CANTIQUE D’ACTIONS DE GRACES
(Éphésiens 1 ; 3.)
ls écrivit, Paul était prisonnier (3: 1): Sa captivité n'était pas fort sévère, puisqu'il pouvait écrire à ses amis; cependant une chaîne entourait son corps et le tenait lié au soldat qui le gardait (6 : 20). C’est donc à Rome, selon toute apparence, que nous retrouvons notre apôtre (Act. 28 : 16, 30). Il y avait quatre ans au moins qu’il était parti d’Ephèse pour son dernier voyage en Macédoine et en Achaïe, et sa captüivité, premièrement à Césarée, puis à bord du vaisseau et à Malte, à Rome enfin, durait depuis trois ans environ. Qu'il ait éprouvé le besoin d'écrire aux Eglises dont il était le père spirituel et où il avait fait trois voyages missionnaires, c’est ce qui se conçoit parfaitement. On comprend également par quelle raison le Saint-Esprit lui dicta Les enseignements contenus dans cette lettre. Plus l’absence de lApôtre se prolongeait, plus il importait que sa prédication orale fût remplacée par une prédication écrite. Et puis, le Seigneur pensais à nous, ou plutôt à son Eglise de tous Les temps.
4348. Cette lettre fut portée à sa destination par un messager fidèle (6 : 21) qui, en la remettant d'Eglise en Eglise, pouvait ajouter sur le bien-aimé prisonnier tous les détails désirables. C'était Tychique, luimême Asiatique et probablement d’Ephèse (Act. 20 : 4); ce Tychique, sans doute, dont il est fait mention dans l’épitre à Tite (Tit, 3 : 19). S'il ne fut pas un des compagnons de Paul lors de son transport à Rome, il n’avait du moins pas tardé à le rejoindre dans cette ville, afin d’adoucir par sa présence la captivité de son maître, ou plutôt de son père en la fol.
4349. La lettre a deux parties très marquées. La première traite du dogme (1-3) ; la seconde, de la morale (4-6). C’est done, comme l’épitre aux Romains, un traité théologique, et 1l est inutile de dire que nous y retrouverons la même doctrine. Il s’en faut toutefois qu’elle soit présentée sous la même forme. Loin que linspiration divine détruise la variété, c’est elle au contraire qui a pu donner à la révélation tant de diversité jointe à tant d’unité, cachet de toutes les œuvres de Dieu. La doctrine fondamentale de lépiître aux Romains, c’est la Justification par la foi, doctrine autour de laquelle viennent se grouper toutes les autres; ici, nous avons plutôt pour point culminant le dogme de l’Union avec Christ par la foi, dogme qu’on ne peut établir sans exposer ou rappeler toutes les vérités du salut. Entrons en matière.
4350. (4 : 3.) «Tu as mis dans ma bouche un cantique nouveau, » disait David, après avoir décrit, par le Saint-Esprit, la délivrance