LE PEUPLE DE DIEU
(£E Pierre 2 : 4-10.)
grès dans la foi pour être vrai et pour aimer. Puis, comme un petit enfant qui vient de naître, il recherche le lait de la Parole ; il fait de la Bible la nourriture de son âme, et il s’éloigne de tout enseignement humain qui lui paraît falsifier à un degré quelconque les doctrines du saint Livre. C’est ainsi que l’enfant de Dieu fait des progrès en sagesse et en grâce, après avoir goûté combien le Seigneur est bon (Ps. 34: 9). Car si d’abord le petit enfant désire le lait de sa mère parce qu'il a faim, il y retourne ensuite parce qu’il le trouve agréable. De même, c’est la faim et la soif de Dieu qui pousse un nouveau converti vers la Bible, mais il y est ramené par la jouissance qu’elle lui procure, dans ‘la communion de son Sauveur.
4269. (4-10.) En approchant ainsi du Seigneur, on devient un avec lui, on se pénètre de sa substance, ou du moins on lui est fait semblable. Selon la prophétie qu’il s’est appliquée et que nous avons déjà vue rappelée par l’apôtre (Luc 20 : 17; Actes 4 : 11), Jésus-Christ est la PIERRE, la pierre angulaire, élue, précieuse, bien que réprouvée par la généralité des hommes. Ceux-ci vont s’y briser, à cause de leur incrédulité, et ainsi s’accomplit le décret de l’Eternel à leur égard (Prov. 16 : 4). Les autres deviennent, par la foi en Jésus-Christ, des pierres vivantes dont l’ensemble forme une maison spirituelle, un saint temple (1 Cor. 3 : 16), où chaque fidèle, exerçant une sainte sacrificature, offre une victime agréable à Dieu par Jésus-Christ (Rom. 42 : 1, 2) : race élue, sacrificature royale, nation sainte, peuple acquis (non par or ou par argent, À : 18, 19), réalisation parfaite d’un ordre de choses qui n’existait qu’en type, lorsque l'Eternel adressait ces paroles à Israël par la bouche de Moïse (Ex. 19 : 6). Mais dans quel but le Seigneur nous a-t-il élus ? Pourquoi nous a-t-il confié la vraie sacrificature, jointe à la vraie royauté? Pourquoi’a-t-il fait de nous une nation à part, et nous a-t-il pris à lui pour devenir un peuple particulier au milieu des peuples ? (Tit. 2 : 14.) Ecoutez la réponse; elle est sérieuse. C’est « pour que nous annoncions les vertus de Celui qui nous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière. » C'est-à-dire que notre vie entière doit être une prédication de la puissance, de la miséricorde, de la sainteté de ce Dieu qui nous a appelés, « nous qui autrefois n’étions point un peuple, mais qui maintenant sommes le peuple de Dieu ; nous à qui il n’avait point été fait miséricorde, mais à qui maintenant il a été fait miséricorde. » Combien cette parole est vraie en ce qui nous concerne, mes chers lecteurs, et combien elle est propre à nous émouvoir! Nos pères étaient païens une fois : main-
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tenant nous appartenons par naissance à un peuple appelé ; et si nous croyons de tout notre cœur à Jésus-Christ, nous faisons partie de son vrai peuple, tandis qu'avant notre conversion, nous étions tous du monde. Mais cette parole, si vraie pour nous, létait-elle également pour les Juifs auxquels Pierre écrivait? A-t-il pu vouloir dire qu’avant de croire à l'Evangile, ils ne fussent d'aucune manière le peuple de Dieu? Non sans doute; toujours est-il incontestable que le Saint- Esprit a dirigé sa plume de manière que la Parole pût s’entendre de tout homme, Juif ou Gentil, à qui miséricorde a été faite. Ce n’est pas le seul endroit où l’Ecriture, vraie dans le sens restreint qui se présente au premier abord, ne l’est pas moins dans un sens universel et éternel que la réflexion fait bientôt découvrir.
