’autres fois les fils demeurent, mais la fortune s’est fait des ailes et s’est envolée. Il y a tout autre chose entre les élus et l'héritage eéleste (Matth, 25 : 34). Celui qui nous a destiné l’hérédité, nous la conserve ; et, par la puissance même par laquelle il conserve l’hérédité, il garde les héritiers institués par lui. Il les garde au moyen de la foi, dit l’apôtre, non des œuvres; en sorte que si c’est par la foi que nous sommes constitués enfants de Dieu, c’est par elle que nous continuons de l'être, par elle que le Saint-Esprit nous prépare pour le jour du Christ, jour de la révélation entière du salut (Rom. 8 : 93). 4260. (6-9.) Grand sujet de joie pour les élus, quelles que soient leurs épreuves dans la vie présente ! C’est ce que l’apôtre pose en fait. Les fidèles d'Asie, comme tous les autres, avaient des afflictions. Or toute souffrance est une tentation au murmure, et toute persécution, une tentation à renier la foi; voilà pourquoi le mot grec qui signifie épreuve, signifie aussi tentation. Mais les élus ne laissent pas d’être pleins de joie. Ils savent que leurs tribulations présentes sont légères et courtes, en comparaison de la gloire à venir (2 Cor. 4 : 47). Ils y voient l'épreuve ou l’exercice de leur foi [3592] ; objet plus précieux que lor qui périt et qu’on fond au creuset por ir le purifier de ses scories ; et ils se réjouissent dans la pensée que eur foi sortira de là plus pure aussi, plus vive, plus efficace, en sorte que tout cela doit leur tourner à pheaae à honneur et à gloire au jour où Christ se révélera de nouveau. D'ailleurs, ils aiment ee Jésus qu'ils n’ont pas

LES PROPHÈTES ET LES ANGES EN FACE DU SALUT. 246 (E Pierre 1 : 10-12; 13.)

connu personnellement (Pierre l’avait connu et aimé, Jean 214); ils attendent avec foi sa venue, bien qu’elle semble tarder, et c’est là ce qui les remplit d’une joie inexprimable et glorieuse. Qui, d’une joie qui ne saurait se raconter; d’une noble pe qui ne laisse aucun dégoût après elle : c’est, par anticipation, le salut même, le salut de nos âmes, que nous savourons par la foi.

4261. 10-12.) Ce salut, dit Pierre, fut l’objet constant des pensées et des préoccupations des anciens prophètes. Ils voyaient clairement, par l’Esprit même de prophétie, qu'il y aurait un temps où la grâce de Dieu se révélerait aux hommes dans sa plénitude. Mais, quand? Cest ce qu'il plut à Dieu de leur laisser ignorer; seulement, il leur fut dit qu'ils ne verraient pas eux-mêmes l’avénement de la nouvelle ère qu'ils prédisaient. À toutes les époques done, Dieu s’est réservé l’entière connaissance des temps et des moments (Actes 4 : 7), connaissance qui ne nous est point nécessaire. Les prophètes surent que le Christ soutirirait et qu’ensuite il entrerait dans sa gloire; qu’ainsi succéderait à l'alliance de la loi une alliance de grâce : n’était-ce pas assez pour remplir leur cœur de la joie du salut? Aussi, rappelez-vous les chants de triomphe d’un David et d’un Esaïe, Nous, de même, bien que nous ignorions le jour où commencera la période de la gloire future du Christ, nous savons que cette ère nouvelle s'ouvrira un jour et qu'avec elle commencera notre propre gloire ; cela ne doit-il pas nous suflire ? Nous plamdrons-nous de ce que notre position relativement au retour de Jésus-Christ, est la même que fut celle des prophètes anciens au sujet de sa première venue? C’est la réflexion que me suggère d’abord la paroie de l’apôtre. On y voit de plus que c’est par l’Esprit de Christ que les prophètes de l’Ancien Testament prophétisèrent, comme c’est par cet Esprit que Pierre et ses collègues prêchèrent l'Evangile et complétèrent les oracles de Dieu. Ou y voit enfin l’excellente grandeur du salut, puisque les anges de l'Eternel, s’inclinant devant ce mystère de l’amour divin, en font aussi l’objet de leurs contemplations. C’est ce qui était figuré par les chérubins dont la face se penchait sur le propitiatoire de l'arche [853], et notre Seigneur nous dit qu ls se réjouissent pour la conversion d’une seule âme (Luc 45: 40). He

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236 EXHORTATIONS A L'ESPÉRANCE ET À LA SAINTETÉ, (E Pierre L : 14-2).)

et à une espérance parfaite, que Pierre va d’abord exhorter les fidèles. Vous vous souvenez que l’espérance est un des traits fondamentaux du caractère chrétien (1 Cor. 13 , 13). Espérer parfaitement, c’est-àdire de tout son cœur, sans hésiter; espérer en la grâce de Dieu que Jésus-Christ nous a révélée et qu’il nous révèle encore : tel est notre devoir, si nous sommes vraiment dans la foi. Mais pour cela, il faut ceindre les reins de son entendement, c’ést-à-dire se vouer sérieusement à la grande affaire de son salut, comme celui qui retroussait sa robe autour de ses reins pour marcher, travailler ou combattre (Luc 42 : 35). I] faut de plus être sobre, modéré, tempérant en toutes choses, réglé dans ses désirs et dans ses affections, supérieur aux jouissances et aux douleurs de la vie; sinon, les préoccupations du siècle et les séductions du péché nous rendront incapables de toute espérance en la révélation future de Jésus-Christ: nous aurons mis ailleurs nos espérances et nos vœux.

