LE BAPTÉME QUI SAUVE
(EL Pierre 3 : 18-22.)
prit qui était en lui. C’est au moyen de ce même Esprit que, du temps de Noé et par sa bouche, il plaida durant cent vingt ans la cause de Dieu devant les rebelles (Gen. 6 : 3), comme ce fut en vertu de ses souffrances à venir qu'il devint alors le Sauveur du patriarche et de sa famille. Les hommes de cette époque ayant rejeté les avertissements de l'Esprit de Christ, leurs âmes sont actuellement en prison, et elles y étaient avant le déluge, puisque le péché est une captivité (Rom. 7: 23; Luc 4 : 19). Le prophète du Seigneur au contraire, je veux dire Noé et les personnes dont se composait sa famille, sauvé miraculeusement, malgré l'abondance des eaux, fut porté par ces eaux mêmes qui engloutissaient le monde des impies. Tel est le sens que je donne à ce passage difficile, sur lequel les catholiques-romains se plaisent à construire leur doctrine du purgatoire, et que beaucoup de protestants entendent comme si Jésus-Christ était allé personnellement dans le lieu invisible ou dans ce qu’on appelle l’enfer, se montrer aux hommes qui, morts avant sa venue, n’avaient jamais entendu parler de lui. Mais cetté interprétation ne tient pas compte de la circonstance décisive exprimée par ces mots du texte sacré : « aux jours de Noé.» Quant à la mienne, je ne m’arrêterai pas à la justifier, et je ne prétends pas qu’elle soit à l’abri de toute objection; mais c’est celle qui me paraît la plus simple et la plus naturelle, en même temps qu’elle est la plus conforme à l’ensemble des Ecritures. L’intention de l’apôtre, ou plutôt du Saint-Esprit qui parlait par sa bouche, aurait donc été de montrer que le Seigneur n’a pas attendu sa venue en chair pour s’occuper de ce monde coupable et pour y exercer à la fois la justice et la miséricorde, mais la miséricorde surtout.
4280. Par là s'explique aussi le rapprochement qu’il fait entre le baptême qui nous sauve et celui dont Noé fut baptisé dans le déluge. Ce qui porta Noé sur le mont Ararat.et l’y déposa sain et sauf, ce fut bien moins le mobile élément sur lequel flottait son arche, que sa foi en Dieu et la droiture de son cœur. De même, ce qui nous sauve maintenant, ce n’est pas l’eau du baptême, laquelle ne saurait purifier les souillures de lâme : c’est la foi en Jésus-Christ ressuscité et glorifié. Si notre conscience, droitement interrogée et répondant avec droiture, nous atteste que c’est réellement en Jésus-Christ que nous mettons notre espérance, nous sommes certainement sauvés. — Mes lecteurs voient que j'entends toujours par «une bonne conscience, » une conscience droite, simple et sincère [3921], telle qu'était, par exemple, la conscience de saint Paul (Actes 23 : 1); puis, le mot que
ARMES DU FIDÈLE CONTRE LE PÉCHÉ: 249 (E Pierre 4: 1,2; 3-6.) nos anciennes versions rendent par « engagement» où par « promesse, » je le traduis avec la nouvelle version par « interrogation. » En effet, une bonne conscience s'interroge souvent elle-même; elle ne refuse pas non plus de répondre, et nul ne possède une conscience délicate et vraie s’il n’a été baptisé du Saint-Esprit. Tel est le baptème qui sauve, en vertu des souffrances et de la mort de Jésus-Christ, point de départ de l’apôtre dans tout ce paragraphe. 4281. (4 : 1,2.) C’est encore cette idée qu’il reprend pour exhorter ses lecteurs à rompre avec toutes les habitudes du péché. Les premières paroles de son exhortation ne sont pas faciles à comprendre. « Christ a souffert pour nous... » Ceci est clair : Christ a souffert à cause de nous, à notre place, en notre faveur, trois manières également vraies d'entendre la chose. Mais «il a souffert pour nous par la chair, » vraie traduction. Qu'est-ce que cela veut dire? Peut-être le mot chair est-il ici le synonyme de péché; et, en effet, si Christ a souffert pour nous, ce sont nos transgressions qui ont causé ses souffrances. Puis, « armez-vous de cette pensée, » dit l’apôtre. Contre quoi? contre le péché sans doute. Et de quelle pensée allons-nous done nous armer contre le péché? C’est de la pensée que Jésus-Christ a souffert par la chair ou par le péché, et que « celui qui a souffert dans la chair est quitte du péché, » ou « s’est reposé du péché, » ou « a cessé d’avoir affaire avec lui, » trois traductions qui sont plus justes que la traduction ordinaire. Or qui est-ce qui, après avoir souffert par le péché, est quitte du péché, ou cesse d’avoir affaire avec lui? C’est d’abord Jésus-Christ, qui, de l’humiliation, a passé dans la gloire et par conséquent dans le repos. Puis, c’est toute âme fidèle après son délogement d’ici-bas, car elle aussi, elle souffrit par le péché et maintenant elle se repose. Voilà donc la double pensée dont nous devons nous armer contre le mal, ou, comme le dit l’apôtre, pour ne plus vivre selon les convoitises des hommes, mais selon la volonté de Dieu, pendant le temps qui reste en la chair (traduction littérale du verset 2) : c’est, d’un côté, que Jésus-Christ a souffert par le péché et pour le péché, et que maintenant il n’y a plus rien de commun entre le péché et lui; d’un autre côté, que toutes nos souffrances viennent de la transgression, et que pour être quittes de tout mal physique, il faut que nous soyons quittes de tout mal moral. 4282. (3-6.) En développant son idée, l’apôtre va nous dire ce que sont ces convoitises des hommes selon lesquelles il est impossible que nous vivions plus longtemps, si nous avons reçu le baptême