LA FOI VIVANTE
(Jacques 2 : 20-23; 24.) Jésus. On ne sait, hélas! ce qu’il faut le plus déplorer : une foi qui a pour tout fruit la fausse sécurité, ou celle qui trahit son néant par les terreurs qu’elle inspire (Luc 49 : 20, 21). Dans les deux cas, c’est la foi morte de ceux qui disent : « Seigneur! Seigneur ! et qui n’entreront pas au royaume des cieux, parce qu'ils ne font pas la volonté du Père qui est dans les cieux» (Matth. 7 : 21).
4318. (20-23.) Pour savoir ce qu'est la vraie foi, il faut toujours en revenir à Abraham, le père des croyants. Comme dans Pépitre aux Romains (4 : 3), le Saint-Esprit nous rappelle ici qu’Abraham crut Dieu, que cela lui fut compté pour justice, et que ce fut par là que le patriarche devint l’ami de Dieu. Mais était-ce une foi morte, la foi par laquelle Abraham fut tenu pour juste? Quelle vie au contraire, et quels fruits d’obéissance, surtout dans le sacrifice d’Isaac! En sorte que, s’il fut tenu pour juste à cause de sa foi, il se montra juste par les œuvres que sa foi lui fit produire. Sa foi fut une sainte foi, sainte en ses effets comme en son principe, la grâce de Dieu; et Abraham fut justifié par ses œuvres, c’est-à-dire par les œuvres de sa foi, en ce que ses œuvres prouvèrent nettement qu'il avait, non une foi morte, mais la foi vivante, savoir celle qui justifie. Voilà comment sa foi faisait œuvre, et comment, par les œuvres de sa foi, celle-ci fut consommée ou rendue parfaite; telle est la lumière du jour, qui n’est dans son plein lustre qu’après le soleil levé, bien qu'il fasse jour déjà, lorsque les étoiles ont disparu et que la nuit s’est retirée. Ce fut enfin par là que s’accomplit l’Ecriture qui dit: « Or Abraham crut Dieu, et cela lui fut compté pour justice ; » car s’il n’eût pas montré par ses œuvres qu'il était juste, l’'Ecriture qui le déclare juste par sa foi aurait eu, dans les œuvres de ce prétendu croyant, une sorte de démenti.
4319. (24.) La conclusion générale que Jacques déduit de ces faits se comprend maintenant sans trop de peine. On a voulu y voir une contradiction manifeste avec la doctrine de Paul sur cette matière (Rom. 8 : 28), et il est vrai que les deux maximes sont construites en des termes qui semblent leur faire dire précisément l'opposé l’une de l’autre, Mais, sans répéter que le Saint-Esprit n’est ni moins explicite ni moins fort contre la foi morte par la bouche de Paul que par celle de Jacques, pour qu’il y eût contradiction entre les deux apôtres, il faudrait que, dans les deux passages qu’on oppose, les mots eussent exactement le même sens. Paul, s'adressant à des gens auxquels il s'agissait de faire comprendre le salut gratuit, leur déclare que l’homme est justifié par la foi sans œuvres de loi; et Jac-