LA RÉDEMPTION
(Éphésiens I: 6,7; 8-14.) L Père, d’où résulte aussi pour nous la certitude que nous sommes ses enfants. C’est ce qui se fait en vertu, non de notre sainteté à coup sûr, mais d’une détermination prise par l’Eternel avant notre conversion, même avant notre naissance, et avant qu'aucune de ses créatures existât. En sorte que cette grâce immense provient du fait seul de la volonté suprême (Jacq. 4 : 18), et d’une volonté pleine de bienveillance; car Dieu ne nous doit rien assurément, et quel amour ne lui a-t-il pas fallu pour nous adopter dans sa famille, nous, misérables pécheurs! C’est donc l’amour de Dieu, son amour éternel, son amour purement gratuit, qui est le premier anneau de cette chaîne de grâces dont le dernier chaînon est l’amour que fait naître en nous l’amour même de Dieu ou sa bienveillance.
4353. (6, 7.) Je viens de signaler le but prochain de l'élection divine ; mais le but définitif que Dieu se propose en toutes choses ne peut être que sa gloire; c’est-à-dire la manifestation de ce qu'il est, ou de ses augustes perfections. Et comme c’est tout particulièrement sa grâce, sa miséricorde, son amour, qui éclate dans notre adoption, c’est donc pour la gloire de sa grâce, ou pour manifester glorieusement cette grâce et pour la faire devenir l’objet de nos adorations et de nos louanges, qu’il nous a bénis, élus et adoptés en Jésus-Christ, le bien-aimé du Père, celui «en qui nous avons le rachat par le moyen de son sang, le pardon des offenses, selon la richesse de sa grâce, qu’il a fait abonder sur nous en toute sagesse et intelligence. » Nous étions esclaves du péché et de Satan (je parle toujours dans la supposition que mes lecteurs ne sont plus ce qu’ils étaient autrefois); nous étions, dis-je, esclaves du péché et de Satan, mais Christ a payé notre rançon en portant la peine de nos péchés sur la croix [3307]. Puis donc qu’il nous a rachetés, nous avons, par la foi en lui, la rédemption, mot qui signifie rachat. Cette rédemption s’est effectuée par sa mort ou par son sang, comme se faisait l’expiation des péchés sous la loi; en conséquence, le rachat de nos âmes consiste tout premièrement dans le pardon ou la rémission de nos offenses. Fait accompli, remarquez-le bien. L’Apôtre ne dit pas : «Nous aurons, » mais « nous avons. » On comprend vraiment qu’il parle après cela des richesses de la grâce de Dieu. Oui, il faut qu’il soit riche en grâce, celui qui nous a rachetés et nous a pardonné, lorsque nous n’avions fait que des choses dignes de châtiment!
4354. (8-14.) Elle abonde chez les fidèles cette riche grâce de Dieu. Par l’illumination du Saint-Esprit, elle leur donne la vraie sa-
LA GLOIRE DE LA GRACE. 289 (Éphésiens 1 : 15-20.)
gesse, qui est l'intelligence des conseils du Seigneur; elle leur révèle les mystères de son amour éternel, notamment la résolution qu’il a prise de résumer ou de réunir toutes choses dans le Christ; c’està-dire de ne faire qu'une seule famille, un seul corps, de tous les êtres intelligents et fidèles qui habitent les cieux et qui auront traversé la vie d’ici-bas, anges et hommes, élus des temps anciens et ceux des temps modernes, union qui n’est possible que par le Christ. S'il nous a rachetés, il s’ensuit que nous lui appartenons. Nous sommes son lot, dit le texte, un lot qui lui est échu dès l'éternité, par le bon plaisir de Dieu, à {a louange de sa gloire. Et si vous voulez savoir encore une fois quels sont les êtres qui composent ce lot ou cet héritage assuré à Jésus-Christ, Ecriture vous dit que ce sont tous ceux qui auront ESPÉRÉ en lui, et qui, après avoir entendu la parole de la vérité, la bonne nouvelle du salut, ont cu en cette parole. Ces deux versets (12, 13), rapprochés du verset 4, nous montrent de nouveau que c’est à ce triple caractère qu’on reconnaît les élus de Dieu: là foi, l'espérance et l'amour (1 Cor. 43: 13). Puis, si quelqu'un croit à la Parole de Dieu, laquelle est la Parole du Saint-Esprit, il reçoit en son cœur, par ce même Esprit, la certitude du salut (Rom. 8 : 16). Le Saint-Esprit est appelé ici « PEsprit de la promesse, » soit pour dire qu’il est donné aux élus selon la promesse du Seigneur (Jean 14 : 16, 17), soit parce que c’est lui qui scelle dans nos cœurs la promesse de la rédemption. De cette manière, il est les arrhes de notre héritage; car si nous sommes l’héritage de Christ, nous avons à notre tour pour héritage Christ et son salut (Cant. 6 : 3; 1 Pierre : 4). Or, en nous rendant certaine notre délivrance et en répandant au dedans de nous «la paix, la justice et la joie » (Rom. 44 : 17), le Saint- Esprit nous donne un salut anticipé, ou plutôt cela même est Le salut sous une de ses faces. Remarquez enfin que, s’il en est ainsi, c’est pour la louange de la gloire de sa grâce : trois fois ces mêmes paroles en ce petit nombre de lignes.
4355. (15-20.) Remarquez aussr le « c’est pourquoi» qui se trouve ici. Paul va dire qu’il ne cessait de rendre grâces à Dieu pour les fidèles d'Ephèse et des autres Eglises d’Asie, ayant appris leur persévérance dans la foi au Seigneur Jésus et leur amour pour tous les saints; et il va ajouter qu’il fait mention d’eux dans ses prières, afin que Dieu augmente l'intelligence qu’ils ont de sa révélation, et qu'ils comprennent toujours mieux quelles espérances se rattachent aux appels de sa miséricorde. Mais pourquoi ces actions de grâces?