LE SALUT PAR LA GRACE
gnes de toute haine, il nous à aimés; il nous a aimés, sans autre motif que son amour même (Deut. 7 : 7, 8); et quand nous étions morts par nos offenses, 1l nous a fait vivre ensemble par le Christ. Par le Christ, donc par grâce, dit l’Apôtre en passant, sauf à reprendre cette idée importante quelques lignes plus bas. Oui, par le Christ et ensemble; c’est-à-dire, en même temps que lui et par l’acte glorieux qui l’a fait revivre lui-même. Ensemble réveillés d’entre les morts, ensemble assis dans les lieux célestes! tel est le glorieux fruit de union avec Christ par la foi, tel est aussi l'effet de la grande puissance que Dieu déploie dans l’application de sa grâce à chacun de ses élus. Il ne s’agit pas seulement ici de la régénération des fidèles, vrai relèvement d’entre les morts; il s’agit de leur future sortie de la tombe, puisque, immédiatement après, il est fait mention de la gloire qui les attend dans les cieux. Cela signifie donc qu’unis à Jésus par la foi, comme à Adam par le sang, nous sommes dès à présent dans la vie éternelle par Jésus, comme nous étions dans la mort éternelle par le vieil Adam qui est en nous. Voilà, dis-je, ce qui est vrai, dès à présent (Rom. 8 : 30), mais pourtant ce qui ne sera manifesté à tous les yeux qu’à la fin des siècles. C’est lorsque les élus seront assemblés en grande pompe dans les tentes éternelles, qu’on verra « la surabondante richesse de la grâce de Dieu, par sa bonté envers nous, dans le Christ Jésus. »
4360. (8-10.) Paul, reprenant donc le mot qu’il avait jeté en passant et qui se rattache d’ailleurs si bien à ses dernières paroles, dit aux fidèles : « C’est par la grâce que vous êtes sauvés, » c’est-à-dire illuminés, justifiés, sanctifiés et glorifiés. Puisque le salut consiste essentiellement dans le pardon des offenses et dans la communication de la vie et de la gloire de Jésus-Christ, ce salut ne peut être qu’un effet de Pamour infini du Très-Haut et d’un amour non mérité, autrement de sa grâce. Et comme c’est par la foi que s’effectue notre union avec Christ, c’est donc aussi par la foi que nous sommes sauvés. Proprement, c’est l'amour de Dieu en Christ qui nous sauve; mais c’est par le moyen de ia foi que nous nous approprions les fruits de cet amour. Ge n’est donc pas en nous qu'est la source de notre délivrance; celle-ci est un pur don de la grâce de Dieu : nos œuvres quelles qu’elles soient, ne sauraient ni nous procurer le pardon, ni nous mettre en communication avec le Seigneur, ces deux choses étant le propre de la seule foi. Il est vrai que la foi montre son efficace par la charité et qu’elle est féconde en bons fruits; mais cela même est