EXHORTATIONS AUX ANCIENS ET AUX DIACRES
(HE Pierre 5: 1-4; 5, 6.) quoi, dit l’apôtre, que ceux qui souffrent selon ia volonté de Diéu, lui remettent leurs âmes comine à un Créateur fidèle, én faisant le bien. » Remarquez ces derniers mots. La souffrance seule, même là souffrance pour le nom de Jésus, n’est pas une gdrantie absolue du bonheur éternel.
4989. (5 : 1-4.) La lettre se termine par quelques exhortations détachées. Les premières s'adressent aux anciens des Eglisés. Pierre, plus âgé que la plupart d’entre eux, sans aucun doute; Piérre qui, à l’égal des autres apôtres, exerçait, partout où il se trouvait, l’autorité d’un ancien, outre son autorité d’apôtre où de missionnaire de Jésus-Christ; Pierre, qui parlait de la part du Seigneur ét comme un des témoins spéciaux de ses souffrances; Pierre enfin, qui, par sa foi, était en coïnmunion avec le Christ autant que personne et qui devait partager sa gloire plus que bien d’autres (Matth. 49 : 98); Pierre exhorte les anciens à paître, non leur troupeau, mais le troupeau de Dieu (Actes 20 : 98); non l'Eglise en général, mais la portion de l’Eglise dont ils faisaient partie. I veut qu'ils rémplissent leurs fonctions de surveillants où d’évèques [4022, 4076], non par tâche, mais de bon gré; non en vue du salaire qu'ils recevaient, mais par affection; non en maîtres, mais en modèles, se souvenant que Jésus-Christ, le souverain berger des brebis, promet une couronne inflétrissable à tous ceux qui auront conduit les âmes de cette manière, et non pas seulement à Pierre et à ses collègues dans l’apostolat.
4290. (5.) Passant aux jeunes gens, par où quelques-uns pensent qu’il faut entendre les diacres (Actes 5 : 6, 10), Pierre les invite à être Soumis aux anciens, mais de cette soumission réciproqué qui est le fruit de l’humilité. C'est-à-dire que, dans l'Eglise, l’autorité ne s’exerce pas comme dans la société civile. 11 y a chez tous les fidèles, anciens et jeunes gens, une déférence qui convertit le commandement en persuasion, et de modestes avis en obligations sacrées. Il faut, à cet effet, que tous s’humilient sous la puissante main de Dieu (6), soit dans le sentiment de leurs péchés, soit dans celui de leur absolue dépendance, attendant de lui seul leur élévation et ne la voulant pas avant le jour qu’il jugera convenable, Ce sont là de bien saintes maximes. Que de maux l'Eglise n’eût-elle pas évités, si elle avait compté beaucoup d'hommes qui en fussent profondémént pénêtrés! Quel conträste surtout entre ce langage et la prafique dé l'Eglise dont le chef prétend occuper la chaire de Saint-Pierre! Mais si Rome est le centre du despotisme ecclésiastique, comme de lorgueil
en. :
YOU. 255 (K Pierre 5 : 6-9; 10,11.)
spirituel et de la simonie, il n’est que trop d’Eglises où ce qu’on appelle le clergé, oublie smgulièrement ces belles paroles d’un des principaux témoins de Jésus-Christ. On les lit chaque fois qu’on impose les mains à de nouveaux prédicateurs de l'Evangile : c’est plutôt quand on installe des anciens qu’on devrait le faire; mais Fexpérience ne prouve. hélas! que trop, combien on passe facilement de l'esprit à la forme!
4291. (7-9.) L’exhortation à rejeter sur Dieu tout leur souei, me paraît spécialement adressée aux conducteurs des âmes. Pius ils seront consciencieux et fidèles, plus ils éprouveront, comme Paul, de constantes perplexités au sujet de leurs Eglises (2 Cor. 414 : 98); mais le bon Berger a soin des brebis qui allaitent (Es. 40 : 11), et il ne saurait délaisser ceux qu'il charge de conduire son bien-aimé troupeau. Avec leur désir de glorifier Dieu et avec les succès de leur ministère, croîtra nécessairement l’antagonisme de Satan, le calomniateur. Semblable à un lion rugissant, il rôde çà et là cherchant sa proie, et s'il peut dévorer quelqu'un des gardiens du troupeau, soyez bien sûrs qu'il n'y manquera pas. Il faut done qu'ils soient, plus que personne, sobres et vigilants (4 : 7). Sobres! remarquez ce mot, Ô vous qui avez charge d’âmes, et qui, sans la sobriété, ne sauriez veiller sur vous-mêmes, ni sur le troupeau (Actes 20 : 28). Du reste, la bonne manière d'en finir avec Satan, c’est de lui résister, comme Pierre pouvait se souvenir que le Seigneur l’avait fait certain jour (Matth. 16 : 23); c’est d’être ferme par la foi, ear toutes choses sont possibles à celui qui croit, et c’est par la foi que nous sommes garciés (4 : 5).
4292. (6-9.) Ces instructions s'appliquent d’ailleurs à tous les fidèles; car, dit lapôtre, ce sont là des souffrances qui s’accomplissent en l’ensemble des frères qui sont dans le monde. Il suffit d’être à Christ pour se voir exposé aux assauts de Satan. Que chacun donc soit humble, sobre, vigilant, ferme par la foi, et que, faisant ainsi, chacun rejette sur Dieu toutes ses inquiétudes.
4293. (10, 11.) Pierre se tourne maintenant vers Celui de qui procède toute grâce, parce qu’il est plein d'amour et de miséricorde; vers ce Dieu qui nous appelle à sa gloire éternelle en Jésus-Christ. II lui demande qu’à raison même de sa grâce et de son appel, les souffrances des fidèles deviennent le gage, sinen le moyen, de leur entier perfectionnement. C’est ce qu’il exprime par quatre mots dont l’ensemble fournit l’idée d’une chose à la fois bien achevée et iné-