‹ Études élémentaires et progressives de la parole de Dieu Nouveau TestamentChapitre 143 sur 286 · LA FAUSSE ET LA VRAIE SAGESSE · texte numérisé non relu

LA FAUSSE ET LA VRAIE SAGESSE

(Jacques 3 : 13-18.)

mais il est facile de lui donner plus d'extension. Chaque fidèle doit se rappeler que , si nous bronchons tous en beaucoup de choses, il n’est rien en quoi nous bronchions plus aisément que dans nos discours (2). Il se rappellera aussi que, par des paroles imprudentes , folles, violentes, impures, nous nous faisons à nous-mêmes un mal immense (3-6), tandis que par des paroles sages, nous calmons nos propres passions et nous maintenons nos pas dans les voies de la vérité et de la justice. Il se dira, de plus, que nous pouvons êtré en grand scandale à nos frères par nos paroles, si nous ne leur sommes pas en édification; qu'il n’est pas au pouvoir de l’homme de dompter sa langue (8), en sorte que nous n’avons nulle part plus besoin du secours. de Dieu; que, par conséquent, si nous nous laissons aller à nos impressions, à nos goûts, à nos habitudes, il nous arrivera, même en nous supposant quelque piété, d'offrir dans nos discours l’odieux mélange de paroles qui respireront la foi et de paroles entachées d’incrédulité, de paroles affectueuses et de paroles haineuses, de paroles graves et de paroles légères (9-12), et que nous serons ainsi ce qu’on appelle improprement des « chrétiens de paroles, » car nos paroles mêmes prouveront que nous ne sommes pas même chrétiens dans le discours.

4325. (13-18.) Pour en revenir à la manie du doctorat, l’apôtre va nous dire quelle est la bonne manière d'enseigner ses frères; et celle-ci est à la portée de tous, qu’ils aient le don de prophétie ou non, qu’ils aient, ou non, vocation spéciale à parler dans l'Eglise (4 Cor. 44 : 34, 35). De même qu’on montre sa foi par ses œuvres, c’est aussi par ses œuvres que celui qui est sage et intelligent montrera si le Seigneur l’a effectivement enrichi d’une mesure particulière de connaissances spirituelles. Plus il aura suivi l’école de Jésus-Christ, plus sa conduite sera exemplaire, et c’est par sa douceur envers les ignorants et les contredisants qu’il manifestera sa supériorité dans la saine doctrine. Rappelons-nous la douceur parfaite de Jésus-Christ; puis celle de Paul et de Pierre, ces deux grands docteurs de l'Eglise. Notre zèle pour la vérité ne saurait dépasser le leur; mais il y a souvent chez nous un zèle amer et une passion de disputer qui viennent d’attachement à notre propre sens bien plus que d’une sainte jalousie pour Bieu, et ce zèle est celui des docteurs à foi morte. En agissant ainsi, ils nuisent à la vérité, loin de la défendre ; car, soutenir sans charité des doctrines qu’on prétend saintes, c’est se démentir. Une telle sagesse n’est pas celle qui descend d’en haut : « là où il y a zèle et dispute, là est le désordre et toute action mauvaise, » En sorte que la prétendue sagesse

LA FAUSSE ET LA VRAIE SAGESSE, 275 (Jacques Æ: 1-6.) qui porte de tels fruits est une sagesse toute terrestre, ayant sa source dans les affections de l’homme naturel : personne, si ce n’est Satan, ne saurait en faire cas.

4326. Bien différente de celle-ci, la sagesse d’en haut est premièrement pure, pure dans le but qu’elle se propose, comme dans les moyens qu’elle emploie. Puis elle est « paisible, modérée, traitable, pleine de miséricorde et de bons fruits, sans esprit de jugement et sans hypocrisie » (17). Je me borne à transcrire ces mots, qui n’ont pas besoin de commentaire. Mais que ceux qui pensent être sages et intelligents; que ceux qui s’instituent docteurs des ignorants et conducteurs des aveugles, s’examinent sérieusement à ce brillant miroir de la Parole de Dieu. Peut-être s’ahsoudront-ils, sans hésiter, de toute hypocrisie, car c’est la dernière chose dont on s’accuse; mais si, tout en ayant l’air de défendre la vérité, ils se montrent disputeurs, violents, emportés, jetant partout le trouble et ne sachant que condamner leurs frères, il est bien à craindre, hélas! qu'ils ne se fassent de grandes illusions sur leur vocation au doctorat, et même sur la réalité de leur foi. La paix ! la paix avant tout! non pas au prix de la vérité, mais dans l'intérêt de la vérité; car «un fruit de justice se sème dans la paix, pour ceux qui procurent la paix » (18). La prédication de la justice de Dieu, de cette justice qui est par la foi, en tous ceux etsur tous ceux qui croient (Rom. 3 : 22), procure la paix avec Dieu, tout en pacifiant la conscience des pécheurs et en faisant taire leurs divisions et leurs haines. Mais, pour produire cet effet, il faut que la prédication de la justice de Dieu se fasse dans la paix. Prêcher avec un zèle amer une doctrine de paix, c’est une énorme contradiction. De ceci nous pouvons déduire, d’une manière générale, qu’il n’est pas de progrès possibles dans la sainteté, si l’on ne vit pas en paix avec Dieu et avec les hommes.

4327. (4: 1-6.) Or, d’où viennent entre des chrétiens tant de guerres et de combats, expressions qui ne sont pas trop fortes, quand.on pense à l'harmonie qui devrait régner entre eux? Ces divisions ou ces guerres du dehors ont pour cause, au témoignage du Saint-Esprit, la guerre intestine que se livrent nos passions charnelles. Le langage de l’apôtre, dans sa forme généralement paradoxale, est ici d’une énersie extraordinaire. Voilà des chrétiens qui se font la guerre, qui ne songent qu’à satisfaire leurs voluptés, qui sont meurtriers et jaloux, ét qui s’attirent cette odieuse apostrophe : « Hommes et femmes adultères ! » C’est que, pour le redire, des chrétiens vivant de discussions

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