LA FAUSSE ET LA VRAIE DÉVOTION
(Jacques 1 : 21-25; 26, 27.) vements passionnés qui rendent impossible l’accomplissement du devoir.
4308. (21-25.) Voyez, après cela, dans quelles dispositions nous devons nous approcher du Livre de Dieu. Ce ne sera pas en purifiant le dehors, à la manière des pharisiens, mais avec des cœurs nettoyés de leurs souillures par l'esprit de grâce et de sanctification. Celui qui ouvre la Bible, l’âme pleine de pensées tout au monde etau péché, ne saurait absolument la comprendre ; ou, s’il la comprend, il la repousse plein de dépit. Au lieu de cela, nous devons plutôt l’accueillir avec douceur, comme l’enfant bien élevé reçoit les leçons, les ordres et les réprimandes de celle qui lui donna le jour. C’est en faisant ainsi que la parole pénétrera dans nos âmes, qu’elle s’y implantera et qu’elle sera pour nous une parole de salut. Elle est puissante en effet pour sauver les âmes, cette divine Parole, puisqu'elle est la semence du réengendrement spirituel (1 Pierre 4 : 23) et l’instrument de toute sanctification (Jean 17 : 17); mais elle ne sauve pas tous ceux qui l’entendent et qui la lisent. Malgré nos sophismes, il demeure vrai que l’observation de la Parole est la seule voie du salut. Ici, comme ailleurs, « observer la Parole » ou «la pratiquer, » ne signifie pas uniquement obéir à ses préceptes : c’est la prendre au sérieux, c’est accepter les vérités qu’elle proclame, c’est avoir confiance en ses promesses, et, comme conséquence, se soumettre du cœur à ce qu’elle ordonne. L’écouter et ne pas l’observer, c’est se regarder dans un miroir (la Bible est bien cela, car elle nous dévoile d’une manière parfaite notre propre âme); c’est dis-je, se regarder dans un miroir et oublier aussitôt comment on s’y est vu. Mais, heureux l’homme qui, d’un cœur humble et attentif, médite jour et nuit la loi de Dieu, loi parfaite, et, pour le fidèle, loi de liberté ! [4124.] Oui, heureux cet homme! car ainsi que le dit le roi David (Ps. 1), « tout ce qu'il fait prospérera : » c’est au fond la pensée que le Saint-Esprit exprime ici, en termes quelque peu différents.
CCCXVIIT. — La fausse et la vraie dévotion; l'égalité par la charité; le jugement de Dieu; la foi morte; la justification par les œuvres.
4309. (26, 27.) En continuant à tracer le tableau du christianisme pratique, l’apôtre oppose l’une à l’autre la fausse et la vraie dévotion, mot qui rend le sens de l'original mieux que celui de religion employé par les anciens traducteurs. Rien n’est plus commun que de
LA FAUSSE ET LA VRAIE DÉVOTION. 265 (Jacques 1 : 26, 27.)
voir des gens qui, s’estimant dévots et pieux plus que personne, laissent courir leur langue à l’aventure et oublient plusieurs déclarations de Ecriture auxquelles je renvoie mes lecteurs (Prov. 40 : 19 ; Matth. 12 : 36, 37). Hélas! ils oublient également ce qu’ont de criminel certains péchés qu’il est impossible de ne pas commettre quand on parle sans mesure, depuis la profanation du saint nom de Dieu jusqu’à de simples médisances. Qu'est-ce donc que la dévotion d’une personne qui ne tient pas sa langue en bride, surtout si elle cherche à se persuader que de tels péchés sont, après tout, peu de chose? Cette dévotion est vaine, dit l’apôtre. L'expression peut sembler faible; mais qu'est-ce qu’une vaine dévotion, si ce n’est une dévotion de pure forme, une dévotion sans réalité, une dévotion démentie par la conduite, une dévotion qui, loin d’honorer Dieu, le déshonore ? Telle est la piété de celui que son intempérance de langue, la légèreté de ses propos et ses discours peu charitables, accusent de ne pas vivre en la présence du Seigneur.
4310. Voici, d'autre part, un des plus excellents usages qu’on puisse faire du don de la parole, organe admirable de la sociabilité, et c’est en même temps un des plus beaux fruits de la vraie dévotion. Si Dieu est le père de tous ceux qui croient en Jésus-Christ, 1} doit l’être d’une façon particulière des orphelins et des veuves membres de sa famille rachetée: et si nous avons envers ce « Dieu et père » une dévotion véritable, nous la lui témoignerons, sans aucun doute, par un plus grand déploiement de charité envers ceux qui, ses enfants comme nous, émeuvent le plus ses compassions. Ce n’est pas à dire que nous ne devions nuls soins aux veuves et aux orphelins étrangers à la foi, et généralement à ceux qui souffrent d’une manière quelconque ; mais à qui porterons-nous les consolations de l'Evangile, si ce n’est à ceux qui croient à l'Evangile ? Quant aux visites de deuil dont les mondains eux-mêmes s’acquittent avec tant de scrupule, avouons que là plupart du temps c’est pure cérémonie. On se croit obligé de verser, à l’occasion, quelques larmes avec ceux dont on veut pouvoir partager encore les plaisirs, quand la tristesse aura disparu.
4314. Ceci me conduit au second trait par lequel Papôtre caractérise la vraie dévotion. « Se conserver sans tache de la part du monde, » ou, en d’autres termes, se préserver de toute mondanité, tel est cel autre fruit d’une piété réelle. Représentez-vous une belle et nombreuse société qui se préparerait à une fête toute mondaine par la prière et par le jeùne, par le chant des cantiques et par la célébration