4270. (41, 12.) Personne assurément ne fut jamais plus étranger et voyageur sur la terre, que ne l’étaient les Israélites de la dispersion. Mais cette position est celle de toute âme fidèle. Le chrétien se sent ici-bas comme en séjour et hors de chez lui [4045] : il marche vers le but céleste de sa vocation en Jésus-Christ. Avec quelle attention, par conséquent, ne s’abstiendra-t-il pas de la sensualité, de l’avarice, de l’orgueil, ces passions charnelles qui font à notre âme une guerre à mort, et qui, nous enchaînant aux choses visibles, détournent du ciel nos pensées et ne vont à rien de moins qu’à nous rendre impossible accès de la vraie patrie. C’est en réprimant nos désirs que nous parviendrons à tenir au milieu du monde une conduite telle, que ceux qui nous traitent comme des malfaiteurs, qui nous méprisent, nous calomnient, nous insultent, soient finalement obligés de glorifier Dieu à cause du bien qu’ils auront remarqué en nous (Matth. 5 : 16). Rien ne frappe plus le monde que la pureté des mœurs, le désintéressement, l’humilité, toutes choses qui lui sont, hélas! si étrangères. C’est « au jour de leur visitation, » dit l’apôtre, qu’ils glorifieront Dieu, ou qu'ils reconnaîtront l’œuvre de la grâce du Seigneur en ses élus, dans les choses mêmes qui les avaient le plus offusqués. Par ce jour de Ja visitation des Gentils, il faut entendre celui où il leur fera miséricorde ; car l’homme naturel ne comprendra jamais l’homme spirituel (1 Cor. 2 : 15).
4271. (43-17.) Il y à un tel rapport entre cette exhortation et celle de Paul dans l’Epître aux Romains, que j'y renvoie mes lecteurs [#1791. Je ferai cependant observer que l’apôtre se sert ici du mot de « roi, » bien que ceux auxquels il écrivait fussent soumis à un empereur, parce que ce mot s’employait pour désigner l’autorité suprême,
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quels qu'en fussent les dépositaires. Si d’ailleurs il appelle les institutions politiques « un établissement humain, » ce n’est pas en contradiction avec Paul (Rom. 138 : 1), mais c’est pour les distinguer des institutions ecclésiastiques, celles-ei appartenant au royaume qui n’est pas de ce monde {Jean 18 : 36), celles-là aux royaumes de la terre. N'importe; nous devons être soumis aux unes non moins qu'aux autres, à cause du Seigneur, et parce que telle est sa volonté. Personne n’est libre comme un chrétien. Racheté de Jésus-Christ et esclave de Dieu seul (Tit. 4 : 1; 4 Cor. 7 : 23), il ne saurait se plaire sous l’appression de l’homme ; ajoutons qu’il a besoin de toute sa liberté pour servir le Seigneur sans partage (Ps. 449 : 134). Mais, prêt à donner sa vie plutôt que de renier sa foi, il est libre sous tous les gouvernements possibles, ainsi que Daniel. On ne le verra donc point se mêler aux gens remuants (Prov. 24: 21), et, dans les commotions politiques, il se conduira de telle sorte que personne ne puisse accuser l'Evangile de favoriser les bouleversements et d'allumer les passions. Les temps où nous vivons sont particulièrement difficiles sous ce rapport. Nous avons, comme citoyens, des devoirs à remplir envers la patrie; il est impossible que nous n’ayons pas une opinion sur les questions qui agitent la société, et si nous croyons voir ce qui serait utile et bon dans les conjonctures présentes, nous tairons-nous? resterons-nous inactifs? [l ne me semble pas qu’on puisse répondre oui; mais, quoi que nous fassions, il faut qu’on voie en nous des citoyens amis de l’ordre et ennemis de toute violence et de toute injustice, — En somme, voici le résumé de nos devoirs sociaux. C’est de rendre honneur à tous, au lieu