L'ÉGALITÉ PAR LA CHARITÉ
(Hacques 2 : 1-9; 10-13.)
de la cène ; que diriez-vous d’une telle dévotion ? Et que diriez-vous, si cette même société se préparait par le bal, ou par des concerts, ou par des réunions de jeu, aux saintes assemblées du culte ? Or, pour celui qui vit dans la mondanité et qui néanmoins adore Dieu, matin et soir avec sa famille ou seulement le dimanche, il est clair que chaque acte de son culte se trouve à la fois précédé et suivi de plaisirs et de passe-temps absolument incompatibles avec la piété du cœur. Il n’y a donc de vraie dévotion que celle qui est de tous les moments : le culte en esprit et en vérité, le culte intérieur, l'habitude de la communion avec Dieu. Pour ceux qui nourrissent cette dévotion sincère, l'éloignement des plaisirs mondains n’est pas une privation; mais ceux-là sont de faux dévots qui s’abstiennent du monde à certaines époques réputées particulièrement saintes, sauf à recommencer leurs mondanités quand ils ont, pensent-ils, donné à Dieu tout ce qui lui revenait.
4312. (2 : 1-9.) C’est dans les assemblées de culte surtout que doit être sensible l’égalité qui existe entre les rachetés de Jésus-Christ. Cette égalité n’est pas le nivellement; elle n’efface pas les différences sociales résultant de l'institution de Dieu ou des institutions civiles; tout comme elle n’est pas détruite par les différences que Dieu luimême a mises dans son Eglise, différences de dons et de fonctions. Mais ce que la Parole de Dieu condamne ici de la manière la plus expresse, c’est que, dans les assemblées religieuses, le riche et le pauvre occupent des places distinctes, l’un parce qu'il est riche, l’autre parce qu'il est pauvre; c’est, à plus forte raison, que l’un puisse être appelé à la direction des affaires de l'Eglise en vertu seulement de ses richesses, et que l’autre s’en voie exclu à raison seulement de sa pauvreté. Quand on suivrait la marche inverse, on ferait quelque chose de plus raisonnable; car, dit lapôtre, n’est-ce pas généralement chez les pauvres, quand ils sont convertis, qu’on trouve le plus de vraie foi, et ne sont-ce pas les riches de ce monde qui, fomentant les persécutions contre les gens de bien, sont finalement les grands propagateurs de l’impiété? Mais non : qu’il y ait égahté, et cela par amour fraternel, selon le commandement qui, au témoignage de Paul, est l’accomplissement de toute la loi (Rom. 13 : 9, 10), et que Jacques appelle «la loi royale. » Avoir égard à l’apparence des personnes, est un crime de lèse-charité : ceux qui font de telles différences sont des transgresseurs de la loi.
4313. (10-13.) Or, qu'est-ce qu’un transgresseur de la loi? C’est un
LA LOI ET LE JUGEMENT DE DIEU. LA FOÏ MORTE. 267 (Jacques 2 : 14-26.)
homme qui, selon l’étymologie du mot, passe par-dessus la loi, qui la foule aux pieds, qui brise les barrières qu’elle a plantées et s’établit insolemment sur le terrain de Dieu. D’où il suit que, pour être coupable aux yeux de la loï, il n’est pas nécessaire de l’avoir violée dans tous ses points et articles. On pourrait dire qu’il existe entre les préceptes divins une telle connexité qu’en négliger un, c’est au fond les négliger tous ; mais admettant par supposition, avec l’apôtre, que vous ayez gardé les commandements de manière à n’avoir bronché qu’en un seul point, il s’ensuit néanmoins que vous avez mis le pied sur la loi et brisé la haïe : la loi est violée; vous n’en avez pas respecté l'intégrité, et la majesté du législateur est par vous méconnue. Ceci peut-être concernerait-il les iniques et non pas les justes? (1 Tim. 4 :9.) Ce que l’apôtre ajoute prouve clairement le contraire. « La loi de la liberté » ne saurait être autre chose que la loi de Dieu, telle qu’elle se présente à nous dans l'Evangile. C’est la loi que le Saint-Esprit appelait tout à l'heure « la loi royale. » En effet, le racheté de Jésus- Christ fait librement et par amour, tout ce qui est ordonné dans les commandements. Comme nous l’a dit Paul, il ne résulte pas de notre affranchissement du péché et de la loi, que nous ayons toute liberté de vivre dans le péché, c’est-à-dire en hostilité continuelle avec la lo de Dieu (Rom. 6 : 15-19). Plus nous serons vraiment les affranchis du Seigneur, plus nous parlerons et agirons comme devant être jugés à teneur de la loi de la liberté, qui est celle de la charité. Rappelezvous la fin du chapitre 25 de saint Matthieu ; rappelez-vous également ce qui est écrit en ce même évangile, au chapitre 6, v. 14, 15, et vous comprendrez à la fois et la menace et la promesse que voici : « Le jugement sans miséricorde est pour celui qui n’a pas fait miséricorde, et la miséricorde brave le jugement. » Si donc, conduits par l'Esprit de Dieu, nous marchons dans les voies du support, de la patience, de la douceur et du pardon que le Seigneur a tracées devant nous, il ne se présente plus à nous comme juge. En vertu même de l’amour qu’il a répandu dans nos cœurs, comme de celui qu’il a eu pour nos âmes,
nous nous portons sans crainte à la rencontre de son jugement, 4314. (14-26.) Avec ces versets, nous arrivons à ce qu’on envisage comme la pensée fondamentale de l’épitre. La vérité que l'Apôtre va développer s’est montrée plusieurs fois à nous dans le cours de ces Etudes, mais nous ne l’avons pas encore vue sous la forme que le Saint-Esprit lui donne en cet endroit. Il s’agit de la foi morte, foi de Caïn, foi de la femme de Lot, foi d’une foule d’Israélites au temps de