PAÏENS ET JUIFS UNIS EN UN SEUL CORPS
l’œuvre de la grâce de Dieu en nous. Nul ne croit, qui n’ait été régénéré par le Saint-Esprit et mis en état de faire le bien; puis, ces bonnes œuvres mêmes, dont le pécheur est devenu capable en vertu d’une nouvelle création (2 Cor. 5 : 17), c’est encore Dieu qui les place devant nous, qui les met à notre portée, qui nous les rend possibles. Si donc il est vrai qu’il n’y à pas de salut sans la foi, et pas de vraie foi sans les œuvres; il n’est pas moins vrai que les œuvres et la foi viennent du Dieu de notre salut, aussi bien que Jésus-Christ et le Saint-Esprit, et qu’ainsi personne n’a sujet de se glorifier en luimème (Rom/3 27,281 Cor.'1:99, 51).
4361. (11-22). De l’union des élus avec Christ résulte leur union mutuelle. Rien n’était plus étranger aux idées et aux coutumes des nations païennes. Se haïssant les unes les autres et adorant, chacune, leurs divinités particulières, elles faisaient épouser à leurs dieux les haines qui les animaient. De là, entre tous les peuples, de profondes lignes de démarcation, bien qu'ils fussent d'accord à servir la créature, au lieu du Créateur béni éternellement (Rom. 1 : 95). C’est que l’erreur divise, et qu’il appartient à la vérité seule d’unir les âmes. Mais si les nations païennes n'étaient point en communion les unes avec les autres, elles l’étaient bien moins avec les enfants d'Israël; et cela se conçoit, puisqu'il ne saurait y avoir de communion entre les ténèbres et la lumière (2 Cor. 6 : 14). Paul rappelle donc à ses nouveaux frères le temps où, idolâtres, «ils étaient hors du Christ, entièrement séparés de la république d’fsraël, étant étrangers aux testaments de la promesse, n’ayant point d'espérance et sans Dieu dans le monde, » réellement athées en dépit du grand nombre de leurs dieux. Autrefois donc ils étaient loin (Actes 2 : 39) : unis maintenant à Jésus-Christ par la foi, ils ont été rapprochés en son sang; rapprochés, non pas seulement les uns des autres, mais encore des fidèles issus d’Abraham. Jésus-Christ, les ayant réconciliés les uns et les autres avec Dieu par son sang, les avait par cela même réconciliés les uns avec les autres, et, ayant mis fin aux ordonnances lévitiques, en les accomplissant sur la croix, il avait détruit ce qui était entre eux comme un mur de séparation. Dès ce moment , la gentilité convertie ne faisait plus qu’un seul corps avec lIsraël fidèle, en vertu de la réconciliation opérée sur la croix. De cette croix était sortie pour tous la bonne nouvelle de Ia paix; d’elle aussi était descendu sur tous l’Esprit d’adoption, qui leur avait ouvert un libre accès auprès d’un Père commun. Voilà donc ces païens, jadis sans espérance, qui sont devenus conci-