‹ Études élémentaires et progressives de la parole de Dieu Nouveau TestamentChapitre 144 sur 286 · LA PAIX. LES PASSIONS · texte numérisé non relu

LA PAIX. LES PASSIONS

(Jacques Æ: 1-6.)

et de disputes’, sont aussi coupables que si d’autres se prenaient aux mains; c’est que, chez eux, la haine et la jalousie équivalent au meurtre; c’est que s'ils écoutent leurs appétits, même les plus naturels , ils ne se dégradent pas moins que ceux qui se plongent dans la volupté; c’est enfin, que l'affection pour le monde étant de l’inimitié pour Dieu, l’on est adultère, au témoignage de l’Ecriture, quand on donne son cœur au monde, en se détournant de l’Epoux céleste. Avec de telles dispositions, il est clair qu’on ne prie pas ou qu’on prie mal, et 1l s'ensuit naturellement qu’on demeure privé de la grâce de Dieu.

4328. J’engage mes lecteurs à noter ce que l’apôtre désigne ici comme une prière mal faite (3) : c’est toute prière qui a pour objet de fournir à nos voluptés. Cela signifie, dans son langage, que nous ne devons pas nous attendre à être exaucés, lorsque nous recherchons avant tout notre propre satisfaction. Il ne s’agit pas seulement de prières où nous solliciterions des biens et des jouissances terrestres ; mais, par exemple, supposez un mari qui aurait beaucoup à souffrir de l’incrédulité de sa femme, ou des enfants, de celle de leurs parents; s’ils demandent à Dieu de les convertir, bien plus pour voir un terme à leurs souffrances à eux, que pour la gloire de Dieu et pour le salut de ceux auxquels ils semblent s'intéresser, ils auront cherché leur propre satisfaction et il ne sera pas étonnant qu’ils ne soient pas exaucés.

4329, Mes lecteurs remarqueront encore cette parole foudroyante : « Celui qui veut être ami du monde, se constitue ennemi de Dieu» (4). C’est déclarer qu'il est impossible de courtiser la faveur des hommes, de s’acharner à la poursuite des biens terrestres et d’y chercher son bonheur, sans renoncer par ce seul fait à la communion, à la paix, à la grâce de Dieu. L’Ecriture tout entière atteste cette vérité, et Ecriture ne saurait parler en vain (5). Le Saint-Esprit, dont nous sommes les temples, si toutefois nous sommes vraiment convertis, le Saint-Esprit assurément ne laisse pas nos cœurs froids et vides : il y réveille de vifs besoins, il y excite d’ardents désirs, des désirs qui cherchent à se satisfaire et qui s’accroissent en se satisfaisant (Gal. 5 : 47); mais ce sont des désirs dont la satisfaction et l'accroissement sont d’une tout autre nature que l’accroissement et la satisfaction des désirs mondains. Ceux-ci rendent envieux et jaloux ; ils fomentent les guerres et les combats; ils poussent à la volupté, tandis que l'Esprit «fait une plus grande grâce. » II promet et donne infiniment plus et mieux que les désirs de la chair. Ges derniers ne sont qu’orgueil, et

L'HUMILITÉ, 277 (Jacques Æ: 6-8; 8-10.) « Dieu résiste aux orgueilleux ; » les autres se développent en toute humilité, et « Dieu fait grâce aux humbles » (6) : c’est ainsi que l’orgueil correspond à l’amour du monde et de ses biens, et l'humilité, à l’amour de Dieu et de ses grâces.

4330. (6-8.) L'idée de l’humilité me paraît dominer dans la portion de lépitre qui commence à ce verset 6, et se termine avec le chapitre, comme c’est l’idée de la paix qui était devenue auparavant l’idée dominante. Le caractère essentiel de l'humilité est la soumission à la volonté de Dieu (7), qu'il s’agisse des ordres de sa Parole ou des décrets de sa Providence ; car le refus de se soumettre ne peut provenir que d’un orgueil qui veut en savoir plus que Dieu, ou qui aspire à être plus fort que lui. C’est à quoi Satan ne manque pas de nous inciter, en calomniant (son nom est le Diable ou le Calomniateur), en calomniant, dis-je, la pensée de Dieu [81]. Mais voici ce que le Saint- Esprit dit à ceux qui sont humbles : « Résistez au diable, et il s’enfuira de vous. » Oui, le plus faible, le plus misérable des chrétiens, celui surtout qui sent le plus sa misère, jouit, par la grâce du Seigneur, d’un immense pouvoir contre Satan, soit pour l'attaque, soit encore plus pour la résistance. Un «arrière de moi, Satan! » (Matth. 4 : 40; 46 : 23) prononcé d’un ton résolu et en regardant à Jésus-Christ, fait reculer l'adversaire, et, dans cette lutte, en apparence si inégale, nous pouvons tout par Jésus-Christ qui nous fortifie (1 Pierre 5 : 9). Pour nous faire bien comprendre que notre force contre Satan ne peut venir que d’en haut, le Saint-Esprit ajoute : « Approchez-vous de Dieu et il s’approchera de vous » (8). Tous ceux que le Seigneur s’est acquis possèdent l'immense privilége, non-seulement de pouvoir s’approcher de Dieu librement, mais encore d’invoquer son secours dans leurs détresses spirituelles avec la certitude d’être soutenus, délivrés, fortifiés, consolés.

