LA PRIÈRE EN FAVEUR DES MALADES
(Jacques & : 16-18.)
tous les hommes meurent. Aux prières que le fidèle présente à Dieu dans toutes ses souffrances, doivent S’ajouter, quand il est malade, les prières des anciens de l'Eglise, vu que la maladie, hélas! Ôte souvent la faculté de penser. Puis, nous savons que le Seigneur a fait de grandes promesses aux prières de deux ou trois fidèles réunis en son nom, et nous voyons ici qu'il assiste et exauce, d’une façon particulière, les anciens d’une Eglise priant avec foi près d’un lit de douleur. Mais remarquez que s’il résulte des devoirs généraux des anciens qu’ils doivent, sans invitation spéciale, visiter leurs frères malades, c’est aussi le devoir strict du malade de faire venir les anciens auprès de lui. Il les avertit ainsi de son état; puis, en se montrant désireux de recevoir leur ministère, 1l atteste qu'il y a de la foi dans son cœur.
4341. Deux grâces sont promises aux prières de la foi : l’une qui était particulière au siècle apostolique, bien que l'effet n’en ait pas entièrement cessé, l’autre qui se réalise dans tous les temps. D'abord, « la prière sauvera le malade et le Seigneur le relèvera. » Ceci doit s'entendre du rétablissement de la santé, lequel s’opérait fréquemment par l’action des dons miraculeux répandus alors dans lEglise, ét dont l’onction était le signe. Ensuite « bien qu’il ait commis des péchés, il lui sera pardonné. » Ceci n’est autre chose que la promesse faite à tout pécheur qui croit en Jésus-Christ. Mais comme la maladie est destinée à nous rappeler et à nous faire sentir vivement nos péchés, c’est alors que nous devons le plus recourir à la grâce de Dieu. Alors aussi les prières de la foi ne sauraient manquer d’amener cette réponse de Jésus, par Le Saint-Esprit : « Tes péchés te sont pardonnés; va en paix ! »
4342. (16-18.) Outre le besoin de la prière, nous pouvons, en de telles circonstances, éprouver celui de nous ouvrir, non-seulement à Dieu, mais encore à nos frères, au sujet des péchés que la conscience nous reproche. Je pense qu’il s’agit surtout en cet endroit des « offenses » dont nous nous sommes rendus coupables envers le prochain, les autres ne concernant au fond que Dieu même. Quoi qu’il en soit, l’apôtre, revenant à cette occasion sur le devoir et sur l’eflicace de la prière, nous invite à intercéder les uns pour les autres, et, dans le but de nous y encourager, il nous présente l’exemple d’Elie. Il est vrai qu’Elie était prophète; mais ses prières ne furent après tout que les prières d’un homme de foi. Si Elie fut un de ces justes que Dieu se plait à entendre, il ne laissait pas d’être soumis aux mèmes infirmités que nous [19391]. Comme lui, demandons avec foi tout
ERREURS ROMAINES. 283 (Jacques & : 19, 20; 13-20.) ce qui intéresse la gloire de Dieu et le salut des âmes ; demandons-le avec énergie, et, comme lui, nous serons merveilleusement, si ce n’est miraculeusement exaucés.
4343. (19, 20.) Les paroles qui terminent l’épître me paraissent destinées à diriger notre attention sur un objet qui doit occuper une grande place dans nos prières et par conséquent dans notre activité : c’est le relèvement de ceux qui, après avoir connu la vérité, s’écartent du droit chemin. Nous devons avoir à cœur la conversion de tous les pécheurs, et le discours de l’apôtre s’y rapporte également; mais rien n’a plus de droit à notre sollicitude que l’horrible danger auquel s’exposent ceux de nos frères qui s’égarent de la vérité. Heureux le chrétien qui, semblable au bon Berger, va chercher la brebis perdue et la ramène au bercail ! « Il sauve une àme de la mort » éternelle, et «il voilera une multitude de péchés ; » c’est-à-dire que celui qui s’égarait étant rentré dans la voie du salut, ses péchés sont couverts et cachés devant Dieu, ou autrement pardonnés. C’est Jésus qui sauve les âmes ; c’est son sang et sa grâce qui couvrent d’un voile nos turpitudes ; mais celui qui est l'instrument de la conversion d’un pécheur, ou du relèvement d’un juste, est ouvrier avec Christ ; il est sauveur aussi, dans un sens subordonné facile à saisir.
4344. (13-20.) Ainsi finit cette belle épître, et j'aurais terminé moimême, si je n’avals pas quelques mots à dire sur les erreurs que l'Eglise romaine cherche à justifier par les derniers versets que nous venons d'étudier. Cette Eglise, qui a construit tout son système de telle sorte que le prêtre füt mis à la place de Dieu, imagine deux sacrements, comme elle dit, dont l’administration et l’efficace dépendent absolument de la volonté du prêtre, et dont l’observation fidèle garantit le salut. Ce sont la confession auriculaire et l’extrême onction. Le prêtre reçoit la confession des péchés; le prêtre en donne l’absolution ; le prêtre enfin oint les mourants pour leur ouvrir le ciel : certaines formules de prière s’ajoutant à ces rites, le pécheur est infailliblement sauvé. Mais d’après la Parole de Dieu, tous doivent se confesser à tous, tous doivent prier pour tous, tous peuvent devenir les sauveurs de tous ; et s’il est vrai que les anciens ont à cela une mission particulière, s’il est vrai que jadis ils oignaient d’huile les malades, il est également vrai que les anciens, selon le modèle de PEglise apostolique, ne sont nullement les prêtres de l’Eglise romaine, et que s’ils oignaient d’huile autrefois, c’était pour le rétablissement miraculeux de la santé. Or, les prêtres de Rome sont bien loin de con-