de faire comme tant de gens qui affectent du mépris, tantôt pour une certaine elasse d'individus, tantôt pour une autre. Là, ce sont les pauvres qui insultent aux riches ; ici, les riches qui dédaignent les pauvres; ailleurs, les ignorants qui dénigrent ceux qui ont quelques connaissances, ou les gens instruits qui tiennent pour rien les ignorants. Hélas! à le bien prendre, nul n’est digne d'honneur; mais qui sommes-nous pour mépriser personne, et combien ce mépris n'est-il pas insensé quand il s'étend indistinctement sur une foule de gens, connus ou inconnus? Honorons en tout homme sa qualité d'homme, honorons en ceux qui nous entourent Pappel de grâce qui leur est adressé; honorons ces âmes, maintenant égarées, qui nous devanceront peut-être dans la carrière, si une fois elles se convertissent. — «Aimez l’ensemble des frères », dit ensuite l’apôtre ; oui, aimez-les, sans distinction de dénominations religieuses, et par cela même que
DEVOIRS DES SERVITEURS; LA PATIENCE. 243 (E Pierre 2 : 18-20; 21-25.) cet ensemble forme le corps de Jésus-Christ. — « Craignez Dieu; » c'est le principe de tout. Après quoi, l’apôtre revient à son point de départ : Honorez ceux qui gouvernent.
4272. (18-20.) J’ai déjà fait remarquer le soin particulier que met le Saint-Esprit à instruire de leurs devoirs ceux qui vivent sous l’autorité d'autrui, comme esclaves ou comme simples domestiques [3943, 4095]. Ces devoirs se résument dans celui de la soumission, devoir difficile à notre cœur naturel, même quand il s’agit de Dieu. Si les domestiques ont affaire à de bon maîtres, 1l leur sera moins dur, sans doute, de se soumettre; mais, qu'ils y prennent garde! les égards et les bons procédés ne sauraient les autoriser à manquer de respect : plus le supérieur montre de condeseendance, plus Pinférieur doit être attentif à ne pas se familiariser. Et si, au contraire, les domestiques ont à souffrir de la dureté de leurs maîtres, qu'ils ne laissent pas de demeurer dans la soumission, dit Dieu ; car c’est une grâce, lorsque, par conscience envers lui, quelqu'un supporte de mauvais traitements sans les avoir mérités. Ici, la parole de l’apôtre se généralise, et ce qu'il disait en vue des esclaves, devient applicable à tous ceux qui souffrent pour la justice (Matth. 5, 10). Souffrir la juste punition de ses fautes n’est qu'une honte; mais souffrir parce qu’on a bien fait, et le souffrir avee patience, c’est une grâce devant Dieu, une double grâce : c’est la plus grande gloire à laquelle puisse atteindre un pauvre pécheur, ear c’est la gloire même de Jésus-Christ. Il souffrit, non pour ses péchés, mais pour les nôtres; 1l souffrit avec une douceur inaltérable : souvenez-vous de Gethsémané, du palais de Caïphe , du prétoire, de Golgotha ; et si sa parole fut quelquefois sévère, on n’y vit jamais l’empreinte de lirritation. Il s’en remettait au jugement à venir, lui qui aurait eu le droit de châtier, et qui, d’un souffle de sa bouche, aurait pu anéantir ses calomniateurs et ses bourreaux : à combien plus forte raison devons-nous savoir souffrir et pardonner!
4973. (921-25.) Jésus-Christ nous est en toutes choses un modèle; mais il se présente surtout à nous comme le modèle de la plus admirable abnégation (Jean 18 : 15), ce qui, par le fait, renferme tout le reste, puisque l’abnégation n’est autre chose que la destruction du moi. Dans sa réelle perfection, ce modèle, d’une sainteté divine et humaine, a une puissance qui atiire, qui soutient, qui transporte ; en cela semblable aux chefs-d’œuvre de Part qui créent les artistes, Ce n’est pas de là cependant que provient la patience, dans les épreuves