LA FIN APPROGHE} SOBRIÉTÉ ET PRIÈRE
(E Piérre À: 7.)
qui sauve. Ce sont toutes les rauvaises passions que l’hômime non converti satisfait autant qu'il le peut et qu’il Pose, pass siôns qui déteriMinent sa volonté dans un séns entièrement contraire à la volonté de Dieu. Parmi elles, le Saint-Esprit spécifie sürtout celles qui ont leur siége dans les sens, parcé qüe ce sont les plus universelles et peut-êtré les plus impérieuses, en même temps que les plus dégradantes. Elles règnent sans contrôle chez les peuples idolâtres; et, quelque part qu’elles agissent, elles constituent à elles seules une sorte d’idolâtrie. En leur obéissant, on en vient à faire son Dieu de tout ce qui lés entretient. Bacchus, Cupidon et d’autres divinités infâmes n’ont plus d’autels dans nos villes ét dans nos campagnes; mais ils n’ont pas pérdu ceux que Satan leur érige dans les cœurs. Or, un disciple de Jésus-Christ ne saurait servir de tels dieux ; et voilà ce que le monde trouve étrange, voilà la cause secrète de sa haine pour les chrétiens, voilà ce qui explique ses injures et ses insultes. Mais nous qui appartenons à Jésus, nous ne permettrons pas aux mépris du monde d’ébranler notre foi, parce que nous savons ces deux chôses : la pre- Mière, que ceux qui nous insultent paraîtront bientôt devant Celui qui doit juger les vivants et les morts ; la seconde, que si la foi à l’Evangile nous a fait devenir vivants, de morts que nous étions, c’est pour que nous vivions selon Dieu par le Saint-Esprit, sans nous inquiéter des jugements que les honimes portent de nous, à leur point de vue charnel.
4283. (7.) Noûs l’avons déjà appris des épîtres de Paul, Dieu veut que nous vivions dans la pensée habituelle de notre mort, qui est pour nous la fin de toutes les choses d’ici-bas. En disant : « la fin de toutes choses s’est approchée, » Pierre entendait peut-être (et cela révient au mêrne) que le temps était arrivé où tout ce que les prophètes avaient annoncé tendait à sa fin Où à son entier accomplissement; et il présente ce fait comme un motif à la prudence et à Ia sobriété, afin d’abonder dans l’éxercice de la prière. S'il est des gens qui ne prient guère que lorsque la pensée lugubre de la mort vient les assaillir, il en est d’autres, et parmi les plus pieux, qui oublient souvent, dans leurs prières, que cette nuit même leur âme peut leur être redemandée, et qu'ils n'auront pas besoin demain, de cé qu’ils demandent pour après demain. Or, si la fin est proche, n'est-il pas imprudent de l'oublier, et ne serions-nous pas heureux que le Seigneur nous trouvât à genoux, quand il viendra? Reconnaissons également combien il importe d’être sobre. Toute intempérance rend inca-
LA CHARITÉ. 251 (E Pierre Æ: 8: 0.)
pable d'activité spirituëllé; or, ce n’est pas Seulement en faisant excès dé manger et dé boire qu'on pèche contre la sobriété, C’est aussi en parlant trop, en lisant trop, eh riant trop, en faisant tout avec excès. Coihent donc ne pas treïibler à là peñsée que le Seigneur pourait venir dans un de ces tiomeñts où nous avons laissé nos âmes se distraire ou s’appesantir?
1984. (8.) Cetté exhortation éh amène une autre qui, réunie aux précédentes, rappelle un aver tissement donné jadis par Jésus-Christ à ses disciples, Sur une intérpellation de Pierre lui-même (Luc 12 : 41-46.) À la vigilañce et à la prière, il faut ajouter la charité, qui nous fera constamment employer à l'édification de nos frères les dons de la grâce de Dieu, et cèla avec d'autant plus de zèle que la fin s approche. Comme l’apôtre Paul, commié Jésus-Christ, comme l’Ecriture entière, Pierre place l'amour avant tout. Il veut un amour intense, ardent, constant, prolongé, semblable à là prièré qui se faisait pour lui lorsqu'il était sous les verrous d'Hérode, car c’est le même mot (Actes 12 : 5). Empruntant les paroles de Salomon, 4 dit que cet amour « voilera üne multitude dé péchés » (Prov. 10 : 19). Qui aimé ses frères, se plait à voir en eux lé bien plutôt que le mal, à relever les côtés par lesquels des démarchés répréhensibles peuvent étre excusées sinon justifiées, à couvrir d’un manteau leurs turpitudes, loin de les divulguer [230]. Dans tous les tas, il oublie et pardonne celles de leurs fautes dont il a été personnéllement victime. Cette parole de Salomon peut signifier aussi que notre indulgence pour le prochain nous conciliera pareillement son indulgence, mais non pas que notre charité ait lé pouvoir d’expier nos D car c’est la charité de Dieu qui l’a fait. N’est-il pas vrai cependant qu’à la venue du Seigneur, l'amour que nous aurons eu pour lui et pour nos frères, sera le signe auquel nous sérons reconnus cothme lui appartenant? (Matth. 25 : 35-40.) C’est par la foi, sans doute, que nous nous revêtons de la justice de Christ, par la foi donc que nos péchés sont couverts et cachés; mais la foi est opérante par l’amour, et s’il est certain que c’est par la foi seule que nons vivons ici-bas, il ne lést pas moins que l’amour seul demeure dans l'éternité [3998]. |
4285. (9.) Je pense que, plus la fin des temps approchera, plus les disciples de Jésus-Christ auront à exercer l’hospitalité. L'extension croissante du règne de Dieu, le nombre toujours plus grand d'œuvres faites en commun et fhénitécs par mille nouveaux moyens de transport, peut-être des persécutions violentes qui chasseront au loin des