4263. (14-21.) Mais si le Saint-Esprit nous exhorte à l’espérance, c’est pour nous stimuler à la sainteté. Celle-ci consiste à ne pas se conformer aux désirs qu’on nourrissait, lorsque autrefois on ignorait la grâce de Dieu : désirs de sensualité, désirs d’avarice, désirs de vaine gloire; elle consiste encore à vivre dans la crainte de Dieu et sous son regard, en cherchant à connaître sa pensée et en évitant tout ce qui peut l’offenser. En somme, la sainteté, c’est l’obéissance ou la soumission vraie de notre volonté à la volonté de Dieu ; car, ainsi que le dit l’apôtre, nous devons être des enfants d'obéissance. Les motifs sont, d’abord (45, 16), la considération de Celui qui nous appelle au salut. Il est saint; et, dès les anciens temps, il disait à son peuple élu : « Vous vous sanctifierez et vous serez saints ; car je suis saint » (Lévit. 41 : 44). S'il nous a élus pour partager sa gloire et s’il nous y appelle, il ne nous appelle pas moins à la sainteté ; car il nous a élus dans la sanctification de l'Esprit (2). Un second motif, c’est que nous invoquons Dieu comme Père (17,18), et que, par la foi, nous sommes en effet devenus ses enfants. Or qu'est-ce qu’un enfant qui n’obéit pas à son père ? (Mal. 4 : 6). Mais ce Père est celui qui, par Jésus- Christ, jugera chacun selon ses œuvres, les fidèles aussi bien que les inconvertis (2 Cor. 5 : 10) : troisième motif pour vivre dans la sainteté ; car s’ilse trouvait au dernier jour que nous avons véeu dans la désobéissance , il serait démontré que nous n’étions pas des enfants de Dieu.

4264. Le quatrième et dernier motif, plus développé que les précédents, est aussi d’une plus grande puissance sur le cœur des fidè-

LA RÉDEMPTION. 297 (EH Pierre 1: 14-21.)

les (19-21). Les idées s’y enchaînent d’une manière si étroite qu'il est difficile de les détacher les unes des autres sans diminuer la force de lensemble. C’est un de ces endroits de l’Ecriture où se trouve admirablement résumée toute la doctrine du salut. — Ce queiles générations se transmettent invariablement, c’est le péché. Tout homme non converti vit dans l’ignorance de Dieu, dans l’oubli de léternité, dans les désordres du vice, en vrai païen; ou, à la façon des pharisiens, dans l’orgueil de la propre justice; et quelle justice ! Cela est vrai de ceux mêmes qui sortent de parents régénérés; car ce qui s’hérite, c’est la chair, non l'Esprit (Jean 3 : 6). Or, cette vaine conduite, cette conduite de néant, comme l’appelle l’apôtre , est un véritable esclavage, ce qu’indique le terme de « rachetés » ou de « rachat » qu'il emploie pour désigner la délivrance. Esclave de ses passions et de sa volonté pervertie, esclave du monde et de ses funestes influences, esclave de Satan, l’auteur de tout mal, que deviendra le pécheur? Voici la réponse. Jésus-Christ à racheté nos âmes, et le rachat s’est opéré par ces deux faits sans cesse rappelés comme lunique fondement de nos espérances : l’effusion de son sang sur la croix et son relèvement d’entre les morts. Par l’un, le péché est expié; par l’autre, le sacrifice est accepté. L’un est Le prix payé pour notre rançon ; l’autre, avec la gloire qui s’en est suivie, est le prix remporté par la sainte victime, en faveur des élus de Dieu.

4265. La certitude de ce salut repose à son tour sur deux faits incontestables. D'abord, la rançon est d’une valeur infinie. Le sang du Christ est plus précieux que tout l’or et tout l’argent äu monde, biens périssables , dépourvus de sainteté, revêtus plutôt d’une puissance corruptrice ; tandis que le sang de Jésus est celui d’un être parfaitement innocent et pur. Après cela, c’est un salut qui, bien qu’accompli dans le temps, était résolu de toute éternité. Ge temps du grand sacrifice est appelé par l’Apôtre « les derniers temps, » selon le constant usage des Ecritures et par la raison que nous avons dite ailleurs (Es. 2 : 4, 4 Tim. 4: 4 ; 4 Cor. 40 : 41). Il n’y a donc plus d’autre salut possible ; mais il n’est pas possible, d’un autre côté, que ce salut ne sauve pas, puisqu'il a été préconnu, par conséquent préétabli de Dieu avant la fondation du monde, comme les rachetés eux-mêmes (2). Or, pour qui est ce salut? L’apôtre ne le dit pas dans les termes auxquels nous sommes le plus habitués. Mais en disant : « vous avez été rachetés, » et plus bas : « à cause de vous, » il proclame nettement que ce salut appartient «à ceux qui sont élus selon la préconnaissance

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