LA VOCATION DU FIDÈLE
(KHiphésiens 4: 1-6.)
mandons ou pensons. Mais ce Dieu fort des délivrances, où sera-t-il loué pour son grand salut? — dans l’assemblée de ses rachetés, et nulle part ailleurs. Comment cette assemblée se trouve-t-elle l’heureuse dépositaire de sa gloire? — parce qu’elle a Jésus-Christ pour sauveur et pour chef. De quelle durée sera la gloire rendue à Dieu par ses rachetés? — elle durera au siècle des siècles : éternellement, Amen. Mon âme! adore, prie et psalmodie avec Paul. Pour cela, Ô mon àme ! crois, espère et aime comme lui!
CCCXXII — Partie morale.
4365. La partie morale de l’épître peut se subdiviser en deux sections d’inégale longueur : l’une, contenant l’exposition des devoirs du racheté de Jésus-Christ; l’autre, présentant un tableau succinet des moyens qu’il doit mettre en œuvre pour les remplir. Paul s’adressait à des Eglises dont tous les membres faisaient volontairement profession de l'Evangile ; beaucoup d’entre eux étaient vraiment convertis, et la plupart, si ce n’est tous, sortaient de la gentilité. Nous aussi, nous descendons, non d'Abraham, mais des Gentils ; nous aussi, nous sommes appelés au salut par Jésus-Christ, et je me plais à croire que, pour bon nombre de mes lecteurs, l'appel n’a pas été stérile. Je veux donc étudier cette portion de la lettre, en leur appliquant les exhortations qu’elle renferme. Puisse le Seigneur leur en faire sentir l’importance, encore plus que la beauté, et les accompagner dans leur cœur de l’eflicace du Saint-Esprit !
4366. (4 : 1-6.) Un appel nous a donc été adressé, comme à Abraham; un appel à sortir de notre pays {le monde), et de notre parenté (les incrédules), pour aller dans le pays de la promesse; un appel à la gloire et à la liberté des enfants de Dieu ; un appel à la vie éternelle par le sang de Jésus-Christ. Or, il est dans la nature des choses que tout homme obéisse à sa vocation : celui-ci s’adonnant aux beaux arts, celui-là à l’agriculture, un autre au commerce, d’autres au barreau et à la médecine ; et, supposé la vocation véritable, leurs pensées et leur activité tout entières se porteront de ce côté. Si donc vous avez réellement accueilli lappel de Dieu en Jésus-Christ, il ne vous paraîtra pas étrange que le Saint-Esprit commence par vous inviter à vivre d’une vie digne de votre vocation. Or, loin que la gloire de la vocation céleste puisse être pour vous un motif d’orgueil, la réalité de cette gloire en ce qui vous concerne personnellement se manifes-
HUMILITÉ, DOUCEUR, PAIX, UNITÉ. 297 (Éphésiens 4 : 1-6.)
era par votre humilité et par votre douceur. Vous, les rachetés de Jésus-Christ; vous, animés de sa vie même, comment ne seriez-vous pas « doux et humbles de cœur, » à son exemple? (Matth. 414 : 99.) Vous, qui ne sauriez penser à votre salut sans vous souvenir du prix qu’il a coûté, et de ce que vous seriez devenus, comme de ce que vous seriez encore, si le Seigneur ne vous eût prévenus, comment pourriez-vous nourrir l’orgueil dans vos âmes ? comment vous laisseriezvous emporter à la violence de votre caractère? La grâce qui vous a été faite doit vous avoir adoucis et humiliés ; autrement, ce ne serait pas une grâce.
4367. Telle est donc la base du caractère chrétien : l’humilité et la douceur, base qui repose elle-même sur la grâce de Jésus-Christ. De là sortent, par une descendance naturelle, la longanimité, le support mutuel et la paix, nobles fonctions de l'amour. Demeurer calme en face de l’injure et de l’injustice, souffrir le mal sans impatience, ne pas s’irriter des défauts d'autrui, éviter tout acte qui peut troubler la bonne harmonie : c’est ce que le Saint-Esprit enseigne à ceux que Jésus a sauvés et qui ont écouté les appels de sa miséricorde. Ile aiment parce qu'ils ont été aimés, et leur amour les rend capables, dans une certaine mesure, de la longanimité et du support dont l’amour de Dieu use envers eux. La paix, la paix surtout, comment ne lapprécierons-nous pas, si nous sommes de ceux qui, justifiés par la foi, ont trouvé la paix avec Dieu par Jésus-Christ? (Rom. 5 : 1.) Etre en paix avec Dieu et en guerre avec ses frères, ce n’est pas possible. Et voyez, je vous prie, dans quel intérêt le Saint-Esprit nous fait cette recommandation. C’est dans lintérêt de l’unité. Il est une unité qui résulte de l’unité même de Dieu et de son œuvre de grâce. Le Seigneur n’a pas plusieurs corps, mais un seul, l'Eglise. L'Esprit qui anime ce corps, vu dans sa source, n’est pas plusieurs et divers, mais un. De même, il n’y a pour tous qu’une espérance, un Seigneur, une foi, un baptème, un seul Dieu et Père, répandant ses bienfaits sur tous, agissant par le moyen de tous et vivant au dedans de tous. Cette unité n’est pas une unité matérielle, extérieure, forcée; elle est toute spirituelle (Punité de l'Esprit, dit l’Apôtre). En conséquence, elle ne saurait être brisée par le fait de l’homme. Ce que l’homme brise souvent, et non sans de bonnes raisons quelquefois, c’est l’unité factice par laquelle on cherche à remplacer la véritable; unité de formes sous laquelle on étouffe la vie. Cette manière uniforme de penser, de parler, de prier, de régler les choses de Dieu, qui, la plupart du