4331. (8-10.) Cela suppose qu’on s’est reconnu pécheur, qu’on élève devant Dieu des mains nettes {1 Tim. 2 : 8), que l’irrésolution et les vagues intentions ont fait place au ferme propos d’un cœur droit, qu’on a senti sa profonde misère et qu'on en a gémi, que les vaines et folles joies du présent siècle se sont changées pour nous en deuil et en confusion de face, que nous nous sommes humiliés devant le Seigneur, et qu'il nous a relevés de notre dégradation, en nous donnant la foi et les priviléges de ses enfants. O vous donc qui ny avez pas encore suffisamment réfléchi, considérez de combien de péchés et de quels péchés vos mains, vos yeux, votre bouche, votre

278 L’ORGUEIL ET SES DIVERSES MANIFESTATIONS. (Jacques Æ : 11, 12; 13-17.)

langue, toutes les parties de votre être se sont rendues coupables; considérez combien de promesses vous avez faites à Dieu sans les tenir, et ce qu’il y eut toujours de si inconstant, pour ne pas dire de si faux, dans vos désirs de servir Le Seigneur; considérez la profondeur de votre mal, car tout cela n’est pas une de ces plaies qui, n’attaquant que la surface, sont de facile guérison : c’est le fond de la vie qui est atteint ; c’est le cœur, c’est la pensée, ce sont les affections, les désirs, l’imagination, la faculté même de raisonner, c’est toute votre personne qui est imprégnée de péché, rongée par le péché. Oui, considérez ces choses, et si vous le pouvez encore, poursuivez vos folles joies et vos ris insensés! Ah! mieux vaut pleurer maintenant; mieux vaut vous envelopper de honte et vous humilier devant le Seigneur, afin qu’il vous élève selon sa promesse [5281].

4332. (11, 192.) C’est aussi l’orgueil, joint à la malignité, qui engendre les médisances; c’est de lui que procède l’esprit d’inquisition et de censure que notre Seigneur condamne avec tant de force dans ses deux discours de la montagne et de la plaine (Matth. 7 : 1-5; Luc 6 : 37). « Parler mal de son frère et juger son frère, c’est, dit lPapôtre, mal parler de la loi et juger la loi. » Cette sentence n’est pas facile à comprendre. Gependant, si vous observez ceux qui ont l'habitude de la médisance, vous remarquerez qu’ils sont unanimes à prétendre que dire du mal de son prochain, quand ce qu’on dit est véritable, n’est pas médire, et que si c’est là ce qu’on entend par la médisance, la médisance n’est pas un péché : de cette manière ils s'élèvent contre la loi, ils la condamnent. En même temps, ils commettent par leurs médisances, une véritable usurpation sur l’autorité du législateur suprême, auquel seul appartient le droit de juger. Or, n'est-il pas vrai que, plus humbles , nous saurions mieux nous tenir à notre place? Avant de songer à enlever la paille de l’œil de nos frères, nous verrions à ôter la poutre qui est dans le nôtre.

4333. (13-17.) Encore de l’orgueil ! Quel oubli de leur néant et de la dépendance où ils sont de Dieu, chez ceux qui, faisant des projets, ne füt-ce que pour le lendemain, en parlent comme s'ils étaient sûrs de voir ce lendemain, et commie si, venant à le voir, mille obstacles ne pouvaient pas renverser leurs plans les mieux conçus. Hélas! depuis le roi siégeant sur son trône, jusqu’au plus chétif des mortels, tous semblent avoir l’avenir à leur disposition; tous disent : J'irai, je ferai, sans avoir l’air de se douter qu’il existe une puissance supérieure qui dira non où ils disent oui, et oui où ils disent non. L'homme naturel

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