LE MYSTÈRE DE L’INIQUITÉ
(EE 'hessaloniciens 2 : 3-12.)
3860. Cette importante prophétie, dont il est facile de voir les rapports avec plusieurs oracles de PAncien Testament relatifs aux derniers jours, a constamment éveillé l'attention des lecteurs de la Bible, par la raison qu’elle porte à la fois sur la plus grande des calamités de l'Eglise et sur la plus grande de ses délivrances. La généralité des interprètes vraiment dignes de crédit voient ici la description prophétique de l’origine, des progrès et de la chute du pouvoir papal, et l’on ne saurait contester que la plupart des traits du tableau ne s’y rapportent fidèlement. Les papes, dans leur longue suite, ne forment vraiment qu’un seul homme, animé d’un même esprit, se proposant le même but, et y tendant par les mêmes moyens. Dans leurs prétentions blasphématoires, ils se font réellement adorer, s’attribuent des prérogatives toutes divines et, se posant au sein de l'Eglise, qui est le temple de Dieu, comme le centre de la religion, ils éloignent les âmes du vrai Dieu, leur font commettre le plus grand des péchés, l’idolàtrie, et les entraînent à la perdition. Au temps de l’Apôtre, et pendant quelques siècles encore, ce qui faisait obstacle à l’avénement de ce pouvoir impie et blasphématoire, c'était la présence de l’empereur à Rome; mais lorsque le siége de l'empire fut transporté à Constantinople, on vit bientôt s'élever dans le clergé de ce qu’on appelait la ville éternelle, les arrogantes prétentions qui aboutirent à la tyrannie que les papes ont exercée et exercent encore, tyrannie appuyée sur le bras séculier, sur de faux miracles, sur la puissance de Satan, tyrannie parfaitement accueillie de ceux qui n’ont pas reçu de Dieu l’amour de la vérité pour être sauvés; tyrannie enfin qui ne se soutient que par les mensonges de ses fauteurs et par l'esprit de mensonge si universellement répandu dans le monde.
3861. Sans mentionner ici les objections qu’on fait contre cette manière d'entendre la prophétie, je dirai seulement que d’autres chrétiens fort respectables prétendent qu’elle n’a pas le moindre rapport avec la papauté, ni avec rien de ce qui a paru. jusqu’ici dans le monde. En conséquence, ils s’attendent à voir se manifester un homme, un individu qui, dans le temple de Jérusalem restauré, sera le Dieu de ce monde, faisant des miracles à l'appui de son impiété. Satan devenu homme, en quelque sorte, se hâtera de perdre autant d’âmes qu'il lui sera possible; mais il n’aura qu’un règne de courte durée, après lequel il se verra détruit par la subite arrivée du Seigneur. Pour moi, fidèle au système d'interprétation que j’ai suivi jusqu'ici, je ne saurais douter que la prophétie n’ait tout au moins un
EXHORTATIONS A LA FERMETÉ. 25 (EX M'hessaloniciens 2 : 13-17.)
premier accomplissement, partiel, dans l’existence actuelle de la papauté, qui, depuis douze siècles environ, répond si bien à la description prophétique de l’Apôtre. Après quoi, je ne suis point éloigné de croire que loracle n’est pas entièrement réalisé, dans ce sens que l’iniquité actuelle du papisme peut se voir dépassée, ou par l’avénement d’un pouvoir plus inique et plus blasphématoire encore, ou simplement par quelque transformation de ce pouvoir même, concentré dans la personne d’un individu horriblement impie, puissant et criminel.
3862. Quoi qu’il en soit, deux conséquences importantes résultent de la prophétie. Premièrement, le retour de notre Seigneur ne saurait avoir lieu aussi longtemps que l’homme du péché, le fils de la perdition, n’a pas été complétement révélé; il faut que ce mystère d’iniquité, dont le germe fut déposé par Satan dans l’Eglise apostolique, au moment de sa première fleur, prenne auparavant tout son essor. En second lieu, malgré sa puissance, l’homme du péché, le fils de la perdition, quel qu’il soit, n’aura d’action que sur les âmes qui se perdent; c’est-à-dire sur le monde, sur ceux qui ne possèdent de chrétien que le nom, qui, rebelles à la vérité, se plaisent dans le mal; en sorte que si nous regardons véritablement et fidèlement à Jésus- Christ, nous sommes à l’abri de ses atteintes; pour mieux dire, s’il nous touche, il ne peut nous perdre; car, après tout, il ne saurait être plus puissant que Satan lui-même (Luc 44 : 22).
3863. (13-17.) C’est sous l'impression de cette pensée consolante que l’Apôtre retourne à ses chers frères de Thessalonique. Il les sait bien-aimés du Seigneur, élus de Dieu dès le commencement, sauvés en Jésus-Christ, sanctifiés par l'Esprit, pleins de foi en la vérité, parce qu’ils ont obéi à l’appel de grâce que leur avait adressé l'Evangile ; c’est pourquoi, il ne saurait assez bénir Dieu à leur sujet, ni leur recommander autre chose si ce n’est de demeurer fermes et de retenir ses enseignements, soit oraux, soit écrits. Or, c’est du fond de mon âme que j’adresse à mes lecteurs la même exhortation. Plus les siècles s’écoulent et les événements s’entassent, plus aussi nous approchons des grandes crises qui doivent précéder le retour du Seigneur. L’impiété revêt chaque jour davantage les apparences d’une religion, et, jusque dans l’Eglise, que d’erreurs pleines de subtilités, répandues même par des hommes pieux! Au milieu de tout cela, que feronsnous, vous et moi, mes chers lecteurs, si ce n’est de demeurer fermement attachés aux enseignements de Jésus-Christ, et de les retenir
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