EXERCICE DES DONS
(A Pierre 4 :10,11;12-19.)
Eglises entières : tout cela fera de plus en plus revivre un devoir que les païens eux-mêmes remplissaient scrupuleusement. Or, suivant les circonstances, l'hospitalité peut devenir onéreuse, et c’est pour cela que le Saint-Esprit nous imvite à être hospitaliers «sans murmures. » Aimons vraiment nos frères, et nous serons toujours heureux de les recevoir sous notre toit.
4286, (10, 11.) Aimons-les, et, pour le redire, nous les ferons participer aux grâces spirituelles dont nous jouissons et que l’amour de Dieu répand avec tant de variété sur son Eglise. S’il est des gens qui, par orgueil, se mettent en avant sans y être appelés du Seigneur, il en est d’autres qui, par indolence ou par une fausse modestie, fruits de l’égoïsme, gardent des biens dont ils ne sont que les dépositaires et qui devraient servir à l’enrichissement de tous. Pierre ne mentionne spécialement que deux de ces dons : celui d’exhorter et celui d’administrer; mais, par les expressions dont il se sert, on ne saurait douter qu'il n’ait en vue les grâces mêmes (kharismes) dont l’apôtre Paul parle dans les épîtres que nous avons étudiées |3935, 3994, 41641. Il est à remarquer seulement que ces deux grâces ne sont pas d’une nature extraordinaire, comme celles qui s’y ajoutaient quelquefois, savoir la prophétie proprement dite, les guérisons, les langues. Quoi qu'il en soit, nous voyons ici de nouveau que le Saint-Esprit n’agit point par contrainte (1 Cor. 44 : 32). Il laisse subsister notre activité morale, et lorsqu'il nous enrichit du don de parler ou de celui d’administrer, il faut qu’il y ait concours de notre volonté avec la sienne pour que ce don s'exerce. Mais ici, comme en toutes choses, ce qui inclinera notre cœur dans le sens de la volonté de Dieu, c’est la foi opérante par l’amour; et si, poussés par ce mobile, nous parlons dans l’assemblée de nos frères, ou si nous écrivons pour l’édification commune de l’Église, nous ne le ferons certainement que d’une manière conforme aux oracles de Dieu. Puis, si nous avons rang parmi les administrateurs du corps de Christ, anciens ou diacres, nous chercherons dans celui qui est la Tête, et notre force et nos lumières, «afin qu’en toutes choses Dieu soit glorifié par le moyen de Jésus-Christ, » le Seigneur de la gloire.
4287. (12-19.) Pour la troisième fois, l’apôtre revient sur un sujet qui le préoccupait visiblement, soit par le souvenir des maux que tant de fidèles avaient déjà soufferts, soit par les prévisions que lui donnait le Saint-Esprit touchant les terribles persécutions qui devaient bientôt fondre sur eux dans le monde entier. Ne trouvez point étrange,
LE JUGEMENT DE DIEU. 253 (E Pierre Æ: 12-19.)
dit-il d’abord, que votre foi soit mise à cette fournaise, comme l'or est éprouvé par le feu (4 : 7). En effet, Jésus-Christ l’a prédit (Matth. 10 : 22), et le monde ne saurait traiter ses disciples mieux qu’il ne le traita lui-même (Jean 15 : 20). Loin de nous étonner de la persécution, nous devons plutôt nous en réjouir, bien qu’elle ait ses tentations; vu qu’en souffrant pour la justice, nous participons aux souffrances de Christ, et que si nous avons participé à ses souffrances, nous partagerons aussi sa gloire. Bienheureux donc ceux que le monde outrage pour le nom du Christ! il ne les outrage que parce que l'Esprit de la gloire, qui est l'Esprit de Dieu, repose sur eux. C’est lui, et non pas eux, que le monde insulte, outrage, blasphème : sujet de tristesse, à considérer l’iniquité des persécuteurs, mais sujet de joie pour ceux qui souffrent, et qui ne souffriraient pas s’ils n’étaient pas, malgré leurs nombreuses infirmités, des temples du Saint- Esprit. Que ceux qui subissent la juste punition de leurs crimes, ou qui se font haïr par leurs défauts, même par des défauts en apparence peu graves, tels que la curiosité des affaires d’autrui, que ceux-là rougissent de la honte qu’ils s’attirent; mais de souffrir parce qu’on est chrétien, c’est ce dont on ne saurait avoir honte. Ce mot de « chrétien » se retrouve ici pour la troisième et dernière fois. C’est, vous vous le rappelez, le nom qui fut donné aux disciples à Antioche (Actes 411 : 26), et la désignation injurieuse que le roi Agrippa hésitait à accepter (Actes 26 : 28). De nos jours, si l’on ne souffre plus pour le nom, l’on souffre encore pour la chose, et c’est par ces souffrances mêmes, acceptées avec joie, que nous sommes appelés à glorifier Dieu.
4288. La persécution, toutefois, n’est pas un pur sujet de joie. Il faut y voir de plus un jugement de Dieu sur son Eglise, appelée ici, comme ailleurs, la maison de Dieu (1 Tim. 8 : 145). L'Église en corps ne sera pas plus l’objet du jugement à venir que les nations prises en masse : le Jugement est individuel. Mais il y a des péchés de l'Eglise, comme il y a des péchés nationaux, et souvent la persécution est une verge par laquelle le Seigneur châtie son peuple. Tout homme, d’ailleurs, qui souffre pour sa foi et qui soufire même le plus injustement, doit se dire qu’en définitive, homme qui souffre, souffre à cause du péché (Lament. 3 : 39); raison très propre à nous inspirer la patience. Mais si le Seigneur châtie ainsi les siens; si Les justes, les rachetés de Jésus, les membres de son corps, les héritiers du ciel, n’arrivent qu’au travers des tribulations à la pleine possession du salut (Actes 14 : 22) quelle sera la tin de ceux qui sont rebelles à l'Evangile? « C’